adenoide: Oui la première OS s'est concentrée sur ce prombème de refoulement de certains désirs, comme l'attirance envers le même sexe. Bref c'est la création d'un mensonge entre le couple, et un mensonge de poid puisqu'il va rythmer leur vie. J'espère que cette suite te plaira autant. à bientôt

OS3: L'ombre d'un homme

Etendu sur le sol du jardin, je ramasse doucement les bouts d'herbe de mes doigts rouges. Je me lève lentement, les lâchant un à un. Je les regarde comme hypnotisé tomber à terre. Mais une partie de la verdure reste collée sur mes mains couvertes de sang. Mais ce sang, je ne sais pas d'où il vient. Je m'essuie sur mon jean, loin de me soucier de ce qui cache derrière tout cela. D'un pas de loup, je rentre ensuite au manoir, passant par le balcon de ma chambre.

Je me lave. Je m'habille. J'attends.

A 7h00 tapante, mon père rentre de son week-end. A 8h00, il m'emmène au travail dans sa Golf rouge. La routine. Le silence règne toujours entre nous. Mais je sais que sous celui-ci se cache l'indifférence d'un homme envers son fils.

Il a passé deux jours avec son petit-ami, loin de Londres. Moi, j'ai passé ces deux jours dans des bars, loin du domaine familial. En fin de compte, par cette distance entre nous, nous nous ressemblons. Après tout, nous ne sommes que deux étrangers avec le même nom. Je retrouve mon ordinateur. Il retrouve ses collègues. Je m'ennuie. Il dirige.

C'est long une semaine devant un écran et un clavier. Les heures semblent se suspendre à chaque fois que j'essaye de me concentrer sur mon travail. La pause arrive lentement, me rendant nerveux à chaque longue minute qui passe car je sais qu'il va venir, mon sauveur. Je sais qu'il va m'apporter le bonheur, qu'il va alléger mes souffrances. Et la bonne fée pourra à nouveau me raconter ses contes.

12h30 : Je cours. J'attends devant la cafétéria.

12h45 : Je tremble. Est-il malade ? Il ne vient pas. C'est pas possible.

13h00 : Il arrive. Cette vision d'extase réussit à me sortir de ma déprime et de mon anxiété. Théodore Nott : Magnifique jeune blondin de 1m80, aux yeux verts, célibataire et à la carrure de mannequinet il est désespérément hétéro... Mais... il reste l'homme idéal :

« Draco, tu as vu, ils ont détruit la plupart des arbres du jardin public. Quel lourde perte ! Au fait, tiens, je t'en ai ramené trois. Ça fera vingt sterling. »

D'un sourire entendu, je lui donne discrètement sa monnaie. Je regarde les trois petites bouteilles, facilement dissimulables sous ma veste et dans mes poches.

Je suis en pleine admiration devant mon Théo, quand mes yeux se posent soudainement sur le portrait de celui que je hais depuis ma plus tendre enfance, Harry Potter. Sa photo trône stoïquement dans un cadre doré. Il est partout. On voit son portrait dans tous les recoins de l'immeuble, même devant la cafétéria... Son sourire niais, son visage angélique me rendent nerveux. Je le hais.

Ce n'est qu'un être insignifiant, un homme quelconque qui a cette petite bête qui le suit partout : la Chance.

Et sur son portrait, me narguent des mots, qui auraient dû m'être destiné: « Harry Potter : employé modèle, qui a reçu le grand prix au grand concours Dumbledore and Voldemort Compagny.»

J'aurais dû remporter ce prix à sa place. J'aurais dû être parmi tous ces dirigeants. Mais Potter m'a devancé comme toujours.

On a préféré son projet au mien : un téléphone portable plat et arrondi avec la possibilité de jouer en réseau, de regarder des films tout juste sortis au cinéma. Et moi, vulgaire moucheron sur l'échiquier, je n'ai pu présenter un téléphone rectangulaire, plat, muni d'un mini appareil photo, mais sans connexion Internet. Ça n'a pas plus aux dirigeants de l'entreprise. Et une branche de la direction, incarnée par mon père m'a bien fait ressentir tout le ridicule de ma situation.

