Onarluca: Et ça va l'être de plus en plus… ;-)

Lily Oasis Black: traductrice sadique qui connaît la suite Elle monte, la pression, hein ? lol Ouais, l'est cool Sirius ici (en l'occurrence ce n'est ni le tien ni le mien: c'est celui de Hilarity, mais t'as raison, c'est pareil ;-). Le trio qu'il forme avec Remus et Severus est pas mal non plus… Pas grave pour la dernière fois. On n'a qu'à dire que c'est la faute à Fanfic. Toute façon, on a une chance sur deux pour avoir raison… lol

Blacky: lol Comme tu dis ! Impétueux, courageux, impulsif, sensible… Aaaahhh ! hochements de tête convaincus Et ça se trouve où, ça, en vrai ? ;-)

Cocbys: lol Ben ça c'est pas à moi qu'il faut le demander ! lol Tu vas être contente: Harry revient dans ce chapitre.

Juliette: Oui ! Pas tout de suite, et il va forcément leur arriver encore plein d'aventures, mais à la fin, oui. Effectivement, tu as bien retenu ta leçon… lol Mais moi aussi: une échelle stratigraphique ne s'oublie pas si facilement… ;-) Je crois que tu vas bientôt être plus dépendante de mon horaire de cours que de ma bonne volonté, malheureusement… Et arrête avec le Prozac, parce qu'autrement je vais encore me trouver la bonne excuse que mes lecteurs ont besoin de moi… lol

Alinembc54: Mais y a pas de quoi ! ;-)

Chapitre 12: Pensées chagrines

"He could no longer find any words to say; and he turned to his own dark thoughts." (Il ne savait plus quoi dire, et replongea dans ses sombres pensées.) – Le Retour du Roi, de J.R.R. Tolkien

Harry fut réveillé en sursaut pour constater qu'il se trouvait dans l'obscurité la plus totale, et qu'il n'y voyait rien. Le sol sur lequel il était roulé en boule était froid et humide. Il frissonna, puis essaya de s'asseoir, mais une douleur lui traversa le corps, et il retomba par terre en tremblant et en soupirant. Ses yeux brûlaient. Il les referma, et finalement, l'obscurité eut raison de ses sens : s'accordant un bref moment de répit, il se laissa glisser dans l'inconscience.

Plus tard, Harry fut tiré de son sommeil par… il n'aurait pas su dire par quoi, car lorsqu'il se réveilla pour la seconde fois, la pièce était toujours plongée dans l'obscurité, et n'était apparemment toujours occupée par personne d'autre que lui. Alors, qu'est-ce qui avait bien pu être la cause de son réveil ?

Harry vit un brusque éclair, et, surpris, poussa un cri. Sa voix était rauque, comme s'il ne l'avait pas utilisée depuis un moment. Ou comme s'il avait crié ? Il avait l'esprit torturé. Qu'est-ce qu'il s'était passé, de toute façon ? Il n'était pas très sûr. Harry fronça les sourcils, essayant de se concentrer, et réfléchit un instant. Il était assis dans ce cimetière, et une silhouette portant un manteau avait pointé quelque chose vers lui. Après, la seule chose dont il se rappelait, c'est qu'il s'était réveillé dans cette pièce. Qui ressemblait plus à un donjon, d'ailleurs, mais il ne voyait pas assez pour en être sûr.

Harry décida qu'il ferait mieux de se lever et de s'éloigner de l'humidité. Il serra les dents, se préparant mentalement à la douleur qu'il était sûr de ressentir, puis il se poussa lentement du sol à l'aide de ses bras tremblants. Il faillit crier, mais faillit seulement. Il se força à ne faire aucun bruit. La force et l'énergie dont il eut besoin pour se mettre debout, toutefois, le firent presque s'évanouir à nouveau. Néanmoins, il décida de ne pas succomber à l'obscurité, mais de rester éveillé et de prendre – si c'était possible – le contrôle de la situation.

Soudain, il entendit quelque chose au loin. Il détala vers le mur, malgré la douleur qui l'élançait, et écouta attentivement.

" Vous pourriez simplement me laisser ici… ", disait la voix. On aurait dit un écho, et il ne semblait que très vaguement réel. Quelle que soit la personne qui parlait, elle semblait se trouver des mètres et des mètres plus loin - peut-être carrément dans une autre cellule, si Harry se trouvait effectivement dans un labyrinthe de donjons, comme il le soupçonnait.

