Pour les anonymes: merci beaucoup à LYS et Typhi.C'est vrai que j'ai cherché à entrer dans les confins de la folie. C'était une petite amorce. Ce chapitre suivant sera un peu moins fou, un peu plus fantastique. Il sera un peu plus noir.
Mais je sais ce que vous attendiez tous! Le DM/HP...ah ah ah je suis sadique vous allez encore attendre. Le chapitre 3 sera un POV Draco
Voici le grand COUPLE SURPRISE!
OS2 : Dans l'ombre du diable
J'aime le jeu. Le jeu me rend fort, sauvage, insouciant. Il te prend par les entrailles, te submerge. Quand tu lances les dés, tu lances ta vie sur un plateau fait de numéros et d'argent. Je passe ma vie dans le jeu. Quand on me demande « Pourquoi aimes-tu jouer ? » Je réponds : « Parce que je n'ai rien à perdre ».
Si je ne joue plus, alors je ne suis plus rien. Je m'ennuierais. Mais je ne joue jamais seul. Le jeu se fait à plusieurs. Je n'aime pas les jeux de solitaire, quand tu te trouves face à face à une machine à sous sans qu'elle te réponde, sans qu'elle te dise : « Bravo Monsieur vous avez encore gagner » ou « Dommage, retentez votre chance ».
J'aime le jeu humain, d'aventure, d'excitation où chacun à une carte dans sa manche, où chacun à un jeton en main. La chance quand j'en ai, je continue à jouer. Quand je n'en ai pas, je m'attache à ceux qui en ont et je continue à jouer. Car il y a toujours quelqu'un que l'on peut conseiller dans ses jeux. J'aime le jeu, car avec le jeu, je vis.
Vous me croyez peut-être fou ? Mais que faire d'autre de ma vie, si ce n'est de la mettre en jeu ?
Presque tous les soirs, je descends au plus grand casino de Londres. Tous les soirs, je dépense tout ce que je gagne la journée grâce à des emplois plus ou moins minables.
Oh bien sûr, il y a des exceptions. Je ne fais pas que jouer dans les casinos de luxe ou dans les endroits glauques. Je ne fais pas que des jeux de cartes ou des paris idiots.
Non, je joue aussi au lit. Et c'est avec mon ami d'enfance, que j'ai trouvé l'endroit idéal pour exercer cette passion. J'extériorise le stress d'une journée par des jeux de cache-cache sous les couvertures.
Draco Malfoy, l'homme blond de la troisième rue à droite après le casino. Beau, mince, aristocratique, riche, j'adore le dresser tous les soirs de week-end. Son père n'est pas là le week-end, des voyages d'affaires apparemment. Alors, je viens et je joue avec Draco.
Je joue avec lui, je joue, je joue... je m'amuse dans cette maison. Celle-ci est d'ailleurs gardée comme une forteresse, comme un château de carte…On retrouve des gardes un peu partout : sur le balcon, autour des portes, dans le jardin et je dirais même au coin du feu de cheminée (je n'ai pas vérifié s'il y en avait sous le lit). Mais Draco a acheté le silence de la plupart de ces gardes sur ma présence. Et donc elle n'est pas connue de Lucius Malfoy, le maître des lieux. Sinon croyez-moi, je serais déjà mort, tué sauvagement par l'un de ses gardes ou devrais-je dire dans un langage plus politiquement correct : de ses cerbères.
Je me balade donc dans son manoir, un samedi soir. Au lieu de jouer aux cartes, je joue avec les bougies des différents chandeliers, les intervertissant. Je me promène et touche à tout.
Et puis quand j'arrive devant la chambre de Lucius, je ne bouge plus. Je fixe ce lieu intime, loin du jeu, loin de l'amusement. Je n'aime pas cette chambre, je n'aime pas non plus le bureau de Lucius. Lucius symbolise l'opposée de ma vie. Il symbolise tout ce que je n'ai pas. Un emploi stable et haut placé, de l'argent facile, des appuis dans les beaux milieux, de la considération... Moi, je suis l'homme du jeu, celui qui remet sur la table sa vie à chaque instant. Celui qui gagne sa vie au hasard, sporadiquement. Celui qui accumule les conquêtes d'un soir.
Mais je me leurre dans tout ça, je me joue de vous. Non, je n'ai pas vraiment des tonnes d'amants comme tous les maîtres du jeu. Je suis plutôt un perdant à ce niveau-là. L'image de Lucius me le rappelle à chaque instant, il est celui que je n'ai pas réussi à atteindre, à gagner. Il est parfais, et même dans le jeu, il me nargue. Alors que lui ne joue pas.
« Blaise ? Ça va ? Tu te fais mal en restant là... »
Je ne me suis pas rendu compte... Je suis en train de pleurer, lâchement. Je pleure. Draco m'enlace, me réconforte. Il prend gentiment sa place dans mon jeu, dans ma comédie. Je crois qu'il n'a pas bu ce soir. En tout cas pas assez pour ne pas se rendre compte de mon état.
« Tu sais mon père ne te déteste pas tant que ça.
