Let me be

Auteur : Sahad.

Note : Encore fait quelques changements, je m'embrouille dans les prénoms, c'est grave !

Chapitre 7 :

Le cours avait probablement débuté. Gojô soupira, en réalité, il s'en contre-fichait totalement ; aujourd'hui, il n'avait pas envie d'y aller, c'était énervant et bien trop de chose trottaient dans sa tête. Il extirpa une cigarette du paquet qu'i avait réussi à prendre à l'un de leur surveillants favoris et l'alluma avec le briquet qu'il avait trouvé dans le paquet. La bouffée de nicotine glissa en lui, il en soupira de bien être : la dernière remontait à un bon moment.

A présent qu'il se sentait un peu mieux, il se pencha sur les problèmes qui tournoyaient dans son esprit : qu'arrivait-il à Sanzô ? Et en parlant de lui, où était-il ? Et Dokugakuji ? Il l'avait croisé récemment et lui avait trouvé une mine horriblement sombre. A quoi tout cela rimait-il ? Il grimaça en s'adossant un peu plu contre le mur : il ne parvenait pas à trouver de réponse à toutes ces questions et cela l'exaspérait ; il allait tirer une nouvelle fois sur sa précieuse cigarette lorsque quelque chose attira son attention : Gokû traversait la cour d'un pas lent, l'air morose... Le rouquin le considéra un moment avant de siffler, attirant l'attention du jeune garçon.

Le brun vint le rejoindre, il esquissa un sourire pour le saluer mais ce dernier disparut bien vite. Gojô haussa un sourcil et, sans même pendre la peine de lui dire ''bonjour'' ou toute autre formule de politesse, lui demanda :

« Qu'est-ce qu'il y a ? Tu tires une de ces gueules... »

« C'est Kôgaiji... » murmura le petit brun. « Il est pas comme d'habitude... »

« Comment ça ? » le rouquin ne comprenait pas.

« Je sais pas comment dire... Il est juste différent... Il reste toujours ailleurs... Je sais pas... »

Gojô l'écouta patiemment en hochant la tête... Il soupira et se passa une main dans les cheveux, les ramenant en arrière ; décidément, cet endroit n'était pas un pénitencier comme les autres. Mais peut-être tout cela ne le regardait-il pas... Il jeta un coup d'œil à Gokû qui affichait une mine assez sombre pour que l'on soit persuadé que le monde allait disparaître dans les secondes qui suivaient...

« T'en veux ? » proposa-t-il en lui tendant la cigarette. « Des fois, ça permet de penser un peu à autre chose... »

Le petit singe fixa la cigarette d'un air dubitatif puis la prit, la porta à ses lèvres et aspira. L'effet ne se fit pas attendre : il fut bientôt prit d'une quinte de toux sous le regard amusé de son vis-à-vis.

« C'est - TOUSSE – Pas drôle ! –TOUSSE - »

« Ah, si, c'est tordant ! »

Le petit brun eût une moue boudeuse mais finit par laisser un sourire étirer ses lèvres, le fou-rire du rouquin le gagna bientôt. Ils ne se calmèrent qu'au bout de quelques minutes puis Gojô se tourna vers le petit brun :

« Bon, qu'est-ce qu'il y a ? »

Gokû cessa net de rire et même se sourire, son visage se fit triste, comme celui d'un enfant qui vient de se faire gronder ; il inspira puis, d'une voix à peine plus audible qu'un murmure, annonça :

« Kôgaiji va partir. »

« Hein ? » le rouquin haussa un sourcil, ne comprenant pas. « Mais non, ne t'inquiète pas. Sans vouloir te vexer, vous êtes ici pou un petit moment... C'est parce que vous vous êtes disputés que tu dis ça ? »

« Non... » nia le petit singe. « Mais si Kôgaiji s'éloigne, c'est qu'il va disparaître un jour... »

Gojô ne comprenait rien de ce que lui disait le jeune garçon. Que voulait-il dire par ''Kôgaiji va partir'' ? C'était insensé...

OoOoO

Kôgaiji s'adossa à un mur, il avait froid, il avait mal, son corps le brûlait, le démangeait... Il se laissa glisser jusqu'au sol, recroquevillés sur lui-même, se balançant doucement d'avant en arrière, ses mains lui broyant les bras. Il déglutit difficilement et s'adossa complètement au mur, ses yeux se levèrent vers le ciel et contemplèrent son gris poussière ; il soupira... Il n'en pouvait plus...

