Série : Escaflowne
Titre : Je ne te trahirai pas
Disclaimer : Persos à Sunrise, sauf Dral et Slanzar.
Notes : Salut à tous ! Voilà une éternité que je n'avais pas touché cette fic, mais la revoilà. Je tiens énormément à cette fic sur Escaflowne. Aussi j'espère qu'elle vous plaît (ou vous plaira). Ce chapitre est assez noir, mais il fallait régler les évènements laissés en suspens dans le précédent chapitre. Toutefois tout est pratiquement établi, la romance peut commencer à s'affirmer.
Je m'excuse auprès de ceux et celles qui m'ont envoyé un mail. Mais je ne me suis pas beaucoup investi du côté d'internet récemment. Cela dit, je vous remercie beaucoup.
Reviews :
Sally : Je suis contente que tu aimes. J'espère que ça te plaira encore cette fois-ci.
Clémence : Merci pour ton encouragement. J'aime beaucoup ton point de vue qui ressemble donc au mien. Mais, le mystère reste pour Allen… Tant de femmes qui gravitent autour de lui.
Marilla-chan : Voilà la suite !
Shina : Idem. ;
123 : Merci pour les encouragements.
Sujet Allen/Van : Van a largement la majorité auprès des fan(e)s d'Esca. Pour de nombreuses raisons. Je l'aime beaucoup mais Allen m'a énormément plu aussi. Aussi a-t-il un rôle important dans ma fic. Mais pas de panique, Van reste le héros par excellence.
Bonne lecture !
Les tourments de leurs âmes
La nuit tombait sur Astria, enveloppant la majestueuse citée d'un voile sombre et inquiétant. Une silhouette se dessina à la fenêtre d'une des plus grandes chambres du palais royal. L'air était devenu bien frais aussi, Merle entreprit de tirer les lourds rideaux de velours pourpres. Mais soudain elle se ravisa. Même si elle était voilée par cette toile de nuages noirs, la Lune des Illusions se dessinait vaguement dans le ciel sans étoiles. Peut être que sa présence aiderait Hitomi à se remettre vite sur pieds, se dit la jeune chatte bien que sachant pertinemment que ce n'était pas ça qui changerait les choses. Silencieusement, Merle alluma les chandelles qui entouraient le lit à baldaquins dans lequel dormait Hitomi. Puis, après avoir vérifié qu'il restait assez de bûches près de la cheminée, elle reprit place aux côtés de la jeune fille.
Cela faisait 2 jours consécutifs qu'Hitomi n'avait pas ouvert les yeux. Sommeillant paisiblement, tantôt se débattant comme en proie à un terrible cauchemar. Pour l'heure, elle ne semblait pas tourmentée, et Merle contempla d'un air pensif la terrienne qui se reposait devant elle. Elle avait changé, c'était une évidence. Il ne restait plus que quelques traces du garçon manqué qui était apparu sur Gaïa il y a 3 ans. Hitomi avait un je-ne-sais-quoi qui l'avait rendue plus féminine, plus mature. Le regard de Merle dériva alors vers la poitrine et la silhouette de la jeune fille. Et une pointe d'envie naquit quand elle observa sa propre poitrine. Hitomi n'avait certes rien de la beauté parfaite de Mirana, mais elle avait du charme. Et elle ressemblait à une femme. Ce qui n'était pas encore son cas, pensa Merle. Elle avait grandi elle aussi, elle le savait. Tout le monde le lui disait. Mais malgré tout, on la considérait encore comme une gamine. Pas comme une adulte. Personne ne se doutait qu'elle appréciait les commentaires flatteurs que lui adressaient gentiment Allen, Gades et Van pour la taquiner. Bien sûr pour eux, ce n'était qu'une petite plaisanterie. Mais pour elle c'était tout autre chose. Quelque chose qui réveillait en elle le besoin de se sentir courtisée, admirée, aimée. Une envie qui faisait battre son cœur. Elle désirait ardemment voir dans les yeux de Van, cette lueur qui avait brillé plus d'une fois à la vue d'Hitomi. La même qui avait scintillé dans ceux d'Allen quand il avait déposé la jeune fille évanouie sur ce lit, et était resté là un instant sans rien faire d'autres que la regarder respirer.
