« Légendes de nos campagnes, Objets mystérieux, Lieux fantastiques …ah le voilà : Mythologies d'autrefois. »
Alphonse tira le livre portant ce titre, et l'ouvrit à la page consacrée au Cœur de l'Océan. Mustang put ainsi vérifier de lui-même les faits.
« En effet, il y a bien une perle au milieu. » dit-il en pointant le dessin.
« Mais rien n'est indiqué dessus. Voyez bien que je ne suis pas mirot. J'ai pas encore l'âge pour ça, moi. » dit Ed.
« FullMetal, encore une allusion de ce genre et ça va mal finir. » avertit Roy.
« Je n'y peux rien si vous êtes vieux. »
« C'est sûr, ça vaut mieux que d'être un fétu. »
« Qui est si petit qu'il faut porter des verres de microscope pour le voir ?! » s'exclama ledit fétu qui virait au rouge.
« Ed arrête, on a pas le temps pour ces chamailleries. » rappela la voix de la raison, plus connue sous le nom d'Alphonse Elric.
« Grrmmph ! »
Ils se penchèrent de nouveau sur le livre, le FullMetal essayant de ne pas tordre le cou de son ( censuré ) de supérieur. Dehors, la pluie tombait toujours très fort, au point que ça en devenait inquiétant. L'eau commençait en effet à recouvrir la route et les trottoirs.
« Bien … je vais m'occuper de ces deux humains une bonne fois pour toutes. Et tant que j'y suis, je commencerais à bâtir mon royaume. » dit Callirohé.
Elle tendit une main vers sa bulle qui faisait office de boule de cristal. Aussitôt le niveau de l'eau monta, jusqu'à créer une véritable inondation. Le liquide ouvrit les portes de la bibliothèque. Sous l'impulsion de la néréide, il s'ensuivit un raz-de-marée dans les couloirs. Les cris des employés alertèrent le groupe de soldats. Mais ces derniers n'eurent que le temps de voir une vague leur foncer dessus.
Riza attrapa la cheville de Roy qui allait buter contre un mur, et se retint à une étagère. Al avait gagné le haut des étagères, se retrouvant ainsi à l'abri de l'eau qui aurait pu effacer son sceau. Il regarda autour de lui s'il apercevait quelqu'un.
Ed était cramponné à un poteau un peu plus loin, et avait attrapé le sergent-major Fuery. Breda s'accrochait à une étagère renversée, et s'y hissait avant d'aider des camarades.
« Colonel ! L'eau c'est votre domaine, alors essayez de la chasser d'ici. » dit Riza, accrochée à son supérieur.
« En … entendu Chuii. »
Roy se concentra sur l'envahisseur. L'eau s'écarta alors, formant un passage. Il descendit, et tendant les mains libéra des passages pour ses subordonnés.
« Venez sortons d'ici ! » lança le colonel.
Il passa en tête, faisant refouler l'eau sur son passage pour qu'ils puissent passer. Tant bien que mal, ils gagnèrent la sortie. Mais ce fut pour découvrir que le centre-ville était lui aussi en train de se transformer en Venise.
« C'est pas vrai ! » s'exclama Havoc.
« J'ai un ami qui habite dans les hauteurs, on va aller chez lui. » annonça Roy.
Il se servit à nouveau de sa moitié de Cœur pour arriver jusqu'à des véhicules. L'eau n'avait pas encore atteint le moteur, mais juste les roues.
Comme précédemment, le brun fut chargé de dégager la route. Ils arrivèrent enfin en pente. Mustang indiquait la route à son lieutenant. Quelques instants plus tard, les voitures des soldats s'arrêtèrent devant une maison. Roy frappa.
« Roy ça alors ! Pour une surprise, entre vite. » fit un homme en ouvrant.
Le groupe de militaires s'engouffra dans la demeure.
« Vous venez à cause de l'inondation je suppose. » reprit le maître des lieux en refermant sa porte.
« Exact. Brian je te présente mon équipe, et voilà Brian McMurray, inventeur de son état. » répondit Roy en faisant les présentation.
« Le p'tit aussi est ton subordonné ? » questionna Brian.
Al bâillonna immédiatement son frère, à l'instant où il ouvrit la bouche. Roy acquiesça. Brian les fit passer au salon, et leur donna des couvertures pour qu'ils se sèchent. Le colonel leur raconta comment ils s'étaient fait surprendre par l'eau alors qu'ils faisaient des recherches sur un bijou.
« Oui, cette vague de mauvais temps n'est pas naturelle à mon sens. » approuva l'inventeur en servant un bon thé chaud.
« Ca ne te dérange pas de nous offrir l'hospitalité pour un temps ? Je sais que je te prends de court, et qu'on est nombreux mais … » reprit le colonel avant de boire une gorgée.
« Pense-tu ! Y'a largement la place ici ! Et puis ça me fera de la compagnie. » sourit Brian.
