Chromatisme impossible

Diclaimer : presque tous les personnages appartiennent à Mme Rowling… J'espère qu'elle ne m'intentera pas un procès pour ce que j'en fais…

Résumé : Ophelia, fraîchement débarquée à Hogwarts, célébrissime école d'arts plastiques, fait la rencontre d'un certain Harry qui fera battre son cœur. Mais il y a un hic, il y a toujours un hic…

Couple : Harry / Draco

Rating : K+ pour ces premiers chapitres, mais devient M… de temps en temps… ;-)

Désolée pour l'attente plutôt énorme entre ces deux chapitres, mais vraiment celui-ci a été très difficile à écrire, pour ne pas tomber dans la monotonie et l'ennui. J'espère que j'ai réussi à le rendre intéressant malgré le personnage (qui n'est pas celui que vous attendez) et le fait qu'on s'éloigne un peu de l'histoire amoureuse centrale… Je viens de le terminer et je préfère vous le livrer sans plus tarder.

Merci à SweetLullaby, shannara, crystal d'avalon, Nadia Amadeo, louise, Isatis, et Touffue pour leurs reviews, leurs compliments et leur sincérité sur ce qu'elles aiment ou pas !


Chapitre 3 : Recommencements

Pour soulever un poids si lourd,
Sisyphe, il faudrait ton courage!
Bien qu'on ait du cœur à l'ouvrage,
L'Art est long et le Temps est court.

Baudelaire

Un bâillement lui ferma une fois de plus les paupières qu'elle avait de plus en plus de mal à laisser ouvertes. Depuis près d'une heure elle sentait petit à petit son livre devenir plus lourd et ses mains avaient plusieurs fois failli le laisser tomber sur le tapis. Isabella songea qu'il était vraiment temps d'aller se coucher. La salle commune des première année s'était vidée depuis longtemps, Ophelia avait préféré travailler dans sa chambre et Ben était parti à dix heures faire une dernière partie d'échecs avec Kilian, dans leur chambre, avant de se coucher. Isabelle referma son livre d'art antique dans un claquement sec, appréciant le silence de la salle, uniquement troublé par le bruissement du pouf lorsqu'elle se leva et le son de ses pas.

Jamais elle n'aurait imaginé le travail titanesque qu'on leur demandait à Hogwarts. Elle en avait pris conscience au fil des semaines, l'école méritait bien sa réputation d'élitisme et d'excellence. Tous les élèves étaient horriblement doués, et la jeune espagnole, dont on glorifiait les talents dans son entourage et qui n'avait jamais douté de sa carrière, avait bien du mal à ne pas se décourager. De tous ses nouveaux amis, c'était elle qui travaillait le plus et elle parvenait de justesse aux résultats de Ben ou de Kilian. Ophelia, c'était autre chose. Si elle avait de bons résultats dans l'ensemble, le professeur de dessin, Rogue, par contre, semblait l'avoir prise en grippe, si bien que l'anglaise avait fini par baisser les bras devant les exigences dudit professeur et, par la même occasion, laisser ses notes chuter de façon vertigineuse. Du coup c'était elle qui avait la moins bonne moyenne du groupe, mais elle s'en fichait bien : c'était une historienne dans l'âme, tout comme Hermione sa marraine d'ailleurs – elles s'étaient bien trouvées finalement. Ses notes en Histoire de l'Art et en chroma (diminutif collectivement adopté pour les « techniques chromatiques » de la vieille McGonagall) rattrapaient tout.

Isabella n'avait pas compris ce que le professeur Rogue reprochait à Ophelia. Elle avait un bon coup de crayon et était loin d'être la plus mauvaise, mais Rogue s'ingéniait toujours à la rabaisser, à la critiquer. Ophelia semblait en savoir plus sur cette inimité mais elle n'avait rien voulu révéler à son amie, prétextant que ce n'était pas important. Isabella avait tout de même sa petite idée, et elle était en rapport avec un certain brun aux yeux verts. Harry, un ami de sa marraine, Millicent, appréciait beaucoup Ophelia et on les voyait souvent ensemble à rire ou dessiner, ce qui ne plaisait que moyennement à Draco, le petit ami de Harry. Pourtant tout le monde comprenait que ce n'était qu'une amitié, mais pas lui… Enfin, pour en revenir à Rogue, il ne semblait pas non plus apprécier le jeune homme brun.