Un bruit de porte qui s'ouvre la tira de sa rêverie, et elle tourna brusquement la tête vers la nouvelle arrivante. Mirana lui sourit, puis referma doucement la porte derrière elle. La princesse interrogea Merle d'un regard mais celle-ci secoua la tête. En soupirant, Mirana tira une chaise et s'assit à son tour à côté du lit de la convalescente.
« Tu devrais aller te reposer, dit Mirana en posant sa main sur celle de Merle.
-Non, ça va. Je tiens le coup. Et puis j'ai promis à Van de veiller sur Hitomi quand il serait absent.
-Je vois. Alors peut être voudras-tu manger un peu, proposa la princesse en tendant un fruit juteux à son amie, qui après un moment d'hésitation, l'accepta. Tu es comme Van, tu sais ? Il n'a presque rien mangé au cours des derniers repas.
-Ce qui n'est pas ton cas. Tu as beaucoup mangé, toi, lâcha sa compagne en portant délicatement un morceau de fruit à ses lèvres. C'est le retour d'Allen qui te fait cet effet ? »
Mirana se raidit. Bien entendu, Merle avait juste voulu la taquiner. Mais ses paroles l'avaient rendue très mal à l'aise.
« Sans doute, concéda lentement la princesse d'Astria.
-Ils sont toujours en train de parler de Folken, demanda Merle.
-Oui. Mais tu sais, nous ne pouvons pas être sûr que…
-Que c'est bien Folken, la coupa Merle. Et bien, moi j'en suis sûre !
-Mais Merle…
-Je n'ai peut être pas les pouvoirs d'Hitomi, mais je le sens. J'ai grandi auprès de Maître Van, mais aussi auprès de Maître Folken. Même s'il n'était pas souvent là, il était toujours très gentil. Je sais que c'est lui. Et Van le sait aussi.
-Mais dans ce cas, comment… »
Mirana et Merle se tournèrent alors d'un même mouvement vers le lit, d'où s'était échappé un gémissement. Et puis, retenant leur souffle, elles virent Hitomi fronçait les sourcis, puis ouvrir péniblement les yeux.
Il y a 2 jours…
«Dépose-là ici, ordonna Mirana, en relevant les couvertures du lit, et en s'écartant pour laisser Allen poser délicatement Hitomi. Elle a un peu de fièvre, mais ça va aller. Son pouls est plus régulier, déclara la jeune femme avec soulagement.
-Tant mieux », soupira Allen en se décontractant enfin.
Mirana sourit puis s'écarta du lit pour faire face au jeune homme.
« … Allen, maintenant tu peux me le dire. Où étais-tu ? Tu avais disparu, j'étais morte d'inquiétude ! s'écria Mirana tout à coup en se rapprochant du chevalier. Les autres croyaient… j'avais peur que tu sois mort ! Que tu ne reviennes plus !
-Mirana…
-Je me suis tant inquiétée, tant. J'ai eu si peur, reprit la jeune femme. Nous avons retrouvé ton fourreau couvert de sang, alors je me suis dit que peut être…
-Mirana, murmura doucement Allen en la prenant dans ses bras. Tu n'as plus à t'en faire. Tout va bien. Je suis revenu. Je suis là. »
Mais les larmes de Mirana ne cessèrent pas de glisser sur ses joues. Non, il n'était pas là. Il avait beau la tenir dans ses bras, la serrer contre son cœur, il était ailleurs. Déjà si loin d'elle… Et elle aurait beau s'agripper à lui de toutes ses forces, rien n'y ferait.
Sur le pas de la porte, appuyée contre le mur, de sorte que ni Allen, ni Mirana ne puissent la voir, Merle écoutait leur discussion. Les épier la rendait mal à l'aise, mais quelque chose de plus fort effaçait ce manquement à la morale. Même si elle ne savait pas vraiment pourquoi elle restait là à les espionner sans rien dire. Puis, elle respira un bon coup, et se décida à se faire entendre.
« Allen ! »
Une voix tremblante fit sursauter le couple. Merle se tenait à l'entrée de la pièce.
