N/T : Je me rappelle très bien avoir découvert cette fic lors de mes vacances de février l'année passée. J'étais tellement impressionnée que j'ai immédiatement demandé à Hilarity l'autorisation de la traduire, et que je me suis lancée dans l'aventure dès le semestre suivant. Seize chapitres en une année, c'est pas mal, non ? lol

Je suis contente de voir que certains suivent cette trad depuis le départ, et que d'autres les ont rejoints. Et en passant, merci à Blacky qui n'a jamais failli à son devoir de correctrice ! ;-)

Ah, au fait ! Le prochain chapitre devrait pas trop tarder…

Onarluca : Hein dis ? lol Merci, mes exas se sont assez bien passés !

Thealie : Etait-ce un " non " de dépit ou de résolution ? ;-) Merci d'avoir attendu !

Blacky : Tu sais que t'es horrible avec ce pauvre Harry ? lol

Lily Oasis Black : Ouais… te le fais pas dire ! Sevy… tu sais que c'est une bonne question ça ? Pour pas se faire remarquer ? Un peu bidon comme excuse, hein ? Contente que ce chapitre t'ait plus à toi aussi !

Satya : Elle te plaît ? Ben tant mieux ! Et merci ! Tu vas enfin avoir la réponse à ta question… ;-)

Mystick : traductrice sadique qui se frotte les mains Hein c'est dur de pas savoir la suite ? lol Bon, je vous ai pas souffrir trop longtemps quand même, non ? ;-)

Thamril : Je pense que tu vas pouvoir te rassurer… Merci !

Juliette : Tu sais qu'en lisant ta review, je me demande si j'ai pas interprété le verbe " to cry " ? Aurai-je plaisir à faire pleurer Sirius ? Possible… lol Remus va bientôt débarquer, t'inquiète. Oublie pas que là il est un peu poilu sur les bords… lol

Yumi4 : Hello ! Ben finalement je la mets plus tôt que prévu, la suite ! ;-)

Chapitre 16 : Des efforts apparemment futiles

"The Road goes ever on and on

Down from the door where it began.

Now far ahead the Road has gone,

And I must follow, if I can,

Pursuing it with weary feet,

Until it joins some larger way,

Where many paths and errands meet.

And whither then ? I cannot say."

La chanson de Bilbo dans "La Communauté de l'anneau", de J.R.R. Tolkien

Lorsqu'il fut libéré du sort, Sirius poussa un sauvage cri de panique. Ou plutôt lorsqu'il fut enfin capable de le briser. Enfin capable de se rendre compte de ce qu'il venait de faire. Quelque chose tomba dans ses bras, et il regarda, comme au ralenti, les yeux de Harry commencer à partir en arrière. Le garçon cligna des yeux, les larmes qu'il n'avait pas versées coulant sur ses joues. Sirius avala sa salive, et s'effondra sur le sol, Harry serré contre lui, en sécurité – NON ! Pas en sécurité ! Après tout, il l'avait presque tué ! Il avait presque tué Harry !

Et dans une vague de culpabilité si forte qu'elle faillit le renverser, il se mit à pleurer. Il serrait Harry contre lui, sentant entre ses bras son corps sans réaction. Non… Saisi d'une peur si violente qu'il ne pouvait même pas enregistrer la scène se déroulant autour de lui, il baissa les yeux sur Harry. Il vit les marques rouges encerclant son cou, et tenta d'avaler la boule qui se formait dans sa gorge. C'est lui qui avait fait ça. Il avait blessé le fils unique de James et Lily… Il déglutit péniblement et, hésitant, appuya deux doigts sur le cou du garçon. Rien. Il ne sentait rien…

" Non ", souffla-t-il, le cœur battant à tout rompre.

Autour d'eux, les Mangemorts riaient doucement, savourant ouvertement cet instant précieux, afin de pouvoir le raconter plus tard à leur maître. Afin de lui dire comment Sirius Black, le propre parrain de Harry Potter, l'avait tué…

" Allez, Harry ! ", commanda Sirius d'une voix douce mais déterminée. Il tendit la main au-dessus de la bouche entrouverte de son filleul, et ne sentit rien. A nouveau, la peur le saisit, et il posa la paume de sa main contre la poitrine de Harry. Rien. Alors il ne put plus contrôler. La colère le serrait à la gorge. Il se leva, sentant encore dans sa chair les effets de l'Endoloris, et gronda sourdement.

Les Mangemorts n'étaient pas préparés à ça. Etant donné que Sirius put reprendre sa baguette, échapper au sort mortel, et se débarrasser d'un Mangemort avant que quiconque puisse faire quoi que ce soit, cela paraissait évident.

