Avant toute chose, il faudrait peut-être que je vous précise que cette fic fait office de tome 5, et qu'Hilarity l'a écrite sans avoir lu le tome officiel (du moins au début). La fic compte pour l'instant 15 chapitres, mais n'est pas terminée. Donc, moi non plus je ne sais pas tout ! ;-)

Maintenant, place aux reviews:

Blacky: J'sais bien que tu m'en as mise une sur l'autre site, mais je te réponds là. J'en profite pour te remercier publiquement d'être ma lectrice et de me fournir les termes potteriens francophones. Lecteurs, sachez que c'est grâce à elle que vous risquez pas de tomber sur du franglais ! lol

Gaeriel Jedusor: Merci bien ! L'exercice est intéressant, mais pas évident. Chapeau bas à M. Ménard… Ouais, moi aussi j'ai bien aimé découvrir les personnages dans un autre environnement. Ça change !

Julianna Potter: Merci ! Euh, par contre, je vais pas répondre à ta question… parce que tu en sauras plus dans ce chapitre !

Chapitre 2: Décisions douloureuses

"I, too, dislike it: there are things that are important beyond all

this fiddle.

Reading it, however, with a perfect contempt for it, one

Discovers in

It after all, a place for the genuine." - Poetry, de Marianne Moore

(Moi non plus, je n'aime pas ça: il y a des choses qui sont

importantes derrière cette combine. Toutefois, en la lisant avec un total

mépris, on y découvre finalement quelque chose d'authentique.)

Chambre commune des Gryffondors, 2 mai 1996

En ce matin-là, les examens de fin de trimestre étaient le dernier des soucis de deux jeunes Gryffondors. L'averse matinale avait ravagé le domaine, et le cours de botanique avait été annulé. Cela non plus n'avait pas beaucoup d'importance, de toute façon, puisqu'aucun de ces deux élèves ne portaient plus aucun intérêt aux cours. Ils flottaient à travers l'école, apparemment détachés de tout, ce qui était en grande partie vrai. Leurs idées étaient simplement bloquées. Quelque chose rongeait leur esprit, les empêchant de songer à autre chose alors qu'ils en auraient eu désespérement besoin. Tous deux savaient exactement ce qui les tourmentait, mais un seul d'entre eux essayait d'y changer quelque chose.

"La coupe de Quidditch est dans moins d'un mois, Ron. Tu ne devrais pas t'entraîner ?", demanda la jeune préfette.

Ron soupira, remuant dans son fauteuil près de la fenêtre, lançant son sac sur le sol et faisant ainsi tomber son livre de métamorphose niveau 5.

"Je déteste le Quidditch", répondit-il soudain, faisant sursauter son interlocutrice.

"Tu n'es pas sérieux ?", demanda-t-elle le souffle coupé.

"Si. Je suis totalement sérieux. C'est pas juste, Hermione. Je fais partie de l'équipe uniquement parce que... parce que..." Ron remua à nouveau et sa voix trembla. Hermione fit un signe de tête compréhensif, et frotta inconsciemment son badge de préfet. Ron le remarqua, et regarda le sien.

"ça non plus ça n'a plus d'importance. C'est Harry qui le méritait."

"Et il l'a eu, non ? Il était préfet, non ?" Hermione se leva, dégoûtée.

"Oui, mais il n'était pas là pour le DEVENIR, n'est-ce pas ?" Et maintenant je suis attrapeur, et à ses dépens. Je le déteste." Ron se leva, ramassa son livre et se précipita vers les dortoirs.

"Oh Ron, tu ne le penses pas ! S'il te plaît, retire ce que tu as dit !" Hermione était sur le point de fondre en larmes. Des jours pareils n'arrivaient plus souvent, mais ils étaient toujours difficiles à vivre. Ron avait été si heureux au départ, lorsqu'il était devenu le nouvel attrapeur des Gryffondors. Mais après avoir gagné son premier match, même le Nimbus 2001 (à son plus grand dégoût, Malfoy ayant le même) que Fred et George lui avait acheté n'avait plus d'importance. Même pas le fait d'être préfet (à sa grande surprise) n'avait plus d'importance. Plus rien ne semblait avoir

d'importance.

Hermione se laissa aller. Elle savait qu'il valait mieux laisser libre cours à ce genre d'émotions, mais récemment il lui semblait qu'elle pleurait de plus en plus souvent, comme l'été passé et au début du premier trimestre. Après, ça s'était tassé.