«Comment as-tu fait pour nous retrouver ? Où es-tu passé ? Et… » Merle remarqua alors la jeune fille qui était allongée sur le lit. Et elle eut soudainement honte de sa conduite. Au lieu d'écouter aux portes, elle aurait mieux fait de s'inquiéter pour son amie.
«Hitomi, qu'est-ce qu'elle a ? s'inquiéta la chatte en accourant auprès de la jeune fille endormie.
-Il y a eu…. un incident, répondit Allen, en se remémorant ce qu'il venait de se produire. Mais elle va bien pour l'instant. Va chercher Van, vite ! » Merle acquiesça et détalla vers la porte.
Mirana hésita. Pour elle aussi, les derniers évènements n'avaient pas été des plus heureux. Cet homme aux traits de Folken. Et Serena qui… Elle savait qu'Allen l'apprendrait bien assez tôt. Mais elle savait aussi que cette nouvelle serait douloureuse pour cet homme qu'elle aimait par-dessus tout.
Van referma brutalement la porte du cachot, et s'y adossa. Non, cet homme ne pouvait pas être Folken, il ne pouvait pas. Folken était mort. Et cet homme osait porter son nom, et arborer ce même visage. Au détail près, que ce n'était pas celui du Folken tourmenté qui avait finalement trahi Zaibacher et Dunkirk. Non, c'était celui de son grand-frère. Le jeune homme qui avait veillé sur Van avec leur mère, à Fanélia, il y avait de cela si longtemps à présent. Et ça n'en rendait que plus cruelle la situation.
Il sentait la rage bouillir en lui, mais aussi la douleur. La douleur de l'enfant qui avait tant aimé son frère, sa seule famille restante. Nier ne servirait sans doute à rien. La vérité était que quelque chose l'avait profondément troublé durant son face-à-face avec cet homme.
« Van ! Maître Van ! résonna une voix paniquée.
-Merle ?
-Vite, c'est Hitomi ! Viens ! lança-t-elle, en lui prenant la main. Il faut que tu me suives vite ! »
Un idiot, voilà ce qu'il était, pensa le jeune prince en gravissant à toute allure les marches. Il l'avait senti. Il avait entendu son appel. Mais il n'avait rien fait. Alors qu'il avait promis de la protéger. Il avait préféré décharger sa colère sur cet homme pour se sentir un peu mieux. Il avait délibérément ignoré l'angoisse dans laquelle il avait laissé la jeune fille. Et maintenant…
Il ouvrit violement la porte, mais s'arrêta un instant, à la vue d'Allen. Tous deux se regardèrent ; puis Van alla s'agenouilla auprès d'Hitomi, et lui prit la main.
« Pardon », murmura-t-il à son oreille. Si bas, que même Allen, Mirana et Merle ne l'entendirent pas. «Pardon » Il resta là un moment sans rien ajouter, et sans quitter des yeux sa bien-aimée, comme pour s'assurer qu'elle ne faisait que dormir. Juste le temps de se calmer. Puis il se redressa, et se tourna vers Allen.
« Je suis heureux de te revoir vivant.
-Moi aussi, répondit Allen en esquissant un pâle sourire. Je crois que nous avons beaucoup de choses à nous dire.
-Je le crois aussi, répliqua Van un sourire tout aussi faible sur les lèvres, qui fut vite remplacé par une lueur d'inquiétude. Comment est-ce arrivé, s'enquit-il en désignant Hitomi endormie.
-Quand je suis montée sur les remparts, elle était déjà inconsciente, dit Mirana. Et son cœur… son pouls était irrégulier. Et après… je ne sais pas… ».
Elle émit une hésitation et regarda Allen. Celui-ci hésita à son tour puis enchaîna :
« Je ne sais pas exactement ce qu'il s'est passé. Mais j'ai pris son pendentif, et là c'est comme si j'avais eu une vision. Il y avait deux autres personnes blessées. Et un autre homme. J'ai aperçu Hitomi, et je… j'ai pu la ramener, conclut rapidement Allen. Mais je crois que ce n'était pas sur Gaïa… »
Et l'espace d'un instant, Van entrevit la scène sous ses yeux. Il vit l'homme dont parlait Allen. Slanzar. C'était lui, il n'y avait aucun doute. Il le savait.
« Mais comment as-tu su qu'elles étaient sur le toit, demanda Merle.