« Si seulement tu avais présenté un projet aussi orignal que Potter. Mais franchement fils, proposé le modèle de l'année dernière et d'une autre société en plus, c'est d'une étonnante stupidité. Potter n'aurait jamais fait de plagia, lui. »

Et maintenant, j'ai étais promu au niveau le plus bas de la société, c'est à dire comptable. Je hais les maths. Je hais les ordis.

« Tu m'écoutes au moins ? Eh Draco ? Dis-moi, ce portrait t'hypnotise. Je croyais que tu détestais Potter ? »

Mon regard se pose de nouveau sur Théodore, dont le sourire sans joie me fait revenir à la réalité.

« Oui, bien sûr que je le hais. Désolé, tu disais quoi ?»

De nouveau concentré sur la bouche suave de l'homme parfait, je me dirige en sa compagnie vers l'endroit le plus redouté de la création : mon bureau. Avec désespoir, j'observe mon ami repartir à son travail et m'abandonner devant mon abominable écran. Je regarde les bouteilles de Théo, l'écran, les bouteilles. Mon choix est vite fait.

Je ferme doucement les yeux m'abandonnant à ma déchéance, goûtant ce doux parfum d'absinthe qui me brûle la gorge et les entrailles, qui me détruit le foie et le cerveau, qui me rende fou. Je m'abandonne aux diables, aux dieux de l'enfer, à toutes les divinités sataniques chantant l'hymne de l'alcool.

Quand j'ouvre à nouveau mes yeux, je penche la tête d'incompréhension face à mon ordinateur... Les chiffres sont étranges. Ils me regardent d'une façon désagréable. Que me veulent- ils? On dirait qu'ils volent, qu'ils tournent dans tous les sens, qu'ils se lient et se délient, qu'ils tentent de m'attacher sauvagement à ce siège, à ce bureau. J'ai peur. Je tente de les chasser. Mais ils se moquent de moi. Ils rigolent. Ils veulent me tuer. Je crie.

Où est la fée ? Où est-elle ?

« Je suis là, Draco. Je suis là ! »

La fée verte s'approche de moi, se posant sur mon épaule. J'ai cette délicieuse impression qu'elle m'enlace de son doux parfum.

« Tout va bien Draco. Je suis là. Tu n'as plus à avoir peur. Les chiffres s'autodétruiront.»

Je les vois en effet s'évaporer sous mes yeux étonnés. Je ris un peu follement. Ils sont partis.

« Merci la fée.

- C'est normal Draco, tu m'as appelé. Je serais toujours là pour toi.

- Tu peux me raconter une histoire ?

- Quel genre d'histoire Draco ?

- Une histoire d'amour qui finit bien. Une histoire de sorciers où les méchants sont terrassés par les gentils. Car tu sais la fée, il n'y a jamais qu'un gentil dans une histoire.

- Je sais Draco. Et les méchants sont parfois des gentils.

- Tu crois ?

- Oui Draco... Je vais te raconter l'histoire d'Harry Potter.

- Non !

- Pourquoi ?

- NON !!! »

Pas lui, pas lui, pas lui !!!

« Je ne veux pas. Je le hais !

- Draco, ne fais pas l'enfant ! Il t'aime bien. Tu le sais.

- NON !!! »

Je hurle. La fée devient rouge. Elle s'énerve.

« Tu vas écouter cette histoire Draco !

- NON !!! »

Je sens tout tourbillonner. Les objets bougent. La chaise vole vers l'écran d'ordinateur et le brise. L'imprimante saute par la fenêtre. Le moniteur explose. Je m'affole. La fée rugit de colère. Il faut que je sorte de cette pièce. Elle me lance des flammes de sa baguette. Je brûle. J'enlève vivement mes vêtements. Mais les murs bougent… Tout bouge. On dirait que le plafond tombe et tente de m'écraser. Je tremble d'effroi. Quelqu'un... quelqu'un pour me sauver.

« AAAAAH !! AU SECOURS !

- Arrête, Draco ! Je t'en prie... Ne pleure pas...

- Qu'est -ce que tu fais ? Lache Draco, tout de suite, la fée ! »

Je vois une sorte de géant sortir de la fenêtre, attraper les ailes de la fée et la jeter à l'autre bout de la pièce. Qui est ce géant ? Je ne le connais pas. Il ne m'est jamais apparu jusqu'alors.

« Ça va aller ? Me demande le géant. Oh je crois que papa va gronder.»

