N/A : Merci pour les reviews et désolée pour l'attente, mais le site bug depuis plusieurs jours, mais on vient de m'expliquer comment faire pour passer ce petit probléme, donc le chapitre 3.


3 jours plus tard.

L'enterrement de Mary Winchester, ou du moins l'inhumation de quelques cendres, ce passa très simplement. Peu de personnes avaient fait le déplacement, les amis de la famille Winchester ne se comptant même pas sur une main. Seule Missouri, Mike –l'ancien partenaire de son père- et sa femme Kate, deux ou trois policiers qui travaillaient avec Dean, le médecin qui soignait sa mère et une infirmière, et un journaliste du Lawrence Tribune sûrement là à cause du vague souvenir de la disparition de Sammy, étaient présents, tous plus pour Dean que vraiment pour rendre un dernier hommage à Mary.

Dean le savait et il n'avait rien prévu pour après. Il voulait être un peu seul, mais Missouri ne semblait pas vouloir le laisser, peut-être avait-elle peur qu'il ne fasse une bêtise ? Mais Dean avait la tête ailleurs à tout ça. Il pensait encore à ce qu'il avait vécu le soir de la mort de sa mère, il n'arrivait toujours pas à comprendre ce qui s'était passé. Le retour de cimetière fut aussi triste et lugubre que l'enterrement.

Dés que Dean passa la porte du salon, il sentit une présence dans la pièce. Il porta, par réflexe, sa main vers son arme, s'en voulut mentalement de l'avoir laissé dans sa chambre.

"Je ne vous veux pas de mal" dit une voix, venant du fond de la pièce.

Dean alluma le plafonnier. Un homme était assis dans un des fauteuils, une capuche de sweet rabattu sur le visage.

"Levez-vous !" lui ordonna Dean, en attrapant le premier objet qui lui paraissait suffisamment menaçant, un couteau de chasse.

L'homme obtempéra en levant les mains en l'air, en signe de bonne volonté.

"Je veux voir votre visage !"

L'inconnu s'exécuta. Il semblait plus jeune que Dean, peut-être 22 ou 23 ans maximum, mais il était légèrement plus grand. Une longue et fine cicatrice lui balafrait une partie de la joue gauche, passant prés de l'œil. C'est par ses yeux que Dean fut le plus marqué, ils lui donnaient beaucoup plus que son age physique, beaucoup plus.

Dean se ressaisit et s'approcha, le fouilla et vérifia son portefeuille.

"Karl Meyvaert" lut-il tout haut.

"C'est un nom comme un autre" répondit Karl.

Dean sentit comme une odeur de brûlé sur les vêtements de Karl. "C'est vous… C'est vous qui étiez à l'hôpital, devant la chambre de ma mère… Et c'est vous qui m'avez forcé à sortir… J'en suis sûr. Qu'avez-vous fait ?"

"Rien. Du moins rien de ce que vous pensez" se défendit l'inconnu, toujours les mains levées.

"Bien sûr ! Je vous vois sur les lieux d'un crime et maintenant chez moi, et vous voulez que j'avale ces balivernes" s'énerva Dean. Il était à bout nerveusement et physiquement. Il allait appeler le shérif.

"Ecoutez moi, avant d'appeler la police… Demandez à votre amie. Elle sait que je ne mens pas !"

Dean se tourna pour voir que Missouri l'avait suivi dans la maison. Elle était assise sur le canapé et observait Karl avec un regard étrange.

"Missouri ? Qu'est que vous avez à voir avec tout ça ? Vous connaissez cet homme ?" Dean était perdu. Quelque chose était entrain de lui échapper. Ho oui ! Sa vie. Il venait d'enterrer sa mère qui avait été quasi tué sous ses yeux, et maintenant un inconnu s'était introduit chez lui par effraction et lui demandait d'interroger Missouri.

"Je ne connais pas cet homme, mais il a raison. Il est là pour t'aider. Je le sens et je peux lire ses pensées… Comme les tiennes. Tu as l'impression de devenir fou, et pourtant tout cela est bien réel."

"Qu'est que… Que me voulez-vous à la fin ?" s'énerva Dean.

"Je veux vous aider, mais je crois que j'ai échoué" répondit très simplement Karl, en reprenant sa place.

"M'aider ? Vous avez tué ma mère" hurla Dean, se retenant à peine de se jeter sur lui, sentant la colère qu'il gardait enfuie au fond de lui depuis trois jours remonter.

