Onarluca : Alors… je vais te donner un indice : relis la dernière phrase du chapitre précédent, et je pense que tu seras rassurée. Quant aux Mangemorts et Voldy, on peut pas franchement dire qu'ils soient très perspicaces, non ? Et comme tu dis, c'est pas ça qui les arrêterait…

Blacky : Tagada tagada, voilà Sirius ! Ta correction était super rapide, je crois que tu as battu ton record, là ! Merci beaucoup !

Mystick : A ce point ? Hé ben… La voilà !

Juliette : Comment as-tu pu oublier une chose pareille ? ! Bien sûr que c'est lui ! Quelle entrée en scène, hein ? C'est tout lui, ça !

Yumi4 : Hello ! J'ai fait aussi vite que possible…

Antares2 : Bienvenue ! Et merci ! Ouaip, pauvre Harry…Hilarity lui en fait vraiment voir de toutes les couleurs ! Et c'est pas fini…

Cocbys : air coupable Je sais, je sais… Mais le chapitre aussi, non ? pleine d'espoir Pardonnée ? Surtout que cette fois j'ai fait plus vite, hein ? Enfin…

Alinemcb54 : Hé oui… C'est ce que j'ai pensé aussi !

Thamril : Bienvenue à toi aussi ! Et merci beaucoup ! Euh… faut pas me faire flipper comme ça, ça me déconcentre…

Chapitre 14 : Un Gryffondor typique

"The world is ugly,

And the people are sad."

(Le monde est laid, et les gens sont tristes.) – "Gubbinal" de Wallace Stevens

« Vous savez donc ce qu'il reste à faire », dit calmement Dumbledore tout en scrutant ses trois anciens élèves avec un regard d'intense concentration.

« Severus », ajouta-t-il en adressant un signe de tête au professeur de potions récemment revenu, qui lui retourna ce signe d'un air entendu et sortit de la pièce, sa volumineuse robe noire se gonflant derrière lui.

« Maintenant, Sirius », commença Dumbledore, et Sirius se retourna pour le regarder. « Je comprends à quel point vous voulez aller là-bas pour le retrouver, toutefois - », il leva la main pour empêcher Sirius de parler. « Qu'on ne sache pas où il se trouve pose un petit problème. Vous trouverez néanmoins de l'aide auprès de deux jeunes élèves et, peut-être, grâce à un sort de pistage. J'ai quant à moi des choses à faire en rapport avec cette situation. » Il se leva et agita la main pour mettre fin à la discussion. « N'échouez pas, Messieurs. »

Remus se leva et donna un coup de coude à Sirius, le ramenant brusquement au présent. Ce dernier se leva à son tour d'une des chaises faisant face au bureau de Dumbledore. Remus pensa qu'il valait mieux faire sortir Sirius du bureau circulaire avant qu'il ne commence à protester face à des informations si énigmatiques, et ils se retrouvèrent dans les escaliers en spirale et devant la gargouille en quelques minutes seulement.

« Hé bien, tu l'as entendu », marmonna Sirius. « Ron et Hermione. »

Remus acquiesça, même s'il était un peu décontenancé quant à la raison pour laquelle Dumbledore recherchait leur aide. Il décida que Sirius se débrouillerait avec les détails du plan, et se mit à marcher à ses côtés. Ils montèrent donc les sept escaliers, et s'arrêtèrent devant le portrait marquant l'entrée de la salle commune des Gryffondors.

La grosse dame bavardait avec animation avec son amie Vi. Lorsqu'elle aperçut Sirius, elle poussa un cri perçant et remonta ses nombreux jupons devant son visage. « M-mot de passe ? », bégaya-t-elle d'une voix aiguë. Vi avait disparu du portrait.

« MERDE ! », s'exclama soudain Sirius, et il se mit à frapper le portrait de son poing, faisant crier la grosse dame encore plus fort, et la faisant tomber du siège sur lequel elle était assise.

« P-pas de m-mot de p-passe, pas d-d'entrée », couina-t-elle, le visage toujours dissimulé, et recroquevillée de peur.

« Oh, la ferme ! », grogna Sirius. « On a des ordres spéciaux - » Mais il fut interrompu lorsque le portrait s'ouvrit pour laisser passer une Hermione à l'air très tendu.

« Sirius ! », s'exclama-t-elle en reculant pour les laisser entrer.

« Où est Ron ? », demanda Sirius en examinant la chambre commune. Un premier année, l'air terrifié, était recroquevillé près de la fenêtre. « J'ai besoin de vous deux immédiatement. »
Plutôt que de poser des questions, Hermione se retourna et monta en trombe les escaliers menant aux dortoirs des garçons. Elle revint avec Ron quelques secondes plus tard, tous deux paraissant extrêmement inquiets.

