Onarluca : Ben je t'ai déjà remerciée, hein ? Mais franchement, ça fait plaisir de te retrouver à chaque fois ! :-)

Blacky : Ben ouais, c'est du service rapide ! ;-) Euh… par contre, désolée, mais c'est pas encore cette fois que Sirius arrive, comme tu sais (quoique ;-). Mais alors quand il arrivera… ce sera… magnifique !:-) Tout Sirius, quoi ! lol

Yumi4 : Hello ! Contente que ça te plaise ! Voilà la suite !

Cocbys : J'espère que j'ai pas mis trop long… honteuse Si, j'ai mis trop long, je sais. Désolée ! En tout cas, ne t'inquiète pas de ne pas voir Harry dès le départ du chapitre, je te jure qu'il arrive ! ;-)

Lily Oasis Black : Hé oui, il a pas de chance, le pauvre Harry ! Ils étaient dans la maison des Malfoy, d'après moi. Euh… avant d'arriver à Voldie, faudrait d'abord que ses partisans se mettent d'accord ! ;-) J'ai bien suivi, mais je dois dire que j'ai pas de réponse à ta question. J'imagine que c'est l'émotion ? lol Oui, sa mémoire va revenir petit à petit, tu verras dans ce chapitre. Et, bien sûr, Sirius y a une place de choix !:-) Par contre, il arrive pas encore cette fois, ni Remus d'ailleurs… Harry est toujours là, plus quelques Mangemorts de choix… Nieurk, nieurk, je sais, c'est pas juste ! lol

Alinemcb54 : Je dirais que c'est une bonne chose… mais ça va durer encore un moment avant qu'il arrive à mettre tout ça en place. Enfin, tu verras ! ;-)

JulietteD : Hé oui hé oui… ça va devenir de mieux en mieux, c'est moi qui vous le dis ! Je répète : c'est mes mails que je lis à la fac… air innocent Maintenant, si mes reviews je les reçois aussi par mail… lol Quant à mes cours, je les relis dans le train (faut dire que j'ai largement le temps).

A part ça, fait des semaines que je veux te dire quelque chose et que j'oublie tout le temps, donc je vais profiter de l'occasion (et pas du whisky, comme certains ;-) pour te le dire : j'ai relu la bio de Hilarity, et elle dit qu'elle va continuer AwtN, même si elle prend du temps. C'est ses slash qu'elle met sur son site perso, que j'ai enfin réussi à visiter d'ailleurs.

Chapitre 13 : Le cercle extérieur

"If we must die, let it not be like hogs

Hunted and penned in an unglorious spot,

While round us bark the mad and hungry dogs,

Making their mock at our accursed lot."

(Si nous devons mourir, faites que cela ne soit pas comme des porcs,

chassés et clôturés dans un endroit sans gloire, tandis qu'autour de nous aboient les chiens fous et affamés, se moquant de notre maudit sort.) - 'If We Must Die' de Claude MacKay

Il n'y avait pas de temps à perdre. Pas de temps à perdre du tout. Il allait être furieux. Il les ferait souffrir, mais Il ne les tuerait pas. Ils étaient Ses serviteurs les plus loyaux, les plus dévoués, et Il ne pouvait pas se permettre de les perdre une seconde fois.

Non.
Ils étaient hors de danger, bien sûr, mais pas à l'abri de l'endoloris. Tous deux le savaient, et tous deux s'en fichaient. Le garçon s'était échappé ; le garçon avait été trouvé. Un Portoloin avait été truqué : la magie était plus que détectable. Ils savaient exactement où il se trouvait, et qui l'avait pris. Il n'avait pas besoin d'aider ses plus loyaux serviteurs pour qu'ils comprennent tout.

Ils savaient.

Bien évidemment, ils suivirent cette piste. Ses plus loyaux et dévoués serviteurs ne perdirent pas leur temps, ou le Sien, avant de commencer les recherches. Ils s'y mirent immédiatement.

« Bella ! », cria un homme vêtu d'une robe noire. Il était rouge et hors d'haleine.