"Je n'étais pas dans la chambre de votre mère. Je n'ai pas eu le temps, vous m'avez surpris avant… Ecoutez, je ne voulais pas que votre mère meurt, je vous assure !"

"Dean" murmura Missouri. Elle sentait tous les sentiments contradictoires qui se bousculaient dans la tête du jeune homme. Elle était très intriguée par le nouvel arrivant. Elle sentait une grande puissance en lui.

"Je viens d'enterrer ma mère, et vous me sortez que vous voulez m'aider ? Vous ne pouvez rien pour moi."

"Je sais ce que vous ressentez…"

"Vous avez déjà vu votre mère, la seule famille qui vous reste, être assassiné devant vous ?" demanda Dean, avec un air de défi.

"J'ai vu beaucoup plus de choses que vous ne pourrez jamais imaginer et que j'espère vous ne verrez jamais." La voix de Karl était froide et aussi coupante qu'un couteau.

Dean tenta de le regarder dans les yeux, mais baissa rapidement les yeux. Ce qu'il y avait lu confirmait ses paroles.

"Je sais que vous êtes rentré dans la chambre, que vous vous êtes avancé vers le lit vide et que vous avez vu la tache de sang. Vous l'avez touché, et que vous avez levé la tête. Et vous l'avez vu, au plafond, une plaie saignante à l'abdomen, puis une vague de feu" raconta Karl, d'une voix toujours aussi froide.

"Comment ?" fut la seule question que Dean parvint à articuler.

"Cela fait quelques semaines que je fais ce rêve. Mais je n'ai eu qu'une vision claire que quelques heures avant. Je pensais arriver à temps, mais encore une fois il fut plus rapide que moi."

"Vous savez qui… Qui a fait ça ?" demanda Dean, surpris par cette révélation, sans vraiment ce rendre compte que l'inconnu venait de lui avouer avoir vécu tout ça dans une prémonition.

"Plutôt quoi. Mais je pense que vous avez eu assez d'émotions pour aujourd'hui" conclut Karl.

Dean resta un moment silencieux, son regard allant entre ses deux invités.

"Non, je veux savoir maintenant !" s'exclama Dean.

"Le Démon" répondit simplement Karl.

"Un démon" répéta Dean, avant d'éclater de rire. Pour qui le prenaient-ils ?

"Je sais que cela paraît complètement fou, mais… "

"Sortez !" ordonna Dean, en reprenant son calme. "Je ne sais pas ce que vous voulez, ni pourquoi vous êtes là, mais sortez de chez moi ! Maintenant !"

Karl observa Dean quelques instants, puis se leva. Il reprit la parole avant de franchir le seuil du salon. "Elle en avait trop vue… C'est pour ça qu'il l'a tuée. La seule chose que je ne comprends pas, c'est pourquoi maintenant, 22 ans plus tard."

"Attendez !" le retint Dean, se tournant vers l'étranger. "Qu'entendez-vous par 22 ans plus tard ?"

Karl dévisagea le policier. "Le 2 novembre 1983, Samuel Winchester, alors âgé de 6 mois et dernier membre de la famille, disparaît en pleine nuit de son berceau. Aucune trace, aucun indice, rien, comme si il s'était volatilisé. La seule chose qui laisse supposer à un enlèvement, c'est l'ombre que votre mère a vu. Mais ce genre d'ombres ne s'attrapent pas, du moins pas avec des menottes, inspecteur Winchester" expliqua Karl, comme s'il racontait une histoire.

Dean resta silencieux. Ce pouvait-il que ce Karl machin-chose sache quelque chose sur la disparition de Sammy ? Il savait qu'il ne devait pas faire confiance, ce n'était pas le premier à venir clamer haut et fort qu'il savait où Sam se trouvait… mais lui, il ne lui avait pas dit où Sam se trouvait, mais juste qu'il savait qui l'avait enlevé.

"Vous savez où es Sammy ?" demanda Dean, d'une voix tout juste audible.

Karl parut se radoucir, et l'espace d'un instant, Dean crut lire de la compassion dans son regard.

"Non. Et même si je le savais, je pense pour vous que c'est mieux que vous ne sachiez rien, que vous continuiez à penser qu'il est mort… car ce qu'il a vécu, c'est pire que la mort."

Cette fois, Karl allait partir.