- Ne te fatigue pas Draco... C'est un démon. »
Un démon car quand je joue, je vois son regard de mépris. Alors, avec hargne, j'essaye à chaque coup de dés de lui montrer que c'est moi le meilleur. Mais à chaque fois que je perds, j'entends ses remarques acides. A chaque fois que je gagne, j'ai l'impression de voir son rictus méprisant sur le visage de notre reine, trônant fièrement sur un billet de livre sterling. Un Malfoy ne s'abaisserait jamais à un jeu de table comme un forcené, comme un drogué. Je sais que c'est mon imagination qui m'impose cela. Sa voix, son odeur, son visage,... je ne le vois jamais. Et pourtant il est toujours là, avec des cornes et une queue pointue, à rigoler de ma déchéance, de mon désespoir. Lucius est mon péché, le jeu est mon diable, ou serait-ce l'inverse ?
« Viens là Blaise, viens me câliner. »
Je suis avec son fils, Draco, dans sa jolie petite chambre. Et je déshabille gentiment ce joli demoiseau. Il est beau. Pas autant que Lucius. Il a presque les mêmes yeux que lui, plus gris peut-être ; les mêmes cheveux, plus blonds encore ; mais pas le même regard, pas la même haine dans sa bouche. Il m'embrasse, il fait semblant de m'aimer, je fais semblant de l'aimer. Notre relation a duré depuis déjà quelques années, depuis le jour où j'ai perdu mon emploi. Au moment même où je n'ai plus supporté les harcèlements de mon patron, Lucius, et que j'ai démissionné.
Je le vois toujours, partout, dans le jeu, dans mes jeux, dans son manoir et même quand je fais l'amour à Draco. Il me martyrisait au travail. Maintenant il me martyrise dans mes jeux. J'ai tenté de l'oublier dans cette nouvelle vie, je n'ai fait que renforcer sa présence. Je me suis attaché et entremêlé dans les mains du diable, je ne peux plus m'en défaire. Mais peut-être qu'au fond, je n'ai jamais voulu rompre ce lien de dépendance.
Et à chaque fois que je vais au manoir Malfoy sans qu'il ne soit là, je vois son portrait. Trônant dans le salon, tout de fierté vêtu, il me sourit cyniquement, comme à son habitude. Il représente l'homme modèle, celui que je ne suis pas. Il représente l'homme de la réussite face à moi, le vulgaire moucheron de l'échec. Pourtant, je sais que je ne devrais plus venir ici, mais c'est plus fort que moi. C'est comme un rituel, un jeu sinistre, qui consiste à passer devant ce portrait et devant cette chambre sans pour autant y entrer, avant de rejoindre mon ange.
« Tu crois que si j'étais blanc, ton père m'aurait apprécié?
- Je crois que s'il avait un cœur, il t'aimerait. »
Draco a toujours été un ange comparé à son père. Et pourtant, si vous le voyez en dehors de cette forteresse, vous verrez un homme méprisant et froid, à l'image de celui-ci. Il joue assez bien son jeu, jusqu'à ce qu'il boive un verre d'alcool. Alors là, ce n'est plus le même. Il ne se cache plus dans la fourberie du diable, mais deviens un Draco perdu, dans un monde de rêve et d'illusion. J'aurais peut-être dû aimer Draco, si mon coeur n'avait pas fait un pacte avec le diable.
« Tu crois que si j'étais une femme, il me regarderait ?
- Je crois que s'il n'était pas aveuglé par le pouvoir, il te chérirait. »
Draco est mon réconfort, je suis le sien. Draco est ma carte maîtresse. Par moment, je voudrais tout laisser tomber, mes cartes, mes jeux,... Mais au fond, il suffit que le rideau se déchire, que les acteurs s'enfuient, que le spectacle s'évanouisse, pour que le jeu cesse. Et pourtant, nous sommes toujours là, sur scène, avec nos accessoires ridicules : la bouteille et les cartes.
« Arrête de boire Draco.
- Arrête de jouer, Blaise.
- C'est quand qu'on commence la cigarette ?
- Quand on en aura marre de boire et de jouer ?
- Tu crois que l'on peut un jour en avoir marre de ces choses-là, quand on les aime avec passion ?
- Je crois qu'on peut tout faire par amour. »
J'aime ce tourbillon d'espoir dans lequel on s'emporte chaque fois dans le noir. Mais, je me demande pourtant, pourquoi Draco laisse les rideaux de la fenêtre ouverts. Attend-il quelqu'un ? Moi je n'attends personne, même pas la fin de l'acte et je joue le jeu de mon amant en le prenant avec ardeur sous ses finsdraps.
Seulement, tout jeu a une fin. Il fallait qu'un jour Lucius retourne chez lui, dans sa demeure et qu'il soit rentré plus tôt que prévu. Il fallait qu'un samedi soir son vol pour New York soit annulé. Il fallait un jour que la pièce cesse, que la comédie tourne en drame. Il fallait qu'un jour, il me découvre nu dans les draps de son fils. Il était 9h00 quand il est venu frapper à la porte de Draco... 9h05 quand il est entré.
