Let me be
Auteur : Sahad.
Note : réponse aux reviews !
Onarluca : Merci du compliment, ça m'a fait très plaisir ! Espérons que la suite de ma fic soit à la hauteur !
Lyskhat : Effectivement, le coup du bain était zarb... Oups. Mais bon... Merci d'avoir été compréhensive pour la période de bac, surtout que j'ai pas beaucoup posté pendant l'année... Vraiment désolée !
Smirnoff : Voici la suite à déguster ! Lol ! J'espère qu'elle sera à ton goût !
Gabrielle : Merci Gaboutch ! Un chapitre pour te remercier de l'encouragement ! Même si je suis un peu en retard !
Seilin : Lol ! Merci de tous ces compliments ! Ririn ne devrait pas tarder à apparaître même si ce n'est pas pour ce chapitre-ci. J'espère être à la hauteur de tes espérances !
Léti : Un passage sur Gojô justement ! En espérant qu'il te plaira !
Karasu999 : Ton chéri apparaît et réapparaîtra ! Je te rassure !
Jenni944 : Voilà la suite !
Flojiro : Merci pour la précision au sujet des yeux de Kôkô ! Et honte à Môa ! Promis je vais régler ça !
The-Koruni : Heu... Je tiens à préciser que cette fanfic est de la pure fiction, je n'ai aucune idée de ce que peut être le monde carcéral... Je me base juste sur mes lectures et mon imagination, si tu veux en savoir plus, il faudra te documenter, désolée...
Dstine : Merci ma Dstinounette de suivre mon travail avec tant d'intérêt ! Gros câlin !
Andromède : Je n'arrête pas cette fic, rassure-toi ! Lol ! C'est juste que j'étais en période de bac et un peu feignasse sur les bords, je l'avoue ! Voici donc la suite tant désirée !
Bonne lecture, les gens !
Chapitre 3 :
La sonnerie de midi avait retentit. Les ''pensionnaires'' se rendirent dans le self où ils pourraient se restaurer. Kôgaiji et Gokû parvinrent tant bien que mal à se frayer un chemin dans cette queue de self qui était tout sauf réglementaire : les menaces et les insultes allaient bon train. Lorsqu'ils arrivèrent enfin à avoir un plateau-repas et à accéder à la cantine, Gojô leur adressa un signe de la main : il se trouvait à une table vide et attendait vraisemblablement qu'ils se joignent à lui.
« Content de vous revoir en un seul morceau. » sourit-il. « Nataku ne devrait pas tarder, installez-vous... »
Les deux garçons acceptèrent et s'assirent à sa table. Il y avait un joyeux brouhaha dans le réfectoire. Kôgaiji s'autorisa à lancer quelques coups d'œil par-ci par-là, ce furent les paroles de leur ami qui le ramena à lui :
« Tu te dis que ça ressemble pas à une prison, hein ? » Gojô porta lui aussi son regard sur les autres et un triste sourire se dessina sur ses lèvres. « On dirait plus un bahut qu'autre chose... »
« Je ne sais pas... » répondit le rouquin. « Je n'ai jamais mis les pieds dans une école. »
« Jamais ? » répéta Gojô.
« Nan, jamais. »
Gokû avait déjà commencé à manger et les deux autres garçons ne tardèrent pas à l'imiter. Au bout de quelques minutes, quelque chose perturba Kôgaiji, mais il ne parvint d'abord pas à en déterminer la cause. Puis tout à coup, il comprit : un étrange silence s'était installé du côté de la queue ; il se retourna.
« Nataku arrive. » le prévint simplement Gojô en continuant à manger.
