Le lendemain, les soldats vinrent de bonne heure retrouver les ondins. Ces derniers dormaient encore.
« Ils se sont pas noyés au moins ? » s'inquiéta Havoc en voyant son supérieur le visage entièrement dans l'eau.
« Mais non, ils peuvent respirer sous l'eau. » rappela Kain.
« Comment on va les atteindre, ils sont au milieu du bassin. » fit Breda.
Falman se pencha, et frappa le rebord intérieur du bassin. Les deux hommes gémirent et se retournèrent. L'adjudant frappa plus fort.
« Debout tous les deux ! Il va être l'heure de partir. » dit-il.
« Mmmh. » fit Roy.
Il se leva et s'étira, puis entreprit de réveiller Ed en l'éclaboussant. Fuery déposa leur petit-déjeuner tout près.
« On reviendra vous chercher quand tout sera prêt. » les informa Havoc.
« Ooooook ! » bâilla Edward.
Il rejoignit son supérieur pour déjeuner. Les soldats les laissèrent faire, et retournèrent à l'étage. Les militaires revinrent une heure plus tard, avec une baignoire. Alphonse déposa les ondins face à face, et la baignoire fut chargée dans une fourgonnette. L'armure prit ensuite congé, car ne pouvant aller dans l'eau il n'allait pas rester tout seul à s'ennuyer. Brian conduisit son petit monde au port. La baignoire fut camouflée sous une bâche, et déposée à l'intérieur.
« Bien, nous pouvons partir. » dit l'inventeur.
Il mit le moteur en route, et quitta le port.
Quand ils furent assez loin, il stoppa le navire et jeta l'ancre. Les ondins furent sortis de leur baignoire, et on les déposa doucement dans l'eau. Ils se retrouvèrent vite sous l'eau.
« Hé elle est bonne. » fit Edward.
« Et en plus on parle ! C'est pas mal finalement. » ajouta Roy.
Il nagea un peu, et s'émerveilla de l'aisance avec laquelle il se déplaçait. Ed s'enhardit, et bondit carrément hors de l'eau.
« WOHAIS ! » s'écria-t-il en faisant un salto, devant les yeux étonnés des soldats.
« Ca leur plaît visiblement. » constata Riza.
Elle cherchait Roy des yeux. Là, un éclat argenté. Le colonel bondit à son tour hors de l'eau, assez haut.
« WOUHOU ! »
Cela fit rire les militaires de les voir ainsi sauter comme des dauphins.
« Allez venez, on va les suivre. » déclara Brian.
Il les amena à l'intérieur, et leur désigna des combinaisons verdâtres.
« Allez, mettez ça. »
Chacun enfila les combinaisons. Kain demanda en quoi elles étaient faites.
« En peau de reptile. C'est la seule matière que j'aie trouvée de convenable pour le moment. » répondit l'inventeur en mettant un masque.
Les six plongeurs se rendirent au bord, et passèrent les bouteilles.
« On communiquera par radio, elle s'allume ici. » fit Brian en appuyant le petit bouton d'un boîtier.
Il avait pensé à les munir de harpons, ainsi que de couteaux le tout passé dans une ceinture. Les palmes furent mises, et les bouteilles d'oxygènes ouvertes. Ne restait plus qu'à entrer dans l'eau. A l'intérieur, les ondins entendirent le plouf qu'il firent.
« Oh ces tronches de cake ! » fit Roy en découvrant leur dégaine.
« MWAHAHAHAHAHA ! » s'esclaffa le FullFish. ( Ndla : hé oui il est plus poisson que métal maintenant.)
Tous deux se mirent à rire comme des baleines.
« Woh ça va les deux sushis ! » lança Havoc.
« Tiens vous avez trouvé comment parler sous l'eau. » constata Roy.
« Oui, on s'entends et vous nous entendez. » expliqua Brian.
« Elle est froide cette eau ! » déclara Breda.
« Ah non je trouve pas. » fit innocemment Edward.
« Bon par où on commence ? » demanda Riza.
« En voilà une question qu'elle est bonne. Euuuh … » fit Roy en regardant autour de lui.
« Eh bien, demandons au médaillon. » dit Ed.
Ce dernier brilla de ses deux moitiés, et un rayon jaillit qui perça l'eau.
« Bon ben y'a plus qu'à. » fit Edward.
Lui et Roy prirent la tête. Brian avait prévu que les ondins nageraient plus vite qu'eux, aussi avait-t-il équipé les combinaisons d'hélices : une paire sur chacune des épaules. Ainsi, ils pouvaient nager sans efforts.
« C'est gentil mais vous êtes quand même encore un peu lents. » déclara Mustang.
Il opéra un demi-tour et nagea sur le dos. Quand il se remit à l'endroit, il découvrit qu'il était au-dessus de son lieutenant. Et que la combinaison la moulait quand même beaucoup.