Puis il y eut un autre éclair. Harry se couvrit rapidement les yeux de ses mains, et remarqua qu'il ne portait pas ses lunettes. Peut-être que cela expliquait tout – ou peut-être qu'il se passait quelque chose dans une autre partie du donjon ? Des éclairs de lumière, comme avec un appareil photo. Mais pourquoi… ?

Prenant le risque, Harry referma les yeux et s'appuya contre le mur. Ce dernier empestait l'humidité et le moisi, mais Harry s'en fichait. Il avait le vertige, et s'il avait pu voir suffisamment, il aurait parié que le monde tournait à toute allure.

"POTTER--!"

Harry ouvrit brusquement les yeux, et se mit à trembler comme une feuille. Personne ne semblait être alentour, même s'il ne pouvait pas en être sûr. Mais il aurait juré que quelqu'un venait de l'appeler par son nom. Quelqu'un qui semblait fâché… Mais qui ?

Harry frissonnait dans l'air humide. Il remonta lentement ses genoux contre sa poitrine, et les entoura de ses bras pour se tenir chaud. Il referma les yeux : son vertige était revenu, et il était de plus en plus fort.

Alors, son esprit eut comme un hoquet, et des visions distantes et floues apparurent devant ses yeux. Il ouvrit les yeux et regarda autour de lui. Rien. Au loin, Harry entendit des bruits de pas qui résonnaient sur le sol en pierre. Il se redressa brusquement, le tremblement de ses membres s'intensifiant comme il se préparait à ce qui allait arriver. Il recula un peu contre le mur, le plus loin possible du bruit.

Les pas s'arrêtèrent, puis il entendit la voix d'un homme, " Alohomora ", et un bruit de serrure qu'on ouvrait.

Harry était complètement paralysé.

" Lumos ", dit encore la voix, et une lumière brillante emplit la pièce. Face à cette attaque infligée à ses yeux, Harry se mit à loucher.

Un rire. " Ah, Monsieur Potter. Vous êtes réveillé à ce que je vois. Veuillez me suivre ", dit l'homme. Les yeux de Harry, enfin habitués à la lumière, lui permirent de constater que l'homme avait les cheveux les plus blonds qu'il avait jamais vu, qu'il était entièrement vêtu de noir, et qu'il portait une espèce de robe. Dans la main gauche, il tenait une canne qui était décorée de motifs argentés, et de la main droite, il brandissait cette baguette allumée.

Baguette ? Harry secoua mentalement la tête à cette étrange idée, mais ne put s'empêcher de fixer cet homme. Il lui semblait familier…

" J'ai dit : suivez-moi ", ordonna ce dernier.

A contrecœur, et douloureusement, Harry se mit debout, se tenant au mur et tressaillant lorsqu'il mettait trop de poids sur sa cheville droite. L'homme sourit : un sourire froid et moqueur, qui était loin d'atteindre ses yeux gris d'acier. " Voilà. Vous en aurez besoin, si je ne me trompe pas. " Harry vit l'homme lui tendre une paire de lunettes rondes et cassées, et il faillit rire. Il fit trois pas hésitants dans sa direction et reprit ses lunettes. " Maintenant, suivez-moi. " L'homme se retourna brusquement, et Harry le suivit, boitant lentement derrière lui.

Après une longue marche qui semblait ne jamais devoir finir, l'homme se retourna, le dégoût visible sur ses traits coupés à la hache. Il s'exclama d'une voix traînante : " Oh, dépêchez-vous, Potter ! " Il s'approcha de Harry, puis dit à sa baguette : " Nox. " Alors, dans l'obscurité, Harry put voir l'homme diriger sa baguette – baguette ? – vers ses jambes. Il marmonna une espèce d'incantation latine, et la douleur disparut. Stupéfait, Harry resta bouche bée et les yeux ronds devant sa jambe totalement guérie. Il s'appuya un peu dessus – rien.

" M-merci ", murmura-t-il doucement, ne croyant pas réellement à ce qu'il disait, mais sentant le besoin de dire quelque chose. Le silence était assourdissant.

" Lumos ", dit à nouveau l'homme, et ils recommencèrent à marcher. Cette fois, Harry pouvait le suivre de près, car il ne boitait plus.

Cinq bonnes minutes passèrent, durant lesquelles il vit des éclairs d'une lumière blanche aveuglante, et parfois des visages. C'était très déconcertant, mais il attribua ce phénomène à, eh bien, au manque de sommeil, déjà. Son corps le faisait encore immensément souffrir, ce qui pouvait être une autre raison expliquant ces attaques. Il se pouvait aussi qu'il se soit blessé sans pour autant sentir quoi que ce soit..

