Remerciements pour les reviews à : DrDanaScully, Vanessa, Asuka Snape, Etoile Filante
A Etoile Filante: Si je réponds il n'y a plus d'histoire... mais je te laisse libre d'élaborer toutes les théories que tu veux... peut-être pourras-tu me donner de bonnes idées...
Ce matin-là, Hermione jubilait : il lui restait quatre jours avant l'arrivée de ses amis. Quatre jours entiers pour s'entraîner à tenir le rôle qu'elle avait passé deux jours à peaufiner dans les moindres détails, et elle avait déjà trouvé les cobayes parfaits pour tester ses améliorations. Elle restreindrait ses paroles au strict minimum et aux remarques désobligeantes, ce souper était une perte de temps, pour eux comme pour elle : Harry avait d'autres choses à faire, il lui restait ces Horcruxes à détruire et Voldemort à tuer, autant dire qu'il était débordé. Ah, oui, elle avait failli oublier : il fallait aussi qu'il se réserve un peu de temps pour se maintenir en vie. De toute façon, les deux garçons avaient dû devenir encore plus stupides que l'année précédente « Ce qui n'est pas peu dire » songea-t-elle en se regardant une dernière fois dans la glace. Parfait, elle commençait même à penser du mal d'eux, elle n'aurait aucune peine à leur parler comme elle voulait. Ron aurait son petit ton sûr de lui, Harry serait mou comme une loque, et Ginny aurait un air à faire pleurer les pierres, se persuada-t-elle.
En entrant dans la Grande Salle, elle sut qu'elle avait déjà un bon point : les professeurs, qui s'étaient doucement habitués à la voir descendre le matin, la regardèrent tous la mine effrayée, comme s'ils avaient vu un fantôme, et elle savait très bien de quel fantôme il s'agissait en l'occurrence. La tête bien droite, elle marcha en faisant bien attention de faire tourbillonner ses nouvelles robes autour d'elle. Sans un regard pour les enseignants qui ressemblaient à un banc de poissons hors de l'eau, elle s'assit à la place qu'elle avait prise les trois derniers jours, négligeant à nouveau la chaise qui avait été placée en bout de table à son intention lorsque la jeune fille était arrivée au château.
Hermione se versa une tasse de café bien noir, avec beaucoup de sucre et sans lait, c'était tout sauf bon, cela avait même un goût atroce, mais paradoxalement, cela lui procurait une telle sensation de clarté intérieure qu'elle ne pourrait plus jamais s'en passer.
- J'adore votre nouvelle tenue, Hermione, fit en toute honnêteté le professeur Slughorn, je la trouve très... très... classe.
- N'est-ce pas ? Répondit la Gryffindor entre deux gorgées de café brûlant à souhait.
Elle fit semblant de ne pas remarquer les grimaces qui se trouvèrent sur tous les visages quand elle eût parlé. Son ton avait été acide, presque hautain, et plus désagréable encore que celui qu'elle avait employé pour répondre à Minerva quelques jours auparavant. Bien évidemment, seule cette dernière le savait, mais tous frissonnèrent intérieurement, cette nouvelle Miss Granger ne leur plaisait pas du tout.
Quand à elle, la jeune fille gardait un masque d'impassibilité en apparence, mais elle était plus que satisfaite de son petit effet, à part sur Slughorn, avec lui, cela n'avait pas marché, mais, qui se souciait de l'avis de ce vieux fou.
- Dites-moi, très chère, fit-il soudain en se penchant vers elle, êtes-vous réellement sûre d'être d'ascendance muggle.
Elle tressaillit, elle ne s'était pas attendue à cela, elle avait tout prévu sauf les questions stupides qui pourraient lui être posées, mais elle en profita pour finir sa tasse avant de répondre, ce laps de temps, bien qu'insignifiant, lui ayant fourni la réponse qu'elle attendait.
- Je ne suis pas persuadée que cela vous concerne, professeur. Mais, je vais tout de même vous répondre : j'en suis on ne peut plus certaine et je ne vois pas comment il pourrait en être autrement.
Toujours le même petit ton doucereux, toujours la même façon d'insister sur les syllabes, décidément, plus elle s'entraînait, plus elle s'améliorait. Elle sourit intérieurement en se disant qu'elle devenait de plus en plus ignoble, mais c'était aussi son but. Puis, attrapant un toast sur la table, elle sortit, la discussion n'avait que trop duré à son goût et son travail l'attendait. A peine était-elle sortie que les conversations reprirent leurs cours, mais le sujet était le même : qu'allait-on faire de Miss Granger.
- Elle a perdu la tête ! S'écria le professeur Vector.
- Hon hon... approuva le professeur Flitwick, encore en train de mastiquer.
- Mais, quel est son but ? Pourquoi... pourquoi imite-t-elle ... ? Mc Gonagall laissa sa phrase en suspens, n'ajoutant pas elle-même ce que tous complétèrent dans leurs propres têtes.
Le professeur Slughorn se leva, essuya sa moustache, se gratta la tête, s'étira et dit :
- Je crois que je vais aller faire un tour dehors...
