Notes: Bon. Alors voilà enfin le chapitre suivant. Il aurait été prêt beaucoup plus rapidement si… mon ordinateur avait pas décidé de me planter alors qu'il me restait UNE SEULE PAGE à traduire, et que j'avais pas dû tout recommencer depuis le début. soupir Fait du bien de l'avoir dit.
Quant au prochain: je l'ai déjà étudié, et il fait le double de celui-ci, donc je voulais juste vous prévenir que je risque de mettre du temps à le publier. Mais alors je peux déjà vous dire que ça vaut la peine d'attendre. Perso, je l'ai trouvé absolument magnifique !
Voilà ! Sur ce, bonne lecture ! Ah, euh, et pensez à me reviewer, d'accord ? Parce que là, j'en ai vraiment besoin !
Onarluca: Navrée, je pensais vraiment que ce serait plus rapide !
Mystick: Tu vas le savoir dans quelques secondes. ;-) T'inquiète, je compte pas les absences question reviews. lol D'ailleurs, pour le dernier chapitre, j'ai comme l'impression d'avoir perdu en route quelques lecteurs… Bizarre… Les vacances peut-être ? Ou alors ils avaient pas le courage d'écrire après avoir lu ce long chapitre ? En tout cas, tu t'es bien rattrapée ! ;-)Blacky: T'es troisième Blacky ! C'est honorable quand même, non ? lol Et effectivement, vu que t'es toujours la première à me donner ton avis, on va dire que ça revient au même. Et t'es toujours la première aussi à connaître la suite…
Alinemcb54: Bingo ! Pour le reste, ce chapitre va répondre à quelques-unes de tes nombreuses questions. Je dois dire que tu as une bonne intuition, en tout cas. ;-)
Lily Oasis Black: Effectivement ! Serait son genre, oui… mais. Tu verras dans ce chapitre. Pas grave pour la longueur, même la plus courte des reviews est la bienvenue. lol Et c'est vrai qu'en général tu te donnes à fond !
Ah, et en passant: tu peux me piquer tout ce que tu veux, y a aucun problème ! ;-)
Chapitre 10: Des problèmes très inattendus
"Out of the mud two strangers came..." (De la boue apparurent deux étrangers…) - "Two Tramps in Mud Time" de Robert Frost
9 mai 1996
Lucius Malfoy replia sa copie de la Gazette du Sorcier et la jeta sur son bureau en acajou d'un air légèrement dégoûté. Une sorte de rencontre avait eu lieu, à laquelle il n'avait pas été invité, et franchement, ça commençait à l'énerver. Il y avait des secrets entre les Mangemorts à présent, et Voldemort avait repris son habitude de jouer ses meilleures cartes. Lucius avait toujours pensé qu'il en ferait partie: après tout, Wormtail en était, alors que le Seigneur des Ténèbres méprisait le modeste rat. Pour être une main droite, c'étais une main droite… Si c'était tout ce que Voldemort voulait, Lucius aurait persuadé Avery de le faire.
Au lieu de cela, il s'était retrouvé avec les imbéciles qui avaient clamé avoir été victimes de l'Imperium. Il avait le sentiment qu'il n'avait rien à faire avec Crabbe, Goyle ou Avery, mais oserait-il défier son seigneur et maître ? Après tout, une part de lui-même méritait ce traitement, même si il avait répondu à l'appel quand d'autres ne l'avaient pas fait. Si Lucius n'avait pas été en train de parler à Avery à ce moment exact, le lâche pleurnichard ne serait peut-être jamais arrivé.
