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Chapitre 10

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Durant tout le trajet vers New York, Gibbs c'était demandé quel genre d'homme pouvait être Amanzio DiNozzo. Si il se fiait aux trop rares descriptions de Tony et à ce qu'il avait appris ces derniers jours, l'homme lui paraissait des plus antipathiques et autoritaires. Et ce fut avec cette image là, que l'agent du NCIS se présenta au siége de la compagnie DiNozzo.

La secrétaire introduit Gibbs dans le grand bureau. Il jeta un regard circulaire rapide. Tout y était froid, rien de personnel, si ce n'est quelques photos de DiNozzo senior avec quelques politiciens ou stars en vues. Puis son regard se porta sur l'homme qui se tenait de l'autre côté du bureau. Les deux hommes se jaugèrent du regard.

Gibbs avait toujours pensé que Tony avait les yeux de sa mère, mais il constata que c'était tout le contraire. Il ne pouvait pas nier la ressemblance entre le père et le fils.

"Agent Gibbs" fit Amanzio DiNozzo, en désignant l'un des fauteuils.

Gibbs s'installa face à lui. Ils restèrent silencieux encore un moment, continuant à s'évaluer.

"Ainsi vous cherchez Anthony ? Je croyais qu'il n'était plus sous vos ordres ?"

"La démission de Tony ne prend effet que dans quelques heures, jusque là, je peux le réquisitionner si je veux" expliqua Gibbs d'une voix froide.

"Vous êtes tatillon… mais, je ne sais pas où est Anthony" répondit Amanzio, sur le même ton.

Gibbs resta encore un moment assis, avant de commencer à se relever, voulant ainsi mettre fin à cette conversation, même si il devait avouer qu'il était déçu par le peu de combativité de la part de la personne qui l'empêchait de faire son travail.

"Pourquoi êtes-vous si attaché à mon fils ? De tout ceux qui ont voulu percer son mystère et tenter de le sauver, vous êtes celui qui est allé le plus loin… exception faite pour Augustins, mais lui connaît la vérité."

Gibbs se rassit. "Tony est un bon agent…. Un très bon agent. Je ne veux pas voir son potentiel gâché à cause d'une erreur que vous avez commise."

"Au moins vous êtes directe. Anthony excelle dans tout ce qu'il entreprend, que cela lui soit bon ou pas. Si il voulait, il pourrait être à ma place, et je suis sûr que le chiffre d'affaire de mon entreprise serait bien supérieur… Anthony a cette capacité à cerner les événements et les gens très vite… je n'ai jamais vrai su comment il s'y prenait, mais c'est un don ! "

Gibbs fut surpris. Il s'attendait à voir un homme prêt à cracher sur son fils, et il avait le droit au contraire.

"J'ai l'air de vous surprendre, agent Gibbs ? Vous pensiez que je détestais Anthony à ce point ? "

"J'avoue que oui. Après les derniers événements."

"Je n'aime pas Anthony, mais je ne le déteste pas non plus… Disons, que nous nous supportons sans qu'il y ait d'affinité. Cela doit vous surprendre, vous qui avez été jusqu'à vous venger de l'homme qui vous a pris votre fille."

Gibbs ne releva pas l'information, mais cela confirmait la puissance de la famille DiNozzo.

"Je ne voulais pas d'enfant, agent Gibbs. Mais ma femme, Ellen, avait dix ans de moins que moi. Elle m'a épousé car je ne suis pas le genre d'homme à qui on ne dit pas non. Pendant quatre ans, nous avons appris à vivre ensemble, puis un soir, elle m'a dit qu'elle voulait fonder une famille. J'ai pris ça pour une marque d'amour… mais j'aurais préféré qu'elle me demande un voyage à Paris pour elle et son amant. J'ai refusé et tenu bon pendant deux ans, mais plus je lui interdisais, plus elle s'éloignait de moi. Un jour, il a bien fallu que je me rende à l'évidence, elle allait me quitter. Alors j'ai accepté, je lui ai fait un enfant. Elle était à nouveau heureuse. Vous auriez du la voir lorsqu'elle attendait Anthony. Mais ne vous méprenez pas, agent Gibbs, je ne voulais pas d'enfant, non pas parce que je ne les aime pas, ou parce que j'avais peur de perdre la femme de ma vie… non, je ne voulais pas que mes gênes, que mon sang puisse être mélanger avec celui d'une femme aussi unique qu'Ellen. Malheureusement, mon cauchemar c'est réalisé, Anthony me ressemble… peut-être que s'il avait tenu plus de sa mère, j'aurais pu l'aimer, du moins un peu."

Gibbs resta silencieux face à cette confession. A vrai dire, il ne s'attendait pas à ça, et en fut plutôt étonné.

"J'avoue que je protége l'image d'Ellen, en protégeant Anthony. Si la vérité éclate au grand jour, vous risquez de briser beaucoup de choses, agent Gibbs ! Vous vous doutez bien que je n'utiliserais pas tous ces moyens pour cacher un vol de voiture ou quelques joins que mon fils aurait pu fumer ?"

Gibbs acquiesça, toujours silencieusement.

"Je ne vous retiendrais pas… mais ce n'est pas à moi de vous dire la vérité, mais à Anthony. Elle lui appartient, en partie. Mais si vous dévoilez la moindre information, je m'assurerais personnellement de vous faire taire. Augustins vous attend en bas."

Gibbs se leva sans un mot. Cette vérité est-elle si dure ? Si épouvantable ?

L'ancien inspecteur de la criminelle l'attendait bien juste devant le building. Il lui fit signe de monter à bord d'une simple voiture. Augustins se faufila dans la circulation, et rapidement, quitta la ville, puis l'état, en remontant vers le Nord. Ils roulèrent toute la nuit et encore une bonne partie de la journée suivante, ne s'arrêtant que pour manger un morceau, boire un café, fumer une cigarette et faire le plein d'essence. Ce ne fut qu'enfin d'après midi, qu'Augustins se gara devant une petite maison, face à la mer.

Les autres pavillons les plus proches devaient se trouver à au moins deux kilomètres. Il n'y avait aucun bruit si ce n'était le ressac et le vent. Il n'y avait personne en cette saison, et les autres baraques semblaient fermées.

"Il est là" dit enfin Augustins, de son air bourru.

Gibbs se retourna, Augustins s'était adossé à la voiture, une nouvelle cigarette pendue aux lèvres.

"Merci" murmura Gibbs, en s'avançant vers la maison.

"Agent Gibbs ?" le rappela Augustins, cette fois il le dévisageant. "C'est pour le môme que j'ai fait tout ça, pas pour son véreux de père" se justifia-t-il.

Gibbs allait répondre qu'il savait. Il l'avait compris en constatant que seul Augustins semblait savoir où se trouver Tony. Mais Augustins ne lui laissa pas le temps.

"Vous devriez aller !"

Augustins se redressa et partie à pieds en direction de la dernière ville qu'ils avaient croisée.

L'ancien marin hésita, puis tourna la poigné et rentra dans la maison.