Mes yeux s'arrondissent soudain. La porte claque. Des cris. Un raclement de gorge surgit dans mon dos.

« DRACO ! Que fais-tu sur le sol ? Rhabille-toi ! Oh mon Dieu ! Tu pues l'alcool. Regarde un peu dans quel état tu t'es mis... »

Il me prend violemment par le bras et me gifle. Son regard aurait pu fusiller la fée et le géant qui... d'ailleurs avaient disparu. Je suis seul dans un bureau saccagé, avec mon père en furie. Derrière lui se tient Théodore et d'autres employés. Pourquoi ?

« Potter lui ne s'abaisserait pas à ça ! »

Ah ! Le revoilà, ce satané Potter. Je vais finir par avoir son portrait dans mon bureau et dans le manoir.

« Je devrais lui redemander de s'occuper de toi. Mais il a refusé parce que tu es invivable, irresponsable, immature… Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi ? »

Je suis soumis à son existence: Potter ! Potter ! Toujours lui dans l'ombre. C'est amusant. Je ne le vois pas, jamais en fait, sauf sur des photos ou dans la bouche des autres. Peut-être qu'il n'existe pas. Peut-être que c'est un être fictif, issu d'un conte de fée.

Je me rhabille. Je regarde à nouveau mon père, qui après m'avoir traîné hors l'immeuble, me pousse dans la voiture.

« Papa ? »

Il se crispe, il préfère que je l'appelle «père ». Cela lui permet de renforcer le lien familial, tout en laissant de côté les sentiments, l'amour filial. Alors qu'il referme la porte de la voiture et s'installe au volant, il se retourne vers moi glacial. Je continue.

« Papa, tu ne m'as jamais raconté de contes de fée. Papa, tu n'as jamais voulu que je joue avec toi. Papa, pourquoi je n'ai pas le droit de m'amuser ? Papa, est-ce que tu m'aimes ? »

Je crois qu'il m'aurait tué s'il ne me savait pas soûl et si je ne pleurais pas.

« Parce qu'un Malfoy ne s'abaisserait pas à ça. Prend exemple sur Potter, fils. Au lieu de te tourner tous les jours en ridicule. Tu me fais honte. »

Je souris doucement. Ça réponse sera toujours la même.

« Demain, j'irai voir les Parkinson. Je ne veux plus de tes gamineries. Tu te marieras et auras des enfants comme tout le monde. Que tu le veuilles ou non ! J'en ai plus qu'assez d'attendre ton consentement pour ce mariage. Il faudra bien un jour que tu grandisses. Avec un peu de chance, Pansy sera t'enlever cette perversion pour l'alcool.

-Je préfère l'alcool et les hommes.

- Draco !

- Oui, père. Comment va Blaise, au fait ? Mon ex et toi formez un magnifique couple. Mais apparemment il n'a pas réussi à faire de toi un homme aimant. »

Clack !

Et la revoilà, la gifle, je les collectionne : celle de mon père, de mes amants, des barmans, du postier... Tout le monde me gifle. Tous sauf la bonne fée. Elle, elle me raconte des histoires.

Ou bien elle détruit ce que je hais le plus.

Aujourd'hui, elle a détruit mon travail. Demain, ce sera peut-être ma famille.

Mais cette fois, au lieu d'aller au bureau cette semaine, j'ai été enfermé dans ma chambre comme un petit enfant qui aurait désobéi à son papa adoré… Sauf que j'ai 26 ans et que j'aimerais bien m'évader. Mais sans argent, que voulez vous faire ? Mon père est riche et influent. Je suis obligé de rester sous sa tutelle si je ne veux pas avoir d'ennuis.

Mais ils sont enfin venus me chercher, les petits hommes grincheux ! Il s'en est fallu de peu cette fois pour que je me retrouve entre les mains de cette nymphomane de Pansy Parkinson. Comme si un mariage arrangé allait me rendre meilleur ! Je préfère les barreaux de cette prison et les vils policiers. Tiens, pour une fois, père n'est pas là. Il ne veut pas savoir comment j'en suis arrivé là ?

Flash-back (La veille)

Quand je pense que je devais toujours attendre le week-end pour pouvoir me débarrasser de mon cher et tendre paternel et pour parler avec la fée verte. Les gardiens du manoir étaient beaucoup plus conciliants durant ces deux jours où père était absent. Et puis un petit pourboire les arrangeait toujours.