« Qu'est-ce qu'il y a ? », demanda Ron alors qu'il enfilait son bras gauche dans la manche de son pull. « Quelque chose de grave ? »

« Pas pour l'instant, mais j'ai quelque chose d'important à vous demander », interrompit Remus avant que Sirius puisse se mettre à crier, ce qu'il était parfaitement sûr que Sirius ferait.

« Ecoutez, Dumbledore nous a envoyés… Eh bien, euh - » Sirius se frottait l'arrière de la nuque tout en essayant de réfléchir. « Hermione »,

Elle leva les yeux.

« Tu es douée en sortilèges, n'est-ce pas ? »

Hermione rougit et baissa les yeux vers ses pieds. « Eh bien… »

Ron répondit à sa place. « Elle a les meilleures notes ! Elle a eu 112 à notre examen de première année », dit-il, l'air juste légèrement ennuyé.

Hermione rougit encore un peu plus, mais releva les yeux. « Je pense que ça veut dire que je le suis », déclara-t-elle en souriant.

« Magnifique. Maintenant, euh - », Sirius regarda Remus, qui le pressa de continuer. « Ron, j'ai besoin que tu ailles chercher la cape d'invisibilité de James, euh - de Harry, pour moi. Maintenant. »

Ron semblait dérouté, mais il fit ce qu'on lui avait indiqué et quitta une nouvelle fois la chambre commune pour le dortoir des garçons.

« Hermione », commença Sirius. Hermione sursauta et le regarda. « J'ai besoin que tu ailles à la bibliothèque et que tu trouves un sort de pistage. J'imagine qu'il faudrait qu'il puisse couvrir toute l'Angleterre, et j'en ai besoin aussi vite que possible. Ne t'occupe pas de la façon dont il doit être jeté, amène-le moi simplement. Voilà – « Il fouilla dans sa poche et en sortit un petit paquet emballé dans du papier brun. « Les instructions pour utiliser ceci sont à l'intérieur, mais je suis sûr que tu te débrouilleras. Au départ je voulais le donner à… Harry », il hésita, puis reprit, « Mais c'est bien plus utile maintenant. Je le lui donnerai une autre fois », ajouta-t-il, souriant lorsque Hermione lui jeta un regard étonné.

Ron réémergea quelques secondes plus tard, la cape à la main et l'air essoufflé.

« Merci », dit Sirius en prenant la cape. « Maintenant, la bibliothèque. Allez ! »

Sursautant une nouvelle fois, Ron et Hermione filèrent à travers le portrait, la jeune fille tenant le paquet dans une main, et sa baguette de l'autre.

Hermione expliqua à Ron quel type de sort Sirius voulait, et répéta l'étrange déclaration qu'il avait faite au sujet de Harry. Lorsqu'elle eut terminé, tous deux marchèrent en silence jusqu'à la bibliothèque, où Hermione se dirigea tout droit vers Madame Pince pour demander l'accès à la Réserve. Elle était presque sûre que le genre de sort de pistage que Sirius voulait ne pouvait pas se trouver dans les livres destinés aux première année. Etant donné qu'elle et Ron étaient préfets, et en cinquième année, ils eurent le droit d'y entrer. La Réserve ne leur avait jamais semblé aussi vaste, ni aussi déroutante, que maintenant qu'ils devaient la fouiller pour trouver aussi vite que possible un sort particulier.

Hermione se mit à explorer chaque rayonnage, chaque étagère, et à sortir livre après livre après livre. Elle s'assit ensuite à une table, où Ron la rejoignit quelques minutes plus tard, les bras chargés de livres lui aussi.

« Alors », dit la voix de Ron des profondeurs d'un ouvrage plutôt épais intitulé Sorts obscurs pour sorciers perdus, volume XXXIVX. « Tu penses que Sirius veut retrouver Harry ? » Il leva la tête, son long nez couvert de taches de rousseur couvert de poussière.

Hermione soupira et posa le livre qu'elle était en train d'étudier. « Je crois bien », dit-elle d'une voix calme.

« Il a complètement perdu la boule ? »

Hermione regarda Ron. « Non, je ne crois pas. Lupin ne serait pas avec lui s'il était totalement, euh, malade. Tu as le nez sale. »

« Ouais, j'imagine que tu as raison. Mais alors ça veut dire… Ici ? » Il se frotta le nez. Hermione hocha la tête et reprit son livre.

« Oui, ça veut dire qu'ils ont une raison de croire que, eh bien, euh… » Elle laissa sa phrase en suspens et tourna une page.

