Remerciements pour les reviews à : Polgarra, DrDanaScully, nymphetamine666
A Polgarra : Révélateur ? Zut alors, moi qui avais fait ce chapitre pour brouiller les pistes...Quand à la ressemblance entre Severus et Sirius, ça arrivera qu'elle revienne de temps à autre, mais elle ne trouvera pas de réponse avant longtemps, donc arrête de chercher, la réponse te seras donnée en son temps...
A tous les lecteurs : Comme pour ce chapitre, vous allez devoir patienter un peu avant d'avoir le suivant, je n'aurai pas le temps de le taper avant quelques jours: je suis en pleine préparation d'une fête qui requiert toute mon attention et ma disponibilité. Mais comme pour le 7e chapitre, je met une date limite : vous aurez probablement le 8e pour le 9 ou le 10 février... Pour la suite des évènements, je peux déjà annoncer que l'histoire continuera en tout cas jusqu'au chapitre 13 auquel il manque seulement cinq lignes en cet instant, les autres s'enchaîneront probablement assez régulièrement, mais je ne peux rien vous promettre... en attendant, bonne lecture !
Minerva était anxieuse : les amis d'Hermione étaient déjà là, mais la jeune fille ne semblait pas vouloir se montrer malgré ses menaces, et pourtant il était déjà dix-neuf heures vingt-cinq. Elle jeta un coup d'œil aux jeunes gens, pourraient-ils seulement comprendre et aider son élève ? Non, elle était certaine que non, elle-même n'arrivait plus à lui parler et, quand elle repensait à l'incident d'hier… Horace lui avait assuré avoir vu le nom de Severus Snape à l'intérieur du bouquin avant d'être pétrifié par Miss Granger.
Elle secoua la tête, chassant ses pensées négatives et regarda à nouveau la pendule. Plus que trois minutes, trois minutes seulement et elle prendrait le chemin de la chambre d'Hermione. Peu à peu, tous les professeurs arrivèrent pour le dîner et saluèrent les visiteurs, mais la jeune fille n'apparaissait toujours pas. Le carillon se mit à sonner dans le grand Hall et, au même moment, la porte des cachots grinça et elle parut.
La tête droite, une sage tresse tombant sur son épaule gauche et ses robes noires tourbillonnant autour d'elle, Hermione s'avança vers ses anciens amis. Ron ouvrit des yeux ronds en la reconnaissant et Ginny la dévisagea d'un air étrange. La jeune fille haussa un sourcil et dit d'une voix glaciale :
- Harry, Ronald, Ginevra, en les fixant les uns après les autres.
L'élu eut un début de moue perplexe et ses yeux flamboyèrent un court instant, lui aussi devait être impatient que tout cela soit terminé. Hermione le trouva changé, plus froid et impersonnel mais moins infantile que la dernière fois qu'elle l'avait vu. Les deux Weasley demandèrent d'une même voix :
- Hermione ? C'est… c'est vraiment toi ?
- Je ne savais pas que la vue des personnes aux cheveux roux baissait aussi rapidement, rétorqua-t-elle d'un ton qui claqua et stoppèrent l'élan amical du frère et de la sœur.
Aucune réaction du survivant, nota-t-elle, était-il devenu fou à force de vivre constamment entouré et protégé de l'extérieur ? En revanche, deux bouches ouvertes, comme pour laisser passer les mouches, furent les réponses de Ron et Ginny. Mc Gonagall brisa le silence en leur annonçant qu'ils allaient se retirer dans une petite salle adjacente où aurait lieu le quadruple « Fidelitas ».
Ginny fut la gardienne d'Hermione, Hermione celle de Harry, Harry le gardien de Ron et Ron, celui de sa sœur. Chaque gardien écrivit une petite carte où figurait le nom de celui ou celle qu'il protégeait, comme il avait été fait pour la maison de Sirius. Une fois le rituel accompli, Hermione espérait enfin pouvoir s'en aller. Après tout elle avait fait ce qu'on attendait d'elle et elle ne voyait pas l'utilité d'assister à un souper soi-disant convivial avec ses amis. Mais elle avait compté sans la directrice.
Au moment où la jeune fille faisait mine de s'en aller, elle lui dit :
- N'étiez-vous pas sensée manger avec nous ?
M pensa Hermione en fermant les yeux, j'y étais presque. Elle calma les traits crispés de son visage puis se retourna en haussant un sourcil.
- Vraiment ? Je pensais que c'était un simple prétexte pour me faire venir…
- Mais tu as aussi le droit de rester enfermée dans tes cachots adorés ! cria une voix.