La personne à laquelle il s'adressait se retourna et fronça les sourcils. Ses yeux hagards surmontés de lourdes paupières avaient un regard désapprobateur. « Rodolphus ! Pourquoi t'arrêtes-tu ? Notre Maître attend sa récompense. Notre Maître attend de pouvoir l'attirer dans son piège. »

L'homme appelé Rodolphus fusilla Bella du regard. Elle sembla ne pas y prêter attention.

« Pourquoi est-ce qu'on n'apparaît pas ? Je n'ai aucune envie de voyager comme un Moldu, Bella. » Il cracha ce nom comme s'il lui était aussi désagréable qu'un Moldu lui-même.

« Tu n'es qu'un idiot ! », cria Bella de sa voix perçante. « Tu ne sais pas que Dumbledore nous attend au tournant ? Tu ne sais pas qu'il nous a suivi ? Tu ne sais pas tout ça ? Ça m'étonne ! » Elle se retourna et se mit à courir.

Rodolphus la suivit, la main sur le point qu'il avait au côté, proférant tout bas des remarques ordurières et dédaigneuses.

« Rodolphus ! », cria à nouveau Bella. Elle ne s'arrêta pas, et ne se retourna pas non plus pour le regarder. Elle continua d'avancer, s'en même sembler fatiguer. « Si tu arrêtes maintenant, c'est la mission qui est compromise ! Si tu apparais maintenant, c'est la mission qui est compromise ! Si tu fais échouer notre mission, c'est notre vie qui est en jeu. »

« D'où… est-ce qu'on est censés … apparaître… exactement, ma très chère… Bellatrix ? », haleta Rodolphus.

« Oh ! Est-ce que le petit Rudy est fatigué ? », le réprimanda-t-elle de sa voix de bébé. Rodolphus ne répliqua pas. Il plissa les yeux, souhaitant ardemment pouvoir jeter un sort à sa femme par un simple regard. Rien ne se passa, mais son regard resta mauvais. Bellatrix était obsédée et fatiguante au point que c'en était exaspérant. Qu'il ait survécu à quatorze ans passés dans la même cellule qu'elle à Azkaban n'était pas qu'un petit miracle. Attendant le retour du Seigneur des Ténèbres, les Détraqueurs ne visitaient que rarement leur bloc de cellules, et tous deux étaient libres de se lancer des piques pour patienter jusqu'au moment venu.

Enfin, ils s'arrêtèrent. Hors d'haleine, Bellatrix et Rodolphus se tenaient à présent au centre d'une large clairière. Une veille cabane laissée à l'abandon se trouvait à environ moins d'un kilomètre devant eux, et le champ tout aussi abandonné au milieu duquel ils s'étaient arrêtés était composé de foin battu par les vents. Manifestement, personne ne venait jamais ici pour en faire des ballots ou s'occuper des mauvaises herbes.

C'était d'ailleurs mieux ainsi.

« Les protections sont en place. On va apparaître maintenant », annonça Bellatrix. Avec un petit bruit sec, elle disparut. Rodolphus la suivit immédiatement, ne souhaitant pas être continuellement remis en place par sa femme. Il était certain que la folie l'avait gagnée des années avant d'entrer à Azkaban.

Le changement de décor était radical. La nuit avait recouvert la campagne environnant un lieu bien trop familier, où de grandes pierres tombales à l'aspect menaçant parsemaient le paysage.

Bellatrix eut une exclamation de dégoût : « Il est parti ! »

Rodolphus, qui n'avait aucune idée de la façon dont elle avait pu le savoir si rapidement, fronça les sourcils, médusé. « Comment peux-tu en être si sûre, Bella ? »

Elle se retourna d'un coup. Ses yeux vides avaient effectivement un éclair maniaque.

« C'est quoi, ça ? Tu es en train de m'interroger ? Je ne crois pas que - »

« La ferme, Bella ! Maintenant dis-moi comment tu le sais ! », ordonna Rodolphus. Il avait profité d'une soudaine vague de fierté et de détermination.

Sa femme ne pourrait pas le dissuader d'obtenir ce qu'il voulait, à savoir une réponse.

Bellatrix faisait une tête comme si elle venait d'être insultée. « Parce que, mon amour », dit-elle d'une voix tremblante, calmée par l'explosion soudaine de son mari habituellement tranquille et obéissant. « Je ne sens aucune présence magique, je ne vois personne, et je peux reconnaître l'utilisation d'un portoloin. Mais tu peux certainement le sentir aussi ? » Sa voix trahissait une pointe de doute, comme si elle avait soudain peu confiance dans ses propres déductions, qu'elles soient apparemment correctes ou non.