D'ailleurs, l'équipe actuelle des Mangemorts était loin d'être satisfaisante: la plupart, comme Wormtail, étaient trop lâches pour oser même s'approcher du Seigneur des Ténèbres. Lucius et quelques rares autres étaient les seuls à se tenir la tête haute devant lui. La plupart des Mangemorts de valeur avaient été perdus pour toujours. Il y avait les Lestrange, bien sûr, célèbres pour leur manque de dénégation et leur abondance de loyauté. Mais ils étaient à côté de la plaque la dernière fois que Lucius avait vérifié, et maintenant ils avaient disparu. Il n'avait aucune idée de l'endroit où ils pouvaient être, ce qui l'ennuyait d'autant plus. Severus Snape avait été un atout pour le Seigneur des Ténèbres, bien que Lucius imaginait qu'il avait dû s'en détourner avant la chute de ce dernier. Il avait été innocenté d'une façon inexplicablement rapide, et sur la parole de Dumbledore, ce qui laissait place aux soupçons. De plus, Snape avait été absent lors de la résurrection de Voldemort. Intelligent au point de ne pas devenir l'espion de Dumbledore, comme Lucius pensait qu'il le ferait au retour de Voldemort, il n'avait participé à aucune des activités des Mangemorts. Et à la perplexité encore plus grande de Lucius, il avait enseigné toute l'année à Poudlard, sans dire un mot, même à Draco, sur sa position. Bizarre. En tout cas, le Seigneur des Ténèbres n'avait jamais poursuivi Snape de quelque manière que ce soit, laissant Lucius incertain quant à son jugement. Et les Lestrange ? S'ils avaient retrouvé leur esprit, chaque Mangemort aurait certainement été mis au courant, non ?
Mais si Lucius ne disposait pas d'informations d'une telle importance, Snape pouvait très bien être une autre arme secrète de Voldemort… Un espion travaillant à Poudlard était toujours bon à prendre. Avec si peu d'informations, Lucius se sentait très contrarié quant à sa position auprès du Seigneur des Ténèbres, et de plus en plus désireux de monter en grades.
Une brève accalmie dans ses pensées donna à Lucius l'idée de quitter son triste bureau vert pour se rendre au Ministère. Avery aurait sûrement quelque chose d'intéressant à lui raconter. Il avait toujours quelque chose à raconter… De nombreux Mangemorts travaillaient au Ministère à présent, et rares étaient ceux dont la position était inintéressante en ce qui concernait les informations, mais Avery, à la grande surprise de Lucius, était celui qui trouvait toujours le moyen de récolter les nouvelles les plus secrètes. Peut-être qu'aujourd'hui serait l'un de ces jours. Lucius se sentait plutôt méprisant, et les elfes de maison n'étaient pas ce qui se faisait de mieux pour maîtriser sa colère.
Lucius se leva de son bureau avec la ferme intention d'interroger le premier Mangemort au sein du Ministère qu'il croiserait, lorsqu'un de ces maudits elfes entra dans la pièce. Il ne s'occupait plus de leurs noms, mais celui-ci était l'un de ceux qu'il savait s'appeler… bon, peut-être qu'il ne savait pas, après tout.
"Maître Malfoy, Monsieur ?", couina la lamentable créature. "Maître Macnair est ici pour vous voir."
La lèvre supérieure de Lucius se tordit. Macnair ? Que diable voulait-il ?
"Fais-le entrer", dit Lucius d'une voix traînante, en se rasseyant derrière son bureau.
"Oui Maître Malfoy, Monsieur. Pip va le chercher", couina à nouveau l'elfe, et il se retira par la porte ouverte du bureau.
Quelques instants plus tard, le bourreau du Ministère à l'aspect redoutable pénétra dans la pièce. Il ne souriait pas, mais il semblait… optimiste. S'il était possible pour Macnair d'avoir l'air un tant soit peu affable au sujet de quoi que ce soit.
Malfoy laissa tomber les préambules. "Qu'est-ce qu'il y a, Macnair ?"
"J'ai des nouvelles, Lucius, qui, je pense, pourraient vous intéresser", dit-il de sa voix infatigablement dramatique.
Lucius leva un sourcil. "Puis-je vous demander de quel genre de nouvelles il s'agit, ou vous prévoyez de me le dire ?", demanda-t-il, la voix dégoulinante de poison.
"Bien sûr que j'allais vous le dire, Lucius", répliqua Macnair, pas le moins du monde perturbé. "Il semblerait que Dumbledore a mis le doigt sur le lieu où se trouve le gosse Potter."
