Let me be

Auteur : Sahad.

Note : Je ne posterais pas d'autre chapitre d'ici le 15 juillet car je ne serais pas chez moi. Désolée, les gens !

Note 2 : réponse aux reviews !

Smirnoff : Merci pour les conseils !

Onarluca : Et que penses-tu de ce chapitre-ci ?

Léti : Voici la suite !

Karasu999 : Bon puisque t'as apprécié, un petit passage sur Doku et Sanzô !

Andromède : Pour le bac, je sais pas, résultat le 5. Mais pour la fic, y a toujours moyen : la suite !

Dstine : Uwow ! Toi, tu me dis que t'aimes Sanzô ? Merde ! Couvrez-vous la tête ! Le ciel tombe ! Lol ! Ben j'espère que tu aimeras la suite.

Seilin : Bah, Nataku parle pas mais tu verras qu'on peut très bien le comprendre ! Même si ça se voit pas trop dans ce chapitre-ci...

Mayu-chibichan : Je ne peux pas te dévoiler les futurs, s'il y en a, couples. D'abord parce que ça enlèverait tout son piment à l'histoire ; et ensuite parce que si je révélais la fin, beaucoup de fans souhaiteraient ma mort... /sourire/

Jenni944 : C'est une idée, mais je crois pas...

Bonne lecture, les gens !

Chapitre 4 :

Kôgaiji soupira, il n'aimait pas spécialement les cours, il n'avait d'ailleurs jamais été habitué à rester assis à regarder quelqu'un parler. Il s'ennuyait fermement et n'avait que faire de ce que cet homme pouvait raconter. Il repensa à leurs deux amis, Gojô et Nataku ; ainsi le plus jeune était muet et l'autre était inculpé pour meurtre... Bah, qui était-il pour les juger ? Il se souvenait encore de ce jour-là où il avait assisté à la mort des parents de Gokû et n'avait rien fait. La mère était encore en vie quand il était arrivé, il aurait pu appeler une ambulance, mais non...

Une boule se forma dans son ventre à ce souvenir, ses yeux se portèrent instinctivement vers le petit brun qui se trouvait à ses côtés. Il en détourna rapidement les yeux et fixa le prof en prenant l'air le plus intéressé possible mais ses pensées étaient ailleurs...

OoO

Yaone était assise à son bureau et fixait son directeur, elle écoutait patiemment ce que celui-ci lui disait au sujet de ce qu'il s'était passé lors du séjour de Sanzô dans ces locaux. A vrai dire, elle avait encore du mal à réaliser que le jeune homme qu'elle côtoyait depuis maintenant quatre ans ait été un de ces gamins qu'elle ne regardait en général que d'un air méprisant, hautain parfois, consciente que ce dont on les inculpait la dégoûtait et elle n'avait jamais chercher plus loin, ni même à savoir si ces inculpations étaient vraies...

« Au début, je m'étais dit que ce n'était qu'un gamin qui n'avait aucune conscience de ce qu'il avait fait ou bien qu'il était trop pourri pour avoir des regrets... » murmura Hakkaï. « J'avais une dent contre lui, dès sont arrivée... Je n'ai pas cherché beaucoup plus loin... »

Un triste sourire étira ses lèvres alors que son regard émeraude se portait sur la cour emplie d'adolescent. Il poussa un léger soupir et repris son récit.

FLASH BACK

Le petit blond avait été emmené dans sa cellule, le jeune psychologue demeurait sceptique et regardait le dossier. Il n'y avait rien de plus que ce que l'on reprochait à cet enfant... Qu'y avait-il de plus à ajouter ? Le brun ferma le dossier et le rangea dans l'armoire prévue à cet effet. Il jeta un coup d'œil à la fenêtre : les gamins étaient dans la cour, certains se battaient sauvagement, d'autres les encourageaient... Des bêtes, ils n'étaient rien de plus à ses yeux. Il en détourna son attention en entendant quelqu'un frapper :

« Entrez. » lâcha-t-il, plus par habitude que parce qu'il en avait vraiment envie.