« Je te remercie. »
L'inventeur leur montra ensuite des chambres. En logeant à deux hormis le lieutenant, tout le monde put être casé. Les vêtements furent mis à sécher devant le feu, et chacun attendait qu'ils soient secs dans sa chambre. La pluie battait encore au-dehors.
« Callirohé aurait-elle décidé d'engloutir Central ? » fit Al.
« Faut croire. En tout cas maintenant, on sait que chaque partie du médaillon possède un pouvoir qui lui est propre. Moi c'est les éclairs, le colonel se retrouve à manier l'eau. » dit Ed, assis à côté de la fenêtre.
« Ironique. »
« Ouais. »
Le soir tomba doucement. Brian fit le tour des chambres pour apporter les habits de chacun, puis tout le monde se retrouva autour d'une table. Comme les soldats le remarquèrent, la maison de leur hôte étai effectivement très grande.
« Tiens vous avez détaché vos cheveux, lieutenant ? » remarqua Roy.
« C'est plus pratique pour qu'ils sèchent. »
« Mmh-hmm. » sourit Roy .
Ce faisant il attrapa une mèche blonde qu'il entortilla autour de son doigt. Riza rougit, et il la relâcha pour aller s'asseoir. Le dîner se déroula gaiement, entre les souvenirs échangés entre McMurray et Mustang, les anecdotes du Q.G et autres blagues. Le lendemain matin, la pluie tombait toujours, prolongeant le séjour de nos amis. Brian s'excusa auprès de ses invités, annonçant qu'il devait travailler.
« Je t'en prie, nous avons nous aussi quelques petites choses à faire. » répondit Roy en balayant l'air de la main.
« Bien. Alors je vous laisse. »
« Si vous pensez à retrouver la pièce manquante du médaillon, colonel, ça risque d'être coton sans les livres. » rappela Ed une fois l'inventeur parti.
« Je sais bien. Mais ça n'empêche pas de réfléchir. »
« Hmmm … nous devons retrouver une perle … » commença Falman.
«… pas trop grosse, qui ne doit certainement pas se trouver dans le commerce. » enchaîna Kain, un doigt sur le menton.
Le silence suivit cette remarque. Chacun tentait de découvrir où pouvait bien être la perle du médaillon. Pas moyen de savoir qui l'avait envoyé, autrement ils seraient directement aller puiser le renseignement à sa source. Roy tira son médaillon de sous sa chemise.
« Tu pourrais pas nous aider un peu toi ? » dit-il au bijou.
La moitié de bijou brilla, de même que celle du FullMetal, juste à côté de lui. Tout le monde se figea devant cette scène.
« Dites ! » fit Brian en entrant.
Il eut un éclair du côté des alchimistes, qui tombèrent en arrière.
« OUAH ! »
« Colonel ! » s'exclama Riza.
« Nii-san ! » ajouta Al.
Les concernés voulurent se relever, mais constatèrent avec surprise qu'ils n'y arrivaient pas. Et pour cause : ils n'avaient plus de jambes. A la place se trouvait une queue de poisson, argentée pour le colonel, et dorée pour Edward. Ils étaient également torse nu.
« Oh bordel ! » s'exclama Roy.
Ed poussa un cri de surprise en constatant la disparition de ses membres.
« Je crois qu'il va falloir que vous m'expliquiez ce qui se passe. » fit Brian, rompant le silence de stupeur qui s'était installé.
« C'est pas bien compliqué ! Ce crétin de colonel nous a changé en sirènes ! » s'écria Edward.
Il s'appuya sur les mains, et flanqua un grand coup de nageoire dans l'épaule du brun, l'envoyant rouler un peu plus loin.
« Je crois que pour les hommes c'est ondins. » intervint Falman.
« Peu importe. On va les mettre dans le petit bassin intérieur que j'ai en bas. » fit Bran.
« Pas question que j'aille dans l'eau avec mon automail. » protesta Ed.
« Justement Nii-san : tu n'as plus d'automail. » fit remarquer Al.
Le FullMetal fronça les sourcils, et regarda son bras droit. Il était en chair.
« Bon alors s'il n'y a plus de problème … à l'eau tous les deux. » reprit McMurray.
Al prit Ed dans es bras, pendant que Breda, Havoc, Falman et Fuery soulevaient le colonel. Brian les précéda pour les conduire au rez-de-chaussée. La queue dorée du FullMetal accrocha quelques bibelots, pendant que Roy tanguait dans les bras de ses subordonnés.
« Doucement enfin ! » s'exclama-t-il.
« Mais oui mais vous glissez ! » répondit Havoc.
« C'est les écailles. » dit Falman.
Ils arrivèrent dans la pièce agrémentée d'un petit bassin, dans lequel furent déposés les ondins.
