Chapitre 18 : … et colère
Furieux, il file en direction de sa réserve et vérifie son inventaire de la veille au matin avec la réalité. Il a deviné juste ! Les ingrédients de cette satanée potion d'amour ont disparu ! Refusant d'admettre, ce que la mixture lui laisse entrevoir, il se prend à tourner en rond dans la pièce attendant impatiemment que les effets s'estompent. Au bout d'une petite heure, il arrive à récupérer ses esprits et, avec une lueur malicieuse dans l'œil, quitte la réserve. Après en avoir fermé la porte, il marmonne quelques paroles en agitant sa baguette. Puis, satisfait, s'éloigne.
Le soir même, le professeur Rella entre telle une Vélane en colère dans son bureau et claque la porte rageusement. Son visage et sa robe sont recouverts d'un liquide verdâtre qu'elle a hâtivement tenté de nettoyer.
-
Professeur Rogue !!!!!!!! Comment avez-vous pu oser ?
- Bonjour
chère collègue, répond celui-ci ironiquement.
Que puis-je pour vous ? Que vous est-il arrivé par Merlin ?
demande-t-il faisant mine de ne rien comprendre.
- Oh ne prenez
pas cet air innocent. Vous savez très bien de quoi je vous
parle. Vous avez mis un sort pour m'empêchez de pénétrez
dans la réserve d'ingrédients !
- Cette réserve
est MON domaine. Vous n'avez rien à y faire. D'ailleurs je
trouve très louche votre manie de piocher là-dedans
régulièrement.
- Ce que j'y fais ne vous concerne
pas. Cette réserve est la propriété de l'école
et que je sache vous n'avez pas l'exclusivité de la
conception des potions !
- Dans ce cas, faites vous votre propre
réserve en piochant dans vos gallions. Ces ingrédients
me sont nécessaires pour le cours de potion.
Rogue
et Rella se font face le regard plein de défi.
- Vous
n'êtes qu'un rabat-joie mal embouché. Lui
crache-t-elle au visage. Je vous la laisse votre précieuse
réserve.
Soudain,
alors qu'elle ne s'y attend pas, il la plaque contre le mur
menaçant :
- Ne vous avisez plus de m'insulter ! Est-ce
clair ? Et sachez que je n'aurai pas agi de la sorte si vous vous
étiez abstenu de me jouer cette farce grotesque !
- Je ne
comprends absolument pas à quoi vous faites allusion ! Quelle
farce ?
- Ne jouez pas à l'innocente ! Je vous parle de
votre fichue potion, celle que vous avez enseignée à
mes élèves !
- Mais je n'en ai pas fait depuis des
mois !
- Si ce n'est pas vous, qui alors ? Mais sans attendre
de réponse, l'évidence lui saute au visage :
Marchkroyd … encore !
Alors
qu'il s'apprête à laisser partir sa captive, la
question qui lui brûle la langue depuis des semaines lui
revient :
- Dites-moi d'abord pourquoi vous voulez tant accéder
à cette réserve.
- Vous êtes un peu trop
curieux !
- J'ai mes raisons.
- Très bien si ça
peut vous faire plaisir. J'essaie véritablement de
confectionner un philtre d'amour pour vous séduire mon cher
! Mais un qui soit efficace !
- Vous vous moquez de moi ! Je
n'aime pas ça !
- Vous n'avez vraiment aucun sens de
l'humour. Très bien, si vous voulez tout savoir, je me
confectionne des antidotes contre les philtres que mon ex pourrait
tenter de me faire consommer !
- Vous ne me mentez pas cette fois
?
- Je ne plaisante jamais quand il est question de mon intégrité
! Répond-elle sèchement. C'est peut-être pour
ça que je suis la seule enseignante à n'avoir pas
perçu les effets de la potion feelusmajorus … car je pense
qu'elle nous en a fait consommer à tous ce midi.
- Vous
devez avoir raison. Je vous redonne l'accès à la
réserve. Mais à l'avenir, notez ce que vous prenez
que je puisse me réapprovisionner, dit-il avec un peu plus de
douceur dans la voix.
- Merci.
Il
continue malgré tout de la bloquer, chacune des ses mains
contre le mur de part et d'autres de sa taille. Elle essaie de le
repousser mais n'y parvient pas.
- Dites-moi Severus, vous vous
êtes musclé dirait-on ? dit-elle ironique.
- J'ai
tenu compte de vos remarques acerbes et depuis j'essaie de me tenir
en condition pour être à votre niveau ma chère,
dit-il souriant de façon narquoise.
- Vous permettez que je
vérifie cette musculature ? Ce faisant elle passe ses mains
sur son torse.
Agréablement
surpris par ce contact, il se relâche un peu...et elle en
profite pour se sauver !
- Garce, dit-il sans agressivité,
souriant même malgré lui, en la regardant partir
-
Vous aimez ça, non ? lui lance-t-elle déjà loin
tout en souriant également. Encore merci pour la réserve !
