Remerciements pour les reviews à : Asuka Snape, Becky666, Polgarra et Laurene

A Becky666 : Je n'ai pas réussi à comprendre si tu restais sur ta faim à cause de la fin brutale du chapitr, à cause de sa petite taille ou encore à cause du manque d'éléments... Si tu pouvais m'éclairer à ce sujet que je me corrige (sauf si c'est le premier cas, car si c'est ça, c'est fait exprès...)

A Polgarra : Il me semble évident qu'Hermione n'est pas du tout comme ça... Mais j'aime voir un potentiel de noirceur chez ce petit ange parfait, comme pour trouver un écho à mon propre côté sombre sans doute...


Machinalement, Hermione s'était mise à jouer avec les clefs de Snape, faisant tourner les anneaux autour de ses doigts. Tout à coup, elle entendit un déclic et regarda celle qu'elle triturait et qui s'avéra être celle de la chambre à coucher. La tige s'était allongée d'un bon centimètre, intriguée, elle la retourna et vit, à l'intérieur des ciselures, une toute petite cache qui s'était ouverte. Elle souleva le couvercle et y trouva une clef minuscule, à peine plus grande qu'une des phalanges de son petit doigt. Elle sortit la toute petite clef, l'introduit dans la toute petite serrure, pressa un peu et tourna. La serrure joua, apprenant à l'étudiante qu'elle avait réussi. Elle se releva et, à peine fut-elle debout que le pan gauche de la cheminée pivota, laissant un passage pour une personne mince.

- L'enfoiré ! murmura-t-elle avec un sourire avant de s'introduire dans la nouvelle pièce qu'elle avait découverte.

Après avoir traversé la moitié du château à la recherche de son élève, Minerva Mc Gonagall commençait à devenir inquiète. Elle la trouva enfin, peu avant midi, au sommet de la tour d'astronomie, où Filius avait dit l'avoir aperçue. La jeune fille prenait des notes d'un livre intitulé « Plantes mortelles à l'usage des experts » en sirotant du café noir. Minerva soupira et monta les dernières marches qui la séparaient de son élève.

- Miss Granger, je ne voudras pas avoir l'air de m'inquiéter pour vous inutilement, mais croyez-vous qu'il soit vraiment sain de boire autant de café ?

- Depuis quand vous préoccupez-vous de ma santé ? demanda Hermione, sans lever le nez de son livre.

- Depuis que vous vous chargez de projets concernant la sécurité de l'école. Répondit sèchement la directrice de ladite école.

Hermione grimaça, elle avait marqué un point. Aussitôt elle passa au plan numéro deux, qu'elle avait intitulé « voix doucereusement insupportable » et répondit :

- Comme vous pouvez le voir, je suis tout à fait en état de travailler sur vos projets, vous n'avez aucun souci à vous faire à ce sujet.

Mais il se passa alors une chose à laquelle elle n'avait pas pensé : Le professeur Mc Gonagall lui arracha son livre des mains et le ferma sans prendre le temps de garder la page.

- Maintenant, Miss Granger, vous allez cesser votre petit manège. Je m'inquiète sérieusement pour vous, et je ne suis pas la seule. Croyiez-vous que personne n'avait remarqué votre changement ? Mais je vais vous détromper à l'instant même sur les raisons de votre présence ici : Ce n'est pas pour m'aider dans ces travaux d'étiquetage que je vous ai fait venir jusqu'ici. Je vous ai mise à l'abri dans ces murs, à l'abri de Voldemort et de ses death-eaters. Plusieurs anciens de l'ordre sont morts parce qu'ils refusaient de révéler votre cachette.

Hermione était maintenant mal à l'aise et évitait de croiser le regard de Mc Gonagall, mais celle-ci ne sembla pas s'en apercevoir et continua :

- Et pendant que vous êtes en sécurité, vous jouez la carte de celle qui est dégoûtée du monde et qui ne veux plus rien faire. Nous avons essayé de ne pas faire la même erreur qu'avec Sirius, à savoir vous laisser sans rien faire et c'est comme cela que vous nous remerciez ? Je sais que vous avez subi un choc, mais la mort de Dumbledore ne signifie pas notre perte à tous.

