Chapitre 3
Réponses aux reviews:
Cacacounette: Eh! Merci! Il faudrait qu'il y ait plus de jours extraordinaire alors. Pardonne les délais entre chacun d'eux!
Ilham: Une autre dimension? Wouah, c'est très flatteur, merci! Parfois j'ai peur de ne pas me faire bien comprendre, cependant. Contente que ça t'ait plu
Echizen D Luffy: Moi aussi je suis toujours heureuse quand des fics que j'aime sont 'updater'. Mais je ne donne pas le bon exemple ;; Merci!
oOoO Black Siri OoOoO: Ah, eh bien, merci! J'espère que ça ne te fâche pas trop d'attendre;;;
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-Mon petit Duo, je ne sais pas quoi te dire. Je suis très peiné que notre aide se soit vu refusée, mais j'imagine que tu as fait du mieux que tu as pu…
-Disons que psychédélique est devenu le parfait qualificatif pour Quatre Winner, père Pivot.
-Quel changement radical… c'est terrible. Je me demande ce qui a bien pu le faire sombrer… Il avait des problèmes, c'est sûr, mais de là à… hum.
Duo leva les yeux.
-Des prob…?
-Bon, je crois que je vais te laisser mon petit Duo. Que me pardonne le père Maxwell, mais mes vieux os ne me supporte qu'à moitié ces temps-ci…
Duo hocha la tête et salua le vieil homme qui s'éloignait déjà. Le père Pivot n'avait visiblement pas envi de s'enfoncer dans le sujet. De toute façon, même curieux, en apprendre plus ne servirait qu'à le troubler un peu plus.
Soupirant, il se signa et sourit. Il se trouvait sur la tombe de son ancien mentor, comme à tous les dimanches. Souvent, le père Pivot l'accompagnait, mais de moins en moins longtemps. C'était compréhensible, surtout que Duo avait tendance à y rester des heures. Le père Maxwell lui manquait. Beaucoup. Il soupira à nouveau et leva les yeux au ciel.
-Comment dire… j'ai rencontré bien d'étranges personnes en peu de temps. Vous vous demandez sûrement qui est ce Quatre Winner. C'est un jeune paroissien devenu fou. C'est désolant à voir. Il a voulu m'étrangler, vous savez… Il y a aussi ce Heero, qui est quasiment encore un enfant. Et ce psychiatre athée qui est aussi désagréable que Merquise. Et la jolie infirmière… et… le type qui m'a évité de finir en pâté. Lui par contre… Je suis certain de l'avoir déjà vu. J'ai même son nom sur le bout des lèvres…
Duo se tut et fixa le nom sur la pierre tombale, songeur. Il secoua la tête, s'inclina bassement, et quitta rapidement le cimetière. Il n'avait pas à se rappeler. Il était sûr que s'il ressassait un souvenir par rapport à cet individu, cela n'allait lui apporter que du malheur. Pourtant, l'homme n'avait pas eu l'air de le reconnaître… mais ça n'avait rien avoir.
Un coup de tonnerre retentit et Duo figea sur place, les yeux grands ouverts. Sa vue se brouilla un instant et il vacilla, tombant sur les genoux. Tout ça en quelques secondes. Puis, lorsque la pluie commença à lui marteler la peau, il se ressaisit et trembla comme une feuille. Son cœur battait à vive allure. Où avait-il donc la tête? Soudain, la pluie ne l'atteignit plus. Il leva la tête.
-Vous savez, quand j'étais toute petite, j'avais une peur bleue des orages.
Duo sourit, soulagé.
-Mademoiselle Hilde. Décidément, vous venez toujours à ma rescousse. Seriez-vous mon ange gardien?
La jeune femme rit. C'était un rire clair, cristallin, absolument charmant. Elle secoua la tête, enjouée, et tendit une main que Duo saisit pour se remettre sur pieds.
-Peut-être bien! J'ai toujours aimé la science des anges. Et les fresques les représentant.
Duo s'épousseta en souriant.
-Oui, jolis, mais cruels.
-Cruels?
-Vous êtes cruellement jolie comme un ange, mademoiselle. C'est en côtoyant des jeune femmes comme vous que je finis par regretter d'être prêtre.
Hilde eut un sourire taquin.
-Mais regarder ne fait pas de mal.
-Ça amène à la tentation!
-Hum! Et c'est là qu'on reconnaît les bons gars des mauvais. La tentation est un véritable détecteur de mensonges.