"Non ! Restez… Dites moi, je veux savoir… s'il vous plaît" supplia Dean.

"Ho, Dean ! Je crois que tu devrais écouter Karl" murmura Missouri. Elle n'arrivait pas à percer les pensés du fameux Karl, mais ce qui enveloppé le jeune homme, laissait supposer une vie difficile.

"Non… C'est mon frère… Je veux savoir, j'ai besoin de savoir" coupa Dean.

Karl resta sur le pas de la porte, scrutant la nuit.

"Vous devriez rentrer Missouri…. Vous avez de quoi vous protéger ?" demanda Karl.

La médium hocha de la tête, prit ses affaires, et observa les deux hommes.

"Je considère Dean comme mon fils… Si vous lui faite du mal…" menaça-t-elle, en s'arrêtant devant Karl.

Il posa sa main sur la sienne, et la laissa renter dans son esprit. Missouri resta interdite, puis, elle arracha sa main de la sienne, observant le visage du jeune homme, et lui sourit tristement.

"Faites attention à lui. Il ne connaît rien de tout ça… Je ne voudrais pas…"reprit-elle, comme rassurée par ce qu'elle avait lu.

"Je sais. Mais vouloir le protéger à tout prix, est-ce bien ?"

Missouri soupira. Elle jeta un dernier regard vers les deux garçons. Elle pouvait prédire qu'elle ne les reverrait pas de si tôt.

Une fois la psychique partie, les deux hommes restèrent silencieux. Dean avait fait du café et s'était rajouté une grande rasade de whisky. Il avala la première gorgé en grimaçant avant de tout jeter dans l'évier. Il n'avait pas l'habitude de boire. Il avait vu les dégâts que cela avait fait à son père et il s'était juré de ne jamais toucher une goutte d'alcool, et ce soir venait de rajouter une raison supplémentaire : il détestait l'alcool.

"Alors ?" le relança Dean, en voyant que Karl ne prévoyait pas de parler.

"Je vous l'ai dit. Je ne vous dirais rien sur votre frère. Je ne sais pas où il est…."

"Mais vous savez quelque chose ? Il est en vie ? Il va bien ?"

"Il est en vie. C'est tout ce que je peux vous dire."

Dean regarda Karl dans les yeux. Comment quelqu'un d'aussi jeune pouvait-il avoir l'air si vieux et si triste ? Se demanda-t-il. Pourtant, de par son travail, il avait vu beaucoup de choses, côtoyé les pires horreurs, et là, devant Karl, il avait l'impression de toucher quelque chose d'encore plus profond, d'encore plus horrible que tout ce que l'on peut imaginer.

"Vous l'avez croisé ? Je veux dire, vous lui avez parlé ?" continua Dean, comme enivré par les révélations de Karl.

"Ecoutez, Dean, Sam n'est rien de ce que vous imaginez, en bien, comme en mal. Il est différent de vous, différent de l'image que vous en avez. Il n'a rien à voir avec le Sammy que vous rêvez !"

Dean ne répondit pas, car même différent Sam restait son Sammy, son petit frère.

Soudain, l'inconnu se leva et se dirigea vers la porte de la cuisine. "Je n'aurais pas du venir. Je voulais m'assurer que vous alliez bien, mais je n'aurais pas du rentrer en contact avec vous. Ce fut une erreur. Veuillez me pardonner" dit-il, alors qu'il avait déjà la main sur la poignet.

"Non… Merci… Je veux dire que vous me laissez encore un peu d'espoir de croire que Sammy va bien et qu'un jour on sera à nouveau réuni. Je viens de perdre la dernière personne qui l'a connu, je n'ai plus personne à qui parler de Sammy, pour qui tout cela n'est pas une vieille histoire qu'on raconte pour se faire peur."

Dean regarda Karl dans les yeux, mais le jeune homme ne montra aucun sentiment, comme si il n'avait aucune idée de ce que cela pouvait être, ou de comment les montrer.

"Vous avez un endroit pour dormir ?" lui proposa soudainement Dean. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait envie de lui faire confiance, ou peut-être n'avait-il pas envie d'être seul ce soir et l'inconnu ne semblait pas avoir dormi dans un lit depuis pas mal de temps, voir même il ne semblait pas avoir dormi du tout depuis un certain temps.

Karl sembla hésiter quelques minutes, avant d'accepter.