Avertissement de l'auteur : Je ne compte pas faire de réponses aux reviewers sauf s'ils me posent des questions directes, en ce cas je répondrai et remercierai mes lecteurs en début de chapitre (pour faire patienter les autres encore plus longtemps avant de pouvoir lire la suite)
Remerciements pour les reviews à : Etoile Filante, Septentrion et Vanessa
à Vanessa : Je n'ai pas encore fini d'écrire mon histoire, mais j'ai commencé ce matin le chapitre 10 et j'ai déjà tapé le début du 5e...
- Depuis quand êtes-vous ici ? Siffla-t-elle avec rage en se levant.
- Attendez un instant, fit-il faisant mine de réfléchir, j'ai commencé à enseigner en 1981, ce qui fera bientôt seize ans, si je ne m'abuse.
Elle avait prévu de lui lancer une réplique cinglante, mais au fur et à mesure que Snape répondait, son visage se décomposa. Une minute passa, rêvait-elle ou avait-il réellement fait de l'humour ? A ce moment-là, la jeune fille décida de marquer un temps : jamais au grand jamais, elle n'aurait pensé pouvoir mettre « Snape » et « humour » dans la même phrase. Mais bon... tout arrivait, se dit-elle avec philosophie, Dumbledore avait bien eu confiance en lui et il l'avait trahi...
A cette pensée, qui lui ramena les pieds sur terre, elle sortit sa baguette, bien décidée à ne pas laisser s'enfuir cet assassin, ses yeux brillaient d'un feu intense, de vengeance, oui, mais aussi de colère, de déception et de tous les sentiments étranges qui l'habitaient.
- Oh, je vois, fit-il en haussant un sourcil. Je suppose que je n'ai aucune chance d'être cru si j'essaie de vous expliquer que...
- Répondez à ma question pro... je veux dire... Monsieur. Le coupa-t-elle les dents serrées dans un rictus de colère.
Au fond d'elle-même, la jeune fille aurait aimé le laisser s'expliquer, pour savoir, pour comprendre... mais elle en avait tant de fois fait le rêve et ses justificatifs ne l'intéressaient pas pour le moment, elle voulait une réponse, claire, nette, immédiate. L'homme tiqua et fit quelques pas pour s'éloigner d'elle et se rapprocher de la sortie avant de se retourner.
- Depuis... depuis assez de temps pour savoir... ce que vous pensez ... de moi, laissa-t-il tomber, en détendant à peine les traits sévères de son visage.
Les joues de la jeune fille prirent une teinte rougeâtre à l'évocation de ses paroles, ainsi il avait tout entendu, il était là depuis le début. Malgré tout, elle se battit intérieurement et se retint de pleurer, mais elle ne pouvait tout contrôler, et sa colère éclata.
- Vous ne savez rien ! Cracha-t-elle de rage.
Il pensait donc qu'elle le haïssait pour son meurtre, mais c'était tellement plus fort, et tellement plus subtil, tout comme lui, comme le rôle qu'il avait joué toutes ces années, avant... avant la fin. Il passa sa main sur sa nuque, dans un geste de gêne.
- Que comptez-vous faire à présent ? Dit-il d'une voix qui devenait plus douce, mais aussi plus hésitante. Me dénoncer, appeler, vous enfuir, me tuer peut-être ?
Le doute plana un instant dans l'esprit d'Hermione, avait-elle réellement sentit un peu de frayeur teinter ses paroles ? Mais elle ne réfléchit bientôt plus, car un feu de douleur envahit la tête de la Gryffindor aux paroles de son ancien professeur : elle ne pouvait pas le tuer, ni même l'attaquer. Pas seulement parce qu'il n'avait pas sa baguette en main, car elle savait très bien qu'il lui jetterait un contre-sort avant même qu'elle ait lancé un charme de désarmement. Mais surtout parce que c'était lui. Elle ne pouvait pas, et elle ne pourrait sans doute jamais, même si elle y était forcée. L'éclat qui traversa alors ses yeux parut tromper Snape, et ce dernier continua en baissant la voix, jusqu'à ce qu'elle ne devienne plus qu'un murmure.
- C'est donc ça... tuer... tuer le traître pour assouvir votre soif de vengeance... pour me punir de sa mort... pour étouffer votre rage... peut-être même pour, simplement, vous défouler, qu'en sais-je, et qu'en saurai-je jamais ?