« Mr. Hakkaï... » le salua un jeune brun.

« Ah, Dokugakuji... C'est rare que tu viennes me voir. Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il.

« Je viens de passer à la cellule du nouveau... Ses plaies sont sans gravités mais elles risquent de s'infecter... » expliqua le jeune surveillant.

« ... » Hakkaï poussa un profond soupir. « Ne vous inquiétez donc pas. Ces gamins ne sont pas dans un hôtel cinq étoiles et ce n'est pas une colonie de vacances non plus. »

« M-Mais... » Dokugakuji le fixait d'un regard empreint d'incrédulité.

« Ecoutez, ça ne fait pas longtemps que vous êtes là mais vous ne devez pas oubliez quelque chose... » répliqua l'homme. « Ce sont des criminels. »

Le jeune brun le considéra encore quelques instants avant que son visage devienne aussi indéchiffrable que le marbre, il inclina la tête et s'en alla sans autre forme de salutation.

FIN FLASH BACK

« Dokugakuji était aussi ici ? » s'étonna Yaone.

« Eh oui... Il n'avait qu'une vingtaine d'années à ce moment-là. » répondit Hakkaï. « Et s'il n'avait pas été là, j'aurais commis l'irréparable... »

« L'irréparable... ? » répéta la jeune femme sans comprendre.

« Oui, s'il n'avait pas été là, j'aurais sûrement eu à porter un très lourd fardeau... » murmura le psychologue.

« Qu'avez-vous fait ? » demanda Yaone, tendue.

« J'ai failli commettre un meurtre. »

Un lourd silence tomba dans la pièce, la jeune secrétaire scrutait son supérieure avec un mélange d'incrédulité et de crainte. Elle mit quelques secondes à se remettre du choc de cette nouvelle mais parvint tout de même à articuler :

« Un meurtre... ? »

« Pas à proprement parler, bien sûr... Mais si Dokugakuji n'avait pas été là, il est fort possible que Sanzô ne soit pas des nôtres aujourd'hui... » avoua le directeur de l'établissement.

« Mr. Hakkaï... »

OoO

Sanzô n'avait pas grand chose à faire : tous les gamins étaient en cours, il n'avait qu'à faire le tour de l'établissement pour s'assurer qu'aucun ''pensionnaire'' ne séchait. Lorsqu'il arriva face aux ''dortoirs'', ses yeux se figèrent sur une fenêtre qui se situait à la hauteur du sol... Non, il n'avait pas oublié. Aussi bien le bruit et l'eau s'infiltrait dans sa cellules lors des orages que les moqueries et la poussières que lui lançaient ses ''camarades'' lorsqu'il était puni et donc privé de récré ou de sortie de cellule.

« Trop de souvenirs... » grogna-t-il.

Mais qu'est-ce qui lui arrivait ? Cela faisait près de quatre ans, sinon plus, qu'il travaillait ici et jamais il n'avait eu tant de souvenirs qui s'empressaient de revenir au galop. Il s'adossa à un mur avec la désagréable impression de suffoquer alors que des voix lointaines résonnaient dans son esprit...

POV Sanzô

« Ne, ne ! Regardez ! Y a l'guignol qu'est encore coincé ! »

Taisez-vous...

« Sérieux ? »

« Il va crever comme un rat ! »

La ferme...

« Eh ! T'entend ? Tu vas crever comme un rat! »

Vos gueules... !

« Tu vas crever ! Tu vas crever ! Tu vas crever ! »

« Et personne ne te pleurera ! »

« Pire qu'un clebs ! »

« Crève vite ! »

J'écrase ma cigarette dans ma main... Putain... Pourquoi ça me revient... ? Bande de sales petits fumiers... ! Je secoue la tête : non... C'était il y a longtemps... Pourquoi ça me revient ? Je m'appuie un peu plus contre le mur... Qu'est-ce que j'ai... ? J'ai une putain de migraine...