Tout le monde s'arrêta de parler, médusé, comment pouvait-il penser à faire un tour dehors alors que le collège n'allait probablement pas rouvrir ses portes et qu'une de leurs élèves dont les talents étaient convoités par Voldemort était en pleine crise d'adolescence ?
- Et si vous nous expliquiez plutôt ce que vous en pensez, Horace ? demanda le professeur Sprout.
- Il faudrait déjà qu'il puisse penser, dit tout bas le professeur Hooch.
La directrice inclina la tête en avant, laissant retomber ses lunettes sur le bout de son nez et observa sa collègue longuement, cette dernière prit peu à peu une teinte rosâtre et tâcha de se faire oublier.
- Ma foi, si vous n'avez pas trouvé, cela ne vaut pas la peine que je vous le dise, fit Slughorn en réponse à la question du professeur Sprout, avant de se diriger vers le parc.
Quelques étages en dessous Hermione s'était résignée. Si, dans la Grande Salle, elle avait remporté une victoire, ce fut une défaite cuisante qu'elle obtint dans les cachots. Elle avait résisté trois jours à l'envie d'utiliser les fameuses clefs qui hantaient son esprit depuis un petit moment. Mais, après avoir conclu que même la réserve ne pourrait pas l'aider, elle savait qu'il ne lui restait qu'une seule possibilité : aller voir ce que contenait la bibliothèque personnelle du maître de potions.
Avec un goût amer au fond de la gorge qui, elle le savait, ne provenait pas du café, elle tourna la clef dans la serrure et ouvrit la porte du bureau de Snape. Dans un coin de la pièce, se tenait le bureau de l'homme, sur lequel ne reposait aucun papier. Elle pensa qu'il avait dû les prendre... En revanche, il y avait plusieurs objets étranges, dont notamment un presse-papier en forme de crâne, à la vue duquel la jeune fille frissonna, une bague d'hématite et une carte postale. Le reste de la salle, si l'on excluait les armoires remplies d'ingrédients à potions qu'Hermione connaissait pour les avoir plusieurs fois visités, était vide Il y avait juste un vieux fauteuil rapiécé trônant devant une cheminée hors d'usage et une porte.
La Gryffindor s'avança vers celle-ci, peut-être, après tout, n'était-ce qu'un bibliothèque encastrée dans un mur. Mais ce n'en était pas une : le panneau de bois verni donnait sur la chambre à coucher du professeur le plus détesté de l'histoire d'Hogwarts. Mais, en-dehors d'un lit et d'une armoire à habits, il n'y avait rien, pas même un tapis, c'était plutôt rustique pour quelqu'un recevant chaque mois un salaire d'enseignant. Cependant, quand on y réfléchissait, ce n'était pas si absurde : Snape aurait été capable de dormir à même le sol s'il avait pu économiser plus pour les ingrédients rares et chers qu'il se procurait à Knockturn Alley. Elle referma la porte désappointée, où se trouvaient donc tous les livres de cet homme étrange ? Excepté le minimum de meubles nécessaires, et un certain nombre de fioles remplies de liquide dont elle ne souhaitait pas même connaître le nom, il n'y avait rien, pas une bibliothèque ou un étagère à bouquins.
La porte claqua derrière la jeune fille, en colère contre elle-même, elle avait presque cru à son rêve, non... en fait, pour être tout à fait honnête : elle y avait cru, elle avait même été certaine d'avoir parlé avec lui, elle en aurait juré. Non, mais quelle idiote ! Elle aurait dû se pincer quand il avait plaisanté, un Snape normal n'aurait jamais fait cela. Elle fit quelques pas dans le couloir, se retenant de se cogner la tête contre les murs : comment avait-elle pu être aussi bête, croire qu'il laisserait ses bibliothèques à la portée de n'importe qui. Elle s'arrêta soudain, prise d'un doute et revint dans la pièce à toute vitesse : ça ne jouait pas. Maintenant qu'elle y pensait avec un peu plus de recul (1), un enseignant avait forcément des livres dans son bureau, il ne pouvait en être autrement. Et pourtant... les faits parlaient d'eux-mêmes, et il n'y avait rien en-dehors de ce qu'elle avait déjà vu dans cette pièce. Songeuse, elle sortit à nouveau le trousseau de sa poche et compta sept clefs. Alors, la porte de la salle de potions ça faisait une, la porte du bureau ça faisait deux, la porte du laboratoire de potions ça faisait trois, et en admettant à la rigueur que Snape ait fait mettre une serrure à la porte de sa chambre à coucher cela faisait quatre. Hermione vérifia tout de même cette dernière information, bien qu'elle s'en étonnât : il n'était pas si paranoïaque, si ? Elle ressortit de la pièce après avoir cherché partout et découvert que deux des clefs qui restaient ouvraient, respectivement les tiroirs du bureau, vides comment elle s'en était doutée, et les armoires à ingrédients se trouvant derrière le bureau du sorcier. Mais à quoi servait la dernière clef ?