Ron commença à devenir extrêmement animé. « Que Harry est vivant ! Qu'il est ici ! Qu'ils vont le retrouver et le ramener ! C'est ça, Hermione ! C'est ça ! » Hermione ferma les yeux. « Ce n'est pas ça, Ron. Non. »
« Hein ? Qu'est-ce que… Oh ! Non, je veux dire que j'ai trouvé le sort de pistage. »

Hermione rouvrit brusquement les yeux et se précipita de l'autre côté de la table pour lire par-dessus l'épaule de Ron. Elle parcourut rapidement le texte des yeux, et se mit à sourire en arrivant au bas de la page. « Bravo, Ron ! On doit l'amener à Sirius. » Elle retourna de son côté de la table et ramassa le petit paquet.

« Eh bien vas-y. Ouvre-le ! »

Hermione enleva le papier, et un petit morceau de parchemin tomba par terre. Elle se baissa rapidement pour le ramasser, sans regarder l'objet qu'elle venait de déballer. Quand elle s'y intéressa enfin, toutefois, elle laissa échapper un petit cri de surprise. « Oh, Ron ! Regarde ! »

Ron releva les yeux du livre, le nez une fois de plus couvert de poussière, et se leva. « Nom d'une pipe ! C'est un miroir à deux faces ! J'en ai déjà vu ! Charlie en avait un quand on lui a rendu visite en Egypte il y a deux ans ! » Il lorgna sur le miroir encore une minute avant de continuer. « Eh bien vas-y alors ! Parle-lui ! »

« Sirius », prononça Hermione d'une voix claire et déterminée. Son souffle embua un instant le verre avant qu'il ne commence à se brouiller, et bientôt le visage autrefois beau et maintenant fatigué de Sirius apparut.

Il semblait anxieux, mais aussi plein d'espoir. « Vous avez trouvé quelque chose, alors ? »

Hermione acquiesça. « Oui. Enfin, c'est ce qu'on pense. Ecoutez. Ron, lis ! », souffla-t-elle au-dessus de son épaule. Elle tendit le miroir vers Ron, qui se mit à citer le passage.

Quand cette tâche fut accomplie, tous deux regardèrent anxieusement Sirius, qui affichait un large sourire et paraissait positivement transporté de joie. « Ça ira parfaitement ! Amenez le livre dans la classe de Flitwick immédiatement. On n'a pas de temps à perdre. » Et son visage disparut.

Ron lança à Hermione un regard des plus brefs avant qu'ils ne quittent la Réserve à la hâte et se dépêchent d'amener le livre à Madame Pince, qui l'inscrivit sous le nom d'Hermione en fronçant les sourcils. Puis ils s'élancèrent hors de la bibliothèque (VOULEZ-VOUS BIEN VOUS CALMER TOUT DE SUITE), leurs robes volant derrière eux.

En atteignant la classe de Flitwick, ils trouvèrent Sirius en train de faire les cent pas anxieusement, et Remus assis tranquillement sur l'un des bureaux, regardant Sirius d'un air très inquiet. Lorsqu'il aperçut Ron et Hermione, toutefois, Remus leur sourit et se leva pour les accueillir.

« Voilà », dit-il en prenant le livre des mains de Ron. « On va se mettre au travail tout de suite. Vous pouvez partir si vous voulez, mais il se peut qu'on ait besoin de votre aide pour ce sortilège. »

Ron et Hermione n'eurent pas besoin de se consulter avant de répondre. Tous deux hochèrent vivement la tête, et Hermione s'exclama « Bien sûr ! »

« Parfait », répondit joyeusement Remus. « J'ai débarrassé quelques bureaux à l'arrière, donc ne vous gênez pas pour vous y installer. J'ai comme l'impression que ce sort prendra pas mal d'espace une fois terminé. »

Ce fut un travail laborieux. Pendant près d'une heure, Sirius lut le nom de différents endroits en Angleterre. Un petit point lumineux se mettait alors à trembler sur l'un des bureaux avant de produire une marque topographique, dont aucune des personnes présentes dans la pièce ne comprenait encore la signification.

Lorsqu'Hermione eut indiqué la dernière mesure et Sirius agité sa baguette, produisant une autre petite marque sur la carte, Ron posa enfin une question. « On cherche qui ? », demanda-t-il d'une voix dure et déterminée.

« Ne t'en occupe pas, Ron. On te dira quand on le pourra, d'accord ? »

« C'est Harry, n'est-ce pas ? », dit-il avec force, remuant sur son siège pour avoir une meilleure vue sur Sirius et Remus.

Sirius se tendit par réflexe, mais ne dit rien. Remus, lui, se glissa dans son rôle de professeur pour tenter de prendre le contrôle de la situation avant qu'elle ne dégénère.

« Qu'est-ce qui te fait dire ça, Ron ? », demanda-t-il doucement.