Lucius se redressa, son intérêt ayant été brusquement réveillé. Néanmoins, il n'osa pas montrer son enthousiasme. Etant le Serpentard qu'il avait autrefois été, il cachait ses émotions quand il se sentait dépité ou d'humeur particulièrement meurtrière. "Dumbledore le cherchait, alors ?", répondit-il calmement.
Macnair hocha la tête. "Apparemment, il a été repéré par un Moldu aux Etats-Unis."
Lucius réprima sa confusion. "Qu'est-ce qui vous a fait penser que cet… élément pourrait m'intéresser ?", demanda-t-il en se mettant à jouer avec sa baguette, qui sortait à moitié de son étui.
Macnair remua. "Vous avez parlé de vouloir livrer son corps à notre Seigneur, Lucius", répondit-il d'un air entendu.
"C'est vrai, et je souhaite toujours le faire", déclara froidement Lucius. Il voulait que Macnair sorte.
"Avery a cet emplacement", lâcha soudain Macnair, les lèvres retroussées sous sa moustache noire. "L'emplacement exact."
Lucius sourit et sortit un bout de parchemin de son bureau. "Je voudrais volontiers parler avec lui, alors. Il est à son bureau ?" Il plia le parchemin, et le glissa sous l'étui de sa baguette.
Macnair fit signe que oui. "Il y était quand je suis parti. Vous voulez que j'apparaisse là-bas et que je le prévienne ?"
Lucius secoua la tête. "Ce n'est pas nécessaire. Je vais prendre de la poudre de cheminette et… lui faire la surprise." Il se permit un petit sourire suffisant. Avery pourrait très bien avoir une attaque. Ce qui soulagerait à la fois Lucius et, sans aucun doute, Avery lui-même.
Lucius se leva et fit un signe de tête à Macnair, qui comprit l'allusion et se pencha en avant. "Je ne pense pas que je vous reverrai plus tard, Lucius. Mais si vous avez des idées au sujet de Potter, tenez-moi au courant." Il sourit d'un air faux et sortit.
Lucius se dirigea vers un vase luxueux, prit une poignée de la poudre de cheminette qu'il contenait, et la lança dans la cheminée. Il cria sa destination, et quelques instants plus tard, il pénétrait gracieusement dans le bureau mal éclairé d'Avery et de ses associés. Enfin, aussi gracieusement que possible quand on voyage par poudre de cheminette.
Comme Lucius s'y était à moitié attendu, Avery n'était visible nulle part. Les stores étaient baissés, et le bureau n'avait évidemment pas été utilisé ce jour-là, car les papiers étaient empilés là où quelqu'un les avait laissés, et ne respectaient aucun ordre particulier. De plus, la pièce était froide: un autre signe de peu d'activité.
Lucius pouvait attendre, mais pas dans ce froid. Il pointa donc sa baguette vers le feu, prononça une incantation, et regarda les flammes prendre vie. Il espérait sincèrement qu'Avery n'allait pas choisir d'arriver dans son bureau par poudre de cheminette. Il avait d'abord besoin de l'emplacement du mioche Potter.
A peine quelques minutes après que Lucius eut allumé le feu, la porte du bureau s'ouvrit brutalement, et un Avery passablement ébouriffé entra en trébuchant, claqua la porte derrière lui, et s'y appuya, haletant comme s'il venait de courir une bonne distance.
Lucius sourit. "Avery", dit-il, faisant un pas en avant.
Avery sursauta violemment, et se renfonça encore plus contre la porte. "Lucius !", s'exclama-t-il, ses yeux faisant le tour de la pièce comme s'il cherchait une issue de secours. "A-à quoi d-dois-je ce plaisir ?"
"Vous savez où se trouve le gosse Potter, non ?", demanda Lucius avec nonchalance.
Avery eut l'air passablement secoué par ces mots, et son visage pâlit. "Euh, je, hum, et bien, je…"
"Je n'ai pas toute la journée, Avery !" Lucius s'avança encore pour intimider son camarade Mangemort. Avec succès.
"D-dans le t-tiroir supérieur de mon bureau", bégaya Avery, toujours haletant.
Lucius leva un sourcil perplexe. "Vous vouliez que quelqu'un le trouve ?", demanda-t-il.
