Chapitre 05. Le rubis d'Osaka

Le flingue de ce type était braqué sur moi…Et je ne pouvais rien y faire. De toutes façons, il ne m'aurait pas laissé m'en aller, même si j'en avais eu envie. Je ne pouvais plus reculer à présent, c'était la dernière ligne droite. Mais là, ce n'était pas comme d'habitude, je risquait d'y laisser ma peau… Bien évidemment, je n'était pas venu seul : la police ne devrait pas tarder maintenant, enfin j'espère. Peut-être n'avaient-ils pas crus à mon histoire : j'avais beau être le fils de l'inspecteur de police d'Osaka, pour eux j'était quand même un gamin. Ces types bizarres, habillés de noir, avec des noms d'alcool en plus… Il n'y avait pas d'erreur possible, c'était bien eux.

Le grand type me regardait. S'il croyait que j'allais m'en aller, il faisait une grosse erreur ! Cependant, il me fallait un plan, et je dois dire que n'importe quelle idée aurait été la bien venue… Il ne me laissa pas l'occasion d'y réfléchir :

« Le décompte est terminé…Tant pis pour toi !

-Attends Gin…

-? Qu'y a-t-il encore ?!

-J'ai une question à poser au gamin. » Répondit Vermouth.

Je me mis à réfléchir à toute allure. Apparemment, cette femme m'offrait une belle occasion de gagner du temps. Et justement, le temps c'était exactement ce qu'il me manquait, pour imaginer un plan efficace :

« Eh bien allez-y ! Je vous écoute…

- Comment connais-tu l'existence de ceci ? demanda-t-elle en désignant le paquet.

- … Il a été volé à la bijouterie la plus importante d'Osaka. Ce bijou a fait la une des journaux pendant des semaines. Il m'aurait été difficile de passer à côté. » Répondis-je après une légère hésitation : il n'est jamais bon de donner des informations à ses adversaires, surtout dans une situation comme celle-ci. Mais après tout, je n'avais pas vraiment le choix…

« Je vois… Et pourquoi veux-tu la récupérer ? Ceci ne te concerne pas, que je sache. Déclara Vermouth.

- Si, justement.

- Bon… Donne-moi ça Gin. Si tu dois le tuer, il devrait au moins voir ce pourquoi il meurt, non ? déclara Vermouth avec un sourire malsain.

- Si ça t'amuse… »

Vermouth pris donc le paquet et en sorti une petite boîte rouge. Elle l'ouvrit et la dirigea vers Heiji :

« Tiens, voici ce pourquoi tu vas mourir, détective. C'est drôle, mais tu m'en rappelles un autre, aussi obstiné que toi…

-Voyez-vous ça… »répondis-je.

Une émeraude rouge sang brilla à l'intérieur. C'était bien elle, je ne m'étais pas trompé… Sans hésiter, je bondit en avant et attrape la pierre dans ma main. Ca ne l'abîmerait pas, pas de risques là-dessus.

Apparemment, Gin s'y attendait un peu, car il pointa son revolver sur moi. Et il tira. J'avais l'impression bizarre que la balle avait ralentie et qu'elle mis des heures à arriver. Par réflexe uniquement, je me jetais sur le côté. Le temps repris son cours normal et la balle m'atteignit à l'épaule gauche, répandant une traînée rouge sur celle-ci. Comment avait-il bien pu me rater, c'était la question que je me posais. En tout cas, j'entendis des bruits de pas à quelques rues d'ici et des échos de voix :

« Il y a eu un coup de feu ?! Dépêchez-vous un peu bon sang ! »

Je souris. Ils arrivaient enfin : ce n'était pas trop tôt ! Par contre, les deux hommes en noir n'avaient pas l'air très contents.

« Bon, apparemment tu as appelé tes amis…Sale détective ! pesta Gin. Je crois que je devrait me débarrasser de toi avait de partir.

- De toutes façons, maintenant, un coup de feu de plus ou de moins…approuva Vermouth.

Et il tira donc une seconde fois. Moi, je serrais le rubis dans mon poing et la balle se ralentit à nouveau. Franchement, je me suis mis à croire aux miracles en cet instant… J'esquivais donc le coup qui alla se perdre à traverser une poubelle. Peut-être était-ce mon imagination, mais en cet instant, j'ai cru entendre un gémissement de douleur étouffé. En tout cas, sous l'effet de la surprise, je lâchais le bijou qui allait rouler par-terre.

Les hommes en noir jetèrent un dernier regard derrière eux et partirent en courant. Quelques instant après, la police devait arriver. Est-ce que je devrais plutôt partir ou rester ici et chercher l'émeraude ? Je n'eu pas vraiment le temps de réfléchir à la question car un policier apparu au tournant du mur et demanda :

« Heiji ? Tu es là ! Nous t'avons cherché partout… C'était Takahiro, un ancien agent d'Osaka ayant déménagé à Tokyo. Je le voyais encore de temps en temps car mon père et lui s'entendaient bien.

Il jeta un œil à mon épaule : Tu es blessé en plus ?! Et où sont passés les autres ? …. Bon, viens, on va soigner ça. »

Et sans me laisser le temps de protester, il me pris pas l'épaule (la droite, pas la gauche) et avec l'aide de ses collèges, m'emmena au commissariat où je répondit à quelques questions avant qu'on me dise que je pouvais rentrer à Osaka, à condition de faire attention à ne pas suivre n'importe qui cette fois. Avant cela, toutefois, je suis retourné dans cette petite ruelle de Shibuya pour y récupérer le bijou…Disparu ! Par contre, on pouvait y voir quelques taches de sang qui partaient de derrière la poubelle, du sang qui n'était pas le mien…Etrange…