L'homme s'arrêta brusquement, et Harry manqua de lui foncer droit dedans. Il ouvrit une porte. De la lumière inonda le couloir, aveuglant Harry. Ce dernier se frotta les yeux et ajusta ses lunettes avant d'entrer dans ce qui se révéla être le salon d'un somptueux manoir. Hébété, il en fit le tour, regardant l'homme faire glisser une énorme bibliothèque devant la porte cachée, puis il sentit un nouveau vertige, et fut obligé de s'asseoir.

Il vit un autre éclair, et il entendit quelqu'un crier.

" Hé, Harry ! " Il leva les yeux et vit que l'homme le regardait bizarrement. Son expression était pensive, mais pas sympathique. Il n'y avait personne d'autre dans la pièce. Harry se massa les tempes.

" Vous vous sentez bien, Potter ? ", demanda l'homme d'un ton brusque. Harry sursauta, puis, après un moment de surprise, hocha bêtement la tête.

" Eh bien, au bout du compte, cela n'aura vraiment aucune importance. " L'homme s'avança soudain et s'arrêta devant Harry. Ce dernier le regarda nerveusement. " Vous vous comportez bizarrement, Potter. "

Harry se remit à fixer le sol. Est-ce qu'il aurait dû reconnaître cette personne ? Peut-être que oui. Prenant son courage – un courage dont il n'avait encore jamais eu besoin - à deux mains, il se risqua : " Je vous connais ? "

L'homme sembla décontenancé. Après un moment, néanmoins, il reprit son sourire cruel et condescendant, et acquiesça sèchement. Mais il ne dit rien.

Imaginant que ce n'était pas une question qu'il aurait fallu poser, Harry garda le silence.

" Lucius Malfoy ", annonça soudain l'homme. Harry sursauta une nouvelle fois.

Sans avertissement, son cerveau se mit à avoir des spasmes, et des centaines de voix vinrent l'envahir. Rien de ce qu'elle disait n'avait aucun sens. Il rabattit ses mains sur ses oreilles et serra les paupières.

" Vous pourriez simplement me laisser ici. – POTTER ! – Je vais faire le chevalier. – Non, non, j'ai essayé de vous tuer. – Ah, eh bien, je suis content que vous m'ayez posé cette question. Ce fut l'une de mes idées les plus brillante, et, entre vous et moi, ce n'est pas peu dire. – Dobby, Monsieur. Dobby, rien de plus. Dobby l'elfe de maison. – Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Ne dis pas ce nom ! – déchirure.... écorche.... tue... – Ce sont les toilettes de filles ! – Dumbledore a été chasse du château par mon simple souvenir ! – C'est vrai que tu as gonflé ta tante comme un ballon ? – J'AI CONSOLE CE TRAITRE ASSASSIN ! – Un-un vrai Eclair de Feu ? – ON EST ICI – ON EST ICI AVEC SIRIUS BLACK – VITE – En revanche, je reconnais que je suis un loup-garou – Tu es... tu es le digne fils de ton père, Harry... – Harry Potter – Ce pauvre vieux Snuffles. Il doit vraiment t'aimer pour faire tout ça, Harry. … Tu t'imagines ? Etre obligé de manger des rats dans une caverne. – Dites à Dumbledore… Harry Potter… Le Seigneur des Ténèbres… plus puissant… Harry Potter – Un-deux-trois- Tue l'autre ! – Que le sang de l'ennemi... pris par la force... ressuscite celui qui le combat... – Harry, ramène mon corps, s'il te plaît ? Ramène mon corps auprès mes parents – Il arrivera ce qui arrivera et il faudra se préparer a l'affronter. "

Lorsque Harry ouvrit les yeux, il vit que Malfoy le fixait avec une expression presque, s'il avait osé le croire, effrayée. Ou du moins, c'était une expression qui ne semblait pas convenir à ses traits durs et pâles. Harry secoua la tête, essayant désespérément de retenir les morceaux d'informations qui commençaient déjà à s'échapper de son esprit. Il s'était souvenu de quelque chose ! Durant un instant, il s'était souvenu ! Et maintenant…. Maintenant, ces souvenirs se retiraient comme des animaux blessés.

Il sentit une main glaciale s'accrocher à son poignet pour le remettre debout. Ce brusque mouvement lui fit mal comme jamais rien ne l'avait fait auparavant, et il tressaillit, geignant à travers ses dents serrées.

