Réponse aux reviews :
Noan: xD Décalé, barge? Pour une autre histoire, j'aurais été insulté ! Mais pour celle-ci, ce sont de merveilleux compliments puisque c'était l'objectif recherché! Merchiii! Je crois que le sous-titre de l'histoire aurait pu être Heero In Wonderland..
Tenshi-No-Yoru: Eh bien, je préfère tout de même 'Comme d'hab' que 'Pour une fois' xD Merci bien!
Ilham: Mes fics ont toujours un brin mystérieux. Parfois, je me demande comment les lecteurs font pour me suivre dans mes délires. Mais si c'est original, alors je ne m'empêcherai jamais de délirer.
Catirella: Nope, xD un direct de droite! J'aime bien l'amour féroce! Disons que j'en suis au quart de l'histoire. J'ai prévu environ 13 chapitres. Mais, on ne sait jamais.. ça pourrait être plus En tout cas, l'introduction est faite. Maintenant, je vais pouvoir m'enfoncer dans l'abstrait!
oOoO Black Siri OoOoO: Eh bien merci de prendre la peine de laisser une review!
Marnie02: Ah! Si, en effet, on considère la fic comme un Alice au pays des merveilles version déjantée, Duo est le lapin. Le pire, c'est que je n'y avais même pas fait attention en la commençant ; Je suis soulagée que tu aimes Trowa. Mon humour a généralement une chance sur deux de planter, donc c'est souffrance que de le faire parler avec l'objectif de faire rire…
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Chapitre 4
Trowa, ou maux de mots
15 novembre
-Ne te sentirais-tu pas un peu envahissant parfois?
Cette phrase, je prenais un malin plaisir à le répéter à chaque fois que je voyais Duo. Car oui, à partir de Halloween, nous sommes devenus très intimes. Nous ne pouvions pas passer une journée sans nous voir… Sans rire, c'est à moitié vrai. Au départ, j'étais évidemment réticent à cette perspective, mais mon côté casanier a été piétiné par Duo qui, après ma visite surprise, venait délibérément cogner chez moi à toute heure du jour. Ou de la nuit. J'aurais dû omettre de lui dire que je n'avais pas d'autre emploi que celui d'écrivain, ç'aurait moins mis ma disponibilité en évidence… Enfin. Tout ça pour dire qu'il se prenait maintenant pour mon meilleur ami ou je ne sais trop. C'était encore à moitié vrai. Si je le considérais comme mon ami, il devait vraisemblablement être le meilleur puisque je n'en avais pas d'autre… Mais le considérais-je ainsi, après deux semaines?
Aujourd'hui, le quinze, et donc deux semaines que ça durait, mais j'étais très insatisfait. On aurait dit que Duo, quand j'allais chez lui (trois fois jusqu'à présent) devenait plus calme, moins lui-même. J'avais l'air d'un parfait abruti, mais je crois que j'essayais en vain de découvrir un quelconque mystère qui fut caché dans cet appartement…
-Voyons, je suis sûr que tu te plais à assister à ma conquête de tes genoux. Après tout, ce sont tes genoux. Tu dois te sentir très concerné.
En effet, monsieur était à demi avachi sur moi, provoquant en mon for une sensation plus ou moins plaisante. Autrement dit, tout mon corps était tendu vers l'arrière et j'affichais une expression irritée.
-Justement, ils sont déjà conquis, dis-je, Par mes cuisses. Qui sont elles-mêmes conquises par mon bassin. Dégage.
-Si on continu sur cette voie, il n'y a que tes cheveux qui ne sont pas conquis…
-Eh bien…
Duo s'était déjà redressé et ses mains étaient sur ma tête, emmêlant mes cheveux plus qu'ils ne l'étaient déjà. Je soupirai et continuai à griffonner sur mon carnet (Eh, il fallait bien que je travaille) en me laissant faire, moins crispé. Duo était très porté sur les contacts physiques, à vrai dire. J'avais eu le temps de m'en rendre compte. C'était simple, il était toujours en train d'essayer de me toucher. À m'écouter, je l'aurais frapper plusieurs fois. Je déteste les contacts… Mais je m'étais lassé de le repousser sans cesse, et il en profitait grandement. Un peu trop à mon goût.
-Conquérir Heero. Ça me paraît tout à fait épique. De quoi en faire un véritable film d'action. Quand le monteras-tu jusqu'au sommet?
