Chapitre 5

Réponses aux reviews :

Xiao-Mai: Oui, c'est un monde de fous! Mais en fait, c'est beaucoup plus que ça. Voilà pourquoi les couples seront possibles (Duo ne sait pas à qui il a affaire. Sans doute son statut de prêtre et ses vœux de chasteté seront mis à l'épreuve) En fait, l'idée même qu'un individu autiste et 'potentiellement dangereux' qui a l'air d'avoir sept ans d'âge mental soit placé en couple est obscur. C'est voulu, soit. Et oui, en effet, Duo est très troublé. Qui ne le serait pas? Il devrait s'y confronter toutefois… Oh… je crois que je vais devoir encore m'excuser honteusement sur le rythme de parution. C'est vraiment scandaleux. Chaque fois que je me promet, je manque à ma promesse… donc, je ne peux pas dire si le rythme va reprendre du terrain ou pas. Navrée, vraiment. Mais merci pour le gentil commentaire!

Kasufu: Tu trouves Trowa diabolique? Tu n'as encore rien vu. Tes remarques me font plaisirs. Parfois, les chapitres tombent dans l'abysse de l'inintéressant. J'espère que ce ne sera pas le cas du cinquième!

OOoO Black Siri OoOoO: Oui, eh bien j'espère que le niveau d'intérêt comble la lenteur excessive de l'auteur! Navrée!

Carina D: Euh… Oups? Ah! Oui, tu as raison, je m'en suis rendu compte aussi et je dois dire que ça m'a fait rougir. C'est ce qui arrive quand on ne se relit pas méticuleusement. Mais au moins, tu as aimé l'histoire!

Ingrid94: Non, non, c'est moi qui suis en retard! Mais merci de passer.

Ilham: Ah, c'est moi qui te remercie, vraiment!

Tahitian Shaman: Non, effectivement! Elle a échappé à mon œil, ce qui veut dire que je suis allée encore une fois beaucoup trop vite, tant l'erreur est stupide. Si tu trouves la fic effrayante et qu'elle te fait frissonner, ma journée est faite. C'était un but que je n'osais pas trop me donner. C'est cool alors! Parce que le reste devait devenir encore plus obscur!

Elodiedalton: Oui, c'est dommage, surtout quand tu tombes sur une tortue dans mon genre. Voilà le chapitre 5!

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Quatre Winner était assis sur le sol froid de sa chambre. Il avait entrepris un nouveau dessin, quoique le terme gribouillage eut été sans doute plus approprié. Les crayons, ou plutôt les craies, qu'on lui fournissait se dégradaient trop vite à son goût. Il avait mal aux doigts, tant celle qu'il tenait était devenue petite. Il s'arrêta et la projeta à l'autre bout de la pièce, rageusement. Il en saisit une autre, mais stoppa son mouvement. Il y avait un pas dans le couloir. Il tendit l'oreille, aux aguets. Il fut déçu de constater que ce n'était pas le doux et hésitant pas du prêtre qui lui avait rendu deux visites, mais plutôt celui de la démarche sèche et droite du docteur. Il détestait le docteur. Le docteur voulait le faire vivre dans la lumière. À chaque traitement, c'était la même chose. Il n'avait pas tardé à lui vouer une haine solide. Une fois, il était même parvenu à lui écorcher la joue avec ses ongles. Ça lui avait coûté une dose assommante de tranquillisants et, désormais, une infirmière lui coupait les ongles à chaque semaine pour éviter qu'ils ne dépasse la peau du doigt. Mais au moins, le docteur avait un peu souffert.

Quatre donna quelques grands traits de plus sur le sol quand il perçut un second pas qui suivait apparemment le second. C'était difficile à distinguer. Les bruits s'entrechoquaient. Il parvint toutefois à déceler un son cavalant, nonchalant. Son cœur se mit à battre plus vite et une grande vague d'excitation l'entoura. Il souleva sa jaquette d'hôpital et coinça la craie entre sa peau et l'élastique de son caleçon. Il se leva ensuite avec hâte et plongea littéralement sous les couvertures de son lit, s'enserrant à l'intérieur. La porte s'ouvrit, laissant pénétrer un grand jet de lumière. Quatre ne se recroquevilla que très légèrement.