« Hou là là ! » sourit-il.
Vive comme l'éclair, Hawkeye se retourna et braqua son lance-harpon sur lui. Mais Roy avait acquis la grande rapidité des poissons, aussi fila-t-il très vite rejoindre Ed avant qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit. Ed lui adressa un sourire blasé, et secoua la tête avec un soupir.
Le groupe s'enfonçait de plus en plus dans les profondeurs marines. Et au fur et à mesure les humains ne tardèrent pas à ressentir un certain malaise, qui les fit s'arrêter et même remonter. Les ondins s'arrêtèrent, assez étonnés.
« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Ed.
« On ne peut pas continuer, on se sent trop mal. » répondit Havoc.
« C'est la pression de l'eau, ça devient dangereux pour nous. » précisa Brian.
Les ondins échangèrent un regard.
« Qu'est-ce qu'on peut faire ? » demanda le blond.
« Je sais pas … tu crois que le médaillon peut arranger ça ? » proposa Roy.
« Il nous a bien changé en ondins, alors pourquoi pas. »
« Tentons le coup. »
Ils tournèrent le bijou vers eux. Un halo bleu entoura soudain les militaires.
« Allez approchez ! Ca devrait aller maintenant. » lança Roy.
Hésitants, les militaires avancèrent. Effectivement, le malaise avait disparu. L'expédition put reprendre. Bien longtemps après, ils étaient arrivé au fond. Nos amis suivaient toujours le rayon bleuté. Et puis soudain, ils découvrirent plusieurs trous dans le sable. Ces trous s'avérèrent être des habitations, puisqu'il en sortaient … des sirènes, et des ondins.
« Ca alors ! » s'exclama Brian.
« Voilà pourquoi on a été changés en ondins. Pas seulement pour nager sous l'eau, mais aussi pour nous mêler à ce peuple. » devina Roy.
Une sirène enfant remarqua les étrangers, et les signala aux autres. Bientôt, plusieurs habitants des profondeurs vinrent à leur rencontre.
« Regardez ! Qui sont-ils ? » fit une femme.
« Des étrangers ! Comment sont-ils arrivés chez nous ? » enchaîna un ondin.
« Pourquoi les autres n'ont-ils pas de nageoire c'est bizarre. »
« Sont rudement mignons les deux ondins ! »
« Euh bonjour. » commença Roy.
« Soyez les bienvenus étrangers. Je suis Laduni, le responsable de cette ville. » fit un ondin qui avait l'air plus vieux que les autres.
« Je m'appelle Roy, voilà Edward et là derrière c'est mon équipe. »
« Eh bien Roy, venez donc chez moi, nous y serons plus à l'aise pour parler. » reprit Laduni.
Laduni les conduisit dans un trou à flanc de falaise. Le passage était un peu étroit, mais après on accédait à un vaste espace. Il y avait quelques bibelots, des excroissances rocheuses qui tenaient lieu de couchette. Hormis ça, il n'y avait rien d'autre.
« Bienvenue chez moi. Voulez-vous un peu de poisson ? » proposa Laduni.
« Avec plaisir ! » s'exclamèrent Roy et Ed.
L'ondin piocha dans un panier, et leur tendit deux gros poissons. Les deux alchimistes y mordirent à pleines dents. C'est là qu'ils virent que toute leur dentition avait changée elle aussi : des canines, uniquement des canines. Les autres refusèrent poliment.
« Alors : dites-moi un peu d'où vous venez. » questionna l'ondin avant de mordre dans un poisson.
« Eh bien, j'ignore si vous allez nous croire, mais nous venons de la surface. » répondit Ed.
« La surface ? En effet c'est étonnant. Il y aurait donc des gens de notre peuple là-haut ? » s'étonna Laduni.
« Pas vraiment non. En fait, nous n'avions pas de nageoires, c'est ce médaillon qui nous les données. » expliqua Roy en montrant son bijou.
« Par la grande étoile marine ! Mais c'est le Cœur de l'Océan ! » s'exclama Laduni en échappant son poisson à moitié dévoré.
« Vous le connaissez ? » releva le FullMetal.
« Evidemment. Tout le monde le connaît, il appartient à notre dieu et père Poséidon. Et si vous l'avez, c'est que vous êtes ses élus. Je suis vraiment honoré de vous accueillir dans ma tanière. »
En disant cela, il croisa les mains sur son torse, poings sur les épaules et tête baissée.
« Euh … à ce propos, si vous pouviez nous dire où se trouve la perle qui manque. » fit Ed.
« Oh oui, la Perle de Vie. Celle qui nous a fait naître. Ca, seul le Grand Prêtre de Poséidon sait où elle se trouve. » répondit Laduni en relevant la tête.
« Et où peut-on le trouver ? » questionna Mustang.