Évidemment, en me trouvant chez Duo, je me trouvais aussi chez Trowa. Trowa était une espèce de compensation à l'attitude puérile de Duo. En deux semaines, ou plutôt, en trois visites et quelques conversations sur le sujet, j'avais appris qu'il était un être sarcastique, ironique, hautain et, disons-le franchement, dédaigneux. D'ailleurs, Duo ne le touchait jamais, lui. Et si j'avais le malheur d'être trop près, il quittait délibérément la pièce. Bref, une version amplifiée de ce que je suis moi-même. Et j'adorais ça, je dois bien l'admettre, malgré que lui ait l'air de se foutre totalement de moi. Il me fascinait. Il ressemblait à un personnage de bande dessiné, de manga, avec ses caractéristiques étranges.
-Pas étonnant que tu nous sortes ça, on ne peut pas dire que tu aies monté beaucoup de gens, récemment, rétorqua Duo sur un ton impertinent.
Duo aussi avait du mordant.
-Excuse-moi, mais tu insinues des pensés que je n'ai jamais affirmées. Peut-être est-ce toi qui est incapable de franchir des marches ces temps-ci.
Mais Trowa ne s'était jamais laissé démonter. Le visage de marbre, il rétorquait à chaque fois. Et si jamais le propos allait trop loin à son goût, il s'en allait.
-Pff, de toute façon, toi tu éprouves plus de plaisir à les descendre que les monter!
Et moi, j'observais ces duels avec une oreille amusée. Comme un gamin qui espionne un vieux couple.
-Absolument. Après tout, ce qui importe est situé en bas, et non en haut.
Ha ha. Touché. Je souris et son regard tomba justement sur moi. Une très fine courbe étira ses lèvres.
-Et toi, tu es au pied de la montagne ou au sommet? demanda-t-il, plus par politesse que par réel intérêt, cela se voyait.
Je réfléchis un moment. Je n'avais pas eu de relation sexuel depuis… Depuis un bout de temps. En toute honnêteté, je répugne les charmes féminins depuis la fin de mon adolescence. Triste histoire. Tant qu'aux charmes masculins, eh bien, ils ne m'avaient jamais vraiment frappé jusqu'à maintenant. Et pourtant, on avait souvent fait une allusion de ce genre dans mon dos. À chaque fois que je m'imaginais avec un homme, j'avais envi d'éclater de rire. Bizarre, non?
-Disons que j'ai pris une pause de quelques années dans une caverne à mi-chemin entre les deux.
Trowa et Duo se jetèrent un regard entendu fort déplaisant, reposèrent leurs yeux sur moi, et… Duo éclata de rire alors que le demi-sourire de Trowa s'élargissait quelque peu. Je souris légèrement, peu impressionné.
-Eh oui, messieurs. Le juste milieu…
Duo cessa de rire.
-Mais Heero, à force de te priver, tu vas nourrir en toi un désir frustré. Et ce désir, comme la lierre, va s'accrocher et grimper à ton estomac. Et grimper dans ta gorge… Et au bout du compte, elle va te faire vomir à force de t'étouffer. Tu vas alors glisser dans ta bile et tomber sur tout ce que tu trouveras. Homme, femme, animal. Tu commettras peut-être même l'irréparable…
Je n'arrivais pas à y croire. Le retour du Duo insupportable que j'avais cherché sans trouver en venant ici! Trowa roula des yeux, écœuré, alors que je devais afficher une moue particulièrement dégoûtée.
-Charmant, ai-je dis, Tout à fait charmant. Tu ferais un poète merveilleux Duo.
-Oui, un poète oral, peu importe le sens où tu le prends!
-…
Trowa se leva subitement et contourna la pièce entière pour être sûr de ne pas avoir de contact avec nous. Il s'arrêta à l'embrasure de la porte, salua gracieusement, et déclara sur un ton tout à fait sérieux.
-Que Dieu bénisse votre bile à tous les deux.
Et il s'éclipsa. Les trois fois où j'étais venu, Trowa n'avait jamais demeuré longtemps avec nous. Pourquoi? Je n'aurais su le dire à ce moment là. Mais je ne peux nier que ça m'intriguait un peu. Pas encore au point de vouloir enquêter là-dessus, mais quand même…
-Trowa t'aime bien, lâcha Duo, un brin songeur.
-Ah…
J'essayais d'être évasif, mais j'étais soudain nerveux. Me faire aimer n'avais jamais suscité quoi que ce soit en moi. Vous vous doutez que les choses commençant à changer, d'une façon trop rapide, démontrait toute la sordidité de la situation.
-Je t'assure, continua-t-il, Même que je pourrais être désarçonné si je n'avais pas la prétention de le connaître par cœur.