« Hé bien, déjà, vous avez la cape de Harry, et dans le livre ils disent que, pour que le sort fonctionne, il faut un objet de la personne que l'on recherche. »

Il avait raison, bien sûr, mais Remus secoua rapidement la tête. « On ne peut rien te dire, Ron, mais n'espère pas trop. Ce serait dangereux. »
Un silence palpable enveloppa la pièce, et pendant cinq intenses minutes, tous quatre observèrent la carte chatoyante qui avait commencé à se contracter.

« Je crois qu'on a réussi, Moony », dit soudain Sirius avec excitation. Ses yeux étaient fixés sur la carte.

Et il avait raison. Le réseau scintillant cessa de se contracter, émit un bruit semblable au claquement d'un fouet avant d'exploser, s'étendant de telle sorte à se fondre avec la pièce.

En l'examinant, ils constatèrent que chaque détail de chaque ville s'était gravé dans le réseau vert. Remus se précipita derrière le bureau, prit le livre et parcourut rapidement la page des yeux.

« Bien. Ils disent qu'on doit donner le nom de la personne que l'on cherche. » Il leva les yeux vers Sirius. « Et je crois aussi qu'on doit tenir l'objet appartenant à cette personne en disant son nom, pour qu'il éclaire l'endroit où… cette personne se trouve. »

Sirius regarda la cape, puis Remus, qui de son côté regardait Ron et Hermione (qui, eux, avaient les yeux fixés sur la carte ; Ron était en train d'avancer son doigts vers une curieuse petite ville au bord de la mer, et sa main traversa le réseau semblable à un rayon laser).

« Bien », déclara fermement Sirius. « Merci beaucoup pour votre aide, mais maintenant on va pouvoir se débrouiller. »

« Quoi ? », se révolta Ron. « Qu'est-ce que vous voulez dire ? On veut aider ! »

« Et vous avez aidé », assura Remus. « Mais maintenant on peut se charger du reste, et on vous racontera tout dès que possible. Vous avez notre parole. »

« Mais – ! »

« On pourrait pas juste rester », supplia Hermione. « Après tout, si c'est Harry - »

Sirius secoua la tête. « Non, vous ne pouvez pas. On vous dira tout dès qu'on pourra, d'accord ? »

« Non ! », cria Ron. « Non ! On veut savoir - »

« On est ses meilleurs amis ! », s'exclama Hermione. « On a le droit de savoir quand - »

« Non, Hermione », dit fermement Remus. « Partez, s'il vous plaît. On doit continuer le sortilège. »
Hermione fronça les sourcils, les deux côtés de sa personnalité se battant furieusement, son côté respectueux des lois et en adoration devant les professeurs étant actuellement en train de vaincre son côté déterminé et têtu. Elle soupira, et Ron en profita pour exprimer exactement ce qu'Hermione ne disait pas.

« Hermione ! Ils nous cachent quelque chose ! On ne peut pas partir ! Ils ne peuvent pas nous faire partir ! »

Elle ne répondit rien.

« On a promis de tout vous dire le moment venu », dit Sirius d'une voix basse. Il leur tournait le dos.

« NON ! On veut savoir maintenant ! Hein Hermione ? »

Hermione geignit. « Ron… », dit-elle doucement.

« Ils sont en train de cherchent Harry, et ils ne nous laissent pas aider ! Ce n'est pas JUSTE ! », hurla-t-il, le visage de plus en plus rouge.

« Qu'est-ce qui te fait dire qu'on est en train de chercher Harry ? », demanda Remus, se sentant à présent un peu coupable de les exclure.

« Ben vous n'avez certainement jamais dit le contraire ! », répliqua Ron.

« Hé bien, on ne le cherche PAS », s'exclama Sirius en se retournant.

C'était en partie la vérité. Ils ne le cherchaient pas pour l'instant, parce qu'ils étaient en train de se disputer avec Ron. « Tu es content ? »

« Bien essayé ! Mais si vous ne le cherchez pas, rendez-moi ça », dit-il, trop sûr de lui, un mauvais sourire apparaissant sur ses traits.

« Te rendre quoi, Ron ? », demanda Sirius, l'air légèrement paniqué. Pas la cape ! Pas la cape ! Pas la cape ! Pas la cape ! scandait-il intérieurement.

« Ça ! », dit Ron en pointant du doigt vers la cape étendue sur le bureau.

Sirius lança un brusque regard à Remus, qui soupira profondément. « On ne peut pas, Ron. Maintenant pars, s'il te plaît », dit-il d'une voix fatiguée.

« Vous pouvez rêver qu'on va partir ! »

« RON ! », cria Hermione. « On leur fait perdre du temps. Al-lons-y ! »

Sirius ressentit une gratitude éternelle pour ces paroles. « On leur fait perdre du temps. » Oui, oui, c'était ce qu'ils étaient en train de faire. Il serait plus simple de simplement les laisser aider à chercher… De tout leur dire… Mais alors ils voudraient les suivre… C'était bien trop dangereux de les mettre au courant juste maintenant. Pas avant qu'ils aient ramené Harry. Pas avant que la situation soit complètement sous contrôle.