Dans la foule qui s'écartait, un jeune garçon s'extirpa. Ce qui frappa Kôgaiji alors ce ne furent ni ses yeux or, ni ses cheveux couleur d'ébène noués en une espèce de chignon retenu par des baguettes ou même son apparence mince et fragile, non : ce qui l'étonna le plus, ce fut de voir un jeune garçon qui ne devait pas avoir plus de 14 ans. Ce dernier les remarqua et alla vers leur table, plateau en main ; il salua les deux nouveaux d'un signe de tête et s'assit près de son ami. Gokû le salua joyeusement :
« Bonjour ! »
Nataku le considéra quelques instants avant de refaire un signe de tête en guise de toute réponse. Le petit brun s'en étonna et Gojô crût bon de préciser certaines choses :
« Il ne te répondra pas : Nataku ne parle pas. »
« Ah bon ? » un voile d'inquiétude se peignit sur le visage de Gokû. « Pardon, je ne savais pas... »
Le jeune garçon aux cheveux noir secoua la tête en lui adressant un sourire, signe qu'il n'avait pas à s'excuser, puis il leva les yeux vers Gojô, lui lançant un regard interrogateur. Celui-ci répondit :
« Nataku, je te présente Kogaiji et Gokû... Ils vont traîner un peu avec nous désormais. »
« Enchanté ! » s'exclama aussitôt le petit brun.
Les yeux or de Nataku se posèrent finalement sur Kôgaiji, il le dévisagea quelques instants avant de se décider à entamer son repas. Le rouquin regarda tour à tour Nataku et Gojô : ils semblaient ne pas avoir besoin de mots pour se comprendre, ou plutôt Nataku n'avait-il pas besoin de parler pour que Gojô le comprenne. C'était quelque chose d'assez singulier à regarder. Remarquant son regard plutôt insistant, Gojô finit par sourire :
« T'inquiète, tu t'y feras ! C'est pas difficile de le comprendre, il faut seulement s'y habituer. Mais d'ici là, il peut toujours écrire s'il veut que tu le comprennes parfaitement. »
Nataku acquiesça d'un signe de tête, l'idée ne lui semblait pas stupide et plutôt pratique, mais le visage de Kôgaiji l'intrigua : celui-ci ne semblait pas spécialement ravi de cette idée. Le jeune garçon aux cheveux noirs se tourna vers Gojô en secouant doucement sa manche pour attirer son attention, ce dernier le considéra un moment avant de se tourner vers Kôgaiji :
« Ah mais... Tu m'as bien dis que t'avais jamais mis les pieds dans une école... ? »
« C'est ça... » acquiesça l'intéressé en se doutant d'où il voulait en venir. « Je crois que je ne comprendrait pas mieux Nataku s'il écrivait... »
« Mais moi, je sais un peu lire... » intervint Gokû. « Je pourrais lire pour toi, si tu veux. »
« Merci... » sourit Kôgaiji en lui ébouriffant affectueusement les cheveux. « Dis, Gokû, j'ai soif, tu voudrais bien aller nous chercher de l'eau ? »
« Tout de suite ! »
Le petit brun se leva et alla à la fontaine avec le pichet. Kôgaiji reporta son attention sur leurs deux amis qui le regardaient, conscients qu'il avait voulu éloigner le jeune garçon quelques minutes.
« Gokû... N'a pas toujours été comme ça... » commença-t-il. « Suite à un choc psychologique, il a gardé sa mentalité de huit ans... »
Gojô écarquilla les yeux puis lança un coup d'œil vers le jeune brun, il finit par accuser la réception de l'information d'un signe de tête et poursuivit :
« Ça explique certaines choses... »
« Je... C'est de ma faute... S'il est comme ça... » ajouta Kôgaiji.