La jeune fille regarda le survivant.
- C'est merveilleux, Harry, dit-elle sur un ton sarcastique, tu as recouvré l'usage de la parole, maintenant tu vas peut-être pouvoir nous expliquer la raison de cette tête d'enterrement !
Satisfaite de sa réplique autant que de son ton, elle s'apprêtait à retrouver l'humidité calme et bienfaisante de ses cachots mais un évènement imprévu vint compliquer sa soirée.
- Ha… Harry, murmura Ginny d'une voix blanche, tu… tu as parlé …
Mais ce dernier semblait être retombé dans son mutisme, le regard éteint, l'air las. Harry ne parlait plus ? s'affola intérieurement Hermione, mais comment ? Depuis quand ? Et pourquoi ? Elle faillit craquer et esquisser un mouvement amical envers le survivant mais se reprit heureusement au dernier instant. Elle ne devait pas faire foirer sa couverture pas maintenant après tous ces efforts. Si elle abandonnait elle aurait travaillé comme une folle pour rien. Ron s'approcha pourtant d'elle, comme s'il avait pu sentir sa détresse intérieure, mais elle repoussa vite cette idée qui ne cadrait pas du tout avec l'image stupide qu'elle avait de lui.
- Harry n'a pas dit un mot depuis qu'il est revenu de son voyage d'Irlande, lui dit-il à voix basse, et il n'a pas répondu à nos hiboux depuis que nous l'avons accompagné à l'enterrement des Dursley.
Elle l'attrapa par la manche de son pull et le tira à l'écart tandis que Ginny babillait à propos de tout et n'importe quoi dans l'espoir d'arracher un mot à son ami. Hermione lui jeta un coup d'œil condescendant puis reporta son attention sur son frère et le fixa d'un air grave et dur.
- Quand cela s'est-il passé ? demanda-t-elle.
- Ça va bientôt faire un mois, répondit-il, mais je ne vois pas ce…
Elle l'interrompit d'un geste, faisant signe qu'elle réfléchissait. Un mois…. Cela faisait aussi presque un mois que Voldemort l'avait contactée. L'illumination se fit alors dans son esprit : ce n'était pas seulement pour ses capacités qu'il la voulait dans son camp, mais parce qu'elle était une amie d'Harry. Le seigneur des ténèbres cherchait visiblement à affaiblir sa proie de tous les côtés à la fois et, ayant échoué dans ses opérations de recrutement, il s'était vengé sur la famille du jeune homme.
Cela expliquait aussi le quadruple « Fidelitas », le camp de la lumière s'organisait une défense à la mesure de l'attaque, ne protégeant pas que son héros, mais aussi son mental. Ce dernier, se dit-elle, devait déjà avoir singulièrement souffert avec la perte de son parrain, puis de son mentor et enfin des derniers vestiges de sa famille. Elle parvenait maintenant à comprendre pourquoi l'élu, l'espoir du monde sorcier se trouvait dans cet état proche du délabrement psychologique.
- Je ne peux pas rester, murmura-t-elle en se dirigeant vers les cachots.
Mais le jeune Weasley fut plus rapide, il lui attrapa la main et lui demanda :
- Qu'est-ce que tu viens de dire ?
- Je ne peux pas rester davantage, j'ai du travail. Fit-elle en se dégageant et en toisant le jeune homme. Ces nouvelles bouleversent tous mes plans de recherches, la part à accomplir est immense et les délais beaucoup plus courts que je ne les avais imaginés.
Mais Ron ne semblait pas décidé à la laisser partir et il lui barra le chemin :
- Tu es la seule personne qui ai réussi à le faire parler, même si ce n'est pas très positif, lui opposa-t-il, tu dois rester. Il faut qu'il parle, qu'il se confie, qu'il nous dise pourquoi… Pour mon ami et pour le monde sorcier je ne te laisserai pas passer ! Lança-t-il encore bravement.
- Tu veux savoir pourquoi ? Pourquoi il ne parler plus ? Pourquoi il est resté absent si longtemps ? Demanda-t-elle d'un ton sec. C'est évident mon pauvre ami, il cherche les derniers horcruxes qu'il lui reste à détruire afin de pouvoir enfin débarrasser ce monde sorcier que tu aimes tant de Voldemort !