Avery pâlit encore. "Non ! Non ! Je savais que vous le vouliez, Lucius ! P-personne ne v-vient ici."
"On ne peut jamais être sûr", observa Lucius en s'approchant du bureau. "Le tiroir supérieur, vous avez dit ?"
Avery acquiesça. Il faisait une tête terrible.
Lucius ouvrit le tiroir et en sortit le premier parchemin qu'il trouva. "C'est ça ?" Il tenait le document incriminé de sorte qu'Avery puisse le voir. Ce dernier fit signe que oui.
"Bien, dans ce cas…" Il déplia le papier et parcourut la petite écriture noire des yeux, dissimulant son choc à la nouvelle que Potter se trouvait aux Etats-Unis plutôt qu'ailleurs. Cela semblait totalement ridicule.
"Je vais y aller, alors", dit-il en repliant le parchemin et en le glissant dans la poche intérieure de sa veste. "Bien sûr, j'aurais d'abord besoin que vous me rendiez quelques services."
Avery eut l'air sceptique, mais s'avança à contre cœur. "Oui ?"
Lucius sortit le parchemin qu'il avait pris chez lui, et le laissa tomber sur le bureau. "Pliez cela comme vous le feriez avec une lettre que vous enverriez par chouette, Avery." Il s'arrêta le temps de s'assurer que l'homme était en état de comprendre. Avery hocha la tête, et Lucius continua: "Et, une fois que cela sera fait, appelez l'une de vos propres chouettes, et envoyez-la là où se trouve Potter."
Il fit une pause comme une pensée lui traversait l'esprit. "A la réflexion, j'utiliserai l'une de mes chouettes. Merci pour tout, Avery."
"Quels sont vos plans, Lucius ?", demanda Avery, l'air plutôt fâché.
"Je joue mes meilleures cartes, Avery." Sur ce, Lucius éteignit le feu qui crépitait toujours dans la cheminée, et rentra chez lui par poudre de cheminette.
Il avait soudain eu une idée. C'était une idée originale, pour être franc. Potter était la pièce maîtresse du puzzle de Voldemort: gagner le garçon et le livrer au Seigneur des Ténèbres équivaudrait à gagner la plus haute estime possible au sein des Mangemorts, et même aux yeux de Voldemort lui-même. C'était une position que Lucius convoitait, et qu'il aurait enfin à sa portée.
Lucius plia la fausse lettre, et se dirigea vers sa volière. Il aurait besoin d'une des chouettes les plus, comment dire, appropriées pour cette livraison. Une chouette effraie attirerait l'attention. Une noire serait celle qu'un Mangemort utiliserait. Une chouette blanche était hors de question: Draco avait informé Lucius de la chère chouette blanche comme neige de Potter. Il restait les innocentes chouettes chevêches de couleur fauve. Pas les plus sûres, mais pas du genre à attirer une attention indésirable, même pour une livraison transatlantique. C'était un long voyage, mais Lucius était prêt à prendre le risque.
Maintenant, en ce qui concernait la seconde partie de son plan brillant: la partie qui amènerait sans faute Potter là où on aurait besoin de lui.
Lucius s'approcha de la première chouette fauve qu'il trouva, arracha une plume de l'oiseau endormi, et d'un coup (ou deux) de baguette en fit un portoloin qui s'activerait trois heures avant la livraison prévue de la note. Cette note était une simple distraction afin que l'oiseau ait quelque chose à livrer, et que les sorciers ne se méfient pas d'un oiseau qui ne transporte rien. Il remit par magie la plume sur l'oiseau, sans manquer de lui jeter un sort pour qu'elle tombe au moment de la livraison. Il attacha ensuite la lettre à la patte de l'oiseau, et la fit s'envoler par la fenêtre ouverte.
Puis il sourit. Plus que quelques jours à attendre, et le gosse serait à lui.