Rodolphus fit faire à sa baguette un mouvement compliqué. Lorsque rien ne se passa, il soupira avec colère. « Et zut ! »

Cela suffit pour lancer Bellatrix. Elle se mit elle aussi à agiter sa baguette, et une série d'éclairs et d'étincelles illuminèrent leur environnement immédiat. Une tombe se retrouva au beau milieu de ce brusque éclairage, révélant clairement l'inscription au nom de Tom Marvolo Riddle. Bellatrix sourit. « Prévisible », dit-elle, l'air ravi.

« Quoi ? », la pressa Rodolphus, qui s'était approché pour inspecter les lieux.

« Le père de notre Maître.»
« J'avais saisi, Bella. Je te demande ce qui était prévisible. »

Soupirant bruyamment, Bellatrix se retourna pour faire face à son mari. Son irritation était visible dans ses yeux vidés par Azkaban. Les yeux ne survivaient jamais à Azkaban, semblait-il. « Malfoy a ramené Harry chez lui. L'imbécile. » Elle eut un rire strident, et disparut. Rodolphus l'imita sur le champ, n'attendant qu'une minute, minute qui lui fut nécessaire pour enregistrer la disparition de Bellatrix.
Le manoir paraissait vide, à l'exception d'une lumière brillant quelque part au deuxième étage. Bellatrix ne s'encombra pas de politesses, et, sans frapper, elle entra directement sur le palier, sa baguette à la main.

« COUSINE ! » , hurla-t-elle dans le hall, sa voix rebondissant sur le marbre et le bois, de telle sorte qu'elle semblait avoir appelé plusieurs fois.

Bellatrix leva une main quand Rodolphus fit mine de s'avancer pour l'empêcher de crier. Le silence régna pendant un moment, puis un bruit de pas résonna là où la voix de Bellatrix avait flotté quelques instants auparavant, et une femme aux longs cheveux blonds apparut. Elle semblait abasourdie.

« Bella ! », souffla-t-elle, l'air vraiment inquiète. « Je – je ne m'attendais pas – »

« Bien sûr que non. » Bella leva la main alors que Narcissa s'avançait pour l'embrasser. « En temps normal, je n'aurais pas voulu t'inquiéter, mais vu les circonstances désespérées… » Elle laissa sa phrase en suspend, et changea de ton. « Où est Lucius ? »

L'air perplexe, Narcissa demanda : « Est-ce que le Seigneur des Ténèbres demande – »

« Bien sûr que non », répondit sèchement Bellatrix. Narcissa paraissait toujours abasourdie. « Je répète : où est-il ? »

Narcissa réfléchit un instant, les yeux perdus dans le vague. « Je n'en ai pas la moindre idée… Vous êtes les bienvenus dans le salon, si vous voulez. C'est le dernier endroit où je sais qu'il s'est trouvé ce soir. » C'était tout ce qu'elle pouvait dire. Bellatrix hocha pensivement la tête, et pénétra dans le vestibule. Rodolphus la suivit, adressant un signe de tête à Narcissa tandis que la pauvre femme refermait la porte derrière ses invités.

« Par là », leur indiqua-t-elle. Bellatrix prit le bras de Rodolphus, et ils lui emboîtèrent le pas.

« Tu as parlé à notre cher cousin dernièrement ? », demanda Bellatrix après qu'un moment de silence ait régné entre eux trois.

