Voici l'avant dernier chapitre.
Je me suis fait plaisir avec le petit passage en anglais directement tiré du tome 6 ... j'espère que vous saurez me pardonner ce détournement ;)
Bonne lecture.

Chapitre 22 : Enfin ?

Le jour suivant, Nymphadora, Remus, Célia et Severus s'apprêtent à reprendre leurs cours comme à l'accoutumée.
Au petit déjeuner, le couple Lupin est très embarrassé
- Je suis réellement désolé Célia.
- Ce n'est rien Remus. Je m'en sors sans bobos… grâce à Severus, ajoute-t-elle en lui lançant un regard charmeur empli de gratitude.
- Pas d'quoi ! marmonne celui-ci bougon au dessus de son café.
Il s'en veut toujours de n'avoir pas réussi à faire tourner la journée de la veille à son avantage. Personne n'ajoute un mot et chacun rejoint sa salle de classe.

Pour Severus, la matinée passe très lentement. Complètement dans la lune, c'est à peine s'il prête attention à ses élèves … qui ne se plaignent pas d'avoir un cours de potions aussi exceptionnellement zen pour une fois. D'ailleurs à la fin de la classe, la majorité des philtres sont réussis !
De son côté Célia n'est guère plus concentrée. Elle ne cesse de revivre sa mésaventure de l'avant-veille et sa soirée d'hier. Comme elle a eu peur ! Et, elle doit l'admettre, quel courage a eu Severus ! Mais pourquoi, par Merlin, s'est-il encore éclipsé quand elle a cherché à se rapprocher de lui ? Lui déplairait-elle à ce point ?

A l'heure du déjeuner, elle retrouve ses collègues dans la Grande salle mais nulle trace du Directeur de Serpentard.
- Vous vous êtes encore disputés ? demande Nymphadora.
- Non, je ne l'ai pas revu depuis ce matin.
Le couple semble désappointé mais Célia est si perplexe quant à la conduite de son sauveur qu'elle ne relève pas.

L'après-midi s'écoule tout aussi lentement que la matinée. Au dîner, Rogue est encore absent. Après être passée à l'infirmerie faire constater la quasi complète disparition de ses blessures, au demeurant extraordinairement minimes au vu des circonstances, Célia rejoint son appartement. En passant devant celui de son collègue, elle se fige un moment, hésitant à lui rendre visite. Mais se doutant que son absence aux repas était due à sa volonté de l'éviter, elle poursuit son chemin … amère.

Derrière la porte, à travers l'œilleton, il l'a vu faire une pause et là encore il n'a pas su saisir l'occasion en ouvrant. Toute la journée, il a ressassé ce qu'il aurait dû faire ou dire la veille. Lui qui est toujours si sûr de lui dès qu'il s'agit de son travail ou de discipline, lui qui n'a pas peur d'aller au devant du danger s'il estime la cause juste, le voilà complètement bêta devant une femme !
Après un bon quart d'heure de tergiversations, il se décide à aller la voir. Mais, devant sa porte, il n'arrive pas à se décider à frapper. Au moment où il s'apprête à faire demi-tour, elle ouvre.
- Oh ! Vous êtes là.
- … Oui
- Je comptais justement aller vous voir.
- Vraiment ?
- Voulez-vous entrer ?
Aussi tremblant qu'un adolescent qui éprouverait de tendres sentiments pour la première fois, il pénètre dans son appartement. Ni l'un ni l'autre ne parle, ne sachant visiblement pas par où commencer.
- Voulez-vous du thé ? lance finalement l'hôtesse pour détendre l'atmosphère.
- Volontiers, répond-il soulagé que le silence soit rompu.

Mais au moment où elle se lève pour préparer le breuvage, il prend une grande inspiration et lui attrape le poignet. En douceur, il l'attire à lui … elle ne résiste pas … un peu maladroitement il écarte les mèches de son visage … elle le regarde

A ce moment là, on frappe de façon insistante à la porte
- Célia ! C'est Milli ! Je peux entrer ?
Et sans attendre de réponse, elle s'exécute. Ils ont tout juste le temps de s'écarter l'un de l'autre.
- Oh Severus ! Tu es là aussi ?
- Visiblement ! bougonne-t-il.
- Célia ma chérie, s'écrie la visiteuse en se précipitant dans les bras de la jeune femme. Je rentre tout juste de Venise. J'ai appris ce qu'il t'était arrivé. Comment te sens-tu ? Bien on dirait ! Oh si tu savais comme Venise était merveilleux …. Et blablabla.