Les gens la traitaient toujours différement, avec Ron. Même Snape, ce qui avait le don d'ecoeurer Ron, ne les réprimandait plus autant, et enlevait rarement des points à Gryffondor en raison d'une faute qu'ils auraient commise. Ron et Hermione savaient bien pourquoi, et ce n'étaient pas parce qu'ils étaient préfets. Ce type aux cheveux gras avait tout bonnement pitié d'eux.

La pitié.

C'était tellement énervant d'être plaints. Tout le monde les plaignait. McGonagall éclatait presque en sanglots à chaque fois qu'elle les avait en cours. Et puis il y avait eu cet incident en divination. Juste un mois après le début du premier trimestre, Mme Trelawney avait fait une remarque odieuse au sujet de la "mort" d'Harry. Ron avait explosé en plein cours et n'y avait plus remis les pieds. Trelawney avait dépassé les bornes, songeait Hermione. Pour sa part, elle avait totalement soutenu la décision de Ron. Apparemment, tous les autres professeurs avaient fait de même.

Ron n'avait pas besoin des sarcasmes d'une vieille chauve-souris. Il était en train de déperir, Hermione le voyait jour après jour. Même les moments où il plaisantait et riait avec elle, il n'était plus aussi jovial qu'avant. Parfois, Hermione croyait que Ron avait passé le cap, mais elle se trompait toujours terriblement. Elle-même ne s'en était pas vraiment remise. Comme pouvait-elle l'espérer de Ron ? Il avait toujours voulu être sous la lumière des projecteurs, et maintenant que, Harry étant parti, il était sur le point d'être

préfet-en-chef, capitaine de l'équipe de Quidditch et le plus populaire des

Gryffondors, il détestait ça. Cela le rendait malade. "C'est la destinée

d'HARRY !", hurlait-il souvent. Ron semblait à la fois détester et regretter

Harry.

Il avait commencé à le détester à la suite d'un commentaire ambigu sur la disparition d'Harry publié dans un numéro d'octobre de la Gazette des Sorciers:

"L'ami le plus proche du garçon qui a survécu, Ron Weasley (excellent attrapeur au Quidditch et préfet de Gryffondor), reprend les choses là où Harry les a laissées..."

Ron avait réduit cet article en miettes au petit-déjeuner ce matin-là. Aprés, il était juste devenu amer. Il l'était constamment, amer.

Hermione se rassit devant le feu rougeoyant, avant de décider qu'elle ferait mieux d'aller en métamorphose au lieu d'attendre que Ron se reprenne. Après tout, peut-être qu'il sécherait complètement le cours. C'était son style de faire ça. Pourtant, son niveau restait meilleur que durant les quatre années précédentes. Le portrait s'ouvrit, et Hermione s'enfonca dans le couloir de pierres froides. Cet endroit qu'elle avait durant quatre ans considéré comme "la maison" était devenu un véritable ennemi. Chaque porte s'ouvrait sur l'enfer, chaque élève lui rappelait des souvenirs, et chaque portrait murmurait des sorts obscures...

Hermione frissona, bien qu'elle n'ait pas vraiment froid, et changea son sac d'épaule. Ses pas résonnaient tristement dans le couloir désert, et elle pouvait entendre depuis les salles de classe la voix étouffée des professeurs enseignant aux élèves les dernières choses qu'ils avaient à savoir pour leurs examens.

Un bruit de pas rententit derrière Hermione, la faisant se retourner brusquement. C'était Ron.

"Ron !", s'exclama-t-elle, un peu plus fort qu'elle aurait voulu. "Qu'est-ce que tu fais ici ?"

Ron haussa les épaules, la main appuyée sur un point de côté. Ses cheveux étaient ébourrifés et son visage commencait à rougir.

"Tu as couru tout le chemin depuis la tour ?" C'était une question idiote,

vraiment, car la réponse était évidente.

Pourtant, Ron secoua la tête.

"Quoi ?", demanda Hermione, comme ils s'avancaient vers la salle de classe

de Mme McGonagall.

"Je l'ai utilisée et je suis parti juste avant toi. Je voulais aller à la bibliothèque, mais finalement j'ai changé d'avis, et je t'ai rattrapée", répondit Ron, toujours hors d'haleine.

Ron parlait de la cape d'invisibilité, qu'il n'appelait plus que par un pronom désormais. Il l'utilisait parfois, mais la plupart du temps il la gardait enfermée dans sa malle, aux côtés de l'Eclair de Feu d'Harry, que contrairement à la cape il n'utilisait jamais. Jamais. C'aurait été un sacrilège de l'utiliser, et Hermione était d'accord là-dessus.