A la vue de la tristesse qui avait prit possession de son visage, Nataku secoua doucement le bras de Gojô, lui lançant un regard mi-inquiet mi-implorant. L'intéressé l'observa quelques secondes avant de lâcher un bref soupir :
« Avant, j'allais au bahut... » commença-t-il. « Je suis venu ici parce que je suis accusé de meurtre. »
Kôgaiji leva les yeux vers lui, surpris d'apprendre ça. Son silence incita Gojô à continuer son récit :
« Ma mère était prof dans ce bahut. Elle et mon père ne s'entendaient plus et s'étaient déjà séparés à l'époque... Pour une raison que j'ignore, elle ne m'aimait pas du tout. Comme on n'avait pas le même nom, personne n'a fait le rapprochement et je me suis retrouvé dans une de ses classes... »
Le regard de Gojô s'était perdu dans le vague alors qu'il parlait, les souvenirs revenaient dans son esprit, aussi clairs que si ça s'était passé une heure plus tôt. Nataku posa doucement sa main pâle sur le bras bronzé du rouquin qui inspira profondément avant de poursuivre :
« Au début, on faisait comme si on ne se connaissait pas, on s'ignorait magistralement. Puis un jour, elle a pété un câble parce que j'avais dit une connerie. Mais son comportement était dingue pour une si petite connerie, je suis sûr qu'elle aurait réagit autrement si ça avait été un autre, mais parce que c'était moi, elle s'est mise à hurler en me traitant d'imbécile. Elle disait que j'étais bien le fils de mon père et elle m'a frappé. » il marqua une courte pause, comme si sa peau lui faisait encore mal, il porta la main à sa tête. « Je lui disais de se calmer, elle ne voulait rien entendre. Je l'ai poussée en essayant de me protéger... La fenêtre était grande ouverte... On était au troisième... »
Kôgaiji en eût le souffle coupé. Certains survivaient à de telles chutes, mais Gojô n'avait pas été accusé de meurtre pour rien. Nataku secouait toujours le bras de Gojô en lui lançant un regard inquiet, le rouquin finit par lui passer affectueusement une main sur la tête :
« Ça va, Nataku. Ne t'en fais pas. »
« Désolé d'avoir ramené de vieux souvenirs... » s'excusa Kôgaiji.
« C'est rien... » lâcha Gojô. « Il faut parler de certaines choses pour ne jamais les oublier. Et puis, je peux bien te révéler ça... »
« Voilà l'eau ! » le pichet retrouva sa place sur la table et Gokû sur sa chaise.
« Merci Gokû. » souffla Kôgaiji.
Ils poursuivirent leur repas en silence.
/..././1/
Sanzô soupira, soufflant un nuage de fumée, accoudé à la rambarde d'un étage, il pouvait ainsi dominer la cour. Les adolescents étaient tous au réfectoire et ce n'était pas à lui de les surveiller, il pouvait donc profiter du peu de temps libre qu'il avait. Ses yeux se baladaient le longs des murs gris, dépourvus de tout. Il porta à nouveau sa cigarette à ses lèvres, perdu dans ses pensées. Des pas attirèrent vaguement son attention jusqu'à ce qu'une silhouette apparaisse dans son champ de vision à côté de lui, s'accoudant elle aussi à la rambarde ; il tourna la tête et fit face au brun :
« Dokugakuji... »
« Sanzô... » le salua ce dernier. « Ça va comme tu veux ? »
« J'ai pas à me plaindre. » répondit le blond.
« Mais quelque chose te tracasse... » murmura le brun.
« Hein ? » Sanzô le considérait avec de grands yeux, surpris.
« Je te connais bien, Sanzô. » sourit Dokugakuji. « Alors ? C'est le petit nouveau qui te turlupine ? »
N'obtenant aucune réponse, il considéra ce silence comme un ''oui'' à sa question et poursuivit, tout en regardant vaguement les quelques adolescents qui traversaient la cour à ce moment-là :
« Kôgaiji... Un sacré môme... Tu sais à qui il me fait penser ? »
« Non, mais tu vas me le dire. » grimaça Sanzô en s'allumant une autre cigarette.
« A toi. Au même âge... »
Le blond manqua de s'étouffer avec sa bouffée de nicotine. Il parvint néanmoins à calmer sa quinte de toux et lança un regard à la fois noir et interrogateur à son vis-à-vis.