Ce jour-là, je n'ai rien vu venir, ni son regard, ni sa folie, ni son revolver. J'aurais peut être pu tout lui expliquer. J'aurais peut-être dû lui dire que tout n'était qu'un jeu, que du théâtre. Mais j'en étais incapable, j'ai été lâche, j'ai perdu mes cartes et je l'ai laissé tiré. Il était 9h15.
J'ai été transporté dans un autre monde. Ce n'est pas les portes du Paradis qui m'ont accueilli, ni celles de l'Enfer. Non, une simple pièce blanche, dont les murs semblaient se rapprocher lentement. Au milieu, il y avait une grande table et une roulette. Lucius était derrière, tout de noir vêtu. Alors que je m'approchais de lui, il me dit : « A votre tour, Monsieur ! »
Je suis resté devant lui un moment, en admiration devant sa beauté que je savais irréel et fantomatique. J'étais entre la vie et la mort, entre la Rédemption et l'Enfer. Il était mon passeur, mon joker.
« Le numéro 1, noir. »
Je l'ai regardé tourner la roulette. J'ai vu la bille tourner à n'en plus finir.
« Vous savez que vous pouvez l'arrêter, Monsieur . »
Je l'ai regardé. Oui, je pourrais tout arrêter et recommencer à zéro. Tentez une nouvelle fois ma vie, tenter de la remettre en jeu ou de changer son court.
« Alors, arrêtez là. »
Et la roulette s'est arrêtée, je n'ai pas pu voir le numéro à temps pour savoir si j'avais gagné ou non. A la place j'ai fermé les yeux. Je ne voulais plus savoir.
Et je me suis réveillé.
J'étais dans les draps de Draco, 15 minutes avant que les 9h00 ne s'annonce. J'avais encore une chance. Je me suis rapidement rhabillé et je suis sorti de la chambre de Draco. J'entendais ses pas dans les escaliers, des pas durs, lents. Je me suis précipité dans la chambre de Lucius, et je me suis caché dans son placard. Je me doutais de sa grandeur. Les minutes ont passé. Je l'ai entendu crier après Draco. Et puis, il est rentré avec hargne dans ses appartements. Il n'avait pas changé. Toujours la même allure, la même froideur dans le regard. Je le regardais attentivement à travers la fente de l'armoire.
Il a commencé à grogner, puis il s'est allongé, défaisant lentement ses vêtements. A chacun de ses mouvements, je suis comme subjugué. Je le dévore des yeux consciemment. Cet homme est la tentation, le vice, le diable. Soudainement, il se tourne vers moi, et je vois un Lucius à moitié nu s'approcher de l'armoire. J'avais peur. Mais je n'avais pas le choix. Je l'ai ouverte avant lui.
Il m'a regardé un moment, comme si j'étais une illusion, un fantôme du passé. Il a fermé les yeux, et à ce moment-là, je l'ai enlacé maladroitement. Il me murmure d'une voix étrangement anxieuse :
« Qui êtes-vous ? »
Et j'ai commencé à sangloter. Il ne se souvenait pas de moi. Moi, le petit black, trop lent pour pouvoir ranger ses dossiers, trop gringalet pour pouvoir porter ses affaires, trop jeune pour pouvoir retenir ses rendez-vous, trop bête pour pouvoir lui parler. J'ai tout fait pour devenir son employé modèle, j'ai tout fait pour qu'il me voie autrement qu'un insecte et j'ai échoué.
Je me suis mis à sangloter dans ses bras. La comédie a cessé. A quoi bon ? Il ne se souvient pas de moi.
« Je suis Blaise Zabini, hoquette-je. »
Je le sens se détendre. Une légère main vint caresser mes cheveux. Je suis comme perdu dans mon brouillon de larmes. Puis soudain, nos yeux s'ancrent l'un dans l'autre afin de voir qui du vrai ou du faux, de la comédie ou de la réalité l'emportera.
« Alors Monsieur Zabini, vous n'avez rien de mieux à faire que de ranger mon placard. »
Il me sourit, il me sourit, il me sourit. Plus rien d'autre ne compte.
« Et je vous botterais le cul, la prochaine fois que vous osez parler ou approcher mon fils. »
Et doucement, il dépose un baiser sur mon front et je me suis endormi souriant dans ses bras, apaisé car, enfin, je reçois le baiser du diable, de mon diable. Un baiser qui a expié tous mes péchés, celui du jeu et du mensonge, celui de la luxure et de la substitution, sauf peut être celui de l'aimer.
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Et voilà cette fois ce n'est plus la drogue, mais le jeu. Une petite relation malsaine entre Blaise et le fils (c'est honteux! Je suis choquée), entre Blaise et l'argent,...
Mais oui, mais oui, Draco arrivera dans le prochain chapitre en POV. Et il sera un peu plus semblable au premier, avec l'approche de la folie en fond, mais aussi au deuxième,...
Enfin si vous ne voulez pas de suite, je comprendrais. Il me suffira de calculer le nombre de reviews...