-Je ne sais pas… c'était comme un appel... » répondit pensivement Allen. Van tressaillit, et serra les poings. Alors lui aussi l'avait senti ? Ou bien était-ce une simple coïncidence… Non, Allen avait entendu l'appel. Mais lui, n'avait pas tourné le dos. Il avait suivi l'appel à l'aide d'Hitomi. Et c'est qui l'avait sauvé. Van sentit alors un sentiment qu'il n'avait plus ressentit depuis bien longtemps, germer en lui : de la jalousie.
Retour au présent…
Le guymelef de Dral se posa sur le sol poussiéreux de l'ancienne capitale de Zaïbacher. La ville avait été laissée à l'abandon, comme un tombeau ouvert, où régnait une odeur pestilantielle. Après la fin de la guerre et la chute de l'empire, cette cité avait été désertée par ses habitants qui étaient partis se réfugiaient sous des cieux plus cléments. Dral sauta à terre, et aida le jeune garçon qui l'accompagnait à descendre à son tour. Ce qui ne fut pas chose aisée à cause des liens qui entravaient ses mains. Abandonnant ses hommes, il força le garçon aux cheveux blonds à le suivre dans les profondeurs de la forteresse.
« Pourquoi m'avez-vous enlevé ? Qui êtes-vous ? questionna Cid une énième fois.
-Silence ! aboya Dral. Avance et tais-toi.
-Vous êtes un ancien soldat de Zaïbacher ? Vous êtes là pour des raisons politiques ? Si c'est le cas…
-Que ferais-tu ? le coupa Dral en lui lançant un regard narquois.
-Moi rien. Tout comme mon pays. Il ne céderait à aucun chantage, affirma avec fierté Cid les yeux brillants.
-Quelle arrogance. Et quelle naïveté, ironisa Dral. De toute façon, n'aie crainte, tu reviendras entier de ton petit voyage. Je ne veux pas de mal à des enfants.
-Mais alors que voulez-vous à la fin ! insista Cid en s'arrêtant brusquement de monter l'escalier. Qui êtes-vous ! »
Dral fixa un instant sans rien dire le garçon. La faible lumière de la bougie qu'il tenait à la main se reflétait dans les yeux de l'hériter du Duché de Flied. Dans ces yeux d'une pureté incomparable. Tout comme les « leurs», pensa-t-il amèrement. Les mêmes yeux que les deux personnes à qui ils avaient donné le peu d'amour qu'il avait réussi à préserver, pendant son enfance entre ces murs où il pouvait encore voir le malheur se dessiner.
« Ce que je veux ? dit-il soudainement en contraignant le garçon à gravir les dernières marches. J'aurais déjà aimé avoir beaucoup de choses. Des choses qui pour toi seraient insignifiantes. Toi qui a grandi sans jamais souffrir. Alors maintenant ce que je veux… Je veux juste ma vengeance. Juste ça. »
Et il poussa Cid qui tomba à genoux devant lui.
« Il est là. Et j'ai envoyé quelqu'un les prévenir. Ils seront bientôt au courant. Et ils seront bientôt là, cria Dral à l'homme qui se tenait assis sur des décombres. Ce dernier détacha son regard de l'immense sphère éclatée, dont les débris jonchaient le sol. La sphère qui avait été celle du « Bonheur absolu ».
Slanzar se leva et s'agenouilla devant Cid qui releva la tête.
«Bienvenue Cid du duché de Flied. Toi qui as usé de la puissance des Atlantes. »
Plongé dans le noir, Allen contemplait distraitement les lumières de la ville de Pallas. Il n'avait pas bougé de la pièce, sauf pour aller prendre des nouvelles d'Hitomi… et de lui.
Rien qu'en pensant à lui, il en eut la nausée. Ca devait être son châtiment. Une malédiction qui ne cesserait jamais, pensa-t-il avec amertume. Mais pourquoi fallait-il que sa petite sœur en paye le prix !
« Pourquoi ! » lâcha-t-il en étouffant un juron, et renversant la vasque à demi-remplie qui était posée sur la tablette de marbre blanc. Le liquide rosé se répandit sur le sol, jusqu'aux pieds de l'homme qui venait d'entrer dans la pièce.
