Chapitre 11. Duel (2nd partie – Le Saphir de Phinée)
« C'est plutôt toi qui t'es fait avoir… ! »
Je dois dire que le Saphir de Phinée m'avait été bien utile. Quand je l'avais récupéré, juste après avoir coupé le courant et m'être débarrassé de mon déguisement de policier, j'avais vraiment cru qu'elle était Pandora, cette source d'immortalité que je recherche… Un rapide examen en transparence sous la lumière de la lune m'a appris que ce n'était pas le cas…Pourtant, comment ce faisait-il que tout à l'heure… ?
Au moment où j'avais attrapé le Saphir et commencé à courir, j'avais eu une sorte de flash. Bizarrement, je n'avais pas la sensation de m'être arrêté de courir, mais plutôt que tout autour de moi s'était subitement immobilisé. Phinée était devenu subitement tellement lumineux qu'il illuminait à présent la pièce, découvrant une vingtaine de policiers. J'ai cru qu'ils allaient tous se jeter sur moi, dans l'espoir de m'attraper, mais, bizarrement ils étaient 'arrêtés', eux aussi… Même le gamin qui avait commencé à courir derrière moi ne bougeait plus, pourtant j'étais juste sous son nez…Bizarre…Alors que je me faisais cette réflexion, une sorte de film à alors commencé à tourner dans ma tête…Comme un observateur extérieur, je me voyais remonter les escaliers, puis disparaître de mon champ de vision…Je voyais comme en plein jour, alors que je courant était pourtant coupé. Le gamin, qui courait derrière moi, s'arrêtait alors et, attrapant un stylo dans sa poche, traçait une flèche sur le mur pour indiquer les escaliers, avant de partir à nouveau à ma poursuite. Tout se passait ensuite très vite, comme une cassette en accéléré : je me voyais arrivé en haut, encerclé par des hélicoptères, avec l'impossibilité de fuir… Juste après cela, tout redevenait normal : la lumière qui sortait du Saphir s'atténuait et le temps reprenait ses droits, revenant dans le présent. J'avais juste le temps de reprendre les esprits et de recommencer à courir, prenant des mesures pour que ce que j'avais vu ne se produise pas…
Je comprenais à présent : si Pandora devait donner l'immortalité, Phinée apportait la vision du futur ! C'était cela que j'avais vu, mon futur, ce qui devait m'arriver si je ne réagissais pas… Mais, malheureusement pour eux, j'avais vu ce qui allait se produire…
Une voix surgie de derrière les hélicoptères :
« Vous croyez vraiment m'avoir comme ça ? Vous m'avez tous sous-estimé, on dirait… »
Je contemplais à présent ma propre réplique, ou plutôt un pantin envoyé par Jii…
Pendant que je montais les escaliers, j'avais eu le temps de l'appeler pour lui expliquer… A présent que tout le monde se focalisait sur lui, je n'avais plus qu'à profiter de cela pour m'échapper. Qu'il y ai des hélicoptères ou non ne changeait rien, ils étaient tous tournés vers mon double à présent.
Je m'approchait donc rapidement du vide et sautait. Je passait sans problèmes sous les hélicoptères sans que personne n'ai régit, tous regardant mon double. Il fallut d'ailleurs du temps à Conan Edogawa pour s'apercevoir que j'avais sauté, juste le temps pour moi de déployer mes 'ailes' afin de m'envoler. Le temps que le petit détective coure jusqu'au bord du toit et je m'éloignais déjà en deltaplane. La partie était gagnée…
Ce que je ne savais pas…La seule erreur de calcul se trouvait là. Depuis mes débuts en tant que Kaito Kid, depuis que j'avais pris le costume de mon père pour savoir qui l'avait assassiné, la police et l'inspecteur Nakamori n'avaient jamais constitués pour moi un véritable obstacle. Bien sûr, mes vols auraient étés beaucoup plus faciles sans eux, mais ils ne m'avaient jamais réellement empêchés de parvenir à mes fins. Ils avaient des pistolets, des hélicoptères et beaucoup d'autres moyens à leur disposition, pourtant, j'y arrivais toujours… Le fait qu'ils veuillent me capturer vivant et non se débarrasser de moi avait sans doute aussi énormément joué, ils auraient bien pu me tirer dessus au moment où je m'envolais, ils auraient ainsi gagné la partie, mais ils ne l'avaient jamais fait. J'en étais ainsi arrivé à penser que leurs armes à feu ne constituaient pas vraiment un problème, sachant qu'ils ne s'en étaient jamais servi, et ne s'en serviraient probablement jamais…Je dois l'admettre, je n'avais pas tord, mais pas entièrement raison non plus.
Dans la foule agglutinée en bas du musée, il y avait bien sûr des policiers, mais aussi des hommes engagés par le propriétaire de Phinée, Satori, des hommes prêts à tout pour protéger la pierre et ainsi mériter leur salaire, des hommes armés que je n'avais pas pris en compte dans mon calcul…
Tout se passa en une fraction de seconde : l'un de ces 'gardes du corps de Phinée' pointa son arme dans ma direction et tira. Deux fois. Comme dans un rêve, les deux balles arrivèrent et vinrent se loger dans ma main et mon épaule. La première me fit d'ailleurs lâcher le Saphir de Phinée. J'entendis des cris en dessous de moi, mais ils me paraissaient tellement lointains…La seule chose sur laquelle je me focalisais vraiment, c'était la douleur fulgurante qui était en train de traverser ma main et mon épaule gauche. Ne contrôlant plus mon deltaplane, je me mis à chuter, dérivant de plus en plus vers les autres bâtiments qui entouraient le musée. Je tombais, je tombais, mais le pire, c'est que je ne m'en apercevais même pas : je n'étais pas évanouit, mais c'était tout comme…
A présent, j'avais chuté entre deux immeubles à moitiés en ruine entre lesquels pendouillait un fil à linge. Mon deltaplane s'engouffra entre les bâtiments, éraflant les murs au passage. Finalement, mes 'ailes' restèrent accrochées à la corde à linge tandis que moi j'atterrissais dans un drap qui séchait. Ce dernier ne tenu d'ailleurs pas bien longtemps ce qui me valu d'aller m'écraser par terre, au milieu d'une ruelle sombre. Je ne savais plus trop où j'était et j'avais du mal à garder connaissance… J'était parfaitement conscient que, si la police ou quelqu'un d'autre me retrouvait, je me réveillerais en prison, et c'était bien pour ça que je luttais pour rester en vie. Malheureusement, j'était à deux doigts de m'évanouir.
« Qu'est-ce que je dois faire, dans ce cas là… ? Si on m'attrape, je ne retrouverais jamais Pandora, mon père sera mort pour rien… ! »
Dans un semblant de courage, j'essayais de me relever, et finit, après plusieurs essais, à m'appuyer contre le mur. Mon costume blanc était à présent écarlate, et ma vue commençait à se brouiller.
« Impossible… Je ne peux pas perdre comme ça… ?! Et Aoko alors ?! Qu'est-ce que je vais lui dire… ? Qu'est-ce qu'elle va dire, quand elle va connaître la vérité ?… C'est pas possible… »
Je m'effondrais à nouveau, sans essayer de me relever. Tout était devenu flou autour de moi, et ma tête tournait à n'en plus finir…
« C'est pas vrai…Merde… »
Finalement, les ténèbres englobèrent tout ce qui ce trouvait dans mon champ de vision ; je m'évanouit…