- Oh et puis, on s'en fout ! dit-elle tout haut d'une voix fatiguée.

En fait, non, elle ne s'en fichait pas, mais il fallait dire quelque chose dans le silence oppressant du couloir. Isabella entra dans sa chambre et ne tarda pas à rejoindre son lit douillet et à sombrer dans le sommeil.

Isabella, les yeux plus cernés que la veille, arriva à la table de ses amis, et se servit un copieux petit-déjeuner. Ophelia, qu'elle n'avait pas vue depuis la veille, s'étant levée en retard, la regarda d'un air soucieux.

- Tu t'es couchée tard hier ?

C'était moins une question qu'un reproche en réalité. Isabella haussa les épaules et mordit dans son toast.

- Fais attention, Isa. A ce rythme-là, tu vas t'essouffler avant les vacances, lui dit gentiment Ben.

- Le problème, Benjamin, c'est que je n'ai pas ton génie et ta culture ! répliqua la jeune fille, un peu vexée.

- Attends, ne t'énerve pas, fit Ophelia. Ben a raison quand même : tu dois faire attention.

- Et tu as une solution peut-être ? demanda Isabella, un peu plus hargneuse. On peut parler de toi aussi, si tu veux…

Si la jeune espagnole avait horreur de quelque chose, c'était qu'on lui dicte sa conduite. Les nuits tronquées, le manque de sommeil, et la masse de travail qui pesait sur elle exacerbaient cette irritation, et elle sentait qu'elle allait exploser si cette discussion continuait. La preuve : elle commençait déjà à attaquer Phil.

- Je vais prendre l'air, fit-elle en se levant brusquement, dissuadant d'un regard noir les autres de la suivre.

Le premier cours de la journée était Chroma, au rez-de-chaussée ; elle se dirigea donc vers la cour intérieure où il n'y aurait certainement personne, puisque c'était l'heure où tous les élèves déjeunaient. L'air frais qui fouetta son visage lorsqu'elle ouvrit la porte vitrée fut accueilli comme un bienfait. Elle essaya de ne plus penser aux autres, de vider sa tête de la noirceur qui commençait à s'accumuler, tels des nuages noirs, et qui annonçait la dépression fatidique. Peine perdue, une main se posa sur son épaule à peine une minute après qu'elle se fut assise sur un banc humide.

Heureusement ce n'était ni Phil, ni Ben. Elle s'en serait voulu, après coup, de leur crier dessus.

- Hey Isa, c'est pas la forme on dirait !

- Comment tu as deviné ? ironisa Isabella.

- Mon troisième œil… Tiens, je t'ai apporté un café, je crois que tu n'as pas eu le temps d'en prendre.

Millicent avait ce côté génial d'être toujours de bonne humeur, quoi qu'il arrive. Généralement, Isabella adorait discuter avec elle, cela illuminait sa journée, mais là elle songea plutôt à l'envoyer ailleurs.

- Allez, courage ! s'exclama cependant Lissy, ne tenant pas compte du peu de réaction de sa filleule. Dans deux jours c'est week-end et sortie ! Et pas de protestation, tu viendras avec nous à Pré-au-Lard, c'est un ordre !

- Mais Lissy, comment je pourrais sortir ? protesta Isabella. J'ai encore des tas de trucs à finir, je n'arrive pas à m'avancer, alors tu imagines ce week-end, j'aurais autre chose à faire !

- Non, non, non ! Tu as surtout besoin de t'aérer l'esprit… Et de dormir ! Sinon tu vas finir par éclater et faire des choses que tu vas regretter !

- Je sais, soupira l'espagnole. Mais franchement… je ne sais plus … je n'ai pas l'impression que…

Lissy lui entoura les épaules de son bras et la berça un peu pour la détendre.

- Ecoute, tu vas peut-être me haïr, mais j'ai préféré faire comme ça… Tu sais, si on fait les parrainages c'est aussi pour épauler les nouveaux. Moi, j'ai attendu que tu me demandes de l'aide parce que ce n'est pas dans mes principes de m'immiscer dans le travail des gens. J'aurais peut-être dû te proposer ça plus tôt, mais bon… En tout cas, si tu veux, maintenant, je peux t'aider… Dans la mesure de mes faibles capacités, évidemment, dit-elle en riant. Et plus sérieusement, je t'obligerai à me laisser t'aider si tu ne veux pas sortir ce week-end à cause d'un devoir d'histoire ! Foi de Millicent !