FIN POV

Le blond leva sa main et la porta à sa tête, une puissante migraine lui tambourinait l'esprit. Il finit par se laisser glisser au sol pour se reposer, sa tête lui donnant l'impression qu'elle allait exploser...

« Sanzô ? »

L'intéressé leva péniblement les yeux vers la voix. Il reconnut vaguement le pantalon beige, le marcel blanc et la veste en jean... Une main se colla à son front :

« Ça va ? » demanda le nouveau venu.

« Gojô... ? » grimaça le surveillant.

« T'as pas l'air au top de ta forme... » commenta l'adolescent.

« Et toi ? Qu'est-ce que tu fous là ? Tu devrais être en cours... » grogna le blond.

« J'ai prétexté une envie pressante. » expliqua-t-il. « Tu sais bien que je n'aime pas rester longtemps enfermé... »

Sanzô ne répondit pas, rien de ce qu'il pourrait dire ne changerait ce qu'il se passait. Il se contenta de dégager la main du rouquin d'un geste de la sienne, l'écartant nonchalamment :

« Laisse. »

« Sanzô... ! Mets un peu ta fierté de côté, bordel ! » s'énerva le rouquin. « C'est bien toi qui m'a dit que la fierté nourrit pas son homme, non ? »

Oui, il le lui avait dit... Il lui avait dit ces mots alors que l'adolescent voulait se jeter dans une bagarre perdue d'avance seulement pour une question d'honneur... Il s'en souvenait. Les yeux crépusculaires croisèrent les deux rubis qui les fixaient, il ne savait pas trop quoi y lire. Se donnait-il seulement la peine d'y lire quelque chose ? Il posa la tête contre le mur et ferma les yeux.

« Sanzô... » souffla Gojô. « Rah, espèce de vieille bourrique ! »

Le jeune rouquin s'en détourna et s'éloigna. Il avait fait une dizaine de pas lorsqu'il se retourna pour lancer sur un ton proche du défi :

« Je vais cherche Dokugakuji, tu ne bouges pas ! »

Non, c'était un ordre. Sanzô esquissa un sourire qui était proche du rictus : quel crétin, ce gamin ! Mais... lequel d'entre eux était le plus crétin... ? Non, en fait, la question ne se posait même pas...

OoO

« Il ouvre les yeux ! » s'exclama une voix de femme.

Probablement l'infirmière...

« Vraiment ? »

Ah, ça c'était Doku... Le blond tourna la tête et aperçu le brun, il fit mine de se rendormir mais son ami le connaissait trop bien pour ça :

« Sanzô... »

« Je vais bien... » grimaça l'intéressé. « Je ne sais pas ce que t'a dit Gojô mais je vais bien... »

« Sanzô... » souffla Dokugakuji. « Qui est-ce que tu crois trompé en disant ça ? »

Le jeune pion ne répondit pas, rouvrant les yeux et fixant le plafond. C'était énervant... Ce n'étaient que des souvenirs, il n'y avait pas de quoi s'inquiéter ! Il tourna la tête vers le mur... L'infirmière jugea bon de les laisser seuls et sortit discrètement.

« Tu ne changes pas... » soupira le brun. « Toujours aussi boudeur que quand t'étais môme... »

Une fois de plus, il n'obtint aucune réponse... Mais cette fois, Sanzô réfléchissait : c'était indéniable que ça devenait préoccupant... De simples souvenirs qui prenaient une telle ampleur... Il considéra encore le mur avec insistance... Qu'est-ce qui lui arrivait... ? Dokugakuji soupira à nouveau et se détourna ; il allait atteindre la porte lorsque la voix de Sanzô l'arrêta.

« Tu te souviens... ? C'était ici... »

Dokugakuji se retourna et fixa le blond étendu sans rien dire. Il attendit la suite de ses paroles, se demandant d'où il voulait en venir... Sanzô posa ses doigts contre le mur froid.