A ces derniers mots, Hermione s'était redressée et elle toisait presque avec insolence son ancienne directrice de maison.

- Vous croyez m'avoir compris ? Vous croyez que c'est la mort de Dumbledore qui m'affecte autant ? Non, en réalité vous ne comprenez pas, vous ne pouvez pas comprendre...

Elle laissa sa phrase en suspens et, après s'être levée, elle dit d'une voix sèche mais décidée et maîtrisée à la perfection :

- Donnez-moi mon livre je vous prie.

Minerva regarda alternativement le livre et la flamme qui brillait dans les yeux de l'élève, trahissant le trouble que sa voix avait su cacher.

- Je doute fortement que ce livre vous appartienne Miss Granger, à la réflexion, je crois que je vais le garder.

Hermione insista, mais la décision était irrévocable et le vieille femme ne lâcherait pas prise. Elle prit alors le chemin de l'escalier, mais au moment où elle passait devant l'enseignante, elle lui arracha le livre des mains et s'enfuit à toutes jambes vers les cachots. Tout en courant, elle entendit les cris de Mc Gonagall et se demanda comment elle arriverait à descendre jusqu'en bas, vu que le château obéissait au directeur ou à la directrice en titre. En arrivant devant les escaliers, elle vit qu'elle avait eu raison : ils refusaient de la laisser s'approcher. Elle prit alors une longue inspiration et sauta.

- Non !

Le cri de la directrice était parvenu jusqu'à elle. Aussitôt les escaliers se mirent à essayer de la rattraper mais, jouant avec ses robes et leur effet aérodynamique, elle réussissait à les éviter. Elle eut cependant un accrochage au troisième étage et la rampe de l'escalier la frappa si durement qu'elle manqua lâcher son livre. Mais dans un effort douloureux, elle réussit à coincer sa main sous son aisselle droite, ce qui lui assurait une meilleure prise sur le bouquin. Ce fut quand elle arriva à trois mètres du sol qu'elle se rendit compte qu'elle allait s'écraser et qu'elle chercha désespérément un moyen ne pas mourir. Dans un éclair d'esprit, elle s'administra un « levicorpus » à un mètre quatre-vingts du sol puis leva le sol pour rouler à terre avant de reprendre sa course vers les cachots. La directrice criait toujours, mais cela lui était à présent égal : elle était hors de portée de la veille femme.

Tout en courant, elle croisa Slughorn mais ce dernier ne sembla pas comprendre ce qui se passait.

- Qu'est-ce ... commença-t-il en fronçant les sourcils.

- Une expérience sur le feu ! Inventa Hermione en continuant à courir comme une dératée.

Mais à peine l'eut-elle dépassé qu'elle se sentit stoppée par le bras gauche, celui qui avait été cassé durant la chute. Elle poussa un gémissement de douleur et lâcha le livre sur lequel Slughorn se précipita. L'ouvrage dans une main, le bras d'Hermione dans l'autre, il grogna :

- Où avez-vous trouvé cela, jeune fille ?

Elle se raidit, jamais encore il ne l'avait appelé autrement que par son prénom. Il était soit très soupçonneux, soit très en colère, mais elle n'en avait que faire, elle se débattit en vain.

- Lâchez-moi, et rendez-moi mon livre !

- Votre livre ? fit-il en l'ouvrant, alors, si tel est le cas, puis-je savoir pourquoi le nom de Severus Snape est inscrit à l'intérieur ? Un pseudonyme peut-être, pour compléter la ressemblance ? Non, ne partez pas déjà... ajouta-t-il en resserrant sa prise autour du bras meurtri de l'élève.

Heureusement, l'autre bras d'Hermione était resté libre, et la jeune fille avait déjà trouvé sa baguette, elle n'avait pas l'intention de se faire interroger plus longtemps par cet homme. Avant qu'il ait pu comprendre ce qui se passait, elle lui avait lancé un « petrificus totalus » non-verbal. Elle libéra son bras prisonnier et le livre dont elle avait besoin pour ses recherches et s'enfuit à toutes jambes.