" IL EST MORT ! ", hurla Sirius, incapable de garder ça pour lui. Il ne croyait pas ce qu'il était en train de dire. Il ne pouvait pas. Il refusait. Son filleul n'était pas mort… Il ne venait pas de tuer son filleul. Non, non… ce n'était pas vrai.

Un éclair de lumière rouge passa au-dessus de l'épaule gauche de Sirius, frappant un Mangemort en pleine poitrine et l'envoyant en arrière avec un bruit sourd. Sirius se retourna brusquement pour voir qui avait jeté le sort, un geste de pure folie, mais, comme il put le constater, sans conséquence grave.

Il y avait deux silhouettes au centre du cercle. L'une était penchée sur la forme immobile de Harry, et l'autre avait sa baguette levée, mais pas sur Sirius.

" Cousin ", salua cette dernière. Sirius regarda autour de lui, dérouté. A qui s'adressait cette personne ? Sa voix, pourtant… Sa voix lui était étrangement familière.

La silhouette baissa sa cagoule, et les Mangemorts reculèrent comme un seul homme. Ce visage, Sirius l'avait vu à deux reprises lors des dix dernières années. Une fois lorsqu'on l'avait enfermée, et l'autre, lorsqu'il avait l'esprit un peu plus clair. Ce qui avait été en grande partie le cas ces huit dernières années, au moins. Mais il avait vécu dans la même maison qu'elle pendant presque quinze ans. Il lui avait jeté des sorts des douzaines de fois. Elle lui avait rendu la pareille deux fois… Enfin, peut-être plus que ça, mais Sirius n'était pas prêt de l'admettre…

Après tout, Bellatrix Black avait été sa cousine la moins préférée. Mais Bellatrix Lestrange était supposée être en train de baver dans une cellule sombre et humide d'Azkaban.

" Toi ! ", croassa Sirius. Bellatrix sourit.

" Oui, Siri, c'est moi. Ta cousine préférée dans le monde entier. N'es-tu pas tout simplement ravi de me voir ? ", dit-elle, sa voix de bébé prenant un ton totalement moqueur, sans plus rien d'enfantin.

" Pas entièrement ", fut tout ce que Sirius fut capable de répondre.

Voilà. Il était mort. Mais cela n'avait aucune importance. Après tout, il avait perdu la personne qui lui importait le plus. Il avait tué la personne qui lui importait le plus.

Ce fut à cet instant, lorsqu'il laissa tomber les yeux sur la personne penchée sur la petite forme de Harry, que Sirius se mit à paniquer. " ELOIGNEZ-VOUS DE LUI ! ", cria-t-il.

Bellatrix eut un rire haut perché. " Oh ? Tu ne veux pas que bébé Harry vive ? "

Malgré la situation, malgré la déclaration énigmatique que Bellatrix venait de faire, malgré tout cela, Sirius ne répondit absolument rien.

Bellatrix rit une nouvelle fois. " Viens voir ce que Rodolphus a fait ! "

Les Mangemorts remuèrent dans leur cercle. Malfoy n'avait pas prononcé un mot durant un laps de temps presque illégal ; pour lui, en tout cas.

Hésitant, et surtout parce qu'il n'avait plus rien à perdre, Sirius avança en tremblant vers la forme couchée dans l'herbe. Rodolphus s'était redressé depuis un moment, et à présent il riait doucement aux côtés de Bellatrix. Sirius lui jeta un regard qui voulait tout dire, puis se porta toute son attention sur Harry. Il tomba à genoux, sentant qu'il ne réussirait pas à rester debout, et souleva prudemment le poignet de Harry, pressant ses doigts contre sa peau humide, attendant le signe.

Et alors il le sentit, et poussa un cri de pur soulagement, mêlé à une intense euphorie. Même si la culpabilité ne l'avait pas quitté. Mais il la mit de côté pendant un court instant, tandis qu'il prenait la forme délicate de son filleul dans ses bras, écartant de ses yeux sa frange couverte de sueur, et redressant ses lunettes rondes fissurées. Il ignora délibérément sa cicatrice, considérant qu'elle avait fait plus qu'assez de mal à son filleul, et que la remarquer ne ferait que lui donner satisfaction. La cicatrice n'était pas importante. Le garçon qui portait la cicatrice était important.

" IMBECILES ! ", cria Bellatrix, faisant sursauter Sirius si violemment qu'il en lâcha presque Harry. " Qu'essayiez-vous d'accomplir ? ", cracha-t-elle.

