Chapitre 21 : Grosse frayeur

Depuis plusieurs semaines, Severus évite soigneusement Célia. Il ne peut se départir du pincement de jalousie qui l'a envahi quand, au lendemain du bal, elle leur a annoncé que Charlie Weasley allait s'occuper de Maximilien. Il n'a pu s'empêcher non plus de noter que le même Charlie a envoyé plusieurs courriers à l'enseignante française et qu'elle affichait à leur lecture un sourire de béate adoration !
Toutes les tentatives de renouement de dialogue que leurs amis ont tenté ces derniers jours virent systématiquement à l'échec tant Rogue se montre agressif et acide vis-à-vis d'elle.

Le soir du 15 mai, Nymphadora vient frapper furieusement à la porte de l'appartement de Severus. Celui-ci lui ouvre sans tarder, il est encore habillé malgré l'heure tardive.
-Severus, il faut que tu viennes vite. Il s'est trompé de flacon. Il l'a emmené. Vite.

Interloqué le professeur de potions ne comprend pas un traître mot de ce que vient de lui débiter à vitesse grand V la jeune femme.
- Regarde dehors ! lance-t-elle exaspérée en s'éloignant.
- C'est la pleine lune et alors ? Remus possède une potion qui fonctionne depuis que j'ai réussit à stabiliser l'émulsion avec une larme de licorne que je sache !
- Oui mais il n'a pas bu le bon flacon… il s'est métamorphosé ce soir ! S'écrit en larmes la jeune femme.
- QUOI ! Il est dans le château ? Les élèves…
- Les élèves ne risquent rien … mais il nous a attaqué.
- Qui nous ? demande-t-il tout en prenant enfin conscience des déchirures sur les vêtements de sa compagne.
- Célia et moi. … Il ne m'a quasiment rien fait, peut-être au fond de lui m'a-t-il reconnu ? Mais pour elle …
- QUOI ?! rugit-il
- Il l'a emmené … dans la forêt.

Entendant cela, Rogue se met soudain à courir en direction du parc sans même songer à avertir qui que ce soit ! Nymphadora le suit tant bien que mal pour lui indiquer le chemin emprunté par les deux malheureux. Au moment de pénétrer dans les bois, il lui enjoint de rentrer au château pour ne pas faire courir de risque à son enfant et de prévenir les autres professeurs au cas où le loup-garou reviendrait roder.

Il se met ensuite à suivre les traces profondément marquées de la créature. D'abord précipités, il ralentit ses pas à mesure qu'il progresse parmi les arbres. La forêt interdite recèle bien des dangers et un Loup-garou n'en est qu'un parmi d'autres guère plus inoffensifs !
Finalement au bout qu'un bon quart d'heure de marche, il perçoit un gémissement. S'avançant prudemment en tenant sa baguette en garde, il approche d'une petite clairière. Il aperçoit soudain Célia, prisonnière d'une immense toile d'araignée. Elle semble à moitié inconsciente, le bas de sa robe est en lambeaux et quelques plaies sur ses bras et ses mollets témoignent de l'attaque.
Ne voyant ni loup-garou, ni araignée, Severus s'approche de la toile suspendue à 3 bons mètres de haut. Comme si elle avait senti sa présence, la jeune femme sort de son inconscience. Soudain ses yeux s'agrandissent de terreur et elle parvient à articuler plus qu'à ne crier :
- Severus, derrière-vous !
Se retournant précipitamment, il voit avancer une gigantesque masse noire vers lui. L'araignée doit mesurer dans les 4 mètres.
- REDUCTO ! REDUCTO ! Hurle-t-il à plein poumon.
Mais les sorts rebondissent sur elle …. Sans effet.
Il réussit in extremis à éviter l'animal qui continue sa route vers sa toile. Aucun de ses sorts ne semble pouvoir blesser l'animal qui parait ne même pas le voir. Et alors qu'elle n'est plus qu'à 1 mètre de Célia, de désespoir, il s'écrit :
-AVADA KEDAVRA

Comme dans un film moldu l'animal tombe alors lentement au sol inanimé puis dans une explosion effroyable se retrouve réduit en cendres.
En lisière de la plaine, une paire de yeux jaunes observe la scène et, certainement effrayée par l'explosion, prend la fuite sans demander son reste.

Reprenant ses esprits, Rogue lance un sort de découpage sur la toile et parvient ensuite à mettre le corps de la femme en lévitation pour la faire descendre jusqu'à lui. Il la saisit alors dans ses bras et tandis qu'elle s'agrippe à son cou, épuisée, il entreprend de retourner au château non sans garder l'œil aux aguets car le Loup-garou rôde encore.