« Qu'est-ce qu'il y a Draco ?

- Rien, la fée... Dis, tu ne veux pas me raconter une autre de ces histoires, celles où le prince charmant sauve la princesse avec son fier destrier ?

- A qui tu parles Draco ?

- Ah c'est toi Crivey ! Je me parle à moi-même. N'y prête pas attention. Ça fait longtemps qu'on s'est pas vu ! Comment vas-tu ?

- Bien... bien... Ça te dirait un verre à la maison ? Hermione est parti avec mon frère chez sa tante.

- Oh !

- Tu sais, depuis la naissance de Marius, ils vont montrer leur petit à tout le monde, en particulier à la famille. La maison est vide maintenant et...

- Bon d'accord. Je finis ce verre et je te rejoins. »

Regardant en arrière je vérifiais si la fée me suivait toujours de loin. Et je marchais au coté de mon beau blond dans la lumière des lampadaires.

C'était toujours les mêmes hommes que je retrouvais le samedi ou le dimanche soir. Ils cherchent tous du réconfort dans les bras d'un inconnu. Des hommes désertés par l'amour. Je me faisais leur confident, leur amusement. J'étais leur ange d'une nuit. Et pour les plus chanceux, je me donnais à eux le jour. Il suffisait d'une bouteille, d'un sourire et d'un coeur déchiré pour me faire fondre.

Seulement, je n'allais plus au manoir pour assouvir leurs désirs ainsi que les miens car j'avais peur. Je savais qu'il était là ! Dans le jardin public, juste en face de chez nous, il était là à m'observer à travers les branches d'un arbre. J'avais vu une fois les rayons du soleil se refléter dans ses jumelles.

Je savais qu'il y avait une ombre perchée dedans. Je la sentais.Je savais que de cet arbre, on avait une vue imprenable sur ma chambre. Je savais que l'ombre m'observait.

Au départ, je croyais que c'était un prince qui m'observait timidement. Alors,je laissais la fenêtre ouverte pour qu'un jour, il décide de venir me chercher pour m'emmener loin de ce manoir. Mais il y a eu des meurtres. J'ai lu les détails dans le journal... Quelques-unes de mes conquêtes étaient mortes. Je reconnaissais leurs noms. J'ai eu peur. Je crois que c'était lui. Ce n'était pas un prince. C'était un voyeur et peut-être un meurtrier…

Ma tête tournait ce soir-là. J'étais dans le lit de Crivey. Il était si doux. Je m'abreuvais de son étreinte comme un vampire, gémissant sous ses lèvres si fines.

« Oh Crivey donne-moi en encore de cette liqueur ! Crivey, ton regard est étrange ? Crivey ? Crivey ? »

Je l'appelais en vain. Il ne semblait plus répondre à mes baisers. Ma tête me faisait si mal. Je crois que moi aussi je tombais avec lui.

Fin du flash-back

Je regarde soudain mes mains comme mal à l'aise. Ils ne me croient pas. Ils sont là à me juger mais ils ne me croient pas.

« Vous dites, M.Malfoy, que cet homme vous observait ? Mais pourtant la femme de ménage a découvert du sang sur vos vêtements. Est-ce que ce ne serait pas plutôt le fruit de votre imagination ?

- Mais non... je vous dis qu'il était là.

- Ecoutez, M. Malfoy. Cet arbre a été abattu, il y a quelques temps. Il n'y a aucune preuve de l'existence de cet individu.

- Mais puisque je vous dis…

- Il y a vos empreintes sur le corps de la victime. Et vous êtes la dernière personne à l'avoir vu. Il y a des témoins, des preuves de votre culpabilité.

- Mais... Je...

- Vous êtes parfois sujet à des petites crises, n'est-ce pas M.Malfoy ? Les secrétaires disent qu'à votre travail, vous avez détruit, saccagé votre bureau. Est-ce vrai ?

- Oui, mais c'est à cause de la fée !

- Quelle fée ?

- La fée verte.

- Ne dites pas de bêtises !

- Attendez inspecteur. C'est elle, l'assassin ! Ce n'est pas moi !

- Stop ! Taisez-vous. M. Colin, votre amant, allait se marier. Cela ne vous a pas plu. Vous vous êtes énervé et vous l'avez tué, n'est-ce pas ? Vous avez inventé cette histoire de fée et d'homme dans les arbres.

