Il neige. C'est Noël et de gros flocons blancs tombent du ciel recouvrant tout le paysage d'un manteau cotonneux. Debout dans le jardin, la tête renversée en arrière, Tonks admire le ciel étoilé. Derrière elle, seule la faible lueur des bougies posées sur la table du salon éclaire la maison isolée.

Merlin, mais qu'est ce que je fais ici ? Si les autres pouvaient me voir.

Elle a un petit sourire en coin en imaginant la tête de Maugrey s'il savait qu'elle n'est pas dans sa famille moldue comme elle le leur a annoncé mais dans le petit jardin d'une maison des alentours de Londres avec un Mangemort pour seule compagnie. Et pas n'importe lequel : Severus Snape en personne.

En ce moment, les membres de l'Ordre doivent être occupés à découper la buche autours du feu. C'est désormais devenu une habitude de se réunir pour les fêtes, de tenter d'oublier ne serait-ce que pour une soirée les menaces qui plannent sur chacun d'eux.

Et c'est apparement devenu une habitude également pour elle de disparaître de ses réunion avant la fin. Elle se souvient de la fête de Noël de l'année dernière et de son départ précipité avec un sourire. Les choses ont bien changé depuis. Son expression s'assombrit en pensant aux Weasley qui doivent vivre leur premier Noël sans Ron.

Mais de bonnes choses se sont également produite durant l'année qui vient de s'écouler même si elles ne sont pas apparues comme telles au premier abbords. Remus et Hermione étant la principale. Et même si sur le moment la douleur lui a paru insupportable, leur bonheur est désormais évident. Un bonheur qu'il est prêt à se battre pour défendre, contrairement à ce qui s'est passé entre eux. Dans ce cas là, c'était plutot contre elle qu'il se battait. Un sourire effleure ses lèvres alors qu'elle repense aux autres conséquences qu'à eu cette révélation.

Jamais elle n'aurait imaginé, alors qu'elle était encore étudiante à Poudlard, qu'un jour il y aurait entre elle et Severus Snape … Comment appeler ça ? Du désir ? Il y en a bien sur mais ce n'est pas que ça. Il y a quelque chose de plus profond, une sorte d'amitié étrange qui s'est nouée malgré eux et qui a évolué. Elle ne sait pas si elle l'aime, elle est incapable de définir ce lien entre eux, mais …

Un coup de vent se glisse sous le léger petit pull qu'elle a enfilé avant de sortir et elle frissonne.

- Hé bien, serait-ce le froid ou ma seule présence te cause-t-elle ce genre de frissons ?

Elle sourit, amusée alors qu'il se rapproche d'elle. Son visage, comme toujours est illisible mais il y a une chaleur dans ses yeux qu'elle a appris à déceler.

- Je crains bien que ce ne soit que le froid.

Il a un soupir légèrement exagéré avant de se rapprocher d'elle et de l'attirer contre lui.

- Puisque tu te refuses à avoir un peu de sens pratique et à prendre une cape pour sortir par un temps pareil, il va falloir que je prenne les choses en main.

Il l'attire plus près et l'enveloppe dans sa propre cape, les bras serrés autours de sa taille pour lui communiquer sa chaleur. Il s'étonne encore une fois de la sentir si fragile contre lui. Comment un être aussi fragile peut-il être un Auror ? Une combattante dans cette guerre de fous?

Elle s'est laissée tomber en arrière, appuyant sa tête dans le creux de son cou pendant que ses mains glissent sur les siennes, entremèlant leur doigts. Ils restent un moment, ainsi, immobiles à contempler le ciel, debout au milieu du petit jardin.

- Nymphadora ?

C'est juste un murmure, un souffle au creux de son oreille et elle ne peut s'empêcher de frissonner.

- Hhm Hhm ?

- Pourqui es-tu là ?

Elle se retourne dans ses bras, surprise par la question qui reflète ses pensées d'il y a quelques minute. Elle relève les yeux vers lui et il baisse le regard pour observer son visage avant de répéter sa question.

- C'est Noël. Pourquoi es-tu là ? Ici, avec moi.

Et la réponse lui apparaît comme une évidence. Elle ne sait peut être pas ce qu'elle ressent exactement pour lui mais elle sait pourquoi elle a choisi d'être là. Elle sourit doucement et il sent son cœur se serrer dans sa poitrine.

- Je suis là parce que j'y suis bien. Parce que je ne connais aucun autre endroit au monde où je me sentirais mieux qu'ici, avec toi, dans tes bras. C'est ici que je veux passer ma nuit de Noël. Et nulle part ailleurs.

Une étrange lueur s'allume dans les yeux noirs qui lui font face. Un éclat dangereux qui, si elle n'avait pas une confiance absolue en lui, pourrait l'effrayer. Mais lorsque ses lèvres prennent possession des siennes avec une violence inhabituelle chez lui, elle abandonne toute volonté de résister et se laisse emporter par son désir.