Se raidissant, Narcissa se retourna. « De qui parles-tu ? De notre cher, noble, et très important héritier au trône Black ? »

Bellatrix, l'air amusée, acquiesça. « Eh bien oui. Je pensais que tu pouvais l'avoir vu, ou peut-être avoir entendu de ses nouvelles. »

Narcissa se détourna, et ils continuèrent d'avancer dans le couloir en silence. Après un moment, durant lequel Narcissa devait sans doute avoir profondément réfléchi, elle dit : « Eh bien, non. Bien sûr, ils ont failli le capturer il y a deux ans – les Détraqueurs étaient venus pour le finir, mais il s'est échappé. »

« Ma parole, mais il est insaisissable. Il allait recevoir le baiser, aussi ? Eh bien ! Il est dans de beaux draps, n'est-ce pas ? »

Etant donné que ni l'une ni l'autre ne s'était parlé ou n'avait eu des nouvelles de l'autre depuis quatorze ans, le silence ne tarda pas à redevenir lourd, jusqu'à ce que Narcissa le rompe à nouveau. « Comment avez-vous - ? »

Bellatrix refit entendre son rire perçant. « Les Détraqueurs ne se sont jamais vraiment occupés de nous, tu vois. On était laissés passablement tranquilles. Maintenant que j'y pense – » Elle s'arrêta pour réfléchir. « Ils ne s'occupaient pas de Dolohov non plus. En fait, on était dix dans notre quartier, à être assez négligés. Si ce n'est Crouch. Bien sûr, on ne l'oubliera jamais. »

« Comme il le mérite », répondit Narcissa d'un ton vague. Elle poussa une porte de chêne ornée et fit entrer ses visiteurs inattendus. « Vous y voilà. Je crains de ne vous être d'aucune utilité ni à l'un ni à l'autre, donc, si vous le permettez, je vais rejoindre mes appartements. » Elle semblait inquiète. Le fait qu'elle se trouvait en présence de deux Mangemorts, alors qu'elle n'en était pas, y avait peut-être quelque chose à voir.

Bellatrix sourit avec bienveillance et embrassa sa cousine sur chaque joue. « Nous sommes appelées à nous revoir. »

Narcissa referma soigneusement la porte. Ils entendirent le bruit de ses pas remontant rapidement le couloir. Elle semblait craindre un brusque revirement d'humeur de sa cousine, et de se faire jeter un sort à tout moment.

Bellatrix se tourna vers le bureau et éclata d'un rire triomphant. Elle agita sa baguette, faisant sortir la même fontaine tourbillonnante d'étincelles, de fumée et de couleur que dans le cimetière, tourbillon qui s'enveloppa autour du bureau. Elle sourit d'un air un peu incrédule et se tourna vers son mari, qui regardait les rayonnages de livres avec curiosité.

« Rudy ! » Il lui jeta un coup d'œil rapide et fronça les sourcils en l'entendant utiliser ce surnom qu'il détestait tant. « Il semble que ce cher Lucius soit bien, comment devrais-je dire - », elle inspira entre ses dents serrées et eut une expression songeuse. « Je suppose que le mot est : symbolique. Oui. Lucius est très symbolique dans son choix de destinations. »
Son intérêt piqué par la curiosité, Rodolphus s'avança. « Qu'est-ce que tu entends par là ? »

Avec un léger rire, Bellatrix répondit : « Hé bien, il a emmené notre cher garçon dans l'ancienne maison de notre Maître. »

L'air confus, Rodolphus osa lever un sourcil pour l'indiquer.

« Oh, tu es tellement lourd ! », cria Bellatrix de manière inattendue. « Il a emmené le garçon dans le détestable orphelinat moldu de notre Maître ! »

Cela n'était apparemment pas la réponse à laquelle s'était attendu Rodolphus. Il continua à fixer Bellatrix, les sourcils froncés, comme s'il ne la voyait pas vraiment.

« Est-ce qu'il n'est pas - ? »
« Encore utilisé ? Je n'en ai aucune idée. J'étais enfermée à Azkaban durant ces quatorze dernières années. »

« Je ne m'en doutais absolument pas. »
Rodolphus, craignant le pire de la part de sa femme, pointa sa baguette vers l'objet le plus proche, dit « Portus ! », et le saisit. Bellatrix n'eut que le temps d'attraper sa main avant que la pièce ne commence à se brouiller et qu'ils atterrissent, assez gracieusement, sur le terrain trempé d'un vieux bâtiment délabré.

« Hé bien, hé bien », marmonna Bellatrix tandis qu'elle examinait le perron. Ils se trouvaient dans un jardin envahi de plantes s'étendant à l'arrière d'un immense orphelinat à l'architecture de style Tudor.