« Pas la peine de me regarder comme ça. » se défendit le brun en riant. « Je ne fait que constater... Il me fait beaucoup penser à toi à cette époque... Et aujourd'hui encore. »
« Comment ça ? » grogna le jeune pion blond.
« Toujours cet aspect un peu sauvage... Je me souviens bien de toi quand tu es arrivé ici en tant que ''pensionnaire''. Tu semblais indomptable... » se remémora son interlocuteur.
« Mais tu m'as dompté... » soupira Sanzô.
« Pas vraiment, tu étais toujours aussi sauvage, un rien suffisait à provoquer une réaction chez toi. Le bruit d'une porte, un simple courant d'air dans les couloirs... T'avais l'air constamment à l'affût... Et puis bon, c'est fini maintenant. »
« Désolé, Doku... » souffla le blond en baissant les yeux.
« Bah, je vais pas t'engueuler. On est resté en bon terme, c'est ce qui compte, non ? »
Sanzô releva doucement la tête et le considéra, son visage toujours marqué par une espèce d'impassibilité dont il ne semblait pas pouvoir se défaire, mais son regard exprimait, lui, une certaine tristesse. Du moins, Dokugakuji avait-il appris à la déceler dans ce regard crépusculaire. Le brun se redressa et lui adressa un sourire mi-amical mi-tendre :
« C'est vrai que des fois, ça me manque... Mais bon, t'as ta vie à toi. »
Le blond hocha vaguement la tête et reporta les yeux sur la cour, les adolescents sortaient à présent du réfectoire dans un brouhaha assourdissant. Son ami se détourna et lui adressa un dernier signe de la main en partant :
« A plus. Et arrête donc de te pourrir les bronches. »
Sanzô le regarda partir, cigarette aux lèvres, il soupira et s'adossa à une colonne près de lui, les yeux toujours portés sur la cour. Il repéra le jeune rouquin en compagnie du petit brun et des deux autres ; il ferma les yeux et soupira, lâchant un nouveau nuage blanchâtre dans l'air.
« Tss... Baka, ne... »
Sur ce, il écrasa sa clope sur le bord de la rambarde et bazarda le cadavre de sa cigarette dans une poubelle en s'éloignant. Il fallait qu'il se rende à l'évidence : le rouquin semblait ramener avec lui tout le passé du blond qui lui sautait à présent à la gorge.
Sanzô repensa à son ami. Pion lorsqu'il était lui-même venu dans cet établissement, il avait alors approximativement son âge actuel, la vingtaine. Pour une raison qui lui échappait, le brun s'était intéressé à lui et avait chercher à gagner sa sympathie, ne se résignant jamais, il revenait toujours à la charge et redoublait constamment d'effort pour l'apprivoiser. Sanzô s'arrêta au tournant d'un couloir, appuyant son épaule contre la pierre froide : il se souvenait parfaitement de tout ce qu'il s'était passé, de leurs moments de discussion où le brun s'entêtait à vouloir lui arracher un mot, leurs gestes de plus en plus intimes, leur premier baiser ainsi que tous ceux qui suivirent, ces mains sur son corps... Mais il avait décidé de briser leur relation au détriment des sentiments du brun...
« Doku... » murmura-t-il au vent.
Le vent lui sembla étrangement froid tout à coup, se frictionnant un bras, il se détacha du mur et avança, s'enfonçant dans les couloirs de l'établissement. Trop de souvenirs... Ils revenaient... Trop nombreux... Trop de peine... Trop de soucis... Foutaises...
--- A SUIVRE !
Sahad : Yahou ! Bon, ce chapitre est un peu plus court mais l'accès à l'ordinateur étant passablement difficile en ce moment, je poste quand je peux. Donc voilà ! Kissous !
Notes :
/1/ si y en a qui connaissent une façon de séparer des parties sans que le site les supprime, je suis toute ouïe.