-…ne sait pas comment ils peuvent vous permettre de venir ici à votre aise! Chaque fois que vous lui rendez visite, il devient deux fois plus hystérique. Je ne le tolérerai pas longtemps, je vous assure!

-Voyons, docteur, ne rejetai pas votre échec à guérir Quatre sur moi. Les individus instables le reste, peu importe le nombre de pilules que vous leur faite avaler.

-Gardez donc vos remarques pour vous. Il en est de même pour tous les patients que vous voyez.

Court silence.

-Vous avez dix minutes. Pas une de plus. Et s'il crie lorsque vous sortirez, je m'arrangerai pour que vous ne passiez plus un doigt dans l'enceinte de cet édifice, compris?

-Absolument.

La porte se referma. Le pas nonchalant approcha du lit.

-Allons, allons, tu ne vas pas demeurer sous les couvertures? Je suis venu juste pour toi.

Quatre s'assied lentement, gardant la couverture sur sa tête. Des mains y remédièrent rapidement, laissant entrevoir la bouille d'ange dans le noir. Quatre plissa le nez.

-Tu es en retard, grommela-t-il, laissant percevoir une toute autre émotion dans sa voix.

-J'avais une affaire.

-Tu es toujours en retard, Trowa.

L'homme sourit dans les ténèbres et détourna son regard sur les rideaux rouges, fermement plaqués à la fenêtre, empêchant toute lueur de passer.

-Ça ne s'arrange pas, hein? Toujours aussi sombre, aussi scrupuleux… Heureusement que j'arrive à te voir dans cette pénombre!

Il ricana et leva le regard vers un coin de la pièce. Son sourire devint ironique, s'adressant à quelque présence invisible, plus précisément à la caméra de sécurité chargée de surveiller Quatre. Soudainement, leva une main et la passa dans les cheveux de Quatre qui, de marbre, ne réagit pas. Trowa approcha alors son visage de la nuque du patient et sentit, respirant une odeur qu'il semblait être le seul à percevoir, à apprécier. Ses mains se firent plus serrées et, comme émoustillé, il s'approcha encore plus du blondin qui, la mâchoire crispée, le regardait d'un œil sévère. Quand Trowa colla sa bouche contre la peau de son cou, Quatre grogna, donna un élan à ses bras, et éjecta brutalement l'homme hors du lit. Celui-ci se leva bien vite, la mine ravie.

-Oui, j'avais presque oublié ta force bestiale, haha!

-Ils peuvent nous voir? chuchota Quatre.

-Tu sais bien que non.

-Je ne parle pas des types en blanc.

-Les autres non plus. Personne.

Trowa s'approcha très près à nouveau… pour se voir repoussé avec encore plus de force que la première fois. Seulement, cette fois-ci, semblant s'y attendre, il ne perdit pas l'équilibre et parvint à rester debout. Quatre le jaugea avec colère.

-Je sais avec qui tu fais ça, aussi!

-Ah oui? marmonna Trowa avec un certain ennui.

-Avec cet assassin!

Trowa cligna des yeux.

-Mais enfin, ce n'est pas pareil, je…

-C'EST DU CUL, Y A PAS TRENTE MILLE FAÇONS! C'EST TOUT PAREIL!

Quatre sortit du lit et le bouscula avec une violence peu commune. Trowa percuta le sol, le blond au-dessus de lui. Quatre le saisit par la chemise, le souleva et le cogna contre le sol. Plusieurs fois. Son visage bouillonnait de rage. Trowa fronça les sourcils, le saisit finalement aux épaules avec difficulté et parvint à le maintenir, malgré que le blond se débattit avec véhémence.

-Tu te calmes, persifla Trowa, Ou j'allume la lumière.

Quatre se figea à peu près, le regard furibond.

-Et puis, si tu crois que j'ignore que tu as reçu la visite de ce prêtre…

Quatre éclata.

-IL est PURE! IL me PROTÈGE! IL est…

-Avec HEERO, contesta immédiatement Trowa, appuyant juste un peu plus sur le nom de l'autre patient pour frustrer Quatre.

-Parce que TOI tu l'as aidé à s'échapper!

-Bon, ça suffit comme ça.

Trowa repoussa Quatre sur le côté et se leva avec grâce. Il se dirigea vers la porte d'un pas rapide.

-Qu'est-ce… qu'est-ce que tu fais? murmura Quatre, paniqué.

-Je m'en vais, ça se voit non?