"Je n'ai pas vu le portrait s'ouvrir" , fut tout ce qu'Hermione fut capable de répondre.

"Tu, euh..." Ron haussa légèrement les épaules.

"Oh." Hermione était en train de pleurer quand Ron était sorti. "Désolée." Hermione ne savait pas pourquoi elle s'excusait, mais elle le fit quand même.

Ron s'arrêta. "Pourquoi est-ce que tu fais ça ? Ce n'est pas ta faute. J'suis qu'un idiot."

"Tu n'es pas idiot, Ron !" (Bon, peut-être un peu.) "Pourquoi donc est-ce que tu as dis ça ?"

Ron regarda brusquement Hermione. Son visage était indéchiffrable. "Je ne sais pas. Je me fais peur quand je dis des choses pareilles. Je pense que ça été le cas."

"Arrête ça, Ron !", dit Hermione, se retournant pour le regarder bien en face. "Tu sais que ce n'est pas vrai. C'était ton meilleur ami."

"Et le tien."

"Oui. Et le mien. On ne pourra jamais le détester. C'est stupide."

"Et je suis stupide, donc je peux le détester", répondit Ron avec un tel ton de finalité qu'Hermione n'osa pas répliquer.

Elle retint sa langue, et se remit à marcher, sentant ses yeux brûler dangereusement. Ce n'était pas juste. Rien de tout cela ne l'était. La vie était infernale. L'enfer était tentant, donc la vie devait être pire. Hermione soupira.

"Je déteste ça. Vraiment. Foutus souvenirs, hein ?" C'était un essai troublant d'humour, et Hermione sourit faiblement, bien qu'elle s'inquiéta de le faire.

Le cours de métamorphose se déroula sans événement particulier. Mme McGonagall était satisfaite de leurs essais mitigés de métamorphose entre deux espèces sans lien de parenté (un lapin en hérisson, la plupart des élèves ayant produit des "bouts d'hérisson"), et, comme d'habitude, Hermione fut la seule à réussir. Ron, toutefois, y parvint presque.

"Il est assez joli, non ?", dit-il, tenant à bout de bras un lapin à piquants avec un nez de cochon et des oreilles étonnament courtes.

"Aï !". Il l'avait mordu. "Espèce de sale bestiole infecte ...", marmonna-t-il, son doigt blessé dans la bouche.

Hermione éclata de rire. Cela faisait vraiment du bien de rire. Elle n'en avait pas eu beaucoup l'occasion cette dernière année, mais cela semblait à chaque fois merveilleux de pouvoir le faire.

"Tu devrais lui donner un nom", dit-elle sérieusement, jetant un coup d'oeil vers son propre hérisson blanc.

Ron fit la moue, suçant toujours son doigt légèrement coupé. "Cette chose est dangereuse."

Hermione rit à nouveau, et ébouriffa les cheveux de Ron d'avant en arrière, les faisant se dresser.

"Hé !", s'exclama-t-il indigné, tentant d'applatir le massacre. Il jeta à Hermione un regard meurtrier, mais elle riait toujours, et Ron fit la moue, ce qui eut pour effet de ruiner l'effet général de son regard.

"Contente de voir que tu t'es déridé, Ron", dit Hermione alors que la cloche sonnait pour annoncer le déjeuner.

Ron leva un sourcil interrogateur vers Hermione et se leva, oubliant complètement son "bout d'hérisson" (mais ce dernier semblait passer le temps en mâchonnant sa plume).

"Donne-moi ça !", gronda Ron, arrachant la plume des mâchoirs du maudit "bout d'hérisson", et la flanquant dans son sac. Le bout d'hérisson gronda en retour, et fit un mouvement vers la main de Ron, réussissant à nouveau à atteindre sa cible.

"Hé, foutue créature stupide !", hurla Ron, et il glissa sa main dans la manche de sa robe.

Hermione se remit à rire, et sortit la première de la classe. Alors qu'ils se dirigeaient vers le grand hall, Hermione se mit à fouiller dans son énorme sac. Elle s'arrêta net, grogna, et se tourna vers Ron.

"J'ai oublié mon livre de potions. Je reviens tout de suite", dit-elle

précipitamment, et, tournant les talons, elle se précipita dans la direction

opposée sans attendre de réponse.

"JE NOUS GARDE DES PLACES, ALORS ? Oh, et puis zut...", fut tout ce qu'Hermione entendit.

