Chapitre 14 : Le mariage de ma meilleure ennemie

A la veille du mariage, aucun des essais de désenvoûtement de Rogue et Lupin n'ont fonctionné. Ils en sont donc venus à la conclusion que Célia a bel et bien choisit ce mariage de son plein gré.
Vers minuit, Mélina fait irruption au château complètement affolée. C'est Rusard qui, la voyant arriver dans cet état, la conduit chez les Lupin non sans songer à appeler l'Unité Spéciale Anti-Détraqués de Ste-Mangouste. Tandis que Nymphadora essaie de calmer la jeune femme, Remus jette une poignée de poudre de cheminette dans leur âtre afin de prévenir son collègue.
Dès l'arrivée de Severus, Mélina s'explique
-J'ai surpris une conversation entre Max et son père. Ils disaient qu'après le mariage il faudrait l'enfermer sinon elle risque de se sauver en reprenant conscience. Max a ensuite demandé à son père si elle ne risquait pas sa vie en « avalant ce truc ». Il lui a rétorqué que non mais qu'il faudrait cependant envisager de ne lui en donner que pour les sorties !

Reprenant lentement son souffle après avoir débité d'un trait ces explications, Mélina poursuite :
- Je n'y comprends rien mais j'ai terriblement peur ! Que font-ils subir à ma sœur ? Je n'ai même pas pris le temps de prévenir Lila et je suis venue aussitôt.
- Je me charge de la prévenir, répond Nymphadora. Je vais lui envoyer un hibou dès que nous aurons réfléchi à ce qu'il convient de faire. Mélina vous dormirez ici ce soir. Je pense qu'une potion de sommeil, légère, précisât-elle devant le regard affolé de son interlocutrice, vous fera le plus grand bien.

Rogue acquiesce face à la sage proposition. Les 4 amis réfléchissent ensuite à cette étrange situation mais ne voyant réellement pas comment agir, le Maître des Potions leur propose son ultime va-tout :
- Essayons le Felix Felicis. Ca lui apportera de la chance. Et selon toute logique si elle ne souhaite pas vraiment ce mariage … il n'aura pas lieu !

Sur ces paroles loin d'être particulièrement réconfortantes, les 4 amis se séparent pour tenter de prendre quelques repos.

Le lendemain en fin de matinée une grande assemblée bigarrée est réunit dans la magnifique salle du bal de la propriété familiale des DeLaFontenaille. Pour ne pas courir de risque que des moldus soient témoins de démonstration de magie, quasiment aucun membre de la famille Rella n'est présent à l'exception des parents de la fiancée et de ses sœurs. Le côté qui leur est réservé est donc essentiellement occupé par les amis et collègues sorciers de la jeune femme, soit une quarantaine de personnes. De l'autre côté en revanche, la foule semble s'engouffrer sans fin dans la vaste pièce : famille, amis, relations diverses et variées ont été conviées et finissent par s'installer du côté de la mariée tant ils sont nombreux.

La salle est richement décorée, beaucoup trop au goût de nos amis, qui supportent difficilement cet étalage sans subtilité des moyens financiers du futur époux.

Puis enfin la musique retentit. Le marié entre au bras de sa mère. Il est superbement suffisant dans sa robe de sorcier couleur crème au dos de laquelle les armoiries de sa famille sont brodées en fil d'or. A ses côtés, sa mère porte une robe jaune d'or très élaborée avec des fils d'or ici et là.
Derrière eux, le père du marié escorte Mme Rella. Il serait difficile de faire plus bigarrées comme couple. Lui arbore une robe en velours grenat brodée comme son fils. Il a le front haut et contemple l'assemblée avec dédain. Sa compagne, quant à elle, porte une robe moldue dessinée par un grand couturier français ami de la famille. Les lignes en sont si simples qu'elle en paraît sophistiquée. Elle gratifie chacun d'un doux sourire qui cache difficilement les yeux rougis par des nuits de larmes et d'angoisse.

La musique s'éteint alors et la marche nuptiale moldue traditionnelle emplie le lieu ouvrant ainsi la voie à la mariée. Escortée de son père, elle irradie dans sa robe ivoire brodée du même fil dorée que son époux. Un voile recouvre son visage maintenu par une couronne de rose rouge.

Après avoir patiemment écouté les sages paroles du marieur, le moment tant attendu, si redouté arrive.
Alors que le marié récite ses voeux de fidélité, une ombre semble passer sur le visage de Célia. Elle s'affaisse légèrement, si légèrement que seuls ses amis, qui guettent l'éventuel désenvoûtement, perçoivent ce qui se passe. Au moment où le marieur, lui donne la parole, le regard de Célia semble vide. Elle ne dit rien.
Des murmures s'élèvent dans la salle. Aurait-elle changé d'avis ? Du côté des Rella on reprend espoir.
Soudain elle s'effondre, évanouie.
De toute part on accourt. Un médicomage, invité de la famille, se fraie un passage et, alors qu'il suggère de la conduire à ste Mangouste, elle reprend connaissance. Son visage se recolore.
- Ca ira dit-elle dans un souffle. L'émotion sans doute, j'aurai dû manger quelque chose ce matin. Continuons.

Et comme dans un cauchemar, les Rella et leurs amis assistent impuissants à l'échange des consentements qui scellent définitivement l'union du couple.
Pendant le repas, leurs mines déconfites tranchent avec la joie ambiante. On parle peu à leur table. Quand arrive le dessert, Molly Weasley tente de relancer la conversation en détournant le sujet :
- Alors les garçons, demande-t-elle à Harry et Ron, si vous nous racontiez comment se passe votre stage chez les aurors.
Ainsi bon gré, mal gré un semblant d'ambiance refait surface tandis que Nymphadora apporte thé et café à ses amis.

- Du sucre dans ton café Hermione ? Questionne-t-elle en lui tendant une tasse.
- Non merci, les mélanges de ce genre ne me réussissent pas.
- Qu'avez-vous dit ? demande Rogue avec brusquerie.
- Que les mélanges …
- Mais oui c'est ça ! Je reviens dans une heure tout au plus ! Faites en sorte que les mariés ne s'esquivent pas avant.

Puis ayant donné ses consignes, Severus file comme une flèche suivi par les regards interrogateurs de ses voisins de table. Il ré -apparaît au bout d'une bonne heure et demie et constate avec soulagement que le couple DeLaFontenaille n'a pas encore déserté les lieux pour sa nuit de noce.

Alors que Célia vient saluer ses amis avant de prendre congé, forçant sa nature renfrognée, Severus lui tend une coupe de Champagne :
- Vous n'allez tout de même pas partir sans boire un dernier verre de ce délicieux breuvage avec nous, n'est-ce pas ?
- Bien sûr que non, répond-elle souriante.
Chacun saisit alors sa coupe et trinque à la santé des mariés. Rogue observe avec inquiétude la jeune femme qui avale l'intégralité de son verre. La tension est palpable mais rien ne se produit et les époux s'éclipsent quelques minutes plus tard.
- C'est définitivement fichu alors ?
- Patientons, répond mystérieusement le Serpentard. Patientons quelques heures.
Et sur ces paroles pleines d'espoir, les convives se séparent songeurs.