Arrivés à la porte principale de Poudlard, ils sont rejoints par Minerva et Nymphadora. Les deux femmes lui annoncent qu'elles ont mis la main sur Remus à moitié dé-transformé. L'ayant confié aux soins de Miss Pomfresh, Minerva lui conseille de ramener Célia dans ses appartements afin qu'elle évite de le recroiser pour ce soir !

Avant de les quitter, Severus ne peut s'empêcher de laisser enfin exploser sa colère :
-Mais comment diable a-t-il pu se tromper de potion ? Vous auriez dû les jeter dès que je vous ai donné celle qui fonctionne !
- je suis navrée Severus, je ne comprends pas ce qui s'est passé. Une fiole a dû échapper à notre nettoyage !
- NAVREE ! Elle aurait pu mourir ce soir ! Tes excuses ne suffisent pas. Demain je veux que tu m'apportes toutes vos fioles pour que je les contrôle !

Puis sans plus se retourner, il part vers les appartements privés des professeurs en prévenant la directrice qu'il lui donnera de quoi dormir ce soir en attendant la visite de l'infirmière le lendemain !
Une fois dans l'appartement, il la dépose délicatement dans son lit puis lui retire sa cape et ses chaussures. Alors qu'il s'apprête à sortir sans bruits, elle prononce faiblement :
- Ne me laissez pas seule ! J'ai peur !
- Je reviens tout de suite. Voulez-vous que je prévienne Charlie pour qu'il vienne à votre chevet ?
- Pourquoi faire ? Vous êtes là !

Moins d'une minute s'écoule avant qu'il ne la rejoigne avec une potion de sommeil dont il lui fait avaler une bonne rasade. Il la couvre d'une couverture puis s 'installe dans un fauteuil en la regardant s'endormir. Elle si sereine et si jolie …quand elle dort. Il ne peut s'empêcher de lui caresser les cheveux et de lui déposer un chaste baiser sur le front.

Le lendemain, en fin d'après-midi, Célia se réveille bien reposée et remise de ses émotions de la veille. Au moment où elle s'apprête à sortir de son lit, elle s'aperçoit que Severus dort profondément dans un inconfortable fauteuil. Elle se lève donc discrètement et le couvre d'un plaid avant de se diriger vers sa salle de bain.
Un quart d'heure plus tard, douchée et habillée, elle s'affaire dans la petite cuisine qu'elle s'est aménagée dans un coin de l'appartement afin de préparer du thé et quelques cookies. La bonne odeur sucrée fait émerger de son sommeil le serpentard.
- Je nous ai préparé quelques douceurs pour nous remettre sur pied, annonce la jeune femme.
- Ca sent bon.
- Merci … pour hier.
- Je vous en prie, répond-il embarrassé. Je … je ne me serai jamais pardonné s'il vous était arrivé malheur.
- Vraiment ?
- Euh ..oui. Voulant détendre un peu l'atmosphère, il ajoute maladroitement : sinon qui aurai-je chahuté à l'avenir ?
- C'est vrai. Répond-elle mécaniquement. Pourquoi m'avez-vous parlé de Charlie hier ?
- Je pensais que vous seriez mieux s'il était là. Etant donné votre …. relation, dit-il un peu gêné.
- Quelle relation ? Nous sommes amis. Il n'y a jamais rien eu entre nous.
- Je croyais, étant donné votre correspondance abondante, répond-il se sentant aussi idiot qu'un gamin pris en faute.
- Charlie m'a aidé à me débarrassé de Max' en lui envoyant un œuf de dragon « vide » et en le menaçant de venir avec un véritable animal.
- Je l'ignorais.
- Normal puisque vous m'évitez depuis des semaines. C'est dommage, vous auriez dû lire ce qu'il racontait : les DeLaFontenaille ont une peur viscérale et ancestrale des dragons. Depuis lors Max se tient à carreau, son père a dû mettre le holà ! Elle sourit en évoquant le souvenir.
- Bien je vais vous laisser et aller me doucher, annonce Severus de plus en plus mal à l'aise en mesurant l'ampleur de sa stupidité. J'en ai bien besoin.
Et sans demander son reste, Rogue se sauve. Une fois chez lui il ne peut s'empêcher de s'auto sermonner :
« Quel idiot ! Même pas capable de te lancer ! Ane Bâté ! »