* * *

Une fois dans la chambre commune des Gryffondors, Hermione laissa tomber son sac sur le canapé et monta vers les dortoirs des filles. En arrivant devant la large porte en chêne portant les mots Cinquièmes Années gravés en lettres d'or, elle entendit un petit bruit sourd et un bruissement qui venaient de l'intérieur.

Se demandant qui était encore dans la chambre, Hermione ouvrit la porte. Elle s'attendait à voir Lavender ou Parvati, mais certainement pas celle qui l'attendait.

"Hedwige !", souffla Hermione, sentant ses jambes fléchir.

Hedwige volait devant la fenêtre qui se trouvait à côté du lit d'Hermione, une lettre, non pas attachée à sa patte, mais serrée dans ses griffes. Et il y avait quelque chose de particulier à cette lettre. Ce ne devait pas être du parchemin, car elle était d'un blanc aveuglant au milieu de la grisaille du monde extérieur. On aurait presque dit du papier d'imprimante moldu, mais quelle chouette en utiliserait ? Ou plutôt: quel Moldu enverrait-il son courrier par chouette ?

Secouant la tête, Hermione réalisa soudain qu'Hedwige attendait de pouvoir entrer. En trois enjambées, elle avait ouvert la fenêtre et regardait la lettre blanche tomber à ses pieds.

Hedwige se posa sur le lit d'Hermione, bien déterminée à prendre du

repos après ce qui semblait avoir été un long vol.

Hermione se mit à genoux (ou plutôt: tomba à genoux) et fixa le bout de papier. Il était tombé àl'envers, l'écriture lui étant ainsi dissimulée, ce dont elle était contente. En effet, cela pouvait être n'importe quoi. Elle le fixa encore pendant une bonne minute, se sentant particulièrement accablée. Alors qu'elle tendait la main pour ramasser la lettre, elle remarque qu'elle avait commencé à trembler, et la retira vivement. La lettre pouvait attendre, mais elle devait la ramasser. Donc, avec un effort énorme pour une si petite tâche, elle souleva le petit papier, faisant attention à ne pas lire quoi que soit, et le mit dans sa malle.

Hermione était redescendue dans la chambre commune et ramassait son sac lorsqu'elle se souvint de la raison pour laquelle elle avait manqué une partie du déjeuner. Elle courut en haut des marches, et s'arrêta avec horreur en réalisant qu'elle aurait à ouvrir la malle pour prendre son livre.

"C'est ridicule", se dit-elle. "Lis ce truc !"

Et, prenant une profonde respiration, elle souleva le couvercle de la malle et pris la lettre d'une manière si délicate qu'on aurait pu croire qu'elle transportait quelque chose de très précieux et fragile.

Hermione s'assit sur son lit et retourna le papier. Elle eut le souffle coupé. Cette lettre avait sans aucun doute était écrite au stylo, mais ce n'était pas ça qui la choquait. C'était l'écriture. Elle ressemblait à celle... à celle... Hermione se sentit perdre pied. Elle se mit à lire la lettre, bien que son instinct lui criait d'arrêter.

"Je m'appelle Harry Potter.

Je ne sais vraiment pas qui je suis, ce que je suis, d'où je viens (à part de l'Angleterre, mais comme me dit mon amie Nadia, je devrais pouvoir préciser la chose), et si j'ai une famille.

Je ne sais pas pourquoi j'écris ça, et je ne vais certainement pas envoyer cette lettre, mais si jamais j'ai besoin d'envoyer une lettre à personne, la lettre est prête."

Hermione ne put se résoudre à aller en cours de potions. Elle n'était pas au dîner, et personne n'avait aucune idée de ce qui avait pu lui arriver. Toutefois, lorsque Ron frappa timidement à la porte du dortoir des filles plus tard ce soir-là, il entendit des sanglots étouffés qui lui paraissaient bizarrement familiers, et il soupira.

"Hermione ?"

Les sanglots cessèrent brusquement, et il entendit des pas traverser en courant la chambre. La porte s'ouvrit brutalement et pratiquement contre la tête de Ron.

"Ron ! Oh Ron !" Hermione s'effondra dans ses bras, le faisant reculer, d'une part parce qu'il était surpris, et d'autre part parce qu'il était mal à l'aise. Il réussit à calmer suffisament Hermione pour entrer dans le dortoire, mais l'état de cette dernière empira comme elle lui montrait un papier blanc tout froissé et abandonné sur la moquette écarlate.

"Lis... ça", réussit à croasser Hermione à travers ses larmes.

