Chapitre 4
Réponses aux reviews :
OOoO Black Siri OoOoO: Duo aussi se le demande. Et non, il ne s'est pas vraiment enfuit. ;;
Azmaria: Duo a… peur. XD Il a une peur bleue des orages, et y a ce phénomène étrange qui se passe, et Heero qui se ramène! Et les autres sont là où ils devraient être. Wufei à l'institut, car il y travaille. Quatre aussi parce qu'il y est interné. Trowa est quelque part on ne sait où, car on ignore encore qui il est.
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Duo prit soin de se débarrasser du linge dont il s'était servi pour nettoyer la plaie à la tête de Heero. Celui-ci ne s'était toujours pas réveillé. Apparemment, il avait reçu un coup sur la tête. À moins qu'il ne soit rentré dans un mur volontairement. Ou dans une vitre.
Duo avait mal à la tête. Il s'était d'abord calmé, avait vérifié si la blessure du garçon était grave –elle ne l'était pas, Dieu merci- et s'était résigné à faire le tour du presbytère. Il n'avait absolument rien trouvé d'anormal, sinon la vitre cassée à l'étage. Elle était froide et Duo en avait déduit que la foudre n'y était pour rien (ce qui, pourtant, n'avait rien de rassurant). Ensuite, il avait eu plusieurs impressions étranges en passant d'une pièce à une autre. Il avait craint de revoir l'ombre aux yeux rougeoyants. Il avait surtout craint que l'orage ne revienne. Il avait dû se répéter une bonne centaine de fois qu'il avait rêvé, pas parce que c'était nécessairement vrai, mais parce que ça l'arrangeait. Il était finalement retourné près de Heero avec la ferme certitude qu'il avait tout imaginé. Mais en revoyant la raie de sang qui rougissait la joue du jeune homme, en le voyant étendu par terre avec une expression beaucoup trop innocente pour un type de cet âge… Duo avait douté.
-Bientôt, je vais devoir suivre le conseil de Quatre Winner et aller me faire interné, marmonna-t-il en se massant les tempes.
Il s'agenouilla et dégagea le front de Heero des quelques mèches mouillées qui le recouvraient. Le garçon remua et émit une espèce de gémissement. Non… pire que ça. Ça ressemblait à un miaulement. Duo fronça les sourcils. Encore une fois, il se demanda comment Heero avait pu se retrouver là. Impossible qu'il se soit échappé seul. Un, l'institut était rempli d'infirmières, de psychiatres, de secrétaires, de gardes… Donc, même si les portes des chambres des patients étaient ouvertes… Deux, Heero lui paraissait autiste ou quelque chose du genre. Il agissait comme un enfant de six ou sept ans et ne disait rien. Comment aurait-il pu déjouer la sécurité, faire les vingt minutes de marche et trouver l'église? Et cela en plein jour, sans que personne ne le remarque? Quoi que… il pleuvait, faisait sombre et tonnait. Mais encore, c'était peu plausible.
-Il faudra que quelqu'un t'ait aidé, dit-il pensivement.
Oh oui, c'est ça. Et qui donc? Le doc. Fei Fei, plus autoritaire qu'un caporal en chef? Duo secoua la tête. Il finirait bien par le savoir en livrant le garçon à la police le lendemain…
Soudain, Heero ouvrit les yeux, faisant sursauter le prêtre. Duo sourit nerveusement, agita la main.
-Bon retour parmi nous, euh, Heero…
Heero n'eut aucune réaction sinon celle de s'asseoir. Il se mit à fixer Duo, une curiosité malsaine dans les yeux. Mal à l'aise, Duo toussota et chercha quelque chose à dire, sachant qu'il n'aurait aucune réponse de sitôt.
-Alors… je… j'ai arrangé ta blessure. Tu n'as rien de grave, seulement une égratignure. C'est en passant par la vitre que tu t'es fait ça?
Heero ne cilla pas. Duo se passa la main dans les cheveux, nerveux.
-Comment… pourquoi es-tu hors de l'institut, Heero?