« D'ACCORD ! », hurla Ron, le rouge lui montant jusqu'aux racines de ses cheveux roux. « D'ACCORD ! Vous voulez nous exclure ? Hé bien débrouillez-vous tous seuls ! » Il leva sa baguette, l'agita au hasard, et la carte se brisa et se dissout en brume dans l'air de la salle de classe.

« RON ! », cria Hermione, au bord des larmes. « RON ! Comment – comment tu as pu ? COMMENT TU AS PU ? » C'était comme si elle savait exactement ce que faisaient Sirius et Remus… Et maintenant elle savait qu'ils avaient fait plus que perdre du temps…

Puis il y eut un autre bruit sec, mais il était dû au fait que Hermione venait de gifler Ron, les larmes coulant sur son visage. « JE NE PEUX PAS LE CROIRE ! TU ES TELLEMENT… TELLEMENT… IMMATURE ! »

Sirius se prit la tête entre les mains, l'incrédulité se répandant dans ses veines glacées. Maintenant il leur faudrait encore deux heures avant d'arriver à quelque chose.

La porte claqua, et quand Sirius leva les yeux, il vit que Ron et Hermione avaient quitté la pièce. Remus avait une expression lugubre, et ses yeux étaient plongés dans le vague. « Je savais qu'on n'aurait pas dû… Pourquoi Dumbledore nous l'a demandé… » Il se rassit sur le bureau et regarda Sirius. « On doit utiliser quelque chose de plus rapide. Quelque chose de plus instantané que ce sort de pistage. » Il semblait presque se parler à lui-même, mais en même temps il avait l'air de chercher du réconfort, la certitude qu'ils pouvaient trouver autre chose. Quelque chose de mieux.

« Merde », murmura Sirius, à nouveau la tête entre les mains. « Je suis tellement désolé… »
Remus lança un regard incrédule à son ami. A qui présentait-il des excuses ? « Pourquoi est-ce que tu t'excuses, Padfoot ? »

« C'est entièrement ma faute. » Il leva des yeux vagues et creux. « Si j'avais juste gardé mon putain de calme et que je n'étais pas parti après le rat… »

« Sirius ! Ne recommence pas à te faire tes reproches ! Tu ne pouvais rien faire. » Puis une question qu'il ne s'était jamais occupé de poser lui vint à l'esprit. « Hagrid n'avait pas déjà pris Harry pour l'emmener chez les Dursley ? »

Sirius poussa un gémissement et hocha la tête.

« Tu vois ? Rien n'aurait pu - »

Sirius se leva brusquement, outré. « J'aurais pu être là pour lui ! J'aurais pu lui envoyer des cartes d'anniversaire, et l'emmener en vacances de temps en temps, et il n'aurait pas été tout seul. Il n'aurait pas été enfermé dans une armoire pendant dix ans, Moony ! Merde ! » Il frappa le bureau de son poing.

« J'attends quoi là ? Je dois ramener Harry ! »


Severus Snape savait exactement ce que Dumbledore attendait de lui. Il l'avait déjà fait plusieurs fois. Néanmoins, cette fois-ci, la pression semblait plus haute, et obtenir des précisions rapidement ne serait même pas assez rapidement. Et puis il y avait Black : ce type était aussi stable que pouvait l'être une brindille en pleine tempête. Azkaban avait sûrement pourri son esprit, que quelqu'un d'autre veuille le voir ou non.

En arrivant chez lui, Severus eut la surprise bienvenue – bien que détestable – de voir une chouette voleter devant la fenêtre de son salon : une chouette effraie qui appartenait sans aucun doute à Lucius Malfoy. Severus se hâta de traverser la pièce pour ouvrir la fenêtre et faire entrer la chouette. Une lettre, cachetée de façon très officielle, atterrit sur la table, et la chouette repartit en volant. Snape se dépêcha de briser le sceau très élaboré et ouvrit la lettre. Tous ses soupçons furent confirmés lorsqu'il parcourut des yeux ces quelques mots :

« Severus,

Comme nous en avons discuté, immédiatement.

LM »

Severus essaya de ne pas rire, et poussa à la place un grognement d'incrédulité à l'idée que Lucius puisse penser pouvoir s'en tirer de la sorte. Lucius avait récemment pris le temps de lui rendre visite pour lui expliquer qu'il allait organiser une rencontre, une sorte de cérémonie qui serait couronnée par la présence d'un invité des plus particuliers. Severus se doutait fortement de l'identité de cet « invité des plus particuliers », mais sa présence pouvait garantir que rien n'allait se passer – à moins que personne ne vienne à la rescousse.