-Mais… attends…

Trowa arrêta et attendit, sans se retourner. Bientôt, à quatre pattes, une forme vint se coller sur ses jambes et s'agripper à sa veste. Trowa se retourna et s'accroupit. Quatre se colla donc à son torse, enfouissant son visage dans le creux entre l'épaule et le cou. Trowa frémit et referma ses bras autour de la pas-si-fragile créature qu'était le blondin. Il huma ses cheveux, enivré.

-Tu sais bien que tu es mon préféré, souffla Trowa avec une espèce de passion.

Quatre tendit la main vers l'arrière, souleva sa jaquette d'hôpital… Trowa passa ses longues mains dans son dos… Quatre leva les yeux; ceux de Trowa étaient clos… Il saisit la craie, l'approcha de la nuque de l'autre et… y traça rapidement un symbol.

Quatre fut repoussé avec une ardeur démesurée, mais rebondit pratiquement sur ses pieds. Ses yeux bleus lançaient toujours des éclairs, mais il souriait enfin et s'approcha de Trowa qui était recroquevillé sur le sol, une main frottant vigoureusement son cou. Il s'assit, tourna la tête vers Quatre.

Ses yeux étaient plus verts que jamais. Deux véritables émeraudes. Étincelantes.

-Non mais ça va pas?!

Quatre gloussa et il revint se vautré sur Trowa, lequel un peu plus tendu.

-Un démon marqué ne va pas voir une herbe plus verte… n'est-ce pas?

Le démon en question gronda et le plaqua au sol, démontrant enfin une impatience plus que voyante. Là où Quatre avait usé de la craie, une marque rouge, comme une brûlure, resplendissait.

-Je peux avoir un peu de ce que je veux, maintenant? Plus de caprice? De jalousie?

-Vas-y, marmonna Quatre en fermant les yeux.

Démon Trowa plongea sur les lèvres du blond. Il força l'entré avec sa langue et bientôt, ce fut plutôt un combat de dents sauvage qu'un baiser. Quatre enfouie ses mains dans les cheveux de Trowa et les agrippa jusqu'à lui faire mal, lui arrachant un grognement de contentement. Ce ne fut qu'à court de souffle que l'étreinte s'interrompie. Le patient et le visiteur se regardèrent longuement, cherchant chez l'autre quelque chose qu'ils ne trouvèrent apparemment pas. La déception se volatilisa avec un nouveau baiser, plus doux, plus mouvant que le premier. Puis, Trowa embrassa Quatre sur le front.

-Je dois y aller, il va revenir...

-Déjà, s'horrifia le blond en s'accrochant fortement à la chemise de Trowa.

-Pff, tu n'avais qu'à ne pas gaspiller huit minutes de mon temps à m'engueuler et à me taper, imbécile...

Le blond sourit faiblement et Trowa se leva.

-Tu es vraiment mon préféré, Quatre, murmura-t-il.

Pas de réponse.

-Quatre?

-Les êtres cruels changent souvent de préféré. C'est pourquoi il faut les marquer.

Ce n'était pas la réponse qu'attendait le brun, visiblement.

-Ce que tu fais à Heero, il ne te le pardonnera pas, finit Quatre, demeurant au sol, plus posé.

Trowa éclata de rire et s'éloigna vivement vers la porte.

-Je ne veux être pardonné de rien! Je fais ce que je veux à qui je veux et je ne le regrette jamais, mon petit, et pas même toi ne parviendra à m'en dissuader, siffla-t-il de là, Mais si jamais tu voulais me dire que tu m'aimes bien, alors là, je serais très disposé à t'entendre.

Il fit claquer la porte en sortant, et la voix du docteur, pile à l'heure, retentit, furieuse. Quatre demeura pensif. Il alla saisir la craie sur le sol.

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Le docteur Wufei s'installa à son bureau, la posture droite et fière, mais légèrement irrité. Il venait de virer ce Trowa Barton de son institut, la chemise froissée, les cheveux vaguement défaits et une espèce de rougeur au cou. Au diable qu'un instable demeurait un instable! C'était à peu près évident, ce qu'il faisait! Mais rien sur les caméras de surveillance. Au moins, cette fois Quatre n'avait pas hurlé. Il était même demeuré calme. Mais en fin de compte, c'était encore plus louche. D'autant plus après la disparition de Heero. Mais ça, il s'en inquiétait franchement moins. Heero Yuy avait toujours été un problème… Heureusement, les médias n'en avaient pas été informés.