Il leva les yeux, coulant vers moi un regard moqueur.
-Et toi, tu m'as déjà avoué que tu l'aimais bien. Mes yeux sont jaloux…
Je crus rougir. J'étais pourtant doué pour contrôler mes afflux de sang. Mais pas avec Duo. Ce type m'intimidait, ou je ne sais trop, de telle manière que je finissais par perdre la face à chaque fois. Heureusement, il ne semblait pas du genre à mépriser les gens pour ça. Je détournai tout de même le regard, faisant mine d'être outré. Duo ricana.
-De toute manière, si tu réussissais à finir avec lui, tu serais vraiment quelqu'un d'exceptionnel.
-Parce que là, maintenant, je ne le suis pas?
-Non.
-Et toi, tu l'es peut-être?
Duo fronça les sourcils.
-Moi, je suis… disons… je ne peux pas être catégorisé, donc non, je ne le suis pas.
-C'est prétentieux.
-Non, pourquoi? Je ne ressens aucune prétention en disant ça!
J'observai Duo qui, de nouveau, se vautra sur mes genoux. Je soupirai et le poussai. Il se redressa.
-Toi, tu es prétentieux, par contre.
-Pardon?
-Quand tu viens ici, tu as une raison. Quand on a une raison pour aller quelque part, c'est généralement parce qu'on veut quelque chose. Si on veut, on est prétentieux. On a la prétention de vouloir.
-Ça n'a pas de sens. Sinon, tous les humains seraient…
-Oh, mais qui a dit le contraire?
Il sourit. J'étais franchement agacé. Il tournait les choses de manière à ce qu'il ait raison, or je voyais bien que tout ce qu'il disait n'était que fantaisies absurdes. Enfin, à ce moment-là.
-Donc, la vanité et la prétention seraient des défauts humanitaires?
-Je n'ai jamais parlé de vanité, mais oui. C'est comme ça.
-Et toi, tu n'en est pas atteint?
-Plus ou moins. Je sais déjà tout, donc.
-Ah ah.
-Oui, oui, c'est marrant parfois.
Le pire dans tout ça, c'était qu'il se prenait parfaitement au sérieux.
-Et Trowa, lui, a la prétention de ne pas vouloir être touché.
J'avais dit ça, assurément, pour obtenir des explications. Duo me regarda drôlement.
-Ça n'a rien avoir avec la volonté.
Son ton était trop dur.
-Tu veux dire qu'involontairement, il s'écarte de tout contact?
-Oui.
-Mais moi non plus, je n'aime pas tellement être touché, et je n'en fais pas un drame lorsque tu te mets à me tripoter comme un pantin.
Aucun sourire. Alors là, j'étais inquiet. Qu'avais-je dit de si horrible? D'un côté, je savais bien que si je ne parlais habituellement que très peu, ça n'était pas pour rien. Mais le regard que me lançait Duo était quasiment froid.
-Dit moi, articula-t-il, De quoi as-tu peur?
Je clignai des yeux.
-Pourq…
-Répond seulement.
Je ne réfléchis même pas.
-De l'ennui.
-Bien. Et si tu te mets à t'ennuyer, que fais-tu?
-N'importe quoi… pourvu que je fasse quelque chose.
-Bien. Mais n'importe quoi, ce n'est pas particulièrement amusant, n'est-ce pas?
-Euh… non, pas vraiment.
-Alors admettons que tu décides de faire ta lessive…
-…tu le fais un peu contre ton gré.
-Je suppose, ai-je dit avec prudence.
-Eh bien voilà. Ça n'a absolument rien avoir avec la volonté.
J'étais troublé. Je me souviens avoir songé à cet argument des jours et des jours par la suite…
Duo avait repris un sourire joyeux et me regardais me creuser les méninges.
-La peur, dit-il, est un moteur dangereux.
Je me demandais de quoi lui avait peur. De rien sans doute… Je me levai doucement et quittai le salon. Le regard de Duo me pesait sur le dos. Aujourd'hui, je suis sûr qu'il savait ce que je m'apprêtais à faire. À ce moment-là, je le ressentais comme un fardeau. J'allai dans le couloir, toisai une porte, et frappai. Trowa m'ouvrit et son regard polaire se posa sur moi. Je tendis la main, imperturbable. Je l'ai dit. Je cherchais quelque chose. Trowa posa ses yeux sur ma main et je vis dans ces yeux ce que Duo voulait dire. Il recula et mis même ses mains dans le dos.