Ron regarda Hermione, puis la lettre, puis à nouveau Hermione, et enfin la lettre, avant de s'avancer lentement vers l'innocent bout de papier.

"C'est quoi ce truc ?"

Les sanglots d'Hermione redoublèrent, et Ron s'assit, la lettre à la main, décidé à ne plus poser de questions avant de l'avoir lue.

Mais, ses yeux tombant sur l'écriture familière, il se mit à paniquer, un peu comme si quelqu'un l'avait baîlloné, attaché à un arbre et laissé à la merci d'Aragog. Lorsqu'il eut fini, il se sentit paralysé. Il devait avoir pâli une bonne douzaine de fois, parce qu'Hermione avait cessé de pleurer et le regardait avec inquiétude.

Sa paralysie augmenta avant de se transformer en confusion, et enfin, en fureur.

"Qu'est-ce que c'est que ça ? C'est... c'est... c'est une blague. Quel salaud ferait un truc pareil ? C'est pas juste. Ce n'est pas Harry. ça ne peut PAS être Harry ! C'est tout simplement impossible..." Il baissa à nouveau les yeux vers le papier, et tressaillit. "Hein ?" Ron avait l'air desepéré, comme s'il cherchait des réponses qu'Hermione pouvait avoir. Elle secoua seulement la tête, bien que ce ne soit pas vraiment en réponse à la question. C'était plus pour essayer d'admettre qu'elle n'en savait pas plus que Ron.

"Merde ! Je te jure, Hermione, je vais étrangler le type qui t'a envoyé ça ! Je le jure ! Je lui balancerais tous les Impardonnables jusqu'à ce qu'il crève ou qu'il devienne débile."

"Tu ne ferais jamais ça !", coupa Hermione. "Hedwige est une chouette loyale ! Tu ne pourrais pas !"

"Hedwige ? Je ne parlais pas d'Hed - attends, c'est ELLE qui l'a apportée ?" Ron se leva et s'avanca vers Hermione, une lumière dansant dans ses yeux bruns.

Hermione ne fit qu'un signe de tête. Ron s'arrêta. Il regarda rapidement autour de lui.

"Elle est partie", dit Hermione, comprenant ce que Ron cherchait.

Lorsque les yeux de Ron retombèrent sur Hermione, ils reflètaient la dernière émotion qu'elle s'attendait à y trouver: ils brillaient de joie.

"Alors, ça veut dire que c'EST Harry ! Qui d'autre utiliserait Hedwige ? En qui d'autre Hedwige aurait-elle confiance ? Elle ne permettrait jamais à une sorte de vieux tordu de t'envoyer quelque chose comme ça !" Ron parlait très vite à présent, sans voir qu'Hermione s'était remise à pleurer, et secouait la tête dans sa direction.

"On doit le trouver, Hermione ! Il le faut ! Il a besoin de nous ! Je vais voir Dumbledore, il saura quoi faire !" Ron se retourna, saisit les poignets d'Hermione et la tira en avant. Elle dégagea violemment son bras, et Ron la regarda, perplexe.

Hermione secoua à nouveau la tête. "Pourquoi est-ce que tu FAIS ça, Ron ?"

"Fais quoi ?", dit Ron, visiblement inquiet et manifestement conscient qu'Hermione ne parlait du fait d'aller trouver Dumbledore.

"Il... ne... reviendra... pas !", cracha-t-elle à travers ses larmes. "Tu n'as pas compris ? Il ne reviendra pas ! Il est parti ! Il est mort ! Il est... il est..."

Ron blêmit. "TAIS-TOI", cria-t-il. "Je vais chez Dumbledore. Tu verras. Tu verras que c'est Harry. ça doit être lui..." Il dit ces derniers mots plus pour lui-même que pour Hermione, et sa voix baissa comme s'il voulait s'en convaincre lui-même.

"Bon Dieu, Ron ! Regarde ce que tu te fais ! Tu dois surmonter ça ! Harry n'a pas écrit cette lettre C'est une horrible farce qui a trop bien marché. Ne fais pas ça, Ron ! S'il te plaît !"

Le regard suppliant d'Hermione fut de trop pour Ron. Ou peut-être que ce n'était pas son regard. Peut-être que Ron ne voulait pas vraiment savoir si c'était Harry. Peut-être que c'était trop beau pour être vrai. En tout cas, ça en avait tout l'air.

Il soupira, laissa tomber la lettre, et se traîna hors du dortoir sans un regard pour Hermione.