Isabella esquissa un sourire. Et voilà, Miss Bulstrode avait encore réussi sa mission.

- Ok, ça marche, mais seulement en histoire alors ! De toute façon, je ne vois pas trop ce que tu peux faire pour moi dans d'autres matières : il n'y a que moi qui puisse m'améliorer en dessin !

- Oui, c'est sûr. Mais en fait, pour te dire la vérité, je me suis renseignée avant de te proposer ça, pour savoir quelles matières te posaient problème en ce moment ! Hé, ça aurait été chroma, t'inquiètes, je ne serai même pas venu te voir !

Les deux filles éclatèrent de rire, tout le monde savait l'aversion que Lissy avait pour McGonagall, beaucoup trop stricte et traditionnelle selon elle pour enseigner dans une école d'art comme Hogwarts.

- Bon, allez ! dit Millicent en se relevant. Ça va aller pour aujourd'hui ? Tu ne vas pas t'endormir en cours, hein ?

- Pas de souci, avec un café je tiendrais !

- On se voit ce soir dans ta salle commune ? T'as quoi comme devoirs à faire ?

- Une dissertation sur l'art antique et un commentaire pour la semaine prochaine, et des croquis pour demain mais là tu ne peux rien faire pour moi…

- Ok, bon j'amènerai de quoi faire… fit Millicent. Cinq heures tapantes !

- Merci Lissy ! dit Isabella avec un faible sourire.

- Mais de rien ma chérie ! Bonne journée !

Et Millicent s'éclipsa pour rejoindre sa propre salle de cours qui se situait à l'étage. Isabella termina son café, en se brûlant la langue, avant de se diriger vers sa classe de Chroma. Elle était la première et s'installa à sa table habituelle en sortant tranquillement ses affaires. Les autres élèves ne tardèrent pas à arriver par petits groupes. Ophelia, Ben et Kilian entrèrent à leur tour en la cherchant du regard. Elle leur fit un sourire, comme pour dire « désolée ». Rassurés, les garçons s'installèrent à leur table et Phil vint s'asseoir à côté d'elle.

- Excuse-moi, je…

- Désolée pour …

Elles s'arrêtèrent en même temps et se mirent à rire.

- Bon, ben, on en parle plus, fit Isabella.

Ophelia hocha la tête en souriant et se mit à sortir ses affaires de cours. Soudain, elle sembla se souvenir de quelque chose :

- Qu'est-ce que tu voulais dire tout à l'heure, au petit dej' ?

- Heu… On pourra en parler après le cours si tu veux, esquiva Isabella.

- J'aimerais bien, oui. Je n'ai pas trop compris.

- En même temps, j'étais un peu énervée… expliqua Isa.

Mais elle n'eut pas loisir de poursuivre, le professeur McGonagall entra et commença son cours.

A dix heures, la fin du cours de Chroma arriva comme une bénédiction. Les quatre amis se retrouvèrent dehors et puisque aucun d'eux n'avaient cours, ils remontèrent dans leur salle commune pour continuer leurs devoirs. Ophelia était perdue dans des pensées inconnues – si bien qu'elle avait oublié ce dont elle devait parler avec Isa, au grand soulagement de celle-ci – Ben et Kilian, comme d'habitude, discutaient ensemble.

Kilian avait rejoint leur groupe peu de temps après la rentrée. Ce grand noir au sourire immense était le compagnon de chambre de Ben, et le petit groupe avait vite adopté sa bonne humeur permanente. Par ailleurs, c'était le filleul de Harry, ce qui renforçait les liens avec le groupe des aînés. Au début, Millicent avait fait une tête de deux mètres de long lorsqu'elle avait cru avoir affaire à un Blaise n°2. Mais si Kilian avait en effet beaucoup d'humour, il était rarement grossier, blessant ou cynique. Il avait le cœur sur la main, était toujours poli et courtois envers les filles. Bref, presque tout le contraire de Blaise, selon Lissy ! Isabella ne comprenait pas trop pourquoi : avec elle comme avec tout le monde, Blaise était très gentil. Un peu froid et distant, comme l'aristocrate qu'il était, mais sympathique.

- Eh, les filles ! Vous venez à Pré-au-Lard ce week-end ? demanda soudain Ben en se retournant vers elles.

- Moi, oui. Millicent m'a extorqué la promesse d'y aller.