- Non... je vous jure que je n'ai rien fait.

- Bon, je crois qu'on ne peut plus rien en tirer. Remettez-moi ça en cage. »

Je regarde le ciel gris. Les anges m'ont abandonné. Mon père n'est même pas venu me voir le jour de mon incarcération, de mon procès, de la sentence. J'étais condamné à 10 ans d'internement à l'hôpital Saint Mangouste, plaidant la folie… car oui, je suis fou. Mais maintenant, ce n'est plus l'alcool qui s'occupe de moi mais les petites gellules roses. Elles m'empêchent d'être violent. La fée a bien joué son rôle. Elle a détruit tout ce que j'avais et que je haïssais. Et cette maison blanche, quand la détruira-t-elle ?

« Vous avez de la visite M.Malfoy.

- Mon père ?

- Non, un jeune homme. »

Je m'assois dans la petite pièce réservée aux visiteurs. Et je reconnais mon rival, mon ennemi de toujours.

« Potter… »

Il sourit tristement, s'asseyant juste devant moi.

« Est-ce que tu vas bien ?

- Oh, à part des murs, des habits et des hommes un peu trop blancs, je dirais que tout baigne.

- Je suis désolé Malfoy... Tu sais ton père se faisait du souci pour toi. Et sans qu'il le sache j'ai accepté de te surveiller... Mais ce n'était pas facile. A chaque fois que je te parlais, tu étais dans ton monde. Tu ne me voyais pas. Tu me prenais pour une fée verte mais...

- C'était toi, la fée verte ! C'est toi l'assassin !

- Non. Je ne faisais juste que te surveiller en tant que fée... Et peut-être un peu trop d'ailleurs...

- Alors, est-ce que c'est moi qui les ai tués ?

- Non, je ne pense pas. Mais je n'avais pas de preuves, Draco. Alors, j'ai cherché. Je crois que l'on t'a drogué. Le barman m'a avoué qu'il avait, sur demande d'un vieil ami, mis un produit hallucinogène dans ton verre. Mais il ne m'a pas rien dit de plus.

- Est-ce que tu étais là, ce soir-là... quand j'étais avec Crivey ?

- Oui et disons que je me suis arrêté devant sa maison. Je ne pouvais pas vous épier plus longtemps. Cela faisait déjà assez mal de te voir tourner autour de tous ces hommes, alors... »

Mes yeux se concentrent soudainement sur la table qui nous sépare, je n'aime pas cette amertume dans sa voix. Mes joues rougissent de honte.

« J'ai regardé dans ton entourage et j'ai pensé à Nott. C'est peut-être lui qui a tué Crivey et les autres.

- Impossible, c'est un ami d'enfance. En plus, il était le seul à me donner un peu de boisson.

- Justement, il les a peut-être drogués...

- Non, je ne te crois pas. Il est parfait. Il était si gentil avec moi. Il me réconfortait, il a toujours été là quand j'avais besoin de lui. Et puis pourquoi aurait-il fait ça ?

- J'ai cru au départ que ces meurtres visaient à te faire enfermer et accuser à tord. Ainsi Nott pouvait facilement se venger de ton père. Sa haine envers lui était si forte. Hier au travail, il a craqué et il lui a dit des atrocités. Quand ton père a voulu le virer, il a pété les plombs... Il s'est jeté sur lui pour l'étrangler. Mais heureusement on s'est interposé...

- Non... Potter... Tu ne comprends pas. Théodore est mon ami. Même s'il voulait se servir de moi pour se venger de mon père, il se serait directement attaqué à lui, pas à moi.

- Comme je te l'ai dit c'était ma première hypothèse ! Et je pense comme toi qu'elle est en partie fausse. J'ai appris qu'il voulait te sortir d'ici en te mettant sous sa tutelle. Mais ton père a refusé et il s'est énervé.

- Je ne comprends pas. Alors pourquoi m'aurait-il fait accuser à tord si c'est pour pouvoir me libérer ensuite ?