" Debout ! MAINTENANT ! ", cria Malfoy, poussant Harry dans le bas du dos, et envoyant d'autres décharges douloureuses à travers son corps.

Se réorientant, Harry commença à marcher dans la direction dans laquelle l'avait poussé Malfoy. Il y avait une autre porte, et elle semblait mener hors de cette pièce. Ses soupçons furent confirmés lorsqu'il se retrouva dans un corridor en marbre bordé de nombreuses portes, et ouvert aux courants d'air. Il se remit à marcher, ses pas résonnant tristement dans l'air. Les bottes en peau de dragon – en peau de dragon ? – portées par Malfoy faisaient bien plus de bruit comme ce dernier poussait Harry en avant.

Ils marchèrent pendant ce qui semblait être une éternité. Harry s'inquiétait de l'endroit où l'emmenait Malfoy, et cette inquiétude ne faisait que rendre le voyage plus long.

Soudain, ils s'arrêtèrent.

Malfoy attrapa brutalement Harry par le col de sa chemise et le poussa à travers une porte entrouverte. Lorsque Harry fut jeté contre elle, la porte s'ouvrit complètement. La pièce qui se trouvait de l'autre côté était légèrement éclairée par des bougies suspendues en plein air. Un homme, portant une robe noire semblable à celle de Malfoy, se tenait près d'un bureau et se caressait la moustache, qu'il avait fine et noire, du doigt. Il sourit lorsque Harry trébucha dans la pièce.

" Ah, Macnair. Calmé, j'espère ? ", demanda Malfoy de sa voix traînante, tout en contournant Harry et en lui tournant le dos.

L'homme appelé Macnair poussa un grognement indigné. " Pour l'instant. " Puis il leva les sourcils et baissa son bras. " Vous l'avez ? "

Ce fut au tour de Malfoy de grogner. " Non, Macnair. C'est Draco. "

Macnair se renfrogna. " Fermez-la. On peut y aller alors ? "

Harry sentit son estomac se serrer horriblement. Où allaient-ils l'emmener ? Il essayait désespérément de rassembler ses idées lorsqu'une nouvelle vague de voix et d'échos étranges résonnèrent dans son esprit. Il trembla un peu et se prit la tête entre les mains, tirant sur ses cheveux.

" Quelque chose ne va pas chez lui ", affirma Macnair d'un ton significatif. Harry leva les yeux.

" Hé, Malfoy ! Vous ne l'avez pas torturé, n'est-ce pas ? "

Malfoy rit d'un rire à vous glacer le sang, et posa une main sur l'épaule de Harry. Ce dernier se crispa, mal à l'aise. " Seulement un petit coup d'endoloris pendant qu'il était dans les vapes. Vraiment rien qui puisse causer de véritables dommages, de toute façon. "

" Je ne sais pas ce que vous voulez dire par de véritables dommages, mais Il ne sera pas très amusé par le fait que vous le tuiez avant qu'Il ne le fasse. S'il y a une chose qui mettrait le Seigneur des Ténèbres en boule, ce serait - "

" Que quelqu'un tue Potter avant Lui. Oui, oui, je sais. Je suis un Mangemort, Macnair. "

Harry se raidit, la peur lui serrant le ventre à tel point qu'il pouvait à peine respirer.

" A peine. "

Harry sentit la main de Malfoy se resserrer sur son épaule, et pu à peine retenir un tressaillement tellement cela lui faisait mal.

" Vous savez qu'Il déteste Potter au point que c'en est une obsession ? "

" J'en suis bien conscient, Macnair. Maintenant, on va y aller. Je pense que je peux compter sur le fait que vous l'avez, Macnair ? "

" Ayez un peu confiance, Malfoy. Il est juste ici. " Il agita sa main droite, qui semblait tenir quelque chose. " Et nous avons – Il regarda sa montre. - approximativement trois minutes. "

Même si Harry ne le regardait pas, il lui sembla que Malfoy souriait d'un air satisfait.

" Un peu décharné, qu'il est ? ", remarqua Macnair en s'approchant. Harry essaya de reculer, mais Malfoy ne fit que resserrer son étreinte, le forçant à rester où il se trouvait. Macnair s'arrêta à quelques centimètres de Harry, et se baissa de telle sorte que ses petits yeux noirs regardaient directement dans les siens, vert émeraude. Ses yeux de fouine remontèrent jusqu'au front de Harry, puis se dirigèrent sur Malfoy. Macnair se releva.