Duo la regarda, bouche bée.
-Je… Je n'avais jamais pensé à ça. C'est vrai, je présume.
-On ferait bien de se mettre à l'abri. Vous allez finir par sentir le chien mouillé! Mon appartement est un peu plus loin, de l'autre côté de la rue. Venez!
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Duo déposa la serviette sur le dossier d'une chaise. Sa natte était toute défaite et pleine de frisottis. Les joies d'avoir les cheveux longs, tome 1. Il sourit en regardant autour de lui. L'appartement de Hilde était très petit, voire minuscule. Néanmoins, il était douillet et réconfortant à la vue. Les couleurs et la décoration étaient chaudes et relaxantes.
-Meow!
Duo se retourna et son sourire s'élargit en apercevant un chaton orange assis sur un meuble. Le félin le détaillait avec de grands yeux bleus curieux. Absolument adorable. Duo avait toujours eu un faible pour les chats. Il s'approcha et le caressa. Le matou se mit à ronronner.
-Gentil minou…
Il stoppa alors son geste. Derrière le chaton, une panoplies de photographies s'entassaient. Sur la première, dans un grand cadre d'argent, posait un grand groupe d'individus devant l'institut psychiatrique. Hilde, les cheveux plus longs, se tenait près du docteur Chang, qui avait toujours son air autoritaire. De l'autre côté de l'homme austère, la réceptionniste souriait poliment. Son expression n'était pas tranquille, une fois encore… Les autres devaient être le reste du personnel. Duo reconnut certains visages. Il écarta le cadre de la main et jeta un coup d'œil aux autres. Plaisir coupable… Dans un cadre doré, Hilde était seule avec Chang qui souriait légèrement. Duo manqua de rire. C'était farfelu, mais la possibilité que ces deux-là soient plutôt intimes lui vint à l'esprit. Il était un peu jaloux, tout compte fait… Il fronça les sourcils et saisit un troisième cadre. Il faillit le lâcher à l'instant lorsqu'une main délicate se posa sur son épaule. Il tourna la tête, gêné.
-Désolé, je faisais juste… je caressais votre chat et…
-Il s'appelle Klunk! Je l'ai trouvé dans une ruelle récemment, répondit-elle joyeusement, Tant qu'à cette photo, elle est assez vieille.
-C'est un ami à vous?
-Ah, eh bien… si on veut. Il vient souvent à l'institut. Il a une autorisation de la sécurité, mais on ignore encore en quoi consiste son travail. Il est très secret. Fei-Fei le déteste!
Duo regarda Hilde, puis éclata de rire. Elle venait d'appeler le docteur Chang Fei-Fei! Ça ne lui allait pas du tout, et pourtant… à mourir de rire! Son côté farceur allait s'en souvenir
-Ha ha… eh… s'il savait comment vous… vous l'appelez! Ah! Fei-Fei…
Hilde sourit.
-Ça lui va bien, non?
-Eh bien… -Il faillit pouffer à nouveau- disons que son visage n'exprime pas ce sobriquet!
Il se calma peu à peu et désigna la ptoto.
-Alors, quel est son nom?
-Euh…. C'était quelque chose comme Thomas… Non, un peu plus original que ça. Attendez…
-Trowa! s'exclama Duo comme le nom jaillissait de sa mémoire.
-C'est ça! Vous le connaissez, donc?
-Pas vraiment. Mais je l'ai déjà vu quelque part, ça c'est sûr. Et il me semble que ce n'était pas un souvenir plaisant.
Il déposa le cadre. Dessus, Trowa paraissait encore plus arrogant que lorsqu'il l'avait rencontré dans la rue. Il ne souriait pas, regardait l'appareil d'un œil morne, une cigarette entre les lèvres. La mèche recouvrant l'œil gauche était moins longue, révélant un œil plus pâle. Un œil de vitre.
-Cela ne me concerne pas, mais pourquoi avez-vous sa photographie?
-Oh, je prend l'habitude de photographier un peu n'importe quoi. Comme vous le voyiez, la pièce est pleine de cadres. Et j'ai d'innombrables albums aussi. Peut-être qu'un jour, je vous prendrez en photo. Quand vous serez moins dépeigné!
-Eh! J'aimerais aussi avoir une photographie de vous, ma chère.
-Pas de problème!
Ils se sourirent.