« C'est ici que tu m'as embrassé la première fois... »

« ... Je m'en souviens, oui... » le brun revint sur ses pas et s'assit sur une chaise non loin du lit.

« Tu... Tu étais la première personne à me témoigner ce genre de sentiment... » souffla le plus jeune. « Ça m'a fait bizarre... »

« Pourquoi tu te mets à parler de ça ? » l'interrogea subitement Dokugakuji.

« ... J'en sais rien... »

Sanzô cacha ses yeux de son bras et demeura ainsi, pensif... Il avait toujours mal au crâne mais ça s'était un peu atténué...

« Y a longtemps que je suis là ? »

« Deux heures... Alors ? » répliqua son vis-à-vis.

« J'ai... J'ai mal au crâne... » grimaça le blond.

« C'est ce que j'ai cru comprendre, oui. Mais c'était pas ma question. » répondit le brun.

« Doku... » murmura Sanzô. « J'ai un problème... »

« Ça, c'est pas nouveau ! » plaisanta-t-il, mais il redevint sérieux en regardant le visage crispé de son collègue. « Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Des souvenirs... » avoua Sanzô. « Trop... Je sais pas... C'est pas de simples souvenirs... C'est comme si je revivais certaines scènes du passé... »

« Tu m'inquiètes... T'en as parlé avec Hakkaï ? » demanda son ami.

« J'ai pas besoin d'un psy... » grommela le jeune surveillant.

« Peut-être, mais t'as besoin d'aide. »

Sanzô ne répondit pas, faisant glisser lentement son bras de ses yeux jusqu'à son front. Il était fatigué et se sentait nauséeux ; il poussa un grognement et soupira. Dokugakuji le considéra un long moment puis soupira à son tour : il ne pouvait rien faire, même si ça lui coûtait de l'admettre.

« Je crois que ce lieu m'a complètement pourri l'esprit... » ricana le blond.

« Je vois pas ce qu'il y a de drôle... » grimaça le brun.

« Doku... »

« Hm ? »

« Embrasse-moi... »

L'aîné écarquilla les yeux et fixa son jeune ami, il demeura interdit un long moment : pouvait-il ce le permettre ou non ? Et puis... Il sentit son cœur se serrer mais resta de marbre en observant son vis-à-vis.

« Sanzô... je te rappelle que ce n'est pas moi qui est mis fin à notre relation... »

« Ah... Oui... Pardon... » lâcha l'intéressé d'une voix pâteuse. « Je... »

« T'as besoin de te reposer un peu... »

Sur ces quelques mots, Dokugakuji se leva, pensant laisser son collègue de travail et ex-petit ami. Mais il ne bougea pas, le scrutant. Un regard crépusculaire croisa le sien, ne s'en décrochant plus, ils se considérèrent un long moment sans rien dire... Le brun sentit son cœur se serrer : malgré le temps, il n'avait pas cesser d'avoir des sentiments pour le blond. Il s'approcha lentement et, se penchant doucement, unit ses lèvres à celles de son interlocuteur ; Sanzô hésita quelques secondes avant de répondre à ce baiser, passant ses bras autour du cou de son ami. Mais celui-ci se dégagea avant même qu'il ait pu l'enlacer :

« Non... Sanzô, tu as mis fin à notre relation pour une raison. Tu perds les pédales parce que tu es psychiquement exténué... S'il te plaît... Je... Ne me demande plus ça... »

Il sortit de la pièce. Sanzô lança un regard fatigué vers la porte et grogna : il se sentait stupide, il savait qu'il venait de blesser Dokugakuji. Il s'était juré de ne plus le blesser, déjà qu'il avait décidé de casser, il n'était plus question de piétiner à nouveau ses sentiments. Il ferma les yeux.

/Putain... mais qu'est-ce que je suis en train de foutre... /

--- A SUIVRE !