Pendant 20 longues minutes, elle monopolise la parole, racontant par le menu combien son cher et tendre Spencer (Lovegood) est formidablement romantique. Bouillonnant de rage, Rogue finit par se lever et annoncer son intention de se coucher. Il s'exécute aussitôt non sans claquer la porte entendant à peine le commentaire de Milli :
- Je me demande ce que j'ai pu lui trouver ? Il est craquant certes mais tellement dénué de romantisme !

Quand 10 minutes plus tard, Milli laisse enfin Célia, celle-ci est partagée entre rire et colère. Mais c'est finalement ce dernier sentiment qui l'emporte.
Quel culot ! C'est la seconde fois qu'il la provoque et la laisse en plan comme une idiote ! D'un pas rageur, elle se rend chez lui bien décidée à lui faire connaître le fond de sa pensée.
Elle ouvre à toute volée, sans même prendre la peine de frapper, la porte de son appartement. Il est stoïquement installé dans son fauteuil.

- Je …. Vous … comment osez-vous me laisser ainsi ? bégaie-t-elle
- Je suis désolé. C'était visiblement une erreur.
- Une erreur ? répète-t-elle incrédule. Une erreur. Vous …vous …. COWARD ! hurle-t-elle presque malgré elle.

Il se redresse aussitôt comme enragé
- DON'T … CALL ME… COWARD !

Cette provocation l'a poussé à bout. Il s'approche et lui saisit le visage comme pour l'étrangler ou la cogner contre le mur. La peur la saisit. Puis tout aussi brusquement, il l'embrasse…enfin !
Surprise, elle reste les bras ballants. Le moment est intense et agréable. Elle souhaiterait qu'il ne cesse jamais.
Au bout de quelques secondes passionnées, il la lâche, se recule et s'effondre sur son fauteuil consterné par sa réaction.
- Je suis navré, dit-il dans un souffle. Je n'aurai pas dû ! Vous m'avez provoqué … mais je n'aurai pas dû réagir ainsi.

Elle s'avance puis se penche vers lui un léger sourire aux lèvres tout en lui murmurant :
- Coward.

Leur regard se croise, il lui sourit à son tour, la saisit par la taille pour l'attirer à lui. Et s'enlaçant avec tendresse, le couple s'embrasse encore et encore comme deux jeunes adolescents assoiffés de baisers.

Au petit matin, Severus se réveille heureux … mais le lit est vide à côté de lui. Aurait-il encore rêvé ? Pourtant cela semblait si merveilleusement réel cette fois-ci !
Il se lève, fait le tour de l'appartement : personne ! Déçu le voilà de retour à la réalité ! Il a bel et bien rêvé ! Pour parfaire son triste réveil, il file prendre une douche glacée.
En sortant de la salle de bains, deux bras l'enlacent …. C'est elle !
- Où étais-tu ?
- Chez moi, je suis allée me changer.
- J'ai cru que j'avais rêvé.
- Alors nous rêvons ensemble.
Après une nouvelle étreinte, elle lui murmure.
- Habille-toi. Je vais nous trouver de quoi petit-déjeuner.

Quelques minutes plus tard, il la rejoint dans son salon qui, pour la 1ère fois depuis qu'il l'occupe, sent bon le pain chaud et le café.
Un peu gêné, il prend la parole :
- Euh … j'aimerai que nous soyons un peu … discret… quelque temps du moins.
- Je suis d'accord.
- Tant mieux. Je ne tiens pas à ce que les élèves l'apprennent trop vite. Et puis nos collègues non plus d'ailleurs. Ca va jaser, questionner …
- Et ?
- Disons que j'ai besoin de m'habituer à la situation. Je pensais finir vieux garçon ! Conclut-il, la faisant rire.
- Ca me va, d'autant que je voudrai éclaircir quelques points concernant mon « accident ».
- Vraiment ?
- Oui je t'expliquerai ça plus tard. Et puis j'avoue que je trouve ça excitant de se cacher, ajoute-t-elle en se lovant dans ses bras.

Tout en riant, déjeunant et s'embrassant, ils mettent au point leur plan pour ne pas se faire prendre. Quelques heures plus tard, ils semblent avoir retrouvé leur vieille relation faite de piques et querelles en tous genres !

Les jours suivent et le couple continue à se voir en cachette le soir. Toutefois si la carte du maraudeur n'avait pas été détruite, son propriétaire n'aurait pas été peu surpris de voir, dans les passages secrets et les recoins sombres, les professeurs Rella et Rogue s'enlacer tendrement entre 2 cours puis repartir comme des voleurs chacun de son côté !

petite remarque pour les non anglophones :
coward lâche
don't call me coward ne me traite pas de lâche