-Vous savez Hilde, avec Heero…
-Vous n'êtes pas obligé de me le dire. Mais j'ai confiance que vous ne faisiez rien de suspicieux.
-Non. J'ai… j'ai été comme… attiré dans la chambre…
Il se massa les tempes et soupira.
-Je ne vois pas pourquoi je vous dis ça. Peut-être parce que j'ai l'intention de revenir.
-Ici?
Duo rougit et agita les mains.
-Non, non… enfin… un jour, peut-être, oui! Mais… à l'institut, je veux dire!
-Oh! Voir monsieur Quatre?
-Oui. Je lui ai promis de revenir. Il avait l'air assez désespéré. Il ne doit pas avoir beaucoup de visite, n'est-ce pas?
Hilde réfléchit et haussa les épaules.
-Si, je me souviens que son père, un vieil homme d'origine arabe, était venu. Et aussi deux de ses sœurs –il en a neuf, vous vous rendez compte?- Mais comme il ne veut jamais sortir de sa chambre et qu'il faut une autorisation spéciale pour aller dans la chambre d'un patient, ils ont cessé de venir.
-C'est triste…
-Oui, mais… -elle fronça les sourcils- je n'ai pas l'impression qu'il ait eu envi de les voir un instant. Par contre, quand je suis allée lui porter son petit déjeuner, il m'a dit qu'il avait hâte à votre prochaine visite.
Duo sourcilla.
-Vraiment?
-Je vous assure… Et je trouve bien qu'il s'attache à quelque chose. Mais il faut faire attention à ce genre de personne. Elles sont généralement très fragiles.
Duo hocha la tête, nerveux face au sujet. Il regrettait déjà de s'être impliqué la dedans. Il se frappa mentalement. Qu'avait-il à craindre, après tout? Il regarda l'heure.
-Je crois que je vais vous laissez sur ce, mademoiselle Hilde.
-Oh, mais il pleut toujours! Et il tonne. Voulez-vous que je vous appelle un taxi?
-Vous seriez gentille.
Elle sourit et sortit. Duo reporta son attention sur les photos. Il fit le tour de la pièce, à la recherche d'autres portraits de Trowa, mais en vain. Il soupira. Ce type lui chicotait tellement l'esprit…
-C'est fait!
Duo sursauta, se retourna, puis sourit.
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À quatre ans, Duo avait vécu un gros orage qui avait mis le feu à l'église. Le tonnerre résonnait par dessus les crépitement du feu, et partout où la lumière des flammes ne s'étendait pas, c'était les ténèbres, excepté pour les quelques éclaircissement que produisait la foudre. Duo dormait à ce moment-là et s'était réveillé dans cette situation. Il avait tout bonnement cru, innocent qu'il était, qu'il était mort et qu'il était descendu en enfer. Pétrifié, il s'était mis à pleurer comme les flammes atteignaient sa chambre. Au final, le Père Maxwell l'avait sorti de ce mauvais pas. L'orage avait fini par prendre fin, les pompiers étaient arrivés et le feu avait été éteint. Depuis, Duo craignait les orages comme l'enfer.
En sortant du taxi, le prêtre dû faire un terrible effort pour ne pas se mettre à courir et passer pour un parfait imbécile. En entrant dans le presbytère, il fut frappé par le fait qu'il n'y avait pas d'électricité. Son corps était maintenant tremblant et un rien le faisait sursauter. Spécialement le tonnerre, bien entendu. Il parvint à rejoindre sa chambre et s'effondra sur son lit, la tête enfouit dans l'oreiller.
-Idiot, marmonna-t-il d'un ton étouffé, Idiot, idiot, idiot…
Un bruit strident retentit, un bruit qui n'avait rien avoir avec l'orage. Duo leva de quelques centimètres et se renfonça encore plus profondément dans son oreiller, au point de ne plus pouvoir respirer. Une vitre cassée. Ce devait être une vitre cassée. Il leva doucement la tête, fit le tour de sa chambre du regard, sans rien voir sauf le noir. Il mit d'innombrables minutes, qui lui parurent l'éternité, pour se lever et aller vérifier. Il n'était pas certain si le père Pivot ou Merquise se trouvaient dans la bâtisse et cela ne le rassurait pas du tout. En tournant dans le couloir, il eut une impression de froid. Croyant que c'était à cause de la fenêtre, il se dirigea vers d'où venait la brise glacée. Un nouveau coup de tonnerre manqua de lui faire perdre pied. Il ferma les yeux et se boucha les oreilles. Son cœur battait beaucoup trop rapidement.