Il savait pertinemment qu'il devrait être en cours mais il ne pouvait pas, pas maintenant, non... C'était de mal en pis et Gokû s'en rendait compte. Kôgaiji se recroquevilla à nouveau et enfonça ses ongles dans la chair de ses bras dans l'espoir de penser à une autre douleur que celle qui le rongeait. L'image du tiroir de sa commode lui revenait sans cesse... Il fallait qu'il pense à autre chose ! Il le fallait ! Il... !

« Kôgaiji ? »

L'intéressé ne releva même pas la tête : il se foutait royalement de qui pouvait bien avoir envie de lui parler ou de le convaincre d'aller en cours. Il continua son petit balancement sans se soucier de cette voix.

« Kôgaiji, ça va ? » recommença cette personne.

Le rouquin ne répondit pas. Il entendit des pas se rapprocher et sentit quelqu'un s'accroupir à ses côtés. Une main se posa sur son bras et se retira : peut-être ce type avait-il senti et vu le sang ? Bah, peu lui importait, il avait autre chose à penser. Une main se glissa sous sa frange et lui obligea à lever la tête ; ces cheveux blonds, ce regard améthyste...

« Sanzô... ? » articula Kôgaiji d'une voix un peu pâteuse, comme s'il venait de se réveillé.

« Qu'est-ce que tu glandes là ? Tu devrais être en cours... » lui fit remarquer le jeune pion.

« J'sais... » grogna le rouquin en repoussant la main de son vis-à-vis et rebaissant un peu la tête.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » voulu savoir le blond.

« J'veux pas y aller, c'est tout. » répondit l'adolescent sur le ton bougon d'un gamin boudeur.

« Tu crois pas que t'as passé l'âge des caprices ? » grogna Sanzô. « Allez, lève-toi. »

« Non. » répliqua Kôgaiji du tac au tac.

La main de son interlocuteur lui chopa le bras et, au bout de quelques instants à peine, le relâcha comme s'il s'y était brûlé :

« Mais qu'est-ce que... ? Kôgaiji, qu'est-ce que tu as fait ? Tu pisses le sang... ! »

« Parce que ça te regarde ? » grommela-t-il d'un ton maussade.

« Ecoute, je sais pas ce que t'as mais ça serait pas mal d'arrêter les conneries, je te rappelle que t'as quand même Gokû... ! »

Kôgaiji ne répondit rien, se laissant empoigner comme une poupée de chiffon. Sanzô se calma un peu et s'accroupit à nouveau à ses côtés, il s'alluma une cigarette et lui tendit le paquet :

« T'en veux une ? »

Les yeux de l'adolescent fixèrent quelques instants l'objet avant qu'il ne lève des doigts poisseux de sang pour prendre une clope et la porter à sa bouche. Le blond lui tendit le briquet et attendit ; le rouquin n'avait pas pour habitude de fumer mais rien ne pourrait empirer son état. Il ne toussa même pas et inspira profondément une longue bouffée de nicotine.

Sanzô s'assit à côté de lui, s'adossant lui aussi au mur et fumant. Il attendit quelques minutes, il n'avait pas besoin d'ouvrir la bouche : parfois, le silence s'avère être la meilleure des questions.

« J'en ai marre... » souffla finalement le rouquin. « J'aurais mieux fait de me faire sauter le caisson quand j'en avais l'occasion... »

« Et Gokû ? » hasarda le jeune pion en lâchant un petit nuage blanchâtre.

Kôgaiji ne répondit d'abord pas, comme s'il y réfléchissait, imaginant toutes les possibilités. Il soupira et grogna :

« Il s'en serait sorti... »

« Tu sais aussi bien que moi que non. » répliqua calmement Sanzô.

Un nouveau silence s'installa. L'adolescent se redressa légèrement pour s'adosser complètement au mur et fixa le ciel, cigarette à la bouche. Son regard était lointain, songeur... Il esquissa un sourire un peu forcé, comme si cela lui était douloureux, et murmura :

« Z'avez déjà eu envie de tout plaquer ? »

« ça m'est déjà arrivé, oui... » avoua le blond en se massant le cou. « Mais heureusement, un imbécile sorti dont ne sait où m'a aidé à temps... »

« Et vous avez envie d'être cet imbécile, aujourd'hui ? » ricana le jeune garçon.

« Pourquoi pas... »

Kôgaiji inclina légèrement la tête, son regard se portant sur son vis-à-vis. Il le considéra un long moment avant que Sanzô ne lui rende son regard, ils observèrent le silence quelques minutes puis le rouquin reporta son regard sur le ciel.

« J'ai mal... » murmura-t-il.

« Mal ? » répéta son interlocuteur.