11 mai 1996
Lucius aurait menti s'il avait dit qu'il n'était pas au moins un peu satisfait que la chouette revienne bien plus tôt qu'il ne l'avait prévu. Pour parler franchement, il était en extase. La lettre était partie, et la plume, comme il le put constater après vérification, aussi. Elle aurait dû s'activer juste ce matin. Il se demanda si le mioche l'avait déjà ramassée, et sentit un tiraillement d'inquiétude en songeant que, peut-être, il l'avait fait.
Lucius décida qu'il avait besoin de Macnair avec lui. Le garçon avait échappé au Seigneur des Ténèbres à de nombreuses reprises. Mais bon, il avait été absent du monde des sorciers durant une année: n'importe quoi pouvait être arrivé pendant ce long laps de temps. Peut-être que le gosse ne savait même plus comment utiliser ses pouvoirs magiques. Cette idée réjouit grandement Lucius. Il se leva de son bureau, prit une poignée de poudre de cheminette du vase sur la cheminée, et la lança dans le feu.
Quelques instants plus tard, le bureau mal éclairé de Macnair (qui ressemblait plus à une cellule qu'à un bureau, remarqua Lucius avec un léger dégoût) apparut devant ses yeux. Macnair était assis derrière un bureau d'aspect plutôt usé, et était en train d'affûter une lame quelconque. Lucius s'éclaircit la voix, et Macnair sursauta.
"Putain, Malfoy ! Vous pensez à quoi, bordel !", cria-t-il en laissant tomber la lame. Une hache.
"Vous vouliez être informé quand je trouverais quelque chose pour capturer Potter, non ?", gronda Lucius.
L'humeur de Macnair changea du tout au tout. "Effectivement. Et j'imagine que, quel que soit votre plan, vous souhaitez que je vous accompagne ?"
"Horriblement formulé, mais en gros, oui", soupira Lucius. "Il nous faut partir immédiatement."
Macnair fronça les sourcils et parcourut son bureau des yeux. "Pourquoi ? C'est quoi le plan ?", demanda-t-il en s'approchant de la tête sans corps de Malfoy dans le feu.
Lucius grogna tout haut (ce qui lui arrivait très rarement) et lui expliqua la chouette et le portoloin en donnant le moins de détails possible. Macnair souriait d'un air mauvais lorsque cette explication atteignit sa fin triomphale.
"Ingénieux, Lucius", commenta le bourreau en se levant pour aller chercher de la poudre de cheminette.
Lucius était bien d'accord, mais il choisit de ne pas faire de commentaire. Au lieu de cela, il disparut de la cheminée avec un petit bruit sec et recula, en prévision de l'arrivée de Macnair. Il était déjà tard dans l'après-midi et il faisait plus sombre que d'habitude pour une fin de printemps. Lucius espérait désespérément que le gamin dormait toujours ou qu'il n'était pas encore conscient de la présence de la plume. Puis il réalisa que Potter pourrait ne même pas la ramasser…
Il secoua la tête et se retourna vers la cheminée au moment où Macnair en émergeait, époussetant sa robe noire de bourreau.
"Quelle direction, Lucius ?"
Lucius sourit d'un air mystérieux et lui tendit un autre objet: un livre de sortilèges, sûrement un portoloin. En deux enjambées, Macnair eut le doigt posé sur le livre à l'apparence innocente. Lucius fit le décompte des secondes, et les deux hommes furent bientôt entraînés vers leur nouvelle destination: un cimetière à l'air abandonné.
Macnair y atterrit avec un grognement et dût se remettre d'aplomb, alors que Lucius se contenta d'épousseter ses robes et de ramasser le livre de sortilèges qui gisait ouvert dans l'herbe mouillée. Les nuages commençaient juste à disparaître à l'horizon, mais il était évident qu'un autre orage se préparait. Il faisait plus sombre qu'autour du manoir des Malfoy et l'air était saturé par l'odeur de la pluie.
Lucius se mit immédiatement à scruter les alentours. Les tombes semblaient bien plus innocentes dans le jour qui se couchait qu'elles ne l'avaient fait en pleine nuit. Il réprima le frisson provoqué par le simple souvenir de cette nuit fatidique, il y a juste une année. Même pas une année: presque.