Le cercle remua une nouvelle fois, et de petits regards de côté furent discrètement lancés entre les membres du groupe.
" De tuer le garçon ? De tuer le garçon, et après ? Vous trouviez amusant d'aller à l'encontre des souhaits de notre maître ? ", continua Bellatrix.

" J'étais simplement - ", commença Malfoy, mais Bellatrix le coupa.

" Vous étiez simplement en train de jouer avec une situation très délicate. NOUS – AVONS – BESOIN - DU GARÇON – VIVANT ! Le Seigneur des Ténèbres l'exige ! Jusqu'à ce qu'il ait ce qu'il désire, il veut le garçon VIVANT ! "


" Bordel, je peux pas croire qu'on est en train de faire ça, Hermione ", cracha Ron, caché sous l'étoffe argentée de la cape d'invisibilité. " C'est quelque chose que je ferais, mais pas toi ! " Il semblait sincèrement déconcerté par ce fait – que Hermione, toute intelligente qu'elle soit, soit effectivement en train d'accomplir quelque chose d'imprudent sans qu'il l'y ait encouragée. Cela ne semblait simplement pas juste.

" Es-tu en train de dire que tu préférerais rester ? ", répliqua Hermione, sachant très bien que Ron ne retournerait jamais en arrière, surtout pas maintenant qu'ils étaient allés si loin, mais ressentant, comme d'habitude, le besoin d'agacer le garçon.

" Quoi ? Non ! ", s'exclama-t-il, trébuchant sur ses lacets défaits tandis qu'il essayait de jeter un coup d'œil au-dessus de l'épaule de la fille devant lui pour voir où ils en étaient. " Mais tu connais le mot de passe pour - "

" Chuuut ! "

Hermione s'était arrêtée, mais Ron ne l'avait pas remarqué. Il lui rentra dedans et s'affala sur le sol. Hermione baissa les yeux vers lui et lui jeta un de ses regards typiques, le plus désapprobateur qu'elle puisse lui offrir. Il eut un mouvement de recul face à ce regard, puis un autre lorsque le pied de Hermione rencontra son côté, dans un geste censé le motiver à se relever. Et rapidement.

" Debout ! Allez, debout ! ", murmura-t-elle en lui tendant la main pour qu'il puisse se remettre sur ses pieds et se dissimuler sous la cape. Il s'exécuta sans protester, parce que la porte du bureau de Dumbledore venait de s'ouvrir, et que Hermione tentait de la retenir avant qu'elle se referme à nouveau.

La personne qui quittait le bureau, un professeur que ni Hermione ni Ron ne connaissait, marchait rapidement. Avant que la porte ne soit à 1 cm de son embrasure, Hermione réussit à se précipiter devant elle et à glisser tant bien que mal son pied dans l'ouverture. La cape glissa de ses épaules, mais cela importait peu.

Ron, se débarrassant de la cape, ébouriffant dans la manœuvre encore un peu plus ses cheveux roux déjà en bataille, se glissa derrière Hermione et retint la porte. " Quand je dirai trois, ouvre-la. Tu occupes Dumbledore, et moi je cherche le portauloin. " Ron hocha la tête, l'ai légèrement perturbé, mais réalisant qu'il était inutile de discuter maintenant.

" Bon, alors… Un, deux, trois ! " Et comme prévu, Ron ouvrit la porte (ce qui n'était pas une mince affaire), et ils se glissèrent à l'intérieur.


Il était maintenant six heures du matin,constata Remus avec un grognement. Il n'avait dormi que deux heures, même avec l'aide de la potion, et sentait à présent son âge le rattraper. Ce qui était douloureux. Avec un autre grognement, il se leva et se massa le front, regardant autour de lui à la recherche d'un manteau, afin de pouvoir se rendre dans le bureau de Dumbledore avant huit heures. Ce serait l'heure à laquelle Dumbledore recevrait une alerte, et Remus devait y être : il se devait d'y être.

Toutefois, après avoir passé cinq minutes à simplement chercher son manteau et à aplatir ses cheveux décoiffés, il découvrit quelque chose de très étrange. De très étrange et de très inquiétant. La porte du bureau de Dumbledore était entrouverte. Et le plus inquiétant, comme il le constata une fois qu'il fut entré dans le bureau circulaire, était que Dumbledore ne s'y trouvait même pas. Personne ne s'y trouvait.

