Nous sommes le 19 septembre et j'ai 19 ans.

Je me sens vieille. Bien plus vieille que mon âge. J'ai toujours été l'ainée de notre petit groupe, et aussi la plus mature, la voix de la raison mais jamais je ne me suis sentie aussi vieille.

Au début de notre amitié, je n'étais qu'une gamine ignorante même si, à l'époque, je l'aurais nié avec la plus grande vigueur. Ces années là me manquent. La fillette inocente que j'étais à l'époque me manque. Je voudrais parfois que rien n'ai changé, que je n'ai pas eu a grandir, à apprendre la guerre et la douleur. Je voudrais ne pas connaitre la souffrance de perdre ceux que l'on aime. Et même si j'aime Remus plus que ma vie, je donnerais tout ce que j'ai pour que Ron soit toujours à nos côtés.

Parfois la nuit je rêve que j'ai 11 ans de nouveau et que nous sommes de retour à Poudlard. Voldemort n'est qu'un distant souvenir d'une guerre que nous n'avons pas connue. Nous sommes heureux, de simples enfants. Je nous revois tenir tête à nos professeurs, nous moquer de Snape alors qu'il n'était pour nous qu'un professeur désagréable et pas un meurtrier. Nous n'avions peur de rien à l'époque, le pire que nous puissions imaginer était une détention ou une rédaction de quelques pages en Potions. Nous ne savions rien de la peur qui vous gèle le ventre alors qu'on se bat pour sa vie. Rien non plus de la douleur de voir mourir ceux que nous aimons. Nous ne pouvions même pas imaginé un jour craindre le pire pour un retard de quelques minutes.

Nous avons appris bien vite.

Mais ce que nous n'apprendront jamais c'est la formule qui pourrait nous rendre cette vie, cette douce inconscience. La formule qui pourrait faire disparaitre la peur et la souffrance qui nous ont transformés à jamais et qui ont fait de moi celle que je suis aujourd'hui : une combattante, debout en première ligne dans une guerre à mort ...

Une vétérante de 19 ans ...