Les fenêtres du deuxième étage avaient été condamnées ; la porte avait été ôtée, et on avait recouvert son cadre de plastique. Ce qui semblait être une nouvelle porte était posée contre un côté du bâtiment, sa boîte étalée devant elle.

« Où crois-tu que – », commença Bellatrix, mais Rodolphus la fit taire d'un brusque mouvement de la main.

« Chut ! », siffla-t-il. « J'entends des voix. »

Tous deux firent silencieusement le tour de l'orphelinat abandonné, baguettes éteintes, jusqu'à ce qu'ils puissent apercevoir la source du bruit.

« Haha ! », souffla Bellatrix avec excitation. Elle caressa affectueusement sa baguette, et releva son capuchon noir. Rodolphus l'imita.

La vue qu'il leur était donné de voir n'était inhabituelle pour aucun d'entre eux. En fait, elle leur apportait le réconfort d'un retour chez soi auquel ni l'un ni l'autre n'avait eu droit. Pas que cela ait de l'importance. Le Seigneur des Ténèbres les tenait dans sa plus haute estime, et cela valait bien plus que toutes les petites rencontres de Mangemorts imaginables. Néanmoins, celle-ci était tout à fait intriguante… Il y a avait le garçon, celui qu'ils avaient élevé durant une année sous une fausse identité, et il y avait Malfoy, sa baguette enfoncée dans le dos du garçon, le poussant en avant…

Voilà donc où il se trouvait… Forts de cette information, Bellatrix et Rodolphus apparurent silencieusement, prêts à informer leur Maître.

Les yeux fatigués et hagards de Harry firent le tour de tous ces hommes dans leur manteau. Une main le poussa rudement en avant, et il tomba à genoux sur le sol. Une vague de rires secoua le groupe d'hommes vêtus de noir et masqués de blanc.

Harry ne put s'empêcher de frissonner. Le groupe se remit à rire, et Harry entendit de légers gloussements.

« DEBOUT », ordonna Malfoy.

Harry tressaillit, mais une partie de lui-même commença à se mettre légèrement en colère. Tu viens de me faire tomber ! Mettant de côté son emportement, il laissa la peur refroidir ses veines, et se mit debout sur des jambes flageolantes. Ils étaient tellement plus nombreux… et ils pouvaient faire des choses terribles… tout ce qu'il pouvait faire, lui, c'était de leur jeter des insultes à la figure. D'une certaine façon, il trouvait que ce n'était probablement pas la meilleure approche au problème.

Une autre main le poussa violemment en avant, et il vit rouge.

« Potter pue ! » passa devant lui puis s'effaça avant qu'il puisse saisir ce qu'il voyait. Et puis, sans avertissement ou raison apparente, la cicatrice sur son front se mit à le brûler douloureusement, et un sentiment de fureur complète et totale le submergea. Cette émotion ne correspondait à rien : il n'avait pas peur. Il était seulement fâché. Très, très fâché. Sa cicatrice continua de le brûler, au point que Harry avait l'impression que son crâne allait s'ouvrir en deux, tandis que la colère se calmait.

Harry cligna des yeux et se frotta le front, ne tardant pas à remarquer qu'on lui parlait. Il commença à écouter… de la douleur ne restait qu'une légère brûlure.

« … lui avez échappé. Trois fois. Hé bien, Monsieur Potter… Pas ce soir. » L'homme qui parlait gloussa. « Non. Nous sommes ici pour assurer qu'Il obtienne ce qu'il veut – votre dépouille. » Cette déclaration ne contenait plus la moindre trace d'amusement. L'homme, que Harry n'avait jamais entendu parler auparavant, leva sa baguette un peu plus haut et avança de quelques pas. Il plaça le bout de sa baguette sous le menton de Harry, et leva son visage de sorte que ses yeux rencontrent le masque blanc.

Harry se força à respirer aussi régulièrement que possible, bien que son esprit soit embrouillé, et que son cœur fasse des bonds dans sa poitrine. Donner à ces… ces… hommes, ces Mangemorts, la satisfaction de voir qu'il avait peur ne les rendrait que plus agressifs. Il s'arrêta au milieu de sa réflexion…

Mangemorts ?
« Toi ! », cria quelqu'un. La voix était faible et comme un écho, et personne ne semblait l'avoir entendue à part lui. Personne ne se retourna ; personne ne parla. Harry avala nerveusement sa salive.