Remus était entièrement pris au piège, semblait-il. Pris au piège d'une sorte de cauchemar. Pourquoi est-ce que Dumbledore serait parti deux heures plus tôt que prévu ? Et parti sans lui ? Une boîte retournée gisant sur le tapis ne fut pas suffisante pour captiver l'attention de Remus, et il s'enfuit du bureau sans un regard en arrière. La route en direction du nord serait difficile, mais il l'affronterait pour deux personnes qui avaient désespérément besoin de lui.

Le Magicobus était un moyen de transport peu conseillé pour arriver discrètement dans une ville moldue très connue, et Remus le savait. Donc il le prit jusqu'à la ville la plus proche. Il en sortit pour pénétrer dans un matin plutôt frisquet et gris. Le brouillard avait recouvert une grande partie de la campagne, ce qui était décidément gênant pour ce que –

Attendez.

Remus plissa les yeux en direction de deux silhouettes floues qui se découpaient près d'une autre forme floue, qu'il imaginait être celle d'un arbre.

Sa baguette à la main, il s'enfonça dans le brouillard, balayant aveuglement l'air devant lui comme si la brume était quelque chose de solide qu'il pouvait simplement écarter de son chemin. Le sol sous ses pieds était passablement marécageux, et il se retrouva plusieurs fois à glisser sur de dangereuses flaques de boue. La flaque la plus profonde lui extorqua quelques jurons, et ce fut à ce moment que les deux ombres l'entendirent.

" Ron ! ", entendit Remus s'exclamer l'une des deux formes très, très distinctement. Il haussa un sourcil et sourit presque de soulagement. Ses aptitudes au duel n'allaient probablement pas être mises à contribution.

" Hermione ? ", se risqua-t-il à appeler dans le brouillard. Il n'y eut aucune réponse de la part d'aucune des deux silhouettes. Remus fronça les sourcils. " Ron ? Hermione ? " Toujours aucune réponse. Il arrêta de marcher lorsque les formes furent à peine à 3 mètres devant lui. Aucune d'elle ne bougeait. Il appela une nouvelle fois, mais cette fois, les deux silhouettes plongèrent.

Sur lui.

Et elles étaient très distinctement tout autre que celles de Ron et Hermione.


Hermione et Ron se tenaient aux abords d'une région très boisée, non loin d'un village apparemment moldu. Ron avait sympathisé avec plusieurs moutons. Depuis combien de temps étaient-ils là ? Cela devait faire au moins deux heures, et ils avaient tous deux passablement froid, trempés par la rosée du matin évidemment destinée à l'herbe sur laquelle ils se tenaient.

" On va rester ici encore longtemps, Hermione ? J'ai froid ! ", gémit Ron, remuant dans ses baskets usées, les mains enfoncées dans les poches de son jeans pour essayer de se réchauffer. Ce qui ne se révélait pas concluant.

" D'accord. On va passer par les bois, alors ", décida Hermione. Ron fit un bruit étranglé, et commença à protester, mais Hermione s'était déjà avancée dans les buissons. Il entendit murmurer un " lumos ! " quelques secondes plus tard (se demandant brièvement s'ils allaient s'attirer des ennuis en faisant de la magie ici, au pays des moutons), et rattrapa rapidement son amie.

Ce fut une longue, longue marche jusqu'à l'autre bout de la forêt. Ron pensa voir des araignées à plusieurs reprises, et, de peur, faillit se retrouver dans les bras de Hermione, quoiqu'il n'aurait pas voulu l'admettre. Pas une seule araignées n'avait été aperçue par Hermione, c'était donc évidemment lui qui avait un problème.

" Araignée… ", murmura-t-il avec un petit gémissement. " On ne peut pas retourner en arrière ? "

" Non ! Regarde ! On y est presque. Je vois une lumière. Allez, viens ! "

Ron donna mentalement un coup de pied à la lumière.

Quelques secondes plus tard, Hermione était sortie de la forêt et se tenait sur une route poussiéreuse qui séparait un manoir des bois. Un manoir et tout une foule de gens dans la cour de ce dernier.

Hermione en eut le souffle coupé.

" Regarde ! Ron, oh, Ron ! On les a trouvés, j'en suis sûre ! Oh Ron ! " Elle était déjà au bord de la crise de nerfs, ce qui s'annonçait mal pour le reste de la nuit. Ou peut-être que c'était le matin maintenant. Une teinte rosée du côté de l'est semblait effectivement soutenir la théorie de l'aube.

" Qu'est-ce que tu en penses ? ", souffla Ron en se glissant derrière elle et en plissant les yeux à travers l'obscurité pour avoir un meilleur aperçu des gens. Ou des ombres. Ou de quoi que ce soit qu'ils étaient.