Il décida d'envoyer une lettre à Dumbledore. Seulement, il savait que ce dernier n'était pas dans son bureau. Il s'assit donc à la table, griffonna rapidement le lieu, l'heure, et la nature de ses soupçons, puis fit comprendre à sa meilleure chouette de livrer cette lettre dans deux heures. Il doutait profondément que tout se passerait comme prévu, mais cela valait mieux que de ne simplement rien faire du tout.

Puis arriva l'heure de son activité la moins préférée : jouer à se déguiser.

Severus choisit de ne pas porter son masque blanc avant d'avoir apparu, afin que son champ de vision soit légèrement meilleur. Les masques étaient d'horribles choses, vraiment, si vous souhaitiez voir ce que vous faisiez. La plupart des morts de Mangemorts, plaisanta-t-il pour lui-même, étaient probablement dues à des accidents résultant de leur vision périphérique limitée.

Severus apparut sur le terrain plutôt désert d'un orphelinat tombant en ruines. Il était bien trop tôt, mais s'il voulait faire ça correctement, il avait meilleur temps de faire ses rondes dans les environs avant que le reste des détestables idiots débarquent et l'empêchent de faire quoi que ce soit.

Sa première visite des lieux fut fastidieuse, bien qu'elle ne révéla aucun signe d'arrivées précoces, et certainement aucun signe de ce visiteur particulier qu'il s'attendait tellement à trouver là. Le soir tombant rapidement, il décida d'apparaître loin du lieu de rendez-vous pour arriver à nouveau à l'heure convenue. Cela aurait paru extrêmement suspect s'il était arrivé plus tôt qu'il n'était demandé, sa fidélité étant déjà remise en question (des deux côtés, apparemment). Arriver avec tous les autres semblait donc être la meilleure chose à faire.

Deux heures passèrent : la nuit était tombée, et Severus observait le terrain sous le manteau protecteur de la forêt. La rencontre était prévue pour dans quelques minutes.

Il sursaute en entendant soudain le bruit de voix, de cris et de rires venant de l'orphelinat. Il s'avança lentement d'à peine un mètre, ne voulant pas s'exposer accidentellement, et sursauta à nouveau en voyant Malfoy donner un coup de pied à une petite silhouette devant lui. L'obscurité handicapait légèrement sa vision, et il ne pouvait voir précisément qui était cette silhouette. Néanmoins, ressentant une certaine appréhension, il décida que maintenant était un tout aussi bon moment qu'un autre pour se joindre à la réunion. Apparemment, d'autres que lui avaient eu la même idée, car lorsqu'il apparut, il fut rejoint par treize autres Mangemorts qui se resserrèrent autour de lui.

Ce fut à ce moment précis qu'il vit exactement qui avait été invité à cette réunion, et il en sauta pratiquement de joie, constatant qu'il avait eu raison. Comme les sauts de joie étaient toutefois rarement les bienvenus durant la plupart des réunions de Mangemorts, il décida de ne pas le montrer. Il était là, après avoir disparu de la manière la plus inexplicable qui soit. Il était là, le garçon qui avait survécu. Il était là, l'air complètement maltraité, et, par-dessus tout, dérouté.

Les mains attachées derrière le dos, Potter fut violemment poussé contre le sol. D'où Severus se tenait, il avait une vue dégagée sur les cordes qui attachaient le garçon, et, profitant de ce que les Mangemorts gloussaient, il les fit disparaître. Si le garçon avait une chance de s'en aller, Severus ferait tout pour qu'il y parvienne. Cela ferait moins d'ennuis pour lui à la fin.

« DEBOUT ! », cria Malfoy, et Severus fut rappelé à la réalité de la réunion. Les liens avaient disparu, et personne ne semblait l'avoir remarqué, si ce n'est Potter, qui ne semblait pas disposé à le montrer. Typique d'un Gryffondor. Le garçon semblait profondément irrité qu'on lui ordonne de se relever après avoir été poussé si brusquement à terre, mais il s'exécuta. Il se tenait debout depuis moins d'une seconde lorsqu'une autre main le poussa en avant, le faisant arriver au centre des Mangemorts. Mais quelque chose n'allait pas. Au moment de l'impact, Potter ferma les yeux et sembla souffrir d'une sorte de vertige. Severus se coupa du monde extérieur. Il était trop captivé par l'observation du comportement de Potter. Dans toute circonstance normale, le garçon aurait montré une émotion autre qu'un total ébahissement. Il ne semblait absolument pas comprendre ce qui se passait. Mais il semblait en comprendre assez pour savoir qu'il était sur le point d'être tué.