- Oh ! C'est vrai qu'elle peut être très persuasive et très accrochée quand elle veut ! plaisanta Kilian, que la jeune fille aimait bien taquiner.

- Et puis avec un café on peut me faire faire beaucoup de choses !

- Tiens, on s'en souviendra à l'occasion ! s'amusa Benjamin. Et toi Phil, tu viens, hein ?

- Je ne sais pas… oui, je viendrai, acquiesça Ophelia en voyant le visage de son amie s'affaisser. Je ne vais pas laisser Isa toute seule avec vous deux !

- Oh, je suis sûre qu'elle serait ravie, n'est-ce pas Isa ? fit Ben. De toute façon, on ne sera pas seuls. Théodore m'a dit qu'on pourrait peut-être passer le samedi avec les autres, Harry, Hermione, Draco et tout ça.

- Je sens qu'on va s'amuser ! sourit Isa.


A cinq heures de l'après-midi, comme promis, Millicent fit une entrée fracassante dans la salle commune des Cadets – nom donnés aux élèves de première année. Les bras chargés de classeurs, elle se dirigea vers le coin qu'Isa et ses amis avaient choisi pour travailler au calme. Enfin, travailler était un bien grand mot. Kilian et Ben se lançaient des blagues toutes les dix minutes, Ophelia les écoutaient distraitement mais s'amusait manifestement beaucoup, si bien qu'Isa avait fini par visser un baladeur sur ses oreilles et travaillait, elle, sur les accents d'un quelconque concerto pour violon.

- Salut la compagnie ! fit Millicent en s'asseyant dans un fauteuil proche.

Isabella leva le nez de ses feuilles et, stylo en l'air, l'accueillit d'un sourire soulagé.

- Ouf, te voilà ! J'allais presque abandonner !

- La cavalerie arrive toujours à temps, à ce que je vois ! Bon, par contre, on va aller ailleurs parce que d'après ce que je peux constater, il ne règne pas vraiment une ambiance de travail, ici ! dit-elle en coulant un regard qui en disait long en direction des deux garçons.

Ceux-ci explosèrent de rire.

- Ma chère Millicent, comment peux-tu dire ça aux bourreaux de travail que nous sommes ! s'écria Ben, une main sur le cœur.

- Hum hum, fut la seule réponse de la jeune fille.

- Ok, on va aller dans notre chambre. Phil, ça ne te dérange pas ?

- Pas du tout. Je vais rester et essayer de finir de rédiger ma dissert avec ces deux zigotos à côté !

Isa et Lissy partirent donc en direction de la chambre salvatrice, loin des éclats de rire des deux garçons.

- Ils sont toujours comme ça ? demanda Millicent en gravissant l'escalier de bois.

- Oui, soupira Isa. Ils sont gentils, mais ça ne m'aide pas beaucoup. Et en plus, je me sens nulle à côté d'eux. Tu les vois, ils ont déjà finis leurs devoirs, ou alors ils les feront à la dernière minute. Mais ils auront toujours plus que moi.

- Allez, t'inquiète ! Tu vas finir par avoir ton rythme ! Moi aussi je… enfin, non, je ne suis pas vraiment un exemple à prendre ! dit-elle en riant. Mais Théo par exemple, il était super stressé l'année dernière, mais maintenant tout est OK. Le début, c'est difficile pour beaucoup de gens. Tu ne le vois pas forcément, parce que tu t'es choisi des amis un peu différents mais si tu regardes les autres élèves de ta promo, tu verras que beaucoup sont comme toi.

- Merci, fit Isa, un peu rassurée par le discours de sa marraine. Est-ce que… comment c'était dans votre groupe ? Je veux dire, Harry, Draco, Hermione… comment ils travaillaient ? demanda-t-elle tout en faisant entrer Millicent dans la chambre.

- Bah, pour Harry, Hermione et Ron, je ne sais pas trop. On ne les connaissait pas au début de l'année. Ce n'est que lorsque Draco est devenu ami avec Harry qu'on a commencé à le fréquenter, lui, puis ses amis. D'ailleurs, tu pourras demander à Blaise : au début, il ne pouvait pas sentir Ron. Il l'appelait 'la belette' et se moquait assez souvent de lui.

- Et maintenant ? demanda Isa en songeant à tout ce qu'on disait de contradictoire sur Blaise.