« Notre reine Liglaé vous indiquera le chemin. Je vais vous conduire à elle. Avant si vous le permettez nobles élus, j'ai une dernière question. »
« Allez-y. » fit Ed.
« Pourquoi vos amis ont-ils cette forme étrange ? »
« Nous sommes des êtres humains. Chez nous il n'y a que de la terre, nous n'avons pas besoin de nageoire. Et pour venir ici nous avons dû nous adapter. » répondit Riza.
« Oh je vois. »
Laduni rattrapa le poisson qui flottait près de Breda avec la bouche. Il proposa aux nouveaux venus de se reposer ici, avant d'aller rencontrer la reine. Tout le monde sortit néanmoins de la tanière à la suite de l'ondin. Ce dernier annonça la nouvelle aux siens, et elle fut accueillie par une exclamation de joie.
« Vous nous attendiez on dirait. » remarqua Edward.
« En effet. Normalement notre sol n'est pas dépourvu de végétation, le paysage est même plutôt magnifique. Seulement depuis que Notre Père est enfermé, c'est devenu difficile. Nous devons aller de plus en plus loin pour chercher de la nourriture. » expliqua Laduni.
« Tout ça par la faute de la néréide. » ajout Edward.
Laduni hocha la tête. Le peuple marin vint entourer les nouveaux venus. Les humains éveillaient leur curiosité et ils les examinaient sous toutes les coutures, leur posant en outre un tas de questions.
« Alors Ed, tu ne va pas en profiter pour retrouver ton peuple à toi ? » demanda Roy.
« Je vais vous arracher les arêtes espèce de bâtard ! » beugla le blondinet.
Il se mit alors à poursuivre son supérieur. Roy zigzaguait et opérait de grands cercles pour le semer. Comme ils le remarquèrent, un ondin nageait remarquablement vite.
« Ah ? Je l'ai déjà semé ? » fit Roy en s'arrêtant.
Il se retourna, plus de FullMetal. Il afficha un sourire de triomphe. Soudain, il reçut un grand coup entre les épaules, et se retrouva propulsé en avant. Un poids lui tombant dessus, lui enfonçant le nez dans la vase. Mustang riposta par un coup de nageoires, et parvint à se dégager.
« Allons-y colonel-caca, réglons nos comptes ! » s'exclama Ed.
« Tu as l'intention de t'en prendre à ton supérieur FullMetal ? Tu sais ce que ça peut te coûter ? » répondit froidement le brun.
« Oh inutile de la ramener avec cet argument à la noix, ça ne prends plus. » répliqua Ed.
« Vraiment ? Tu es donc prêt à prendre le risque que je dévoile ton petit secret ? » ironisa Roy.
Mais à sa surprise, le blond sourit de façon triomphante.
« Vous n'avez aucun intérêt à le faire. »
« Ah oui ? »
« Oh oui. Vous m'avez recruté en sachant ce que j'avais fait. En ne disant rien vous êtes devenu mon complice. Vous me direz que la parole d'un haut gradé a plus de valeur que la mienne, cependant j'ai des témoins et en plus, il y a paquet de militaires qui ne seraient que trop heureux de vous mettre hors course. Alors si je tombe, vous tombez avec moi. » répondit le FullMetal.
Roy serra les dents. Ca y est, il s'en était rendu compte à son tour. Le colonel savait depuis le début qu'il prenait un risque en le recrutant après qu'il ait fait une transmutation humaine. Mais tant que le gamin ne réalisait pas ce détail, il pouvait le tenir sous contrôle. A présent, c'était différent.
« Toi non plus tu n'as aucun intérêt à ce que je tombe. » dit-il.
« Héhéhé. Moi je n'ai jamais dit que j'allais dévoiler mon secret. Mais effectivement, il n'y a pas d'intérêt pour moi à vous faire tomber, je m'en suis aperçu également. Alors … gardons le silence là-dessus. »
« Très bien. » acquiesça Roy.
Edward sourit encore une fois, fier de lui avoir cloué le bec. Il retourna rejoindre les autres. Mustang afficha un fin sourire : décidément le petit en avait dans la tête. Toutefois c'était un peu rageant de s'être fait avoir par un gamin. Lui aussi décida de retourner auprès de son équipe et du peuple de sirènes.
« Ed ! Le colonel est-il encore vivant ? » lança Havoc en voyant le petit à la nageoire dorée revenir.
« Oui, et il est même intact. » répondit le blond.
« Non ? » s'étonna Breda.
« Mais si ! Le FullMetal, dans sa magnanimité m'a épargné. » lança Roy qui arrivait peu après.
Les soldats s'entreregardèrent. Eh bien ! En voilà une surprise. Laduni vint les rejoindre pour leur annoncer que sa reine acceptait de les recevoir. Le groupe se mit alors en route vers la demeure de la reine des sirènes.