Il avait dit ces mots, presque par regret, mais Hermione avait été choquée tout de même, elle abaissa sa baguette, à son tour de recevoir en pleine face la vision qu'il avait d'elle. Avait-elle été si crue dans ses propos de tout à l'heure ? Ne pouvait-il pas comprendre ? Comprendre qu'il pouvait lui dire qu'il était innocent, qu'elle le croirait même si c'était contraire à tout ce qu'Harry avait raconté. La jeune fille aurait voulu qu'il arrête de jouer au chat et à la souris avec elle, il était forcément là pour quelque chose de précis. Ces manières-là ne lui correspondaient pas, ou plutôt si, elles ne lui correspondaient que trop bien. C'était exactement sa façon d'être quand il était encore professeur, mais elle n'aimait pas se le rappeler, se rappeler que ce traître, cet homme ignoble,cette véritable pourriture, avait été son modèle. Penser à tout cela lui était douloureux, surtout qu'en ce moment précis, il ne ressemblait pas à ce qu'Harry avait dit, il lui semblait presque qu'il allait la noter sur ses préparations et que tout redeviendrait normal, ç'aurait été tellement plus simple. Elle sentit ses yeux la brûler. Mais elle ne pouvait pas se laisser aller à pleurer, et d'ailleurs pour qui la prendrait-il ? Pour une de ces idiotes, qui pleuraient la mort de Dumbledore comme de parfaites petites sottes, incapables de se débrouiller par elles-mêmes, de penser toutes seules et de ne pas se protéger constamment derrière l'image du sorcier le plus puissant de tous les temps.
Et de toutes façons c'était probablement la dernière fois qu'il la voyait, il était sans aucun doute revenu pour chercher une potion ou une formule secrète dans son laboratoire. Quelque chose dont il avait besoin, ou plutôt, dont Voldemort avait besoin. C'était certain qu'après aujourd'hui il n'y remettrait jamais les pieds, et l'image d'elle en train de pleurer n'était pas celle qu'elle souhaitait lui laisser, même si il était vraiment le traître, ce dont elle commençait à douter.
- Vous ne comprenez pas, dit-elle d'un ton étouffé en relevant les yeux pour planter son regard dans celui de Snape.
Ce dernier eut un sursaut et un mouvement de recul, puis il esquissa un geste dans sa direction, mais il laissa finalement retomber sa main à la vue du regard d'animal furieux et blessé que lui jetait son ancienne élève. Il fit alors un nouveau pas en arrière, et plongea une main dans les replis ses sombres robes, semblant chercher quelque chose de précis. Quand il releva enfin la tête, il avait un mouchoir à la main et la baguette d'Hermione était à environ à trois centimètres de son front. Il ne paraissait même pas surpris, comme s'il trouvait normal qu'elle se défie de lui et qu'elle le menace toutes les cinq minutes de sa baguette.
- Tenez, dit-il simplement en lui tendant le carré de tissu brodé.
La jeune fille prit alors conscience des larmes qui commençaient à perler aux coins de ses yeux, malgré les efforts qu'elle avait fait pour les retenir. Elle renifla et les essuya avec le revers de sa manche d'un geste excédé, elle ne voulait pas se donner en spectacle, et surtout pas devant lui. Elle imaginait à l'instant toutes les remarques acerbes qu'il allait lui faire, mais il ne dit rien, restant là à la contempler pendant quelques minutes. Puis elle fit un geste de la tête, comme pour lui dire qu'elle n'avait pas besoin de son aide.
- Comme vous voudrez, fit-il lentement en haussant les épaules. Cependant, je crois qu'il est de mon devoir de vous rappeler que l'ajout de larmes de Madeleine dans n'importe quelle potion peut créer des effets... surprenants dirai-je.