« On ne va pas se battre en duel, Potter », continua l'homme. « Vous êtes trop rusé. On ne veut pas vous voir vous échapper à nouveau. Oh, et il semble que vous n'ayez pas de baguette, non plus. »

Harry cligna des yeux d'étonnement. Une baguette ? Mais pourquoi aurait-il une… parce qu'il était un sorcier ! Mais… ?

« Dommage, vraiment. On va juste devoir vous tuer tout de suite. Oh… C'est un plaisir d'avoir rencontré le garçon qui a survécu. Maintenant, malheureusement, vous allez devenir le garçon qui est mort. » Sur quoi il leva sa baguette et hurla : « AVADA KEDAVRA ! »

Harry se baissa au moment où un éclair de lumière verte s'échappait de la baguette. Il toucha un des hommes derrière lui, et l'homme tomba par terre avec un bruit sourd.

A présent, le choix évident était de courir. Ce qu'il fit. Harry se retourna aussi vite que possible, et se précipita par l'ouverture faite dans le cercle.

« AVADA KEDAVRA ! », cria à nouveau l'homme. Harry s'élança derrière un arbre. Le sort toucha une des branches, qui se cassa et s'écrasa par terre.

« POURQUOI VOUS RESTEZ PLANTES LA, IMBECILES ? TUEZ-LE ! »

La douzaine d'hommes se mit à courir après lui dans un bruit de capes flottant au vent. Le souffle coupé, Harry détala de son arbre et se dirigea rapidement vers l'inquiétant manoir. Comme il fuyait, un homme l'attrapa par le bras et le gifla au visage. Harry se dégagea et se baissa à ras le sol au moment où un jet de lumière rouge lui passait au-dessus de la tête et lui frôlait les cheveux.

Il continua à courir tandis qu'on lui jetait sort après sort. L'un d'eux lui frôla le bras et déchira la manche de son pyjama, lui éraflant visiblement la peau au niveau de l'épaule. Tressaillant, il se précipita au coin de la maison, cherchant un moyen d'y entrer. Toutes les fenêtres avaient été condamnées au moyen de planches ou de clous, et en tentant de casser une vitre avec son poing, tout ce qu'il réussit à faire fut de se réduire la main en bouillie et d'émettre une exclamation peu favorable. La porte de derrière ! Il fonça comme trois hommes tournaient au coin de la maison à sa suite.

« STUPEFIX ! », cria l'un d'eux, et un jet de lumière rouge passa à côté de l'oreille droite de Harry. Manifestement, ces hommes ne savaient vraiment pas viser.

Harry atteignit la porte, donna un coup de poing à travers le plastique, puis le déchira aussi vite que possible pour entrer dans la cuisine sombre et poussiéreuse. Il ne s'arrêta pas avant d'avoir atteint une autre porte, de l'avoir ouverte et d'être entré dans une salle à manger ressemblant à une cantine. Il referma la porte de la cuisine au moment où cinq autres hommes entraient dans la maison. Les tables de la salle à manger avaient été repoussées contre un mur, laissant l'espace libre, et donc un accès facile, à deux ou trois portes menant hors de la pièce.

Harry décida que la porte tout à droite ferait tout aussi bien l'affaire, et lorsqu'un homme entra dans la pièce, il ne mit que quelques secondes pour l'atteindre. Il agrippa la poignée froide et couverte de poussière, ouvrit la porte à toute volée, et se glissa derrière au moment où un sort frappait le bois, le brisant par son milieu et envoyant Harry sur le sol de l'autre côté. Il se releva aussi vite que possible, referma la porte brisée, et se jeta dans le corridor. Ce dernier était interminable, et était bordé de chaque côté de nombreuses portes. Il les essaya l'une après l'autre, mais toutes semblaient fermées.

La douzième porte sur la gauche, néanmoins, ne l'était pas. Il l'ouvrit comme d'autres sorts volaient dans sa direction, et se précipita à l'intérieur de la pièce. Par un hasard chanceux qu'il n'avait jamais encore connu, la porte avait une serrure. Il la tourna et regarda autour de lui à la recherche d'un endroit où se cacher. Seules une petite armoire et une fenêtre brisée présentaient une chance de dissimulation ou de fuite.