Heero oscilla légèrement, mais rien de plus. Duo se mordit la lèvre.
-Tu ne diras vraiment rien, n'est-ce pas? souffla-t-il.
Heero cligna des yeux et, doucement, secoua la tête. Puis, il se leva, contourna Duo et sortit délibérément de la salle de bain. Duo, hébété, se lança sur ses talons. Il le rattrapa près de sa propre chambre, où le garçon s'était arrêté. Il regardait fixement un objet suspendu au-dessus de la porte, un crucifix. Ses traits étaient visiblement tendus. Duo se posta devant lui.
-Tu ne vas pas te promener librement comme ça! dit-il fermement.
Heero, en guise de réponse, tourna les talons et prit la direction de l'escalier. Duo serra les dents et le suivit, tentant de l'arrêter. Mais Heero marchait étonnamment vite. Il descendit les marches et se retrouva alors dans la petite cuisine du presbytère. Il s'arrêta, un court moment, puis décida tout bonnement d'aller s'asseoir sur une chaise près de la table. Il demeura alors immobile. Duo arriva derrière lui peu après.
-Heero…
Heero tourna abruptement la tête vers lui, eut un micro-sourire vraiment étrange, entrouvrit les lèvres… et… émis un miaulement. Un miaulement. Duo plissa les yeux, moqueur.
-T'es quoi au juste, un chat?
Heero ne répondit pas, mais il se retourna et resta sagement assis, comme content d'être là. Duo secoua la tête. Et dire que ce… ce… ce chaton s'était retrouvé impliqué dans une histoire sordide et avait été déclaré potentiellement dangereux. Il avait du mal à le croire. Heero était bien moins effrayant que Quatre. Il était même mignon à voir aller, si on ne pensait pas à le regarder dans les yeux.
Soudain, Heero se leva et fit un mouvement pour quitter la pièce. Duo le retint par le bras. Heero ne résista pas lorsqu'il se fit rasseoir.
-Pas question, je compte bien avoir un œil sur toi et découvrir comment tu as abouti ici.
Il réfléchit, se dirigea vers le frigo et en sortit une peinte de lait. Il s'en versa un verre et le déposa devant Heero.
-Tient. Régale-toi.
Duo savait bien qu'il exagérait et que c'était méchant de se moquer ainsi d'un aliéné, mais il n'y pouvait rien. C'était juste trop drôle. Le pire, c'est que le garçon saisit le verre à deux mains et se l'éjecta pratiquement au visage. En buvant, il fit dégouliner le bon quart du contenu le long de son menton. Duo hocha la tête et sourit, enfin relaxé. Il se saisit d'une serviette et tamponna le menton de Heero qui finit par se lever à nouveau.
-Mais enfin, qu'est-ce que tu as à bouger autant… Non! Non, Heero, ici! Ici! Heero!
Heero quitta la cuisine sur un pas rapide. Au lieu de se rendre à la porte, il trouva la fenêtre et passa au travers, sans prendre garde aux éclats de verre un peu partout. Duo au grand cœur se lança à sa poursuite.
Il lui fallut empresser le pas puis pratiquement courir pour rattraper Heero qui évita sa poigne et continua, traversant la rue. Il manqua de se faire frapper par une voiture dont le chauffeur en colère klaxonna et hurla une grossièreté. Duo parvint enfin à lui agripper la main, essoufflé, et resta saisit de constater à quel point elle était chaude. Il ne l'avait pas remarqué la première fois.
-Mais enfin! Tu veux te tuer ou quoi? Il faut regarder des deux côtés! Et d'abord, tu n'es pas en état de t'enfuir comme ça et de te balader dans la ville!
Duo oublia qu'il parlait à un autiste. Celui-ci observait le prêtre avec curiosité. Il était impossible de dire s'il comprenait les paroles, mais il paraissait écouter. Jusqu'à un certain moment du moins. Duo soupira et se massa le front. Il avait toujours mal à la tête. Il s'aperçut alors qu'il ne pleuvait presque plus. Le ciel était gris, mais les gouttes qui s'écrasaient sur eux étaient moindres. Moindres, mais froides.