Lucius leva sa baguette, et Severus se tendit. « AVADA KEDAVRA. » Heureusement pour lui, le garçon se baissa. Black n'aurait donc aucune raison de l'étrangler pour l'instant… Encore une fois heureusement pour Potter, le sort toucha un Mangemort, et le garçon se retrouva face à sa seule chance de fuite. Il la saisit sans hésitation. A présent, Severus se retrouvait dans une situation un peu difficile. S'il n'essayait pas de stupéfier le garçon, sa fidélité serait rejetée sans l'ombre d'un doute, et il serait tué sur le champ. Donc il n'eut pas d'autre choix que de lui lancer un sort après l'autre, visant à chaque fois juste à droite, ou juste au-dessus de la tête du garçon. Au moins, cela semblait convaincant, bien que pathétique.

Lorsque le garçon entra dans l'orphelinat, Severus jugea préférable de choisir ce moment pour envoyer son signal. Il suivit Potter, jeta quelques étincelles rouges dans sa direction, puis s'esquiva vers la cheminée la plus proche. Les Mangemorts étaient bien trop occupés à chasser leur proie pour s'inquiéter de la soudaine disparition de Severus, qui put donc conjurer un feu et envoyer une quantité impressionnante d'étincelles rouges. L'intensité même du sort fit trembler l'orphelinat tout entier. Une bouffée verte éclaira les rideaux moisis accrochés aux fenêtres.

Etant donnés les cris à l'extérieur, il était évident que le garçon était toujours indemne. Severus se glissa hors de la maison et apparut au milieu de la foule furieuse des Mangemorts groupés devant l'entrée de la maison.

« Jetez-lui une entrave, et faites-le rapidement », était en train de gronder Lucius à l'attention d'un des Mangemorts. Ils se séparèrent et seuls trois d'entre eux suivirent le garçon. L'un d'eux jeta le sort, et Potter fut envoyé contre le sol, la tête la première. Contre son gré et malgré son horreur du garçon, Severus tressaillit.

Le garçon fut violemment repoussé au centre du cercle formé par les Mangemorts. Lucius n'allait plus se contenter de se moquer de lui cette fois, il allait torturer Potter et ne lui laisser aucun chance.

Bien sûr, le garçon était un maître en matière de fuite. Typique d'un Gryffondor.

« On va réessayer, n'est-ce pas, Potter ? », siffla Lucius, sa colère prenant le dessus. Il leva sa baguette, et des chaînes s'enroulèrent telles des serpents autour des poignets de Potter. Le bâillon suivit.

Severus fit disparaître les deux dès que Lucius détourna les yeux. Tout pour gagner du temps avant que Lucius ne décide de tuer le garçon.

« Je n'aime pas perdre ma soirée à pourchasser des petits enfoirés de votre espèce, Potter », continua Lucius. Severus dut lui donner raison. Poursuivre Potter ne faisait pas partie de sa liste des chose « à faire ».

Potter secoua légèrement la tête, et Severus fronça les sourcils. Le garçon semblait toujours… à côté, à quelque part. Plus qu'il ne l'était d'habitude, c'est-à-dire.

« Vous me supplierez de vous tuer dans peu de temps » Potter avait l'air horrifié. « Oh oui… vous me supplierez. »

Lucius leva les yeux vers le ciel, et Severus suivit son regard. La plein lune. Merde.

« Quoi ? Vous avez oublié ? »

Severus revint à la scène qui se déroulait devant lui. Potter semblait complètement embrouillé, mais soudain il fronça les sourcils.

« Oublié quoi ? », demanda-t-il avec irritation. « Dites-le, et je l'aurais probablement oublié. »

Et alors les choses se mirent en place dans son esprit, et Severus aurait grogné si cela n'avait pas éveillé les soupçons. Le garçon était totalement catatonique (N/T tirée du Lexis : de catatonie syndrome psychomoteur de la schizophrénie, caractérisé notamment par la perte de l'initiative des mouvements, par des conduites stéréotypées et un état de stupeur mental) ! Ou non ?

« Qu'est-ce que c'était censé vouloir dire, Potter ? », répliqua Malfoy. Sa voix ne trahissait pas la confusion que lui-même ressentait face à une telle affirmation.

« Je suis censé vous connaître, c'est ça ? »

Oh non. Et voilà, pensa Severus.

« Hé bien, je ne vous connais pas. »
Merde.

« Vous jouez à quel jeu, Potter ? », murmura Lucius.

Mais il ne joue pas, espèce d'idiot ! eut envie de répliquer Severus. Ce garçon n'a jamais été un aussi bon menteur !

« Si c'était le cas, vous le sauriez. Qu'est-ce que vous racontez au sujet de la lune ? »

Ferme-la, Potter ! N'empire pas les choses !

Il y eut un désagréable bruit sec lorsque Lucius gifla Potter.