« Laisse-moi Gadès. » Ce dernier hésita et décida que pour une fois, il lui fallait désobéire aux ordres de son commandant. Il entreprit de ramasser la caraffe de cristal.
« Vous ne devriez pas rester assis dans le noir comme ça, commenta-t-il d'un ton neutre. Les autres se font du soucis pour vous. Et moi aussi. » ajouta-t-il en regardant son ami qui ne disait toujours rien. Allen émit alors un rire silencieux.
« Que devrais-je faire à ton avis ? Je suis incapable d'aider ma sœur. Tu as bien vu quel effet ça lui a fait de me voir ? Tu étais là. Je crois que dans ces conditions mieux vaut que je reste loin d'elle. »
Gadès détourna le regard. Bien sûr qu'il était là. Il serait toujours là pour Allen. Et pour sa sœur. Il savait maintenant que sa place était auprès d'eux. Que les Schézar étaient ceux qu'il se devait de servir et de protéger. Il comprenait Allen. Lui aussi avait mal rien qu'en pensant à Serena et à ce monstre !
Il y a deux jours…
« Non, ce n'est pas vrai… murmura Allen. Dîtes-moi que non. » Mirana, Merle, Gadès et Van le regardèrent avec une lueur de pitiée mélée de compassion. Allen semblait toujours frappé de stupeur. Il tremblait et Mirana vit combien il devait prendre sur lui à cet instant précis où il venait de replonger dans un cauchemar qu'il pensait loin derrière eux, enfoui à jamais.
« Je veux la voir, parvint à articuler le chevalier céleste.
-Allen, tu ne devrais peut être pas…, commença Mirana les yeux brillants d'inquiétude.
-Si, je dois y aller, affirma Allen, en se tournant vers Van. S'il te plaît. »
Van hôcha silencieusement la tête, et partit de nouveau en direction des cachots. Leurs pas à tous deux résonnèrent à travers les couloirs sombres et humides. Sans bruit, Gadès les rejoignit bientôt, et tous trois passèrent d'abord devant la cellule de cet homme qui prétendait être Folken. Van se crispa mais n'accorda pas un regard vers la porte et continua son chemin. Il avait encore besoin de temps pour réfléchir. Pour repenser à ce que venait de lui apprendre Allen, sur ce petit garçon qui quelques jours auparavant avait pensé les plaies du chevalier avec des herbes et l'avait aidé à s'enfuir du vaisseau de Dral.
Ils arrivèrent alors devant le dernier cachot, le plus isolé de tous. Van jeta un coup d'œil à Allen qui acquiesça silencieusement. Alors Van tira d'un coup sec le loquet, et ouvrit la porte. Puis il fit place à Allen qui entra dans la cellule. Une torche éclairait faiblement la pièce exigue. Mais même sans lumière, il l'aurait vu. Tapis dans l'ombre, deux yeux féroces le fixaient d'un regard plein de haine et de folie. Des yeux rouges qui se rapprochèrent dangereusement de la grille qui les séparait.
« Alors on vient me rendre visite, Schézar. »
Allen demeura interdit. Il ne lui était plus permis de douter. Plus maintenant qu'il avait devant lui, l'homme qui hantait ses cauchemars. Reconnaissable entre mille, rien que par l'aura sanguinaire qu'il dégageait. Dilandau.
Soudain, une rage folle s'empara de lui, et d'un geste précis, il agrippa le col de la chemise du prisonnier enchaîné et le plaqua contre la grille, rapprochant son visage du sien.
« Qu'as-tu fait de ma sœur, pauvre fou !
-De qui parles-tu ! Lâche-moi !
-Silence, monstre ! Pourquoi es-tu là ! Qu'est-ce qui t'as fait revenir, s'écria Allen en secouant Dilandau, qui enfonça ses ongles dans le bras du chevalier.
-Je ne sais pas de qui tu parles ! Mais je te promets que quand je sortirais de là, je te tuerais ! Je te hais Allen Schézar ! Je te tuerais je te le jure ! » s'égosilla-t-il en plongeant son regard de braise dans les yeux azurs de son ennemi.
Allen voulut resserrait son étreinte, mais Van posa sa main sur l'épaule de son ami, et le força à lâcher prise. Mais à la vue du roi de Fanélia, Dilandau sentir sa rage augmenter.