-On ferait mieux de retourner à l'église, si on ne veut pas s'enrhumer, tu ne crois pas?
Heero ne répondit pas. Il regardait autour de lui avec une vague excitation fleurissante dans son attitude. Mais pas dans ses yeux. Ses yeux demeuraient froids et sinistres. Duo regarda ailleurs et constata pour la première fois ce que portait le garçon. Un habit d'hôpital (avec une tâche de sang sur l'épaule), un pantalon, mais rien aux pieds.
-Surtout toi, en fait…
-Il a l'air de bien vous apprécier…
Duo sursauta et se retourna, face à un grand type mince dont la moitié du visage était cachée par une longue frange. Trowa. Duo plissa les yeux. Heero leva la tête puis, étonnamment, se mit cracher tel un chat en colère. Il courba presque le dos. Trowa se contenta de ricaner, l'air ironique. Il s'approcha et ébouriffa les cheveux du garçon. Il manqua de se faire griffer par Heero et Duo se mit finalement entre eux, rassurant légèrement le garçon qui cessa de cracher.
-Ça n'a pas l'air d'être votre cas, dit Duo froidement.
Trowa sourit et haussa les épaules.
-Il est farouche. C'est comme ça que je les aime.
Quoi? Duo repensa à Heero, déboutonnant son pantalon. À Hilde. « Il vient souvent à l'institut… On ignore encore en quoi consiste son travail… » Ça devenait un peu trop louche à son goût. Peut-être était-il paranoïaque. Néanmoins, ses sens lui disaient tous de se méfier de Trowa. Il n'avait aucun doute là-dessus.
-Excusez-moi? Qu'est-ce que vous insinuez?
Trowa ferma les yeux à demi, enfouit sa main dans sa poche et en ressortit un paquet de cigarettes. Il en alluma une et fourra le paquet à sa place.
-Je n'insinue rien. C'est parfaitement clair, non?
Il sourit. Pour Duo, il ne ressemblait pas tellement plus à un pervers qu'à autre chose. Néanmoins, en ce moment, il avait l'air vicieux, vile, démoniaque. Duo se frappa mentalement. Depuis quand émettait-il autant de préjugés sur quelqu'un en ne l'ayant croisé que deux fois? Ou plutôt… au moins trois fois… Mais non, il ne pouvait pas être gentil avec cet homme. C'était comme… contre ses principes.
-Vous êtes dégoûtant, finit-il par dire, un air réellement répugné sur les traits.
-Oh. Vraiment? Et qu'en savez-vous? Je ne suis pour le moment que l'homme qui vous ait sauvé la vie. Vous devriez me faire confiance. Ou du moins, être conscient que vous me devez quelque chose.
Duo secoua la tête.
-Vous n'étiez pas intentionnel. Vous l'avez dit vous-même.
Et il y avait ce souvenir qui ne voulait pas remonter en surface… Trowa coula un regard ironique vers Heero.
-Qu'importe ce que je fais et pourquoi je le fais. Je suis toujours intentionnel. N'est-ce pas, Heero?
Heero grogna et s'agrippa fortement au dos de Duo qui fit de son mieux pour ne pas ciller. Non seulement il agissait comme un chat, mais il avait des griffes!
-Laissez-nous. Et ne vous approchez plus de Heero. Apparemment, vos petites visites à l'institut ne plaise à personne…
Trowa sourcilla, surpris, puis sourit. Il tira une longue bouffé de sa cigarette et souffla la fumé en direction de Duo. Celui-ci ne savait pas ce qu'il avançait, mais les mots sortaient tout seuls. Il détestait ce type. Plus il parlait, plus il le détestait. C'était trop à supporter.
-Elles me plaisent à moi, ce qui fait que vous avez tord. Et, c'est touchant de vous voir protéger quelqu'un dont vous ne savez que le nom. Mais vous ne pouvez pas m'empêcher de voir Heero. Heero est un chat errant. Les chats errants se font ramassés par la fourrière parce qu'ils n'ont pas de collier. Et vous ne pouvez pas lui en procurer un nouveau. Ils adorent trop leurs patients pour ça. Et moi aussi, j'adore leurs patients. Parce que la plupart de ces chats errants sont… comment dire… spéciaux.