Wufei desserra sa cravate. Ce Barton. On lui avait envoyé ce type sans lui dire pour quelle organisation exactement il travaillait, pourquoi il devait voir certains patients en particulier –des patients qui n'avaient aucun point commun, ni la maladie, ni les circonstances de leurs places à l'internat- et surtout, ce qu'il devait leur dire ou faire. En fait, s'il suivait son intuition, il y avait quelque chose d'illégal là-dessous, voire de malsain.

Et il y avait ce prêtre, Maxwell. Un illusionné. Chang Wufei ne croyait plus en Dieu ni au Diable depuis des lustres, et c'était très bien comme ça. Les grâces éternelles pour Quatre? Les sacrements du Père pour Yuy? Et puis quoi, encore? Ces gens avaient besoin d'aide médical, de soins psychiatriques. Pas de l'eucharistie hebdomadaire, pas de la lecture biblique. Quand même.

-Euh… docteur Wufei?

Wufei se retourna sans sursauter et sourit un peu froidement.

-Ah, Miss Sally. Un problème?

-Non! Non… aucun problème… Mais… pensez-vous qu'ils retrouveront Heero bien vite, monsieur?

Wufei eut un regard sévère.

-S'ils sont suffisamment compétents, ils n'auraient pas de mal à retrouver un aliéné autisme qui se ballade en jaquette bleue dans la rue. Je pense qu'il doit avoir une cachette.

La réceptionniste sembla se crisper.

-Un enlèvement?…

-Oui, mais cela ne nous concerne pas. Laissez-les s'arranger avec ça. Tant que la réputation de cet établissement n'est pas en jeu, nous n'avons rien avoir là-dedans. Heero était un patient difficile.

Sally parut seulement encore plus nerveuse. Le remarquant tout de suite, Wufei se redressa sur sa chaise et joint les mains, comme s'il s'adressait à une patiente.

-Voyons, qu'est-ce qui vous inquiète? Aviez-vous des liens avec ce Yuy? Ou alors craignez-vous qu'il soit un danger, en liberté, et que vous pourriez le rencontrer sur la rue?

Sally sauta sur l'occasion.

-C'est ça! Il est classé potentiellement dangereux…

Wufei eut un mince sourire glacial.

-En effet, c'est inquiétant. Savez-vous pourquoi il est classé dangereux?

-N…non.

-Apparemment, lorsque la police est descendu à ce pensionnat pour personnes ayant des troubles d'apprentissage après avoir été alerté pour des cris stridents, ils ont assisté à un spectacle assez horrible. Pour tout vous dire, sur les cent vingt-huit étudiants et sur la vingtaine et plus de professeurs et membres du personnel… Eh bien il devait en resté… vingt, justement?

La réceptionniste écarquilla les yeux.

-Vingt survivants, continua Wufei sans ciller, Tous ayant le témoignage que c'était Heero qui avait fait ça. Comme le reste de leurs dépositions étaient un peu trop loufoque –traumatisme- Heero n'est pas aller au centre pour psychopathes. Mais il a été retrouvé couvert de sang et il crachait sur quiconque voulait l'approcher. Une sale histoire. Elle a été camouflée, voyez-vous? Il y a eu un article dessus, mais on a interdit d'en dire trop long.

Sally avait considérablement blêmit. Wufei eut un geste agacé de la main.

-Ne soyez pas ridicule! Les empreintes de Yuy n'ont été retrouvé nul part. S'il a été interné ici, c'est uniquement parce qu'il a atteint l'âge et qu'il souffre apparemment d'un autisme profond. Le véritable suspect a été arrêté. C'était un schizophrène, voyez-vous? Et puis, cette histoire est vieille. Vous vous inquiétez pour rien. Ce 'potentiellement dangereux' n'est là que par caution.

Cela ne rassura pas la jeune femme, mais elle parvint à sourire et acquiesça. Elle s'excusa et s'éclipsa. Wufei se laissa aller contre sa chaise, cherchant le repos. Il eut une pensé pour Maïwen.