Lucius se tourna vers Macnair, dont le visage reflétait une expression plutôt perplexe, mais aussi fâchée. "Vous auriez au moins pu choisir un autre endroit. Le gosse va reconnaître les lieux et filer d'ici avant même qu'on sache qu'il est là."
Lucius resta imperturbable. "Oh ? Et vous pensez vraiment qu'il peut se cacher de nous, n'est-ce pas ?"
Macnair fronça les sourcils, et Lucius continua. "Evidemment, sinon vous vous seriez tu. C'est une ville de moldus, Macnair. Personne ne pourrait l'aider de quelque façon que ce soit."
Le bourreau ne dit rien, mais ses yeux lançaient des éclairs. Au moins, il n'avait pas sa hache avec lui, se dit froidement Lucius.
"Quand est-ce qu'il est supposé arriver ici ?"
Lucius leva les yeux au ciel. "Quand il aura trouvé mon cadeau. Un peu de patience."
"S'il nous voit ici…" Macnair laissa sa phrase en suspens, apparemment peu d'humeur à contredire le meilleur jugement de Lucius sur cette question.
"Oui, pour une fois je crois que vous avez raison. Il nous faut libérer les lieux pour l'instant, mais gardez l'œil ouvert." Lucius se dirigea vers la ville, mais Macnair lui attrapa le bras. Ses yeux gris rencontrèrent les yeux de fouine du bourreau.
"Et comment, Lucius, savez-vous qu'il n'est pas encore là ?", siffla Macnair dans un murmure.
Lucius attrapa violemment son bras et s'approcha de Macnair, un sourire sarcastique sur son visage. Un sourire qu'il n'était que trop habitué à arborer. "Parce que, Macnair – " Il s'arrêta et fusilla l'homme du regard pour donner du poids à ses paroles. "Il n'y a aucune trace de lui."
Ces mots ne firent qu'augmenter la colère de Macnair. "Vous n'en savez rien. Si ça se trouve, on va rester plantés ici pendant toute une putain de semaine !"
"Et avez-vous, étant le Mangemort intelligent et hautement estimé que vous êtes, une meilleure idée ?"
"Eh bien oui, Lucius. On va chercher ce petit con", murmura-t-il d'un ton menaçant.
"Faites ça. Moi, je vais boire un verre", déclara froidement Lucius. Il quitta le cimetière sans jeter un seul regard en direction du bourreau, qui continuait à murmurer des phrases incompréhensibles sous sa moustache.
Une heure passa. Deux heures. Il allait bientôt être sept heures, et il n'y avait toujours pas le moindre signe du gosse. Lucius était énervé, pour ne pas dire plus. Macnair, lui, avait dépassé le stade de la fureur, et s'était mis à détériorer autant de maisons moldues qu'il pouvait, cassant les fenêtres, retournant les poubelles… Cet homme avait de tels problèmes pour maîtriser sa colère qu'il aurait fait passer Severus Snape pour un ange.
Le pire, c'était que les Moldus s'en apercevaient. Une femme était entrée comme une furie dans la taverne que Lucius venait de quitter et avait fait un tel scandale que les vitres s'étaient mises à trembler. Macnair était sur le point de lui jeter un sort lorsque Lucius (contre son propre gré, bien sûr) l'avait arrêté. Il n'était pas nécessaire de laisser des signatures magiques indésirables, expliqua-t-il aussi violemment qu'il le put. Macnair s'était calmé et avait décidé d'aller vérifier le cimetière.
Se tenant à l'extérieur de la minable taverne moldue, Lucius constata l'absence de… qui que ce soit à une heure si peu tardive. La taverne s'était pratiquement vidée mais la plupart des gens n'osait plus sortir, avec ces deux maniaques dans les parages. Il sourit d'un air désabusé à cette pensée et dirigea son attention sur la route. Macnair revenait et sa démarche était beaucoup plus vive que d'habitude.
Lucius s'avança à sa rencontre. "Quoi ?", demanda-t-il sans préambule.
Macnair sourit d'un air mystérieux, son visage illuminé par le feu qui vacillait dans la seule cheminée de la taverne et qui brillait par la fenêtre. Au diable Macnair et son besoin d'être si dramatique, songea Lucius.