-Mais enfin, de quoi parlez-vous!
L'idée vint à Duo que c'était peut-être Trowa qui avait libéré Duo. Si c'était le cas, ça expliquerait sa présence à proximité de l'église. Quoi qu'il pourrait aussi bien demeurer près de là… Mais quelle raison aurait cet homme de libérer un aliéné?
-Je vous parle de ce dont vous me parlez vous-même. Je vous parle de faits.
Duo recula, faisant reculer Heero avec lui.
-Laissez-nous vous dis-je!
Trowa ricana.
-Mais bien sûr, vous ne sauriez interpréter ce que je dis, n'est-ce pas, monsieur le songeur? Vous êtes comme eux finalement. Totalement perdu.
-Taisez-vous.
-Qu'est-ce qui vous tracasse? Ce ne sont que des mots. Je les invente au fur et à mesure. Mais je dois tomber juste pour que vous me regardiez ainsi.
-Taisez-vous!
-C'est pourquoi je sais à peu près tout. Je suis… l'un d'entre eux. Mais ils ne savent pas. Parce que moi, je suis conscient de l'être.
-Allez-vous en, ou je hurle jusqu'à ce que la police vienne vous chercher, espèce de…
Trowa eut alors l'air mécontent. Il leva le menton avec mépris et leva les mains en signe d'abandon.
-Sois! Mais vous aurez besoin de moi très bientôt, monsieur le curé. Pour affronter… -il parut réfléchir un bref instant- vos ombres intérieures.
Duo écarquilla les yeux, interloqué. Ombres? Ne voulait-il pas dire démons? Mais alors…
-Comment…
-Sois! Vous avez parlez, je m'en vais.
-Mais att…
-Sois! Occupez-vous bien de Heero! J'imagine que vous ne le laisserez pas seul. Vous auriez des remords, n'est-ce pas?
Duo serra les dents. L'individu tourna les talons et s'éloigna. Heero, qui jusqu'à présent n'avait pas desserré sa poigne, relâcha prise. Duo se tourna vers lui.
-Toi aussi, tu ne l'aimes pas, hein?
Heero ne répondit rien.
-Il… -Duo baissa les yeux sur le pantalon du garçon- Il t'a obligé à faire des… choses?
Heero pencha la tête de côté, comme s'il ne comprenait pas.
-À… à baisser ton pantalon? À enlever tes vêtements?
Heero parut alors capter quelque chose. Il souleva sa chemise d'hôpital jusqu'à ce que son torse soit complètement découvert. Duo sentit son visage chauffer au vif alors qu'il rabaissait le vêtement de force et qu'il regardait autour pour voir s'il n'avait pas été vu. Heero cligna des yeux, perdu.
-Non, je t'ai déjà dit que tu n'avais pas à faire ça… chuchota Duo comme s'il avait peur d'être entendu, Ce genre de choses doivent être faites dans le plus grand des consentements, sinon c'est un acte répréhensible et cruel!
Heero cligna à nouveau des yeux.
-Tu ne dois pas te laisser faire. Si quelqu'un te touche comme ça… Eh bien… mords-le! Griffe-le! Je ne sais pas moi, défends-toi, crie à l'aide…
Heero afficha un air absent. Il finit cependant par hocher la tête. Duo sourit faiblement. Il se mit à pleuvoir plus fort, comme si l'orage revenait. Duo retint un juron. C'était vraiment pas son jour. Il prit la main de Heero et prit la direction de l'église rapidement. Lorsqu'ils traversèrent la rue, il sentit, avec surprise, les doigts chauds du garçons se refermer sur sa main. Il frissonna. Il se convainquit que c'était à cause de la pluie.
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Yepee. J'ai fait parler Trowa. Maintenant, passons à Quatre. Et à Wufei.