- Maintenant ? Comment ils se supportent, tu veux dire ? Eh bien, on a appris à mieux les connaître. Personnellement, j'adore Hermione, et d'ailleurs une présence féminine me manquait un peu dans ce groupe. Et Ron, c'est… Ron ! Pas vraiment le genre de personne que j'irai voir d'emblée, mais il est sympa ! Je crois que les autres pensent pareil…

- Et pour en revenir au travail…

- Ah oui. Eh bien, Draco a eu aussi pas mal de difficultés dans les premiers mois. Mais lui est assez perfectionniste, ce qui n'aidait pas. Blaise, lui, est plutôt je-m'en-foutiste… Travailler le moins possible et draguer au maximum, ça pourrait être sa devise ! dit Millicent en riant.

- Blaise ? Il a pourtant l'air travailleur…

Isa ne comprit pas pourquoi Millicent explosa soudain de rire.

- Comment a-t-il fait pour être accepté en deuxième année ?

- Oh, ce qui l'a sauvé c'est qu'il est vraiment très doué en dessin. Et il dessine tout le temps…

- Mais on ne le voit jamais ! Par rapport à Harry ou Théo, ou toi, qui avez toujours un carnet quelque part sur vous…

- C'est parce qu'il n'aime pas dessiner devant les autres. Croquis rapides, caricatures, d'accord ! Quand c'est pour s'amuser… Mais sinon, il préfère être seul. Ça peut paraître bizarre, quand tu le vois entre les cours et pendant les repas, mais je peux te garantir que les 80 du temps où tu ne le vois pas, il dessine !

- Vraiment ? demanda Isa, dubitative. Et il vit pendant les 20 restants ?

Millicent éclata de rire.

- Oui, on peut dire ça. Il les passe entre nous, son lit et ses copines.

- Eh bien… on ne dirait pas comme ça, murmura Isa.

- Ah, toi aussi tu t'es faite une idée déformée de lui ! C'est parce qu'il veut donner une image spéciale de lui… Je serai curieuse de savoir comment il se comporte avec ses copines, avant de les mettre dans son lit…

- Tu n'as qu'à rester deux minutes en présence de Lisley et tu le sauras. Cette fille est folle !

- Folle de lui !

- Donc folle tout court. Elle n'arrête pas de vanter ses mérites, son talent fabuleux et…

- C'est vrai qu'il a du talent. Vous apprendrez à le connaître.

Isa n'ajouta rien et les deux filles passèrent aux devoirs de la jeune espagnole.


Deux heures plus tard, elles décidèrent qu'il était temps de faire une pause. Avant de descendre pour le dîner, Isa s'excusa pour aller aux toilettes. Millicent resta donc seule dans la chambre et, en l'attendant, s'assit sur le lit couvert d'une couette jaune et orange. Celui d'Ophelia sans aucun doute – puisque le lit d'Isabella était d'un beau violet profond. Alors qu'elle laissait ses yeux vagabonder dans la pièce, elle s'arrêta sur un carnet à la couverture bleue. Par sa taille et les spirales qu'il possédait, Millicent pouvait jurer sa fortune que c'était un carnet à croquis… Sa curiosité piquée, elle l'attrapa et l'ouvrit. Le talent était bel et bien là, c'était indéniable… Mais plus elle tournait les pages, plus un doute l'assaillait.

- Non… C'est pas possible…, murmura-t-elle.

Hors les visages d'amis proches – Isa, Ben, Kilian – qui revenaient fréquemment, signe que l'artiste passait beaucoup de temps avec eux, il n'y avait qu'une figure qui était dessinée, redessinée, esquissée, travaillée, des dizaines et des dizaines de fois. Une seule, et des yeux verts qui scandaient le carnet comme un refrain.

- Ben merde alors…

C'est ce moment-là que choisit Isa pour ressortir de la salle de bains, et pour trouver une Lissy complètement stupéfaite assise sur le lit et tenant en mains le carnet d'Ophelia.

- Millicent ?

- Tu as vu ça, Isa ?

- Euh, oui. C'est le carnet de croquis d'Ophelia, pourquoi ?

- Non mais est-ce que tu l'as déjà regardé, feuilleté ? insista Millicent.

- Phil m'a montré des essais plusieurs fois. Mais pourquoi ?

- Parce que… parce que c'est complètement dingue ! Regarde !

Elle fit tourner les pages, et Isabella put constater elle aussi l'obsession de son amie.

- Ouais… j'avais bien une petite idée, fit l'espagnole à mi-voix.