« Toi aussi, Van ! Je te hais ! Je vous ferais payer !
-Viens Allen, tu en as assez vu, dit Van d'un ton ferme.
Je vous tuerais tous les deux ! hurla-t-il en direction du roi de Fanélia qui dirigeait le chevalier vers la sortie. Je te tuerais Allen ! »
Cette dernière menace s'évanouit dans l'air glacial alors que Gadès refermait la porte, non sans avoir jeté un dernier regard à Dilandau qui tentait de se délivrer de ses chaînes.
Retour au présent…
Van sortit précipitemment du Croisé où il avait dû se rendre pour s'occuper d'Escaflowne. Il ne voulait pas rester trop longtemps loin d'Hitomi ; pas après ce qui s'était passé. Il pénétra dans le palais et se dirigea en toute hâte vers la chambre de la jeune fille. A un angle, il faillit heurter une personne qui venait en sens inverse, de manière tout aussi rapide.
« Tiens Van, l'homme que tout le monde recherche, Mira….
-Désolé, Dryden. Je dois…
-Aller voir Hitomi. Oh je m'en doute. D'ailleurs Mirana je disais donc te cherche, répliqua Dryden en souriant.
-Pourquoi donc ? s'enquit Van, dont la voix trahit légèrement de l'angoisse.
-A ton avis ? » répondit Dryden en lui adressant un clin d'œil.
Van comprit soudain, et repartit en courant. Dryden le suivit du regard, et passa une main dans ses cheveux bruns qu'il avait toujours aussi longs.
« J'ai peut être exagéré en le taquinant. C'est vraiment beau l'Amour, pensa-t-il à voix haute en souriant. J'aimerais pouvoir en dire autant, ajouta-t-il en marmonnant en apercevant Mirana qui venait à sa rencontre.
Pendant ce temps, Hitomi et Merle sursautèrent au même instant quand Van entra dans la chambre. Il s'avança doucement vers le lit de la jeune fille, et s'y assit. Merle sourit puis se sentant de trop, sortit de la pièce en prenant soin de refermer la porte sans un bruit.
Hitomi sentit les larmes lui montaient aux yeux. Tendrement, le jeune homme essuya une première goutte d'eau aux coins des yeux de celle qu'il aimait.
« Il… il était là, sanglota-t-elle. Slanzar. Il a voulu tuer Amano et Yukari…
-Je sais, l'apaisa Van, en l'attirant à lui. Mais il n'a pas réussi.
-Comment peux-tu le savoir ? lui reprocha la jeune fille entre deux sanglots.
-Je ne peux pas non. Mais toi, tu le saurais, n'est-ce pas ? Tu le sentirais si c'était le cas. » Hitomi ravala ses larmes. Puis ferma les yeux. Oui elle le sentirait. Elle tenait trop à eux. Une image furtive lui parvint. Celle d'Amano et de Yukari, chacun dans un lit d'hôpital. Mais bien vivants, tous les deux.
Elle rouvrit les yeux et trouva ceux de Van, et lui rendit son sourire.
« Je suis heureux que tu ailles mieux, Hitomi, chuchota-t-il. Je te demande pardon. » La jeune fille le regarda, surprise. Puis secoua la tête sans cesser de sourire. Van sentit alors un poids se retirer de son cœur, puis reprit une mine plus sérieuse.
« Il ne leur fera plus de mal. Cette fois, nous devons découvrir qui est Slanzar Lacour. Ce qu'il veut. Et l'empêcher de nuire. » Hitomi acquiesça silencieusement, et s'abandonna à l'étreinte de Van. Son regard dériva rêveusement vers la fenêtre. Le ciel était toujours aussi noir. Mais le voile opaque qui masquait la Lune des illusions s'était retiré, promesse d'un nouveau lendemain rempli de lumière.
A suivre…
Voilà, j'ai terminé ! Fiou, ce chapitre aura eu du mal à voir le jour. Mais bon, j'espère que vous avez aimé. Et que vous ne m'en voulez pas d'avoir reposé les bases du triangle amoureux. ,. En tous cas, niveau romance, j'espère vous satisfaire au final…
A bientôt ! Miori