"Il est là", dit le bourreau dans un murmure excité.
Le cœur de Lucius sauta dans sa poitrine et il n'apprécia pas le sentiment.
"Et ce n'est pas tout, Lucius", continua Macnair. Lucius ne dit rien. "Il est blessé. Je l'ai vu boiter autour des tombes. Je crois qu'il a l'intention de venir en ville."
"Ah oui ?", fut tout ce que put répondre Lucius. "Allons le saluer, alors."
Pour montrer sa frustration évidente, Macnair lança un sort à une jolie maison moldue. Les fenêtres se brisèrent et ils purent entendre les exclamations d'énervement du couple qui y vivait.
"Arrêtez ça !", cria Lucius, poussant Macnair contre le mur de la taverne. "Vous voulez être vu ? Vous voulez alerter le Ministère ? Merde, Macnair ! Réfléchissez un moment ! Ce n'est pas si difficile, franchement !" Sur ce, il rentra dans la taverne, et attendit que sa proie fasse son chemin vers lui.
Macnair le suivit, bien qu'à contre cœur.
Dix autres minutes passèrent et ils purent entendre les cris d'une femme qui claquait la porte de sa maison. Lucius ne put s'empêcher de sourire. Elle venait sans doute de découvrir ce que Macnair avait fait, la pauvre. Il fallait espérer que rien de trop précieux n'avait été complètement détruit. Puis il nota avec amusement que la femme était celle qui avait hurlé dans la taverne plus tôt ce soir-là. Macnair semblait aimer la torturer. De tout évidence, elle était facilement excitable.
Macnair, dans sa frustration, tira Lucius hors de la chaleur de la taverne et l'entraîna dans le soir nuageux et inhabituellement sombre. Puis il commença à hurler. Lucius n'y prêtait aucune attention. Les hurlements concernaient manifestement le mioche Potter et peut-être quelque chose au sujet de son désir immodéré de jeter un sort aux Moldus (désir que Lucius partageait, mais qu'il pouvait maîtriser jusqu'à un certain point). Peut-être aussi que Macnair voulait enfin se débarrasser de son hideuse moustache. Quelle que soit la raison de cette frénésie exaspérante, Lucius n'en avait cure. Après avoir passé un moment à se faire hurler dessus, Lucius décida qu'il en avait assez et poussa Macnair de côté.
Il s'exclama: "Bon Dieu ! Contrôlez-vous, Macnair ! Pas étonnant que le Seigneur des Ténèbres vous fasse connaître l'Endoloris aussi souvent. On va chercher le mioche, si c'est ce que vous désirez si ardemment. Moi qui pensais être celui qui voulait la compagnie du garçon…"
Macnair poussa un grognement indigné mais suivit Lucius comme celui-ci s'en revenait vers le cimetière.
Lucius sortit sa baguette aux abords de la grille d'entrée et apparut à l'intérieur de façon à ne pas faire grincer les gonds. Macnair fit de même mais se replia dans l'ombre d'un if menaçant, tandis que Lucius continuait d'avancer. Derrière cette même tombe sur laquelle était inscrit Tom Marvolo Riddle se trouvait son ticket pour devenir le bras droit de Voldemort, de façon un peu moins littérale, mais tellement plus gratifiante, que l'avait été le sacrifice de Wormtail.
Lucius retint son souffle pendant un instant, mais après avoir aperçu le garçon terrifié qui se tenait dans l'ombre, il ne put s'empêcher de sourire, puis de rire. Il leva sa baguette, puis sortit de derrière la tombe.
"Bienvenue chez vous, Monsieur Potter." La phrase semblait un peu exagérée, mais aussi curieusement appropriée. Après tout, le garçon était chez lui.
Ce dernier poussa un cri et commença à battre en retraite. Mais Lucius était le sorcier qui tenait la baguette, et pas le courageux et merveilleux Harry Potter qui semblait prêt à s'évanouir pour le moment.
"Stupéfix !", cria Lucius, et le garçon s'effondra contre une autre tombe juste comme la pluie se mettait à tomber.
Cela aussi semblait curieusement approprié.