- Draco... Je pense qu'il a tué tes amants car il t'aimait. Mais son plan a sûrement mal tourné. Après les avoir tué, je suis persuadé qu'il a voulu me faire porter le chapeau… car disons qu'il était jaloux de ma présence à tes cotés. Il m'a menacé à plusieurs reprises de ne plus m'approcher de toi. Il savait que je te suivais presque à chaque fois que tu sortais. Et j'étais aussi présent le soir du meurtre. Peut-être a-t-il voulu me tendre un piège, et me faire arrêter ce soir-là en appelant la police. Mais en te voyant dans les bras de Crivey en train de... enfin de… je me suis enfui. Et Nott n'avait sans doute pas prévu mon départ précipité.

- Tu es ridicule Potter. Qui me dit que ce n'est pas toi, le meurtrier ? Après tout, tu m'espionnais ! Et puis Nott aime les femmes, il ne s'intéressait pas à moi.

- Cite-moi s'en une...

- Tu l'as interrogé ?

- Il s'est jeté par la fenêtre. Dix étages : il n'a pas survécu.»

Je me sens comme électrocuté par la foudre. Potter embrasse doucement ma main, une larme roule lentement sur ma joue. Un flux de sentiments me ronge les entrailles et transperce mes yeux et mon coeur. Je me sentais soudainement coupable de sa mort et un énorme doute raisonnait à l'intérieur de moi. Est-ce que c'était vraiment lui, le meurtrier ?

« Et même s'il n'a rien avoué, tu penses que je suis innocent et que c'est lui le coupable ?

- Nott a peut-être fait en sorte que je ne le voie pas. Mais Draco, tu n'es pas un tueur. Tu sais quand tu ne voulais pas écouter mon histoire sur moi-même, Harry Potter. Tu t'es mis à pleurer car je me suis énervé. J'ai un peu débloqué et j'ai un peu saccagé ton bureau.

- Pourquoi t'as fait ça ?

- Parce que tu me détestes, tu me hais... Et je n'ai pas supporté cette idée. Alors de rage j'ai renversé tout ce qu'il y avait sur ton bureau. Quand je t'ai vu rouler en boule, le visage couvert de larmes, déchirant tes vêtements, j'ai paniqué et j'ai essayé de te réconforter. Tu avais l'air si fragile. Mais Nott est arrivé, il m'a frappé et jeté en dehors de la pièce. J'ai bien vu son regard tu sais. Il t'aimait, c'est certain. Et il a bien vu mon comportement trop affectueux envers toi. Ensuite, ton père est arrivé et il t'a emmené. Je m'en veux terriblement. Je n'aurais jamais dû m'emporter.

- Tu n'as pas à t'en vouloir pour ça, je dis hésitant.

- Tu m'as toujours considéré comme un rival, Draco, et ce n'est pas facile à gérer. J'ai essayé de t'oublier en me mariant. Mais j'ai échoué et j'ai divorcé. Aujourd'hui, je suis de ton côté, Draco.

- Tu ne peux plus rien faire pour moi.

- Si, tu vas me suivre. J'ai payé l'infirmier pour qu'il te laisse sans surveillance, ce soir. Tu vas me suivre et tu t'enfuiras avec moi. N'oublie pas qui je suis, Draco.

- Oui... Harry... »

Je ne peux m'empêcher de sourire fébrilement à cet homme de la nuit, mes larmes tombant toujours sur ses mains si douces. Je sais que ma vie sur cette terre sera toujours liée à la sienne par un lien invisible. Il caresse mon visage lentement. Son doux parfum voulait m'emporter dans un autre univers.

« Tu es la bonne fée. »

Je ne serais jamais si j'étais innocent ou coupable, ni si c'était Nott ou peut-être Harry le meurtrier. Mais je suis certain d'une chose, c'est que je veux garder cette lueur envoûtante dans ses yeux, rien que pour moi.

« Et si tu es sage Draco, je ferais de ta vie un véritable conte de fée. »

Il est l'ombre de moi-même, l'ombre qui me suit partout où je vais et qui est peut-être la seule à pouvoir me sortir de l'Enfer dans lequel j'avais plongé…

Fin

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Et voilà j'ai essayé de donner à chacune de ces OS un POV différent dans leur style, mais qui se complètent. Les mêmes thèmes sont de nouveau abordés: le problème de la drogue, des sentiments, de l'oublie de la réalité par l'illusion ou la folie,... J'espère que ça vous a plût, et que j'aurais droit à un petit commentaire...kiss kiss