Un véritable chapitre, j'espère qu'il vous plaira...
Bonne lecture!
A des milliers de kilomètres de là, un jeune garçon se réveilla en sursaut. Il venait – encore – de revivre la mort de son mentor. Depuis son retour de Poudlard, Harry ne cessait d'être envahi de cauchemars. Il chercha à tâtons ses lunettes, avant de se rendre compte qu'il était trois heures du matin.
« Pff, encore quatre heures à tuer… ».
Il savait
qu'il ne se rendormirait pas. Depuis son retour à privet
Drive, il souffrait d'un cruel manque de sommeil, comme en
témoignaient les cernes sous ses yeux.
Il
soupira. Comme si les cauchemars ne suffisaient pas, il passait en
plus son temps à se torturer l'esprit sur la manière
de mener à bien sa mission. Abandonner Poudlard et se
consacrer à la recherche des horxcruxes ? Mais il se
sentait démuni : sa formation n'était même
pas terminée, et il était censé mettre à
bas un des plus grands mages noirs…
Sirius,
Dumbledore, mes parents, ils sont tous morts à cause de
moi…Tous ces innocents sacrifiés…
Il se
dégoutait…Il lui était venu l'idée d'en
finir, mais l'idée l'avait effrayé.
« Mon
pauvre vieux, même pas fichu de te foutre en l'air…Comment
est-ce qu'ils veulent que je tue Voldemort hein ? »
Hedwige,
sentant que son maître n'allait pas bien, vint se poser sur
son épaule et hulula doucement.
Harry la
caressa machinalement, les yeux dans le vague. Il ne sortit de sa
transe que lorsqu'un petit hibou vint cogner à sa fenêtre.
Le soleil se levait. Il ouvrit la fenêtre et fit entrer le
volatile, avant de le décharger de sa missive.
Harry
Tu es
invité au mariage de Bill et Fleur. Il a été
maintenu. Nous viendrons te chercher demain vers 14h.
Ron
Rien de
plus. Peut-être que Ron en avait eu assez qu'il ne réponde
pas aux autres lettres, celles qui lui demandaient comment il allait.
Lui et Hermione n'avaient cessé de lui envoyer hibou sur
hibou, depuis qu'ils s'étaient séparés début
juillet.
Il laissa
échapper un petit rire amer, avant de regarder autour de lui.
Sa chambre était dans un état déplorable. Des
habits trainaient ça et là, accompagnés de
parchemins, de plumes, et autres gadgets anormaux, comme disait son
oncle. Heureusement, il serait bientôt débarrassé
des Dursley. Il aurait dix sept ans dans quelques jours, et la
protection laissée par sa mère ne ferait plus effet.
Avec un soupir, il se leva et jeta un sort de silence sur sa chambre,
pour pouvoir ranger sans réveiller les locomotives qui
ronflaient dans les chambres voisines. Il aurait pu utiliser un
simple sort mais le travail manuel permettait de ne pas réfléchir,
une vraie bouffée d'air pur pour lui.
Abby et
Brennan réapparurent à Londres, dans une petite rue.
« Square
Grimault…C'est par là… »
Main dans
la main, ils avaient l'air de flâner, comme un énième
couple d'amoureux. Entre le douze et le quatorze, ils s'arrêtèrent.
Abby ferma les yeux un instant, et une petite maison d'aspect
ordinaire apparut, avant de se métamorphoser peu à peu.
Ils échangèrent un regard puis Abby s'avança
et frappa.
A
l'intérieur tout était calme. Les enfants dormaient.
Seule Molly était dans la cuisine, devisant avec quelques
membres de l'Ordre. Les Weasley étaient venus s'installer
chez Sirius car leur maison était bien trop facilement
attaquable. De plus, quelques unes des multiples protections que
Dumbledore avait placées étaient encore effectives.
Quand ils entendirent frapper, tous saisirent leur baguette.
« Molly,
monte avec les enfants… » ordonna Maugrey.