« Vous essayez de me contrarier, n'est-ce pas, Potter ? », dit-il d'un ton méprisant.

Ce serait son style, mais ce n'est pas ce qu'il est en train de faire.

« N-non », geignit le garçon. Il fut envoyé sur le sol comme Lucius le giflait une nouvelle fois. Cela ne promettait rien de bon. Est-ce que Dumbledore avait reçu la lettre ? Personne n'avait donc vu les étincelles ? Si c'était le cas, Severus devait faire sortir le garçon d'ici sans se compromettre lui-même : une tâche virtuellement impossible.

Ce qui suivit se passa si rapidement que tout lui sembla flou. Lucius pointa sa baguette vers Harry, et prononça « Endoloris ». Juste comme le garçon commençait à se tordre de douleur, l'aboiement d'un chien retentit, et Severus se remit à respirer sans avoir même remarqué qu'il avait retenu sa respiration.

Black avait bien reçu l'un des deux messages.


Quinze minutes plus tôt.

Sirius faisait les cent pas dans le bureau de Dumbledore depuis des heures, réfléchissant fiévreusement à quelque chose, n'importe quoi, qui pourrait l'aider. Il avait essayé de conjurer le sort de pistage une nouvelle fois, mais sans résultat : il était bien trop anxieux et tremblant.

Remus avait pris un gobelet de potion tue-loup et était rentré chez lui, au grand déplaisir de Sirius.

« Tu ne peux pas partir, Moony ! Tu dois m'aider ! »

« Sirius, je ne serai pas assez humain durant les heures qui viennent pour t'aider. Je suis déjà resté dangereusement longtemps - »

« Et alors ? La potion tue-loup - »

« - ne m'empêche pas de devenir un loup-garou, Sirius. Tu le sais aussi bien que moi. »
Cédant enfin, Sirius s'effondra dans un fauteuil. Luttant contre le mal de tête qui s'installait, il commença à se masser les tempes. Son anxiété était en train de l'entraîner jusqu'au point de non-retour. Il était coincé. Il ne pouvait rien faire.

Un bruit à la fenêtre mit fin à ses pensées moroses. Une chouette fauve battait des ailes pour essayer de rester au même niveau que la fenêtre. Sirius l'ouvrit rapidement et laissa la chouette entrer. Elle lâcha un rouleau de parchemin dans les mains de Sirius puis alla se poser à côté de Fawkes sur le perchoir doré. Au lieu de protester contre cette intrusion, Fawkes laissa gracieusement la chouette boire et se reposer avant de prendre le chemin du retour.

Sirius fixait le parchemin dans sa main, sans savoir quoi faire. Aucun destinataire n'y était inscrit, mais il savait que la lettre devait être pour Dumbledore. Bien sûr, elle pouvait aussi être pour lui, étant donné qu'il se tenait actuellement dans le bureau de ce dernier… Il décida qu'il n'avait qu'à l'ouvrir pour le savoir, ce qu'il fit. Il parcourut fébrilement la lettre des yeux. Snape, ce débile aux cheveux gras, avait repéré Harry ! Ou, du moins, Snape semblait le penser. De toute façon, Sirius avait maintenant un lieu, un lieu où il allait se rendre dès que possible.

Il partit donc en trombe, manquant de foncer la tête la première dans la préfète en chef qui patrouillait dans les couloirs. Il n'avait jamais été aussi heureux d'apercevoir le village de Hogsmeade. A la seconde où il l'atteignit, il disparut avec un bruit sec.
Lorsque Sirius arriva sur la propriété presque dévastée d'un manoir d'apparence assez ancienne, il remarqua immédiatement des cris. Un cercle d'hommes formait un groupe devant le bâtiment, et trois d'entre eux traînaient une figure plus petite à l'intérieur de leur cercle. Sirius savait exactement de qui il s'agissait. Il prit immédiatement sa forme d'Animagus et se cacha, les oreilles aux aguets, derrière un orme non loin de là. Snape était là quelque part, donc Harry n'était pas entièrement en danger. Sirius se gronda lui-même de penser une chose pareille, et lorsqu'un cri de douleur traversa l'air, il ne put se contenir plus longtemps.

Poussant un aboiement, il courut en direction des Mangemorts, qui se séparèrent pour laisser passer sa forme gigantesque.

N/T : Tadada ! Je tiens à rappeler que ce n'est pas moi qui coupe les chapitres, hein ! A ce propos, le prochain chapitre, c'est LE chapitre de cette fic. Cet avis est entièrement personnel, bien sûr, mais en tout cas, moi, il m'a soufflée… Bon, vu que Sirius y joue un grand rôle, c'est pas franchement étonnant, mais quand même. Donc si vous voulez le lire, n'oubliez pas de me laisser une petite review… A bientôt !