Hermione ne dormit pas cette nuit-là, son esprit était bien trop occupé pour réussir à trouver le sommeil. Ses travaux du lendemain s'en ressentirent, mais elle résista à son envie de retourner dans l'antre du maître de potions pour tenter de percer le mystère. Elle avait beau retourner tous les éléments dans sa tête, elle ne parvenait pas en à trouver la clef.
Le samedi matin, elle se sentit prise au piège, elle n'avait pas trouvé de réponse rationnelle à son problème, et ses amis viendraient dans deux jours seulement. De plus, elle était de mauvaise humeur. Elle avait passé deux jours entiers à étiqueter et surtout à ré étiqueter des bocaux renvoyés par l'infirmière, plus vigilante et moins fatiguée qu'elle. Hermione jeta un coup d'œil à la pendule, dix heures trente, cela faisait donc quatre heures qu'elle travaillait. La jeune fille décida de se laisser tenter par une petite pause et un autre café.
Sa tasse en main, elle se rendit à nouveau dans les appartements de Snape. Elle avait besoin de calme, et c'était sans doute le seul endroit du château où elle pouvait être certaine de ne pas être dérangée ; elle pensait d'ailleurs s'y réfugier le lendemain si ses « amis » n'abandonnaient pas leur projet de visite. Elle appréciait le calme et la simplicité de la pièce et avait profité du temps qu'elle y passait pour remettre ses idées au clair. D'autre part, elle n'avait toujours pas résolu l'énigme des clefs. Mais ce matin-là, alors qu'elle enlevait les quelques toiles d'araignées qui s'étaient installées dans l'angle de la cheminée, elle s'aperçut que tout un côté du foyer était étonnamment propre. Se penchant un peu plus près, elle tapa légèrement sur les pierres et s'illumina lorsqu'elle entendit le son creux qui lui répondait.
La jeune femme posa sa tasse, à présent vide, sur le bureau du maître et revint vers l'âtre en sortant sa baguette.
- Alohomora ! Fit-elle, sûre de son succès.
Mais rien ne bougea, elle resta quelques minutes à réfléchir. Elle se trouvait face à une cheminée, et, la plupart du temps, quand elle ETAIT face à une cheminée, c'était pour l'allumer. De toute façon, elle n'avait rien à perdre, sauf peut-être son temps. Hermione, incertaine, appuya encore sur chacune des pierres avant de prononcer d'une voix tremblante :
- Incendio.
Aussitôt, une flamme jaillit sur une bûche poussiéreuse et, peu de temps après, un petit feu ronflait doucement, éclairant faiblement l'intérieur noir de suie du conduit.
« Pas mal, pensa-t-elle, mais tout cela ne me sert à rien... »
Elle reprit sa tasse sur le bureau, se maudit d'avoir finit si vite le café qui aurait peut-être éclairé son esprit, puis la reposa. Elle secoua la tête pour aérer ses idées et scruta attentivement toutes les pierres de la cheminée et tous les interstices entre elles. L'un de ces espaces était à peine plus grand que les autres, il s'en fallait d'un ou deux centimètres. C'était sans doute un simple petit défaut, mais bon, mieux valait tout essayer pour ne pas se le reprocher par la suite. Avec un « aquamenti » maîtrisé à la perfection, elle éteignit les flammes, puis elle éclaira l'intérieur du foyer avec le bout de sa baguette. Rien. Juste des irrégularités dans la suie couvrant l'interstice démesuré. En soupirant, elle frotta l'endroit avec sa main et découvrit avec un sourire des gravures formant un dessin de serrure, ornement bien étrange pour une cheminée.
Hermione se releva, sûre de tenir une piste, elle essuya ses mains noires de cendres sur ses nouvelles robes, tachées elles aussi et sortit le trousseau de clefs de sa poche. Elles les observa les unes après les autres et mit mentalement de côté celles auxquelles elle avait déjà trouvé une utilité. Il en restait trois. Presque sans y penser, elle s'assit sur le bureau et, pendant que son esprit cherchait désespérément la clef de l'énigme, elle se mit à jouer avec le presse-papier morbide. Soudain, la mâchoire du crâne s'ouvrit et elle le lâcha de surprise, puis, le déclic se fit dans son esprit et elle se rua sur les trois clefs qui restaient sans usage. Hermione tenta pendant quelques minutes de presser, pousser, tirer ou dévisser les clefs, à chaque soudure, certaine de trouver un mécanisme secret, mais en vain, il était probablement bloqué.
Quand elle se rappela que la cheminée était contre le mur adjacent à la salle de potions, il lui vint un instant à l'esprit qu'elle était dans son tort de chercher une pièce secrète, c'était normal que les pierres sonnent creux.
Mais à quoi servaient donc les trois clefs restantes ? Des doubles pour les armoires du laboratoire peut-être... cependant, en comparant avec son propre trousseau, elle put constater que les tailles ne correspondaient pas.
(1) Oui, bon, je sais, à peine trente secondes... et alors ???