Une fois en sécurité, la clef tournée dans la serrure, elle s'aperçut qu'elle avait erré au hasard dans les cachots et que ses pieds l'avaient naturellement menée dans la salle de potions. Elle était prise au piège, remarqua-t-elle en soupirant. Dans moins de cinq minutes, Mc Gonagall trouverait Slughorn et le dé-pétrifierait et, ce dernier possédant la clef des cachots, ils ne mettraient pas long à découvrir sa cachette. Elle mit en grommelant les poings sur les hanches et entendit alors un cliquetis : au fond de ses larges poches se trouvaient le trousseau, le trousseau de Snape.

Hermione fouilla frénétiquement ses robes avant d'arriver à la bonne, elle sortit les clefs mais fut aussitôt prise d'un doute : La serrure entre elle et la tranquillité n'était-elle pas la même que celle de la salle de potions ? Avec des gestes maladroits, elle compara avec son propre trousseau et soupira, mais de soulagement : Une fois chez Snape elle serait entièrement à l'abri de ses poursuivants...

La jeune fille referma la porte sans bruit et tourna la clef plusieurs fois en-dedans pour plus de sûreté. Il était temps, des bruits de voix l'avertirent que les enseignants n'étaient pas bien loin. Avec précautions elle fit basculer la cheminée et s'enfila dans le passage qu'elle avait découvert le matin même.

La pièce était sombre et paraissait lugubre sans la lumière des trois chandeliers disposés en triangle. D'un coup de baguette elle les alluma et observa le bureau. Rien n'avait changé depuis le matin. Les murs étaient toujours tapissés de livres et, au coin de la véritable cheminée de l'appartement, siégeait tranquillement un fauteuil. Mais ce qui lui avait le plus plu était le bureau de Snape, celui où elle l'imaginait aisément avoir corrigé des centaines de copies. A côté d'une photo d'Eileen Prince, l'air sévère, et d'une bague argentée ornée de deux diamants trônait un petit mot écrit de la main même de Snape.

« Félicitations Miss Granger » Relut-elle avec un sourire intérieur, il avait su dès le début qu'elle trouverait, mais elle devait reconnaître qu'il lui avait laissé toutes les cartes en main. Hermione reposa la petite note sur le bureau et mit « Plantes mortelles à l'usage des experts » sur la pile des livres qu'elle avait déjà lu. Puis elle jeta un œil sur les notes qu'elle avait déjà prises qu'elle avait installées sur la table, quelque chose clochait et elle s'approcha : Elle se souvenait d'avoir écrit en bleu et en noir, mais certainement pas en rouge comme sur la première page...

Prenant la feuille, elle lut le message qui y était inscrit :

« Très bon travail, Miss Granger, j'ajouterai cependant que l'iocade en poudre n'est pas à mélanger avec du sang de dragon, à cause des explosions qui peuvent en résulter. De même que Schriberer n'est pas « l'inventeur » des propriétés des larmes de Vélane, il n'en est que le découvreur (c'est comme si l'on affirmait que Parmentier est l'inventeur de la pomme de terre). »

La jeune fille sourit en reposant la feuille : Il était venu, avait lu son travail et mis une appréciation. Elle passa une main dans ses cheveux et fit une grimace, il lui fallait trouver un miroir pour les arranger, les courses poursuites n'arrangeaient décidément rien à ses problèmes de volume. Elle ressortit du passage et se dirigea vers la salle de bains où elle supposait que devait se trouver un miroir.

Elle leva les mains pour aplatir un peu ses cheveux sur le dessus et tenter une fois de plus de les lisser, mais seul le droit répondit à son appel : Son bras gauche pendait toujours lamentablement sur le côté et elle y ressentit un élancement de douleur. Résignée et serrant les dents, elle se mit à sa tâche capillaire quand une voix bien connue s'éleva de la porte.

- Vous avez mauvaise mine, Miss Granger, remarqua Snape.