Dehors, le soleil se couche doucement et ses rayons se glissent entre les rideaux jusqu'à la chambre, dessinant un éventail de lumière dorée. Etendue dans leur lit, la tête sur l'épaule d'Harry, un de ses bras autours de sa taille, Ginny réfléchit. Elle repense à l'année qui s'est écoulée depuis la dernièr St Valentin, depuis cette promesse qu'ils se sont faites de se marier sitôt la guerre terminée. La bague, qu'elle ne quitte pas un seul instant, brille toujours à son doigts. Preuve tangible de la promesse qui les lie. Une promesse qu'elle sait vaine.
Elle n'épousera pas Harry. Peu importe à quel point elle tente parfois de s'en persuader, elle sait, au plus profond d'elle même qu'ils ne se marriront pas après la guerre. Il ne sera plus là après la guerre. Et elle devra continuer. Seule.
Elle n'a jamais parler de sa peur à quiconque, ses amis l'accuseraient de pesimisme et elle ne veut pas gacher leur moral. Mais elle sait qu'Harry ne survivra pas à la dernière bataille. Et parfois, elle se demande pourquoi elle continue de vivre. Dans des moments comme celui-ci, alors que blottie dans ses bras, elle peut sentir son coeur battre contre sa joue, elle a parfois envie de tout abandonner.
Ce serait si simple. Il lui suffirait de fermer les yeux, de se laisser aller. Elle est si fatiguée parfois. Et quelle plus belle mort que celle là ? Mourir d'amour, mourir dans ses bras, au détour d'une caresse. Mourir à l'abris dans sa chaleur, le gout de ses baisers sur la bouche. Se laisser bercer par ses mots tendres, fermer les yeux et s'en aller. Mourir pour rester avec lui. Mourir d'amour. Sans un regret, sans un regard en arrière. Le suivre où qu'il aille, abandonner le monde et la douleur loins, si loins derrière elle.
Parfois elle rêve que tout ça prend fin, qu'ils s'enfuient tous les deux, qu'ils refusent ce destin qu'ils n'ont pas choisi. Mais ce n'est qu'un rêve. Jamais Harry n'abandonnera ceux qui croient en lui, c'est l'une des raisons pour lesquelles elle l'aime.
Ca ne l'empêche pas de rêver. Rêver de mourir. Quelle ironie. Mais mourir dans ses bras,
emporter avec elle ses sourires, ses regards, son bonheur. Mourir heureuse, avec lui, pour lui. Mourir et oublier la peur. La peur insidieuse qui se glisse sous la peau, jusqu'au coeur. La peur que demain tout s'arrête, que le jour qui se lève soit le dernier. Dernier jour de bonheur, dernier jour à deux.
Mais pour le moment, il est là, il est dans ses bras. Les yeux ouverts, il lui sourit et toute pensée de mort s'envole de son esprit. Il est là pour quelques instants de plus, quelques secondes volées à la mort, et c'est tout ce qui compte. Tout ce qui comptera jamais.