-1… 2… 3…
BOOOOMMM!
-1… 2… 3… 4…
BOOOOMM!
-1… 2… 3… 4… 5…
BOOOMM!
-1… 2… 3… 4… 5… 6…
Un nouveau bruit strident retentit, cette fois non loin de lui. Duo enfonça ses ongles dans ses cheveux, jusqu'à creuser dans sa chair. Il se risqua à ouvrir les yeux, et le regretta immédiatement. Devant lui, une immense ombre se tenait, debout, chancelante. Il distinguait mal les traits, mais les yeux, il les voyait très bien. Ils étaient rouges.
Duo figea dans l'espace de quelques secondes, mais lorsque la chose fit un mouvement, il recula, trébucha, puis détala comme un lapin. Il courut vers les escaliers, mais stoppa net. Il ne voyait même pas la quatrième marche, tant il faisait sombre. Il se hâta à faire demi-tour, entra dans la première pièce à sa porté –celle du père Merquise- et verrouilla la porte. Celle-ci ne tarda pas à trembler sur ses gonds, comme si on voulait la forcer. Duo, paniqué, chercha un objet, n'importe lequel, ouvrit les tiroirs, dénicha un crucifix et le tendit mécaniquement vers la porte. Incapable de prononcer un mot, il ferma les yeux. Il sentait des sueurs froides lui couler le long des tempes. Il tenta de se calmer, puis d'une voix presque fluette, se mit à marmonner.
-Saint
Michel archange,
défends-nous dans le combat;
contre les
méchancetés et les embûches du démon,
sois
notre aide. Nous te prions en suppliant:
que le Seigneur le
commande!
Et toi, prince des milices célestes,
par le
pouvoir qui te viens de Dieu,
chasse à nouveau en enfer
Satan
et les autres esprits mauvais
qui rôdent dans le
monde
pour la perte des â…
À peine eut-il le temps de finir qu'un immense choc sur sa tête, ou plutôt dans sa tête, le fit tomber à genoux. C'était telle qu'une lame tranchante qui lui pénétrait dans le crâne. Si bien que, les yeux obstinément fermés, il se mit à voir rouge. Puis, ce fut des centaines et des centaines d'images indiscernables qui lui défilèrent dans l'esprit, lui provocant des tressautements incontrôlables. Des voix se mêlèrent bientôt aux images, et Duo en oublia l'ombre, la porte, l'orage. Il hurla, incapable d'en supporter davantage, et tout tourna au noir.
Duo haleta, encore tout tremblant et la tête qui lui tournait. Comme son rythme cardiaque redevenait plus normal, il rouvrit les yeux peu à peu, voyant des picots colorés tant il les avait serrés. Il leva la tête et sursauta lorsque le courant se rétablit. Il cligna des yeux, un peu perdu, puis figea en croisant une paire d'yeux familière.
Debout devant lui, trempé de la tête au pied, les cheveux écrasé sur la tête, Heero se tenait. Heero Yuy. De plus, le garçon avait une grosse coupure sur le côté du visage, barbouillant en parti celui-ci de rouge. Duo écarquilla les yeux et la nausé le pris par surprise. Il parvint tant bien que mal à la contenir. Avait-il imaginé l'ombre? Ne s'agissait-il que de Heero? D'ailleurs, d'où venait-il comme ça? De l'institut? Il n'aurait pas pu s'échapper en plein jour, tout de même!
Duo secoua la tête. Il se leva et manqua de s'écrouler tant son corps échappait de son contrôle.
-Hee… Heero… souffla-t-il, la voix chevrotante, Que fais-tu ici?…
Le garçon cligna lentement des yeux, puis sourit. C'était un sourire étrange. Petit, fermé, il exprimait une grande innocence. Néanmoins, les yeux bleus assombrissaient le sourire avec une froideur effrayante. Duo fut frappé par l'allure qu'avait Heero en ce moment. Il tendit la main, incertain. Heero abaissa abruptement la tête, leva un pied… puis s'étala sur le sol aux pieds de Duo, inconscient.
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J'imagine que la partie fantastique commence! J'ai dû un peu pousser les choses, mais me connaissant, c'est pour le mieux. Ç'aurait pu prendre une éternité… et ça en prend déjà une pour publier un nouveau chapitre.