« Alohomora ! », dit quelqu'un, et la serrure se débloqua. Harry se figea instantanément, la respiration douloureusement bloquée dans sa poitrine, et le cœur dans l'estomac. La porte s'ouvrit lentement, poussant Harry à prendre la décision de risquer le tout pour le tout et de sauter par la fenêtre.

Le fait qu'il se trouve au premier étage était certainement un avantage, mais ce n'était sûrement pas l'alternative la plus sûre. Bien que l'armoire ne représentait pas un meilleur choix. Quitter la maison semblait en fait la meilleure option, et il s'y appliqua.

Donnant un coup de poing dans le verre et s'écorchant la main avec succès, il se jeta la tête la première hors de la pièce et atterrit au milieu d'autres bouts de verre 3 mètres plus bas.

Il toucha le sol avec un bruit sourd, et sa vision fut à nouveau aveuglée par un éclair blanc, l'étourdissant un moment.

« C'est le jeune Sirius Black qui me l'a prêtée. – I l s'est endormi quand on survolait Bristol. – Bonne chance, Harry. – Je n'en veux pas un chez nous, Petunia ! – Nigaud ! Gras double ! Bizarre ! Pinçon ! – Ts, ts. - Apparemment, la célébrité ne suffit pas… » Puis il y eut une détonation si forte que la maison trembla et un tourbillon vert sortit de la fenêtre tandis que Harry se remettait sur ses pieds et s'élançait à travers champs. Et maintenant ?
Ses bras, ses mains et sa taille étaient largement éraflés et saignaient avec profusion. Harry décida d'essayer d'atteindre l'endroit clos le plus proche. Il devait s'en aller ! Il devait s'en aller maintenant !
Il sauta derrière le premier buisson, le cœur battant à tout rompre, et regarda autour de lui à la recherche de quelque chose – n'importe quoi ! – dans ou derrière laquelle il pourrait se cacher. A présent, les hommes s'appelaient les uns les autres et se regroupaient devant la maison. Ils avaient cessé de le pourchasser, et préparaient manifestement quelque chose de plus efficace. Les années qu'il avait passées à échapper à Dudley, sans parler de sa petite taille pour son âge, de toute façon, lui avaient – Dudley ?

Harry secoua la tête et grogna en sentant sa cicatrice l'élancer. Les hommes n'avançaient pas dans sa direction, mais il était persuadé qu'ils savaient où il se trouvait. Il rampa donc sur quelques mètres avant de se redresser et de partir comme une flèche. Des cris de colère le poursuivirent tandis qu'il tentait d'atteindre la veille route boueuse. Il y avait une forêt de l'autre côté, et s'il pouvait juste y arriver –

VLAN ! Il tomba la tête la première. Il avait un goût de sang et de boue dans la bouche. Il essaya de se relever, mais se rendit compte que ses jambes ne voulaient plus bouger. Il commença à paniquer. Regardant derrière lui, il s'aperçut que tous les hommes s'approchaient, leur baguette à la main. Il devait se lever ! Il le devait ! DEBOUT ! DEBOUT ! se criait-il à lui-même. Mais cela ne servait à rien. Ses jambes ne bougeaient pas, et les hommes, les Mangemorts, approchaient rapidement.

Harry essayait désespérément de reprendre sa respiration. Des points blancs dansaient devant ses yeux. La panique le serrait à la gorge, et l'empêchait de respirer. La gorge sèche, les lèvres coupées, il tenta d'avaler, mais réalisa qu'il n'y arrivait pas. Il s'étouffait. Et voilà : il allait mourir.

Un des hommes le saisit par les cheveux et lui tira la tête en arrière. Harry ouvrit la bouche pour prendre de l'air, mais il en fut privé lorsque l'homme plaqua une main glacée sur sa bouche.

« OUVREZ LES YEUX ! », hurla ce dernier. C'était Malfoy. Lorsque Harry n'obéit pas, Malfoy le secoua violemment. Harry se mordit la lèvre pour ne pas crier comme ses cheveux étaient arrachés. Ses yeux s'ouvrirent brusquement.