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Hilde caressa son chat Klunk tout en tournant les pages de son album photo. Il y avait là plusieurs clichés qui lui importaient, mais surtout des articles de journaux. Elle était heureuse d'avoir caché ce livre au jeune prêtre. S'il était tombé dessus, il aurait eu quelques petites surprises. Notamment avec la page arrachée sur Heero Yuy. Le jeune enfant terrible qui décima un pensionnat presque en entier. On avait nier cette hypothèse, toutefois, puisque le suspect avait été arrêté. Un schizophrène, avait-on proclamé, qui voyait des démons partout. Hilde frissonna. Le mot lui invoquait Quatre, mais pas seulement lui. Elle tourna la page. Son oncle y posait, le visage joyeux, l'air serein. Le Père Maxwell. Maxwell. C'était un faux nom, et maintenant, c'était Duo qui le portait. Oui, il lui semblait que son oncle, dans ses quelques correspondances, ses quelques visites, avait mentionné Duo. De ce qu'elle savait, c'était un jeune homme très gentil, bienveillant et serviable. Mais parfois, le visage du vieux curé se troublait à sa mention. Il s'interrompait. Une fois, il lui avait parlé de la mère de Duo, très brièvement. Une femme malade. Elle prétendait qu'elle avait un monstre dans le ventre et que des démons la poursuivaient. On l'avait accouché et l'enfant lui avait été retiré. C'était tout. Mais c'était assez effrayant en soi.

Klunk miaula.

Hilde tourna la page et vit une photo identique à celle du groupe de l'institut, sur le meuble. Enfin, presque identique. Disons qu'elle était plus jeune et que le même personnel y figurait, excepté Hilde et quelques autres. Tous semblaient avoir la même expression. Oh. Et il y avait Maïwen dessus. La défunte femme du docteur Wufei. Et aussi une autre femme, aux cheveux très longs, et un homme à l'allure encore plus austère que ce cher Chang. Personne n'avait voulu parler du changement de personnel, ni de la mort de Maïwen. Sans doute était-ce ce qui avait rendu le docteur aussi aigrit. Aussi… peu croyant. Mais c'était une bonne personne, et elle l'aimait beaucoup.

Hilde pensa également à Trowa. Mais très brièvement. Ce type ne lui inspirait pas confiance. Une fois, Quatre avait fait une telle crise… Parfois, Hilde soupçonnait qu'il se passait quelque chose d'étrange, avec ces patients…

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-Heero, non! Entre-là! Si les autres te voient, il va y avoir scandale! Arrête! Déjà que, tout à l'heure, ça a passé proche… Heero!

Duo essayait en vint de faire entrer son jeune invité dans sa chambre, lequel protestait silencieusement, le regard fixé sur le crucifix. Duo finit, à bout de nerf, par cesser de le pousser. Il avait cru entendre quelque chose. Merquise? Ou Pivot? Il serra les dents et capta soudain le regard de Heero qui ne cillait pas de la croix. Il fronça les sourcils. Se hissant sur la pointe des pieds, il décrocha l'objet en question et le tendit vers Heero. Celui-ci eut un sursaut et se mit à cracher. Duo haussa les épaules et alla ranger le crucifix dans le tiroir d'un meuble dans le couloir. Quand il revint, il constata avec étonnement que le jeune autiste était assis sur son lit, les jambes balançant dans le vide.

-Alors… c'est ça qui lui faisait peur? Juste ça? Mais… il y a une croix devant la porte d'entrée aussi…

Heero est entré et sorti par la fenêtre brisée. Quand elle sera réparé, où passera-t-il?… Duo était tout de même inquiet à l'idée que Heero craigne les croix, tel… Dis-le, un démon! Duo frissonna et s'empressa de chasser cette idée. Il alla rejoindre Heero qui le regarda de ses grands yeux de glace. Le prêtre lui avait passé des vêtements propre, légèrement trop grands pour lui, et l'avait caché comme un forcené aux autres pendant trois jours.