« Ouais... » acquiesça l'adolescent. « Comme si une bestiole me bouffait de l'intérieur... »

Sanzô le dévisagea, intrigué : que voulait-il dire ? Le jeune rouquin n'exposa pourtant pas sa pensée, restant plongé dans le mutisme. Il avait le regard fixe même s'il ne regardait rien en particulier, les yeux dans le vague ; le blond jeta son mégot et saisit l'adolescent par l'épaule :

« Eh, le môme... »

« Sanzô... » souffla le jeune garçon, sa voix se brisant. « J'ai mal... ! »

Des larmes brûlantes commencèrent à perler le long de ses joues alors qu'il baissait la tête en se recroquevillant, répétant qu'il avait mal. Sanzô ne comprenait pas ce qui blessait autant l'adolescent mais, se souvenant de son propre état quelques années plus tôt et de l'attention que lui avait portée Dokugakuji, il se pencha et attira doucement le jeune garçon contre lui, le serrant dans ses bras et le berçant doucement. Kôgaiji se laissa aller à cette étreinte, ce support, il laissa libre court à ses larmes, ses doigts serrant convulsivement la chemise du jeune pion alors que des gémissements étouffés s'échappaient de sa gorge.

Ils demeurèrent un long moment immobiles. Le jeune rouquin s'apaisant peu à peu, son souffle retrouva presque un rythme normal, mais il ne s'écarta pas pour autant de son vis-à-vis. Sanzô n'esquissa pas un seul geste pour l'écarter, attendant patiemment que le jeune garçon se sente un peu mieux.

« Sanzô... »

« Hm ? »

« Tu as dit que tu avais déjà eu envie de tout plaquer... Tu veux bien... Me raconter... ? » demanda l'adolescent.

Le blond soupira mais s'exécuta, peut-être au fond Dokugakuji avait-il raison, peut-être devait-il effectivement se confier à quelqu'un... Mais sûrement pas à un psychiatre. Il lui narra son histoire, son arrivée dans le pénitencier, sa rencontre avec Hakkaï, comment il avait vécu dans sa cellule d'isolement, côtoyé Dokugakuji, comment celui-ci l'avait sauvé puis réprimandé après sa tentative de pendaison... Il s'arrêta là et se massa de nouveau la gorge. Kôgaiji ne l'avait pas interrompu une seule fois et le blond commençait à se demander sincèrement si le jeune garçon ne s'était pas endormi dans ses bras, mais ce n'était apparemment pas le cas car celui-ci releva la tête, légèrement songeur.

« Dokugakuji t'a donc sauvé la vie... » souffla-t-il.

« Ouais... Et je dois dire que je lui en serais encore longtemps reconnaissant. » acquiesça le jeune pion.

« Et... Comment t'a-t-il sauvé la vie ? » l'interrogea alors le rouquin. « Après tout, tu aurais très bien pu réessayer après... »

« Tu ne veux pas le savoir. » répondit simplement le blond.

« Dis. »

Sanzô soupira et considéra l'adolescent, celui-ci ne le quittait pas des yeux et ses mains ne s'étaient pas desserrées d'un pouce sur sa chemise, attendant vraisemblablement une réponse. Le blond soupira et se pencha, déposant un chaste baiser sur les lèvres de Kôgaiji qui, mis à part écarquiller les yeux, n'esquissa pas le moindre mouvement. Sanzô s'écarta au bout de quelques instants et ajouta :

« Comme ça. Bon, tu éviteras de sécher le prochain cours... »

Le rouquin n'avait pas bougé, les yeux toujours écarquillés et ne parvint qu'à hocher la tête. Le surveillant se leva et aida le jeune garçon à se lever à son tour. Au moment de partir, Kôgaiji se retourna et, s'avançant rapidement, il déposa un baiser sur les lèvres de son vis-à-vis qui demeura interdit à son tour.

« C'était un prêté pour un rendu. » répliqua le rouquin avant de s'en aller.

Sanzô demeura encore un long moment immobile, les yeux scrutant le mur derrière lequel l'adolescent avait disparu. Il sortit une clope et l'alluma, lâchant un petit nuage de brouillard, un mince sourire étira ses lèvres.

« Il semblerait que ce soit bien moi l'imbécile, cette fois... »

A SUIVRE...

Sahad : Un chapiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitre ! J'y croyais plus moi-même ! Je suis vraiment désolée, les gens, mais on est surchargés de boulot en ce moment ! Vous me croyez pas ? Trois power point à préparer pour la semaine prochaine avec deux travaux de groupes, ajouter à cela un dialogue plus un texte de théâtre, et saupoudrer de devoirs d'espagnol et d'anglais. Mettez ce plat à cuire dans quatre heures trente de compta, maths appliquées à l'éco et proba et vous obtiendrez une journée chez nous. Voilà... J'espère que ce chapitre vous aura tout de même plu. Kissous les gens, et à la prochaine !