« Voilà ! Maintenant, si vous me disiez comment c'est arrivé ? » dit Brian.
« Je vous l'ai dit : c'est cet abruti de colonel le responsable ! » s'exclama Ed.
« La ferme ! » siffla Roy en frappant l'eau de ses nageoires.
Il éclaboussa son subordonné. Le jeune lui rendit la pareille en lui envoyant de l'eau avec la main. Roy riposta, et il s'ensuivit une bataille d'eau. Riza tira en l'air pour les calmer.
« Ca vous arrive souvent de trouer le plafonds des gens ? » questionna Brian.
« Avec cet énergumène, oui. » répondit Hawkeye.
Roy et Ed se lancèrent un regard incendiaire. Ce fut Alphonse qui narra toute l'histoire à leur hôte. Brian réfléchit quelques instants à la fin du récit.
« Peut-être que c'est normal qu'ils soient devenus des ondins. Roy a demandé au Cœur de l'Océan de les aider, et voilà sa réponse. Vous avez dit que vous deviez trouvé une perle, quoi de mieux que l'océan pour la chercher ? » dit-il.
« Vu sous cet angle … » fit Roy en s'appuyant sur le rebord du bassin.
« Donc nous allons devoir prendre la mer. Ca ne va pas être simple de cacher leur état. » dit Breda.
« Vous n'en aurez pas besoin : je possède un bateau, et quoi les suivre sous l'eau. » reprit l'inventeur.
« Les suivre ? Comment ça ? » intervint Hawkeye.
« Une invention à moi : des combinaisons avec des palmes comme les canards et des bouteilles d'oxygène à mettre sur le dos. Reliées à la bouche par un tuyau ça permet de respirer sous l'eau.»
« Eh ben ! » fit Fuery, épaté.
« Et mon frère et le colonel, ils peuvent respirer sous l'eau ? » interrogea Al.
« Hmmm … je crois bien. Regardez, Roy a des ouïes derrière l'oreille. »
L'inventeur écarta une oreille du brun qui lui tournait le dos, révélant un demi-cercle rouge.
« Mais arrête ! » s'exclama ce dernier en se dégageant.
« Impressionnant ! Ils possèdent donc deux systèmes respiratoires. » fit Falman.
« Exact. Pas de souci à se faire pour ces deux-là. Ils sont mieux équipés que nous. » continua l'inventeur en se relevant.
Tous les regards se portèrent vers les deux ondins. Ed soupira et rejeta la tête en arrière. Hawkeye, elle, put admirer ouvertement son supérieur sans qu'il n'y paraisse. La jeune femme contempla les pectoraux finement dessinés, et les abdominaux tout autant agréables à regarder. La voix de McMurray la tira de sa rêverie. Les soldats se retirèrent, laissant les alchimistes barboter. Riza et Al restèrent tout de même auprès d'eux.
« Non mais regardez-moi ça ! Un alchimiste de flamme à moitié poisson, de quoi j'ai l'air ? » soupira Roy en sortant ses nageoires.
« Ca va être utile quand on sera en mer, colonel. » répondit son lieutenant.
« Ouais … pour le FullMetal ça va, il va pouvoir retrouver ses semblables les crevettes. »
« JE VAIS LE TUUEEER ! » rugit Ed.
Al voulut le retenir, mais sa peau était comme ses écailles : glissante. Aussi échappa-t-il sans mal à l'emprise de son frère. Roy releva les nageoires qu'il aplatit sur la tête du jeune homme. Ed se dégagea, et comme tout à l'heure tenta de le frapper avec ses nageoires. Roy bloqua le coup cette fois.
« Ed arrête ! » s'exclama Al.
Il descendit dans le bassin où l'eau lui arrivait à mi-mollet, et tira son frère loin du colonel narquois.
« Taïsa, pourriez-vous le laissez tranquille pour une fois ? » intervint Riza.
« Entendu … » soupira Mustang.
Quelques heures plus tard, le lieutenant et l'armure vinrent apporter à manger aux ondins. Roy avait la tête appuyée sur le rebord, et faisait des vagues avec sa queue argentée.
« Voilà le déjeuner. » annonça Al.
Il posa un plateau à côté de son frère, qui était assis sur le bord, les nageoires trempant dans l'eau.
« Ah merci Al. »
Il prit des baguettes et commença à picorer du riz.
« J'aurais bien voulu plus de poisson. » reprit-il.
« Moi aussi, j'ai une de ces envies de poissons c'est dingue. Je pourrais même le manger vivant.» ajouta Roy.
« Eh bien. » fit Riza.
« Nous partirons vers le port demain. On vous mettra dans une baignoire pour le transport. » les informa Al.
« Entendu. » répondit Mustang.
Le repas se poursuivit en silence. Riza et Al tinrent compagnie à Roy et Ed jusqu'au soir, ne les laissant que pour aller se coucher.