Il avait dit tout cela de son ton habituel, un peu acide, puis, lentement, un léger sourire incurva ses lèvres. Et Hermione enregistra ce qu'il avait dit, se rendant compte qu'il avait à nouveau fait de l'humour. Mais dans quel but faisait-il cela, laissait-il tomber un masque derrière lequel il s'était caché pendant tant d'années, mais en ce cas, pourquoi maintenant ? La faire sourire, ou oublier ses larmes, était-ce pour elle, avait-il eu pitié ? Une idée s'infiltra peu à peu dans l'esprit de la jeune fille,n'était-il pas déjà comme cela avant, peut-être... peut-être n'avait-elle pas remarqué. A cause des remarques incessantes de Harry et de Ron sur l'injustice de Snape. Quoi qu'il en soit, ce soir-là, la jeune fille découvrait un Snape différent de celui qu'elle connaissait, mais en même temps si ressemblant à celui qu'elle aurait voulu qu'il soit. Elle soupira et rangea définitivement sa baguette magique, ce n'était pas ce soir qu'elle lui botterait l'arrière-train à coups de sortilèges, quoique cela aurait été une juste vengeance en retour des six années de cours abominables, bien qu'instructifs dit une petite voix dans sa tête, qu'elle avait subis.
- Vous n'êtes pas obligée de me tuer à mains nues, fit-il remarquer avec une nuance d'ironie dans sa voix, à vrai dire, je préférerais un Avada bien placé...
Elle sourit tristement, mais ne lui fit pas signe de se taire, et, comme encouragé par son silence, il continua sur une note plus sérieuse :
- Malheureusement, ma mission en ce bas monde n'est pas de vous empêcher à tout prix de ressembler à l'image aigrie de moi-même que j'avais pour habitude de donner à mes élèves, quoique je vous y reconnaisse un certain talent.
Hermione frémit, et se maudit de s'être désarmé, il n'attendait probablement que cela, il allait l'amener à Voldemort, lui faire payer son refus d'entrer dans leurs rangs, la tuer... Il fouilla à nouveau ses robes, sans nul doute à la recherche de sa baguette, elle ferma les yeux et entendit un bruit métallique. Il n'allait tout de même pas la menotter... si ? La jeune fille souleva une paupière, puis l'autre, il tenait à la main un trousseau de clefs...Il allait l'enfermer dans les cachots, et quelques centaines d'années plus tard on retrouverait son squelette, à moins que le château ne soit détruit avant.
- Ce sont celles de mes appartements... fit-il en hésitant, je me suis dit que vous en auriez besoin pour la... pour vos recherches... lâcha-t-il, plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.
Son ton la rappela à la réalité, ainsi que le bruit que firent les clefs lorsqu'il les posa sur le bureau. Elle se tourna pour les prendre, mais quand elle voulut le remercier son regard ne put contempler que le vide, il était déjà reparti. Ou bien l'avait-elle seulement rêvé ? Oui, bien sûr, ça ne pouvait être que cela, jamais elle n'avait vu Snape sourire... impossible... et pourtant ce rêve avait des reflets de réalité. Lasse de sa stupidité, elle reposa les clefs sur le bureau et s'apprêtait à sortir mais elle s'arrêta en plein milieu de son geste : le trousseau, les clefs, tout était là, bien réel, preuve que ce n'était pas un rêve, qu'elle n'était pas folle, qu'elle l'avais bien vu, et qu'il lui apportait son aide. Il savait même de quoi il s'agissait, qu'elle travaillait sur une potion, elle aurait même mis sa main au feu qu'il savait ce qu'elle mijotait au milieu des chaudrons remplies de substances colorées et scintillantes. Il l'aidait à élaborer des défenses contre Voldemort, peut-être... peut-être n'était-il pas un traître après tout...La jeune fille était songeuse lorsqu'elle remonta à sa chambre ce soir-là, surtout que, peu à peu, au fond de son esprit, surgissait un souvenir : elle était presque certaine que, la dernière fois qu'elle était entrée dans la salle de potions, les clefs étaient déjà là, posées sur le bureau. Pourquoi n'en avait-elle pas pris conscience alors ? Sans doute était-elle trop occupée pour se soucier de connaître l'origine de ce trousseau. Et après tout, qu'est-ce qui pouvait bien lui faire dire qu'il s'agissait bien des clefs des appartements de Snape, excepté son rêve idiot ? Jamais l'homme n'aurait été assez stupide pour laisser traîner cela derrière lui, elles ouvraient sans nul doute certaines des armoires à potions de la salle. Mais oui, bien sûr, se souvint-elle en passant sa chemise de nuit, elle les avait même utilisées... quand était-ce déjà...ah oui, jeudi passé, pour la potion de soin que lui avait demandé Mrs Pomfresh. Ce n'était donc qu'un rêve, songea la jeune fille en s'endormant, juste un rêve...