" Je suis sûre que – Chuuut ! "

Il y eut des hurlements. Beaucoup de hurlements. Une dispute de proportion épique, bien que les seuls mots que les deux Gryffondors furent capables de comprendre étaient " FOU " , " IMBECILE " , et " A CAUSE DE VOUS ". Ce qui soulevait plus de questions que de réponses.

" Viens ", souffla Hermione. Et ils se mirent à traverser discrètement la route.


Sirius réussit à ignorer la plus grande partie de la dispute opposant Lucius à Bellatrix. Ce n'était franchement pas la première fois que tous deux se disputaient (il pouvait se rappeler de nombreux exemples, lorsque Narcissa essayait de séduire Lucius). En ce moment, son énergie était focalisée sur le garçon qu'il tenait dans ses bras. Son filleul. Son filleul, dont la respiration était si faible qu'il ne la sentait que s'il le tenait tout contre son épaule. Son filleul, qu'il avait failli tuer.

Quelle sorte de parrain était-il donc ?

Une douleur fulgurante lui remonta le dos, et, avec un jappement, Sirius manqua lâcher Harry et sauter sur ses pieds. Néanmoins, il ne le fit pas. Au lieu de cela, il se tapit encore plus bas sur la forme étendue, s'assurant que rien ne l'atteindrait plus.

" Debout ! " C'était Bellatrix, dans toute sa splendeur sauvage et maniaque. " Debout ! ", cria-t-elle une nouvelle fois, et une nouvelle vague de douleur lui traversa le dos.

Alors il se leva, déposant lentement Harry à terre, se plaçant devant lui pour le protéger. " Tu voulais jouer, Bella ? ", demanda-t-il d'un ton froid et acerbe, les doigts le démangeant par manque de baguette. Même si, au fond de lui, il savait qu'il n'aurait pas du se battre en duel dans son état, son habituelle stratégie qui consistait à " penser sans utiliser son cerveau " s'était remise en route.

Les secondes qui suivirent s'enchaînèrent si rapidement qu'il aurait été difficile de comprendre exactement ce qui s'était passé.

Tout ce qui put être établi fut que Bellatrix se mit à rire un peu près au moment où Harry poussa un léger gémissement, ce qui correspondait exactement à l'instant auquel deux hurlements et éclairs de lumière rouge purent être perçus environ au niveau de Lucius dans le cercle des Mangemorts. Moins d'une seconde après cette explosion chaotique, un bruit semblable au claquement d'un fouet se fit entendre à une autre extrémité du cercle, accompagnés de quelques cris étranglés et rageurs.

Soudain, Sirius se retrouva avec sa baguette à la main, ce qui constitua le pinacle de tout ce moment de folie.


Dumbledore s'était trouvé dans la bibliothèque exactement de 6h04 à 7h11 du matin, mais avait laissé les portes de son bureau ouvertes, sachant que Remus y arriverait quelque part entre 6h et 7h59. Ce qu'il ne savait pas, toutefois, c'est que Remus s'était trouvé dans son bureau à exactement 6h23, mais qu'il l'avait quitté peu de temps après.

Ce que Dumbledore savait, c'est que Remus n'y était pas quand il y revint, et qu'il n'était toujours pas arrivé lorsque sa montre passa de 7h59 à 8h00. Ce fut à ce moment qu'il commença à s'inquiéter, même s'il n'aurait pas voulu que quiconque s'en aperçoive. Remus était manifestement venu ici, mais à présent il était reparti.

Se rendre par poudre de cheminette dans la minuscule petite maison qu'habitait Remus n'était pas compliqué. Des livres étaient empilés avec soin sur une table du salon. Dans le bureau, normalement gardé par une porte fermée, brûlait un petit feu de cheminée et se tenait un lit. Lit qu'un grand chien aurait trouvé tout à fait confortable pour dormir. D'ailleurs, les poils de chien qu'on pouvait y voir le prouvaient bien.

Remus n'était donc pas chez lui. Dumbledore reprit rapidement le chemin de son bureau, où il fit venir Minerva McGonagall afin de lui donner des instructions pour le cas où quelqu'un se montrerait soudainement. Il informa également Madame Pomfrey qu'elle risquait d'avoir en urgence des patients nécessitant ses soins avant qu'ils puissent être transférés à Ste Mangouste. Pomfrey hocha la tête, McGonagall acquiesça, et Dumbledore quitta son bureau à exactement 8h34, 34 minutes après l'heure, et 34 minutes trop tard.