-Donc tu as vraiment peur du contact…
Il n'eut pas l'air gêné. Seulement embêté.
-Je suis aphenphosmophobe.
-Tu n'as jamais eu envi d'essayer ?
Trowa plissa les yeux.
-Tu ne sais pas nager et tu as peur de l'eau ; as-tu envi d'aller te jeter dans un lac en eau profonde ?
-Peut-être, si je m'ennuis.
Il cligna les yeux d'un mouvement lent… et finit par sortir une main de derrière son dos, le geste tremblant. J'avançai la mienne, mais au moment ou nos doigts allaient se toucher, il retira vivement sa main et recula de quelques pas dans la noirceur de la pièce. Il se mit à se tordre les mains, apparemment embarrassé.
-Je ne m'ennuis pas tant que ça…
Et je ris de bon cœur. Trowa me toisa suspicieusement.
-Oh, c'est très drôle, dit-il sèchement, C'est si drôle que je me tords par terre. Regarde. Juste là. Je suis en train de m'étouffer de rire.
J'essayai d'arrêter, conscient de son malaise.
-Désolé…
-Et tu exprimes ta désolation par le rire, je suppose ?
-Je suis désolé d'avoir ri.
-Tu n'es pas désolé. Si tu étais désolé, tu ne serais pas sur le point de recommencer.
Et je ris à nouveau. Qui avait-il de drôle ? Rien, apparemment, mais je ne pouvais m'en empêcher. Je plaquai une main contre ma bouche, arrêtai de ricaner comme un idiot, mais laissai un sourire amusé sur mes lèvres.
-Je ne compte pas abandonner, ai-je dit essoufflé.
Il s'approcha, l'air maussade, et en saisissant la porte, lâcha :
-Bravo. Si tu finis par gagner, je serai donc le premier à le savoir. Mais comme je suis et la cible, et l'arbitre, je doute un jour assister à cette victoire. Au final, j'irai peut-être te rendre visite dans l'asile psychiatrique où tu te retrouveras à force d'essayer !
Mon sourire se figea.
-Pardon ?
-Ici, ce n'est pas ton monde. Ce n'est pas une de tes histoires non plus. C'est même pire que ça. Tu verras, à la mesure où tu t'enfonceras un peu trop profondément, tu ne pourras plus remonter. Les gens qui plongent par ennui se noie. Parce qu'ils vont trop loin.
Son discours était quasiment hystérique.
-Et si tu continues à suivre ce crétin de Duo, tu toucheras ta perte !
-Duo ? Il…
Trowa me claqua la porte au nez. Je retournai au salon, le pas lancinant. Que voulait-il dire ? En tout cas, j'avais été démasqué. Duo ne se trouvait plus au salon. Bien, j'avais été planté là. Je pris mon manteau, réfléchissant, et quittai l'appartement. Je tombai sur Hilde en sortant. Elle me fit signe, un grand sourire aux lèvres. Si j'appréciais Trowa et Duo, leurs voisins ne m'inspiraient pas confiance. J'avais très peu aimé ma petite visite chez eux. Les trois dernières fois où j'étais venu, je ne les avais pas croisé. Ni eux, ni la super fan. Et c'était tant mieux. Hilde me regarda, attendant que je lui réponde. Je fis un léger signe et elle éclata de rire. Je fronçai les sourcils et passai devant elle avec l'intention de l'ignorer si elle se mettait à me parler. À ce moment, je la traitais intérieurement de stupide droguée. Mais lorsqu'elle m'agrippa la main, je n'eus même pas le réflexe de la reprendre. Elle me sourit et balança nos deux mains énergiquement.
-Bonjourrr !! Ça va ? Ça fait un bail qu'on s'est pas vu !
Vraiment, comme si on était pote, tous les deux !
-Ça te dirais de venir avec moi ? On ferait le tour du quartier ! Je connais plein d'endroits supers !
C'est là qu'elle m'intéressa. Faire le tour du quartier. Je n'avais pas encore osé le faire. Quand j'étais venu les dernières fois, j'avais croisé quelques personnes et toutes avaient l'air suspectes. Je m'étais donc empressé de rejoindre l'appartement miteux. Mais si j'étais avec une personne louche, je me sentirais sans doute plus à l'aise. Plus… immunisé contre la surprise. J'ai donc feint un sourire joyeux du mieux que je pouvais le faire.
-Ouais, ça serait chouette ! ai-je dit d'une voix enfantine.
Hilde s'esclaffa.
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Voilà, le quatrième est fait. Je l'aime bien, celui-là!