« Ah, voilà qui est mieux », dit Malfoy de sa voix traînante. Il tira une nouvelle fois sur Harry, qui fit la grimace lorsqu'il ne put se mettre debout et qu'il sentit d'autres cheveux quitter son crâne.

Malfoy sembla brusquement comprendre ce qui s'était passé. Il murmura quelque chose, agita sa baguette, et soudain les jambes de Harry revinrent à la vie. Il se leva, et Malfoy lui prit le bras, le serrant comme dans un étau, pour le ramener de la route vers la maison.

« On va réessayer, n'est-ce pas, Potter ? », siffla Malfoy. Il lâcha alors Harry, et pendant un moment d'absurdité, ce dernier pensa qu'il le laissait s'enfuir une nouvelle fois…

Mais de nouvelles chaînes s'étaient enroulées autour des ses poignets, et un bâillon enserrait sa bouche. Ce fut à ce moment que Harry réalisa que les cordes qui avaient attaché ses poignets avaient disparu. Il eut quelques secondes pour se demander ce qui leur était arrivé avant d'être à nouveau poussé au centre du cercle formé par les hommes. Personne ne riait cette fois. Ils avaient l'air en colère…

« Je n'aime pas perdre ma soirée à pourchasser des petits enfoirés de votre espèce, Potter », continua Malfoy. Il avait quitté le bord du cercle, et se trouvait maintenant entouré tout comme Harry. Sauf que lui pouvait partir quand il le voulait, qu'il avait une baguette, et qu'il tournait autour de Harry comme un vautour. C'était quelque chose qui n'était pas totalement inconnu à Harry, et l'espace d'une minute, ce dernier revit un sorcier aux yeux écarlates l'encercler de la même façon.

Harry se secoua, essayant de garder la tête claire. Si une autre occasion de fuir se présentait, il fallait qu'il reste sur ses gardes pour pouvoir la saisir…

« Vous me supplierez de vous tuer dans peu de temps », cracha Malfoy, abandonnant tout semblant de formalité. « Oh oui, vous me supplierez. » Il leva les yeux vers le ciel et plissa les paupières. La pleine lune éclairait les terres de l'orphelinat, baignant les Mangemorts d'une lueur inquiétante. Puis, pour une raison inconnue, Malfoy sourit. « Moins d'interférence », murmura-t-il pour lui-même. Harry fronça les sourcils, perplexe.

Malfoy le regarda. Il fronça à son tour les sourcils face à son expression. « Quoi ? Vous avez oublié ? »

« Oublié quoi ? », répliqua sèchement Harry. « Dites-le, et je l'aurais probablement oublié. »

Cela ne fit qu'ajouter à la confusion de Malfoy. Il fronça un peu plus les sourcils, et s'avança rapidement vers Harry. « Qu'est-ce que c'était censé vouloir dire, Potter ? », demanda-t-il.

Harry ravala sa peur. « Je suis censé vous connaître, c'est ça ? »

Silence.

« Hé bien, je ne vous connais pas. » Il croisa les bras.

« Vous jouez à quel jeu, Potter ? », murmura Malfoy tandis que les Mangemorts remuaient avec inquiétude.

« Si c'était le cas, vous le sauriez. » Harry avait décidé d'embrouiller encore un peu plus Malfoy. Cet homme n'avait manifestement aucune idée de ce à quoi il avait à faire, et cela pouvait peut-être retarder sa mort encore un moment. « Qu'est-ce que vous racontez au sujet de la lune ? »

Harry s'était attendu à beaucoup de choses, mais pas à ce qu'il reçut. Malfoy le gifla si fort que ses lunettes se retrouvèrent pendues par une seule branche à l'une de ses oreilles, tandis que son autre oreille bourdonnait furieusement.

« Vous essayez de me contrarier, n'est-ce pas, Potter ? », ricana-t-il à quelques centimètres de son oreille encore brûlante.

Harry ravala une autre insulte et secoua la tête. « N-non », bégaya-t-il, craignant le contrecoup suivant. Une autre gifle l'envoya sur le sol.

« Trêve de subtilité », cracha Malfoy, surtout pour lui-même. Il pointa sa baguette sur Harry, et, d'une voix basse et furieuse, prononça « Endoloris ».

Et Harry se mit à crier comme la douleur le submergeait. Au loin, un chien aboya.