- Là, c'est on ne peut plus clair, remarqua Millicent.

- Hum, peut-être pas. Peut-être qu'elle est simplement obnubilée par ses yeux…

- Mouais, fit Lissy, pas vraiment convaincue. De toute façon, je vais mener ma petite enquête.


Millicent senti deux bras l'entourer et une bouche butiner son cou. La journée promettait de se finir comme elle s'était passée : merveilleusement bien. La jeune fille se retourna pour faire face à Théo et l'embrassa doucement. De sa langue, elle caressa les lèvres de son petit ami et força l'entrée de sa bouche. Il la laissa faire tandis que ses mains semblaient se mouvoir toutes seules, descendant toujours plus bas avec une lenteur calculée. Lissy frissonna et sans interrompre son baiser, leva sa main vers sa nuque pour l'approcher plus près d'elle. Théo – ou plutôt ses mains – avait enfin trouvé ce qu'il cherchait : avec la même lenteur il souleva le pull et la chemise de la jeune fille et se mit à caresser sa peau douce en faisant chemin inverse. Elle gémit de plaisir et se laissa juste le temps de respirer pour reprendre son baiser passionné.

Ils étaient seuls dans la chambre de Théo mais Blaise pouvait rentrer d'une minute à l'autre, et Lissy n'appréciait pas trop les regards narquois de son ami lorsqu'il les surprenait dans une position peu catholique. Comme s'il l'avait compris, Théo se recula et lui sourit :

- Ne t'inquiète pas, Blaise est parti s'occuper de sa conquête du moment. Il ne reviendra pas avant demain.

- Même si la fille ne veut pas…

- Tu connais beaucoup de filles qui résistent à Zaby ? répliqua-t-il avec une lueur amusée dans les yeux que Lissy trouva craquante. De toute façon, il me l'a promis.

- Mais où va-t-il aller ? demanda-t-elle, curieuse. Quand même pas dans sa chambre ?

- Oh, depuis le temps, il a dû trouver un coin tranquille !

- Ouais… je préfère ne pas le savoir en fait, marmonna-t-elle.

Le brun eut un petit rire et se pencha pour embrasser sa petite amie, tout en reprenant ses caresses. Lentement, il la guida vers le lit et lui enleva définitivement les vêtements qui lui bloquait l'accès à la poitrine généreuse de la jeune fille. Elle se cambra lorsqu'il fit brusquement glisser sa langue sur sa peau claire.

- Théo… chuchota la jeune fille.

- Mmmm.

Il s'attaquait maintenant au bas, détachant avec minutie les boutons de sa jupe.

- Théo, j'ai un truc à te demander.

- Tout ce que tu voudras, souffla-t-il fiévreusement en faisant glisser le tissu sur les jambes lisses de son amante.

- Non, c'est… c'est sérieux, haleta-t-elle en sentant ses mains sur elles, sur sa poitrine, sur ses hanches, sur ses jambes. Et sa bouche, et – ô mon Dieu ! – et sa langue…

Elle était complètement nue, offerte à son regard brûlant. Prise d'une impulsion, elle se releva et commença à déboutonner la chemise de son amant.

- C'est sérieux reprit-elle tandis que Théo, ne voulant lui laisser aucun répit, se remit à butiner son cou, sa nuque et son visage. Il faut qu'on parle de Harry.

- Un problème avec Harry ? demanda-t-il sans arrêter pour autant ses baisers et ses caresses.

- En quelque sorte…

- Mais ça peut attendre ?

- ça peut attendre, répondit-elle en s'attaquant à la fermeture de son pantalon.

- Alors ça attendra, haleta-t-il en sentant une main glisser dans son caleçon.

Théo renversa la jeune fille sur le lit, la couvrit de baisers enflammés, et, ayant enfin la certitude qu'elle ne pensait plus à Harry ni à un quelconque problème, qu'elle ne pensait plus qu'à lui, lui et elle dans le même lit, il lui fit l'amour. Passionnément.


ça sent la guimauve à plein nez sur la fin... mais bon ;-) Il a des sentiments, que diable !

Bref, comme je l'ai expliqué à Touffue en réponse à sa review, et comme la publication de ce chapitre vous le prouve, je n'abandonne pas cette fic... J'ai une idée très claire de son scénario et déjà un passage extrêmement important d'écrit. ça va donc continuer, mais lentement. Désolée.

Maintenant, dites-moi, vous avez aimé ce chapitre ???