" Vous faites l'inspection, Macnair ? Il vous semble en ordre ? ", demanda sarcastiquement Malfoy avec son accent traînant.

Macnair, comme pour le prouver, passa un doigt le long du visage de Harry. " C'est lui la petite merde que notre Seigneur n'a même pas pu toucher ? " Il grogna avec incrédulité, puis il jeta un coup d'œil à sa montre et leva un sourcil.

" On ferait mieux d'y aller, là. Attrapez ", ordonna-t-il, et Malfoy saisit une fine feuille de parchemin. Harry hésita, ce qui sembla énerver Macnair au plus haut point. " Attrape ça, bordel ! " Il saisit violemment le bras droit de Harry, et le tira en avant. Harry plaça de manière hésitante sa main sur la feuille.

Il se demandait ce qui se passait, mais quelque chose là-dedans lui semblait pourtant familier. Familier, mais pas dans un sens rassurant : il sentait qu'il aurait dû être terrifié en ce moment. Il l'était, c'était sûr, mais pas en raison du papier. Il était terrifié parce qu'il ne savait pas où ils allaient l'emmener. Sans parler du fait que quelqu'un voulait le voir… mort.

Et, sans avertissement, Harry sentit ce tiraillement, celui qu'il avait senti quand il avait attrapé la plume, et avant même qu'il puisse retirer sa main, il volait irrésistiblement en avant, ses coudes enfoncés dans les deux hommes de chaque côté de lui.

Quelques secondes plus tard, Harry atterrit avec un bruit sourd, la tête la première dans de l'herbe détrempée par la pluie. Il se releva lentement et précautionneusement, conscient de ses blessures et de la douleur qu'il ressentait depuis déjà un bon moment. Sa cheville était peut-être guérie, mais il pouvait voir, même dans l'obscurité, des ecchymoses sur sa peau.

" AVANCE ", aboya quelqu'un, et Harry sentit le bout d'une de ces baguettes le pousser en avant. Il leva les yeux, et vit une ombre imposante surgir devant lui. La forme de l'objet obscur qui se découpait contre le ciel d'un bleu profond et parsemé d'étoiles apprit à Harry qu'il s'agissait d'une maison. Un manoir quelconque, bien plus grand que celui qui se trouvait près du cimetière.

Harry fut poussé quelques pas plus loin, lorsqu'une voix, d'après lui celle de Malfoy, dit : " Ne le faites pas défiler comme ça jusqu'au haut de la colline. Mettez-lui des chaînes autour des poignets. "

Harry fut forcé de s'arrêter, et, au son d'une baguette fendant l'air, des chaînes, glaciales au toucher, s'enroulèrent autour de ses poignets et les lièrent l'un à l'autre. Il fut ensuite brutalement poussé en avant, mais lorsqu'il sentit une main sur son épaule, son esprit fut envahi de visions encore plus violentes qu'auparavant. Il s'arrêta et se massa le front tandis qu'une autre vague de voix inconnues le submergeait.

Chacune d'elles fut étouffée lorsque les choses commencèrent à se mettre en place. Et pourtant, la vision dura encore quelques instants avant qu'il n'ouvre les yeux et se retrouve agenouillé par terre, le souffle coupé.

Avec un autre sursaut de surprise, il réalisa que quelque chose avait changé. Il y avait quelque chose de nouveau, et c'était un sentiment positif. Et alors, comme s'il avait reçu une trombe d'eau en plein visage, il fut frappé par ce que c'était. Il se souvenait de quelque chose ! Ses parents – il se rappelait distinctement leur visage et comment – il avala sa salive – ils avaient été tués.

Mais quelque chose semblait irréel dans ces visages qui flottaient maintenant dans son esprit. C'était un souvenir, il le savait, mais il n'était pas familier – comme s'il l'avait oublié avant sa perte de mémoire, et qu'il ne revenait que maintenant… Un coup de pied dans le dos le ramena désagréablement au présent. " DEBOUT ", cria une voix.

Harry se mit debout en tremblant sur ses jambes, se sentant maintenant presque heureux à l'idée de peut-être… de peut-être se souvenir de plus de choses. Il ne sourit pas, toutefois, lorsqu'il vit qu'il n'était plus retenu prisonnier par deux hommes.

Non.

Il était retenu prisonnier par une douzaine d'hommes, tous masqués et vêtus de noir, qui pointaient leurs baguettes directement vers… lui.