Arthur
acquiesça, et se dirigea vers la porte avec Maugrey et
Kingsley, tandis que Molly se plaçait en haut de l'escalier.
Maugrey
ouvrit d'un coup la porte.
Abby et
Bren, toujours main dans la main, se retrouvèrent face à
trois baguettes pointées sur leur gorge.
« Bonsoir. »
fit aimablement Abby.
« Ce
sont des gamins… » fit Arthur.
« Malefoy… »
fut le seul mot que répondit Maugrey.
Il les
examina de son œil magique, et son œil valide s'ouvrit tout
grand. Il ne dit rien néanmoins, mais s'écarta pour
les laisser passer. Il jeta un œil aux alentours avant de refermer
la porte, et les guida vers la cuisine, toujours en silence.
Molly
redescendit et les salua aimablement. Quand tout le monde fut
installé, elle prépara du thé.
Abby et
Bren étaient assis face aux trois hommes, comme des accusés
face à un tribunal.
Mais ce sont des enfants ! Quel mal pourraient-ils bien nous vouloir ? pensait Molly. Son instinct maternel se réveillait face à ces deux jeunes gens. La fille devait avoir l'âge de Ron, et le jeune homme l'âge de Percy…ou un peu plus.
« Qui
êtes-vous ? »
Maugrey
lança les hostilités.
« Brennan
Mulwray et Abigaël Johnson. Nous venons des Etats-Unis. »
Abby se tortilla un instant sur sa chaise, suscitant des regards
suspicieux, puis jeta un la table un rouleau de parchemin
miniaturisé. D'un geste de la main, elle lui rendit sa
taille normale. Brennan ne disait pas un mot, laissant la jeune fille
prendre l'initiative.
« Je
souhaite faire ma dernière année d'étude à
Poudlard. »
Pendant ce
temps, Maugrey lisait le parchemin. Plus il avançait et plus
son œil magique s'affolait.
« Molly,
appelle Minerva » bougonna-t-il. « Et dis lui
d'amener Fumseck. »
Mme
Weasley haussa les sourcils mais obtempéra néanmoins.
Ils
buvaient pensivement leur thé lorsque le professeur Mc
Gonagall sortit de la cheminée. Quelques secondes après,
Fumseck apparut, et vint sans hésiter se poser sur les mains
jointes de Brennan et Abby, arrachant des exclamations étonnées
aux personnes présentes.
« Bonjour
Fumseck. » fit doucement Abby.
Brennan ne dit rien. Si lui était accepté par le phœnix, ce n'était que grâce à Abby. Il laissa l'oiseau magique lui picorer doucement la joue. Abby caressait Fumseck en souriant. Le phœnix chantait doucement. Abby finit par plonger le regard dans les yeux expressifs de Fumseck. Elle frissonna en se sentant englobée par l'âme du phœnix. Il communiquait avec elle par ce biais. C'était certes à peine évolué qu'un langage humain, et beaucoup moins primitif que ce à quoi on pourrait s'attendre. La jeune fille se concentra, n'ayant plus qu'une vague conscience de son environnement physique, et écouta, laissant son esprit reprendre ses marques dans l'univers que créait Fumseck pour ses « conversations ».
« Qu'est-ce
qui se passe ? » firent Kingsley et Arthur
interloqué. Abby était comme en transe, les yeux grands
ouverts. Face à elle, le phœnix était posé sur
son bras replié.
Brennan
soupira et croisa les bras.
« Bon,
prenez votre mal en patience…Elle discute avec Fumseck. Enfin,
c'est plutôt lui qui discute avec elle… »
« Il
doit avoir une grande confiance en elle » nota Kingsley.
« En
effet. Ne me demandez ni pourquoi ni comment, je n'en sais pas
plus. »
« Il
n'y a qu'attendre en fait ? »
« Oui. »
Cinq paires d'yeux se tournèrent vers la jeune femme et le silence s'installa.
