Chapitre 4 : L'Etoile Noire
J'ignore combien de temps nous sommes restés là… front contre front à penser à nos amis disparus, peut-être une heure, une heure de silence respectueux ou ne nous pensions plus qu'à eux. Puis Cloud s'est détaché de moi en me glissant un petit « merci » à l'oreille, puis il est monté se coucher…
Tout simplement…
Je suis restée alors assise sur mon tabouret pendant près d'un quart d'heure avant de me décider à aller dormir à mon tour. J'ai donc monté les marches de l'escalier et me suis affalée sur mon lit en m'endormant comme une masse.
Il était là… me tenant doucement dans ses bras et me chuchotant des mots à l'oreille, des mots que j'ai toujours voulu entendre de sa bouche. Je suis blottie contre lui, respirant son odeur et ressentant la pression de ses bras contre ma taille, ses lèvres amoureusement pressées contre les miennes. C'est si merveilleux que je crois rêver…
BBBBBBIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIPPPPPPPPPPPPPPPP
Et merde… foutu réveil. Je relève lourdement la tête d'entre les drapes pour regarder l'heure inscrite sur le cadran.
4h06
QUOI ?! Alors non seulement cet abruti m'arrache à un rêve sublime mais un plus, il me réveil à 4h du matin ? Bien qu'encore endormie et énervée, je me lève en grommelant et passe juste devant la chambre de Denzel et Marlène. Un gémissement s'en échappe alors… qu'est-ce que…
Je passe la tête à l'intérieur de la pièce et remarque alors que Denzel s'entortille entre les draps et gémit de douleur. Je me précipite vers lui, craignant que les geostigmates soient revenus. Je tente de calmer Denzel et de le stabiliser mais il bouge tellement que mes tentatives sont vaines.
-Calme-toi, je suis là
Peine perdue, il ne cesse de bouge et continue de gémir. Après quelques minutes durant lesquelles je me suis presque littéralement battu avec le gosse, j'ai enfin réussi à le calmer. Je dégage d'un revers de la main les cheveux qui retombent sur son visage en sueur, sur son front, je vois des marques sombres d'où s'échappe du pus, on dirait une étoile noire…
Oh non, pas ça… s'il vous plaît, ne me dîtes pas que ça recommence… Marlène a ouvert les yeux à son tour et a tout de suite comprit ce qui se passait, elle s'est précipitée dans la salle de bain après avoir jeté un rapide coup d'œil à Denzel. Lorsqu'elle revient, elle tient dans ses mains des bandages avec un bol rempli d'eau chaude, je la remercie et saisi rapidement un bandage pour le tremper dans le liquide fumant. Méticuleusement, je dépose la bande sur le front brûlant de Denzel. C'est alors qu'il cesse de bouger et semble se rendormir…
Marlène lève des yeux inquiets vers moi, je la comprends… après tout, il y a toujours cette peur constante qu'il ne se réveille pas et reste endormi à jamais, car ce sont bien là les risques du Geostigma. Je caresse doucement ses cheveux et lui demande si elle va aller se recoucher, elle me répond :
-Non je veux rester avec Denzel!
Je lui souris avec compassion, après tout, moi aussi je serais restée ici auprès d'un ami malade, quoi de plus normal? Je ne ressens plus aucune fatigue, juste une profonde impuissance devant l'état de Denzel, j'ouvre lentement la porte de la chambre des enfants pour sortir lorsque je découvre et juste derrière, la mine déconfite. Il est inutile que je lui explique, il comprend d'un simple regard, il regarde le petit corps de Denzel qui dort dans le lit tandis que Marlène avait les yeux rivés sur son visage crispé de douleur. Cloud ressort dans le couloir tandis que je ferme la porte, restant ainsi seule avec lui. L'air est soudain devenu froid… mon dieu que je hais ces moments là…
-Tifa, est-ce que ça va ?
Je relève la tête et regarde Cloud dans les yeux, j'ignore si à cet instant, il peut voir toute ma tristesse dans mon regard, mais je sais qu'il ressent la même détresse que moi en ce moment. Nous sommes impuissants ou devrais-je dire, JE suis impuissante vu que Cloud a les mêmes symptômes, je ne peux rien faire à part attendre, attendre quoi ?! Qu'ils ne se réveillent pas, qu'ils restent allongés à jamais sur ce lit ? Non certainement pas ! Je descends les escaliers et tourne lentement la pancarte accrochée sur la porte d'entrée du bar.
Le Septième Ciel sera fermé aujourd'hui…