Duo n'avait tout simplement pas pu le retourner à l'institut. Faute de preuves, il ne pouvait dire que Trowa s'adonnait probablement à de la pédophilie avec lui. Par ailleurs, il savait qu'il ne pourrait héberger Heero très longtemps. Si la police le retrouvait (Étonnamment, la première page du journal n'avait pas porté sur 'La disparition mystérieuse d'un malade d'institut psychiatrique') alors il serait accusé de complicité, ou d'enlèvement, d'autant plus qu'il n'était pas apparenté à Heero…

Mais le pire, après ce dilemme, c'était qu'il n'avait plus cessé de pleuvoir depuis le premier soir. Ça arrêtait brièvement, puis ça revenait en trombe. À tout moment, Duo craignait un nouvel orage. L'ombre qu'il avait vu ne lui avait pas quitté l'esprit. C'était à peine s'il dormait… surtout que, jusque là, Heero avait refusé catégoriquement d'entrer dans sa chambre. Il dormait sur le sol, devant la porte. Et ne semblait pas s'en incommoder…

-Heero, tu aurais pu me pointer la croix, au moins… soupira-t-il, exténué.

Heero le regarda, arrêta de battre les jambes. Il lui attrapa la main et la serra. C'était un geste qu'il appréciait. Mais pas Duo. Il se libéra doucement. La pression de la main trop chaude du jeune resta, malheureusement.

Duo l'observa.

-Trowa.

Heero plissa le nez d'une manière comique.

-Quatre.

Heero fit une moue perplexe.

-Wufei.

Heero demeura de marbre.

-Duo.

Heero étira légèrement les coins de sa bouche, comme s'il souriait. Duo lui tapota la tête. Un vrai petit animal, avec ses réactions étranges… Soudain, il se figea, comme paralysé. Il venait de croiser le regard du jeune. Ça n'était plus que de la froideur, que de l'innocence intouchée. Il y avait quelque chose d'autre. Pas quelque chose qu'il aurait pu voir. Duo se mit à trembler. Il essaya de détourner la tête, mais une force invisible le maintenait là, comme si ce n'était pas le bon geste à faire. Heero sembla surpris par la réaction. Il s'avança, regarda Duo avec intérêt… il huma même l'air. Puis, il ouvrit la bouche, comme pour parler… et tourna soudainement la tête. Duo bougea alors très vite et se leva.

-Bon, le temps que je vais faire ma messe… commença-t-il nerveusement, Puis que j'aille faire une visite rapide à Quatre Winner, pour tenir ma promesse… tu restes ici. La règle, c'est de rester dans la chambre. Okay? La chambre. Et si tu entends quelque chose, tu vas t'enfermer dans le placard. D'accord?

Heero pencha la tête de côté. Duo sortit de la pièce. Il arrêta, se retourna. Heero était derrière lui. Avec un sourire crispé, Duo alla chercher le crucifix dans le tiroir et l'agita vers Heero qui recula. Il le fit reculer jusque dans la chambre et suspendit l'objet à la poignée de porte avec de la ficelle.

-Au revoir, Heero.

Il ferma la porte.

Heero fronça les sourcils. Il retourna s'asseoir sur le lit, soupira, se leva, fit le tour de la pièce, s'assit à nouveau. Il fixa avec hargne la stupide croix. Il se leva à nouveau. Il alla traîner du côté de la commode et ouvrit sans gêne le tiroir. Il saisit une photo qui représentait le prêtre, un peu plus jeune, aux côtés d'un vieux monsieur aux cheveux grisonnants. Tous deux souriaient.

-D… D…

Heero soupira et ferma les yeux. Il n'y avait personne pour l'entendre ici.

-Duo, finit-il par dire d'une voix à la fois douce et sombre, C…C'est… C'est lui, je crois…

Il plissa les yeux.

-C'est pas moi… C'est pas moi…

Heero déchira sans façon la photo, entre les deux personnages, rangea la partie du vieil homme dans la commode et fourra celle où figurait Duo dans sa poche. Satisfait, il se promena encore un peu en rond. Une idée germa lentement dans son esprit comme il jetait un coup d'œil à ses pieds. Il se pencha et enleva ses bas. Il les attacha maladroitement et s'approcha du crucifix. Alors, il donna un coup dessus, comme avec un fouet. L'objet balança. Il frappa à nouveau. L'objet tomba enfin sur le sol, devant la porte. Heero n'eut qu'à l'envoyer valser plus loin. Effrayant, comme ces symboles des cieux pouvaient avoir de la puissance, parfois.

Heero sortit de la chambre en trombe, d'un pas rapide.

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Awww! Pas beaucoup de Duo dans ce chapitre, mais des manifestations étranges des autres personnages. Au fait, je suis désolée pour la durée du temps de parution… et pour les fautes d'orthographe.