Ron fut tellement abasourdi par tant de violence dans les traits de son amies qu'elle n'eut aucune peine à le pousser de côté afin de descendre au laboratoire. A toute vitesse, elle dévala les marches quatre à quatre, il fallait qu'elle trouve, que ses recherches aboutissent pour que cette tuerie sans fin s'arrête. Dans la petite salle, quelques mètres au-dessus de sa tête, Ginny demanda :
- Vous ne trouvez pas qu'elle commencer à ressembler à Snape ?
- Elle est comme ça depuis que je suis allée la chercher, intervint Mc Gonagall, on dirait qu'elle n'a plus goût à rien. Elle se renferme de plus en plus au fur et à mesure que le temps s'écoule.
Hermione courait toujours, enfin, elle arriva au laboratoire de potions où elle avait laissé le livre emprunté ainsi que ses notes avant de monter pour le sortilège. Elle ferma la porte derrière elle, déposa la petite carte à non nom sur le bureau et appela :
- Snape ! Snape, où êtes-vous bon sang ! Je n'y arriverai jamais seule, il me faut de l'aide !
Elle sentit son cœur battre lorsque deux mains la saisirent par les épaules. Elle se retourna et fit face à Slughorn qui souriait avec un air carnassier.
- Enfin jeune fille, je vous tiens ! Et cette fois-ci n'allez pas prétendre que vous ne savez pas où se cache ce cher Severus.
Ça t'apprendra à ne pas faire attention avant de crier son nom, se dit la jeune fille en se tapant mentalement la tête contre les murs.
- Franchement, professeur, je suis atterrée par votre bêtise, commença-t-elle, je suis sur le projet le plus important de ma vie et il est évident que seul le plus grand expert de potions de Grande-Bretagne saurait m'être utile en ce moment. Mais jamais je ne souhaiterais sa présence ici, je ne faisais que déplorer sa lamentable trahison sans laquelle j'aurai encore accès à ce puits de science et de savoir que représente cet homme !
Il fallait qu'il croie à son histoire, il fallait qu'il y croie, là, tout de suite, maintenant. S'il avait le moindre doute, elle était sûre de finir ses jours à Azkaban.
- Pas mal, Hermione, dit-il doucement, je dois admettre que je suis impressionnée par autant de talent et de culot. Admit-il. Mais vous ne pourrez pas toujours me présenter une argumentation aussi défendable et cohérente. D'autre part, continua-t-il, je ne me fais pas trop de souci, tôt ou tard vous commettrez une erreur, on en commet toujours dans ce genre d'affaires. Et ce jour-là, je serai présent, et vous pouvez être certaine que je prendrai un plaisir particulier à vous prendre la main dans le sac.
Il avait ajouté cette dernière phrase en la relâchant et en se dirigeant vers la sortie, mais sans cesser de la fixer du regard.
Hermione, le premier choc passé, avait regardé l'enseignant avec un amusement mêlé de mépris. Elle avait adoré lui asséner, à mots couverts bien sûr, que son aide ne lui serait d'aucune utilité. Mais son tromphe avait été de courte durée, elle s'était sentie pâlir, moitié de peur et moitié de rage, lorsqu'il lui avait répondu.
- Fermez la porte derrière vous, professeur, murmura-t-elle froidement, je n'aimerais pas que mes potions soient contaminées par l'intense stupidité qui semble régner sur la château et ses habitants.
Il eut un petit sourire insolent et ferma la salle de potions sous l'œil irrité de la jeune fille. Puis ses pas s'éloignèrent dans le couloir et elle entendit la porte des cachots grincer dans le silence de la nuit.
- Non mais quel pot-de-colle celui-là ! Dit Hermione en soupirant.
- Je suis bien d'accord avec vous, Miss Granger ! Répliqua une voix derrière elle.
La Gryffindor se retourna et reconnut le professeur Snape. Sur le moment elle eut presque envie de se jeter dans ses bras tant elle était soulagée, mais après avoir réfléchi, elle se retint. Elle ne voulait même pas imaginer sa tête si elle avait osé faire une chose pareille, sans doute, se dit-elle, l'aurait-il stupefixé. Elle se permit néanmoins un sourire chaleureux. A son grand étonnement, Snape eut, un instant, l'air décontenancé et, comme gêné, se passa la main dans les cheveux. Puis, d'un geste, il l'invita à le suivre dans la petite pièce secrète où une couverture chiffonnée en boule sur le fauteuil apprit à Hermione qu'il avait dormi là.
- J'ai corrigé vos quelques notes, Miss Granger, fit-il en reprenant son ton professoral, et j'ai remarqué que vous aviez négligé un détail sur le mélange des racines de ficus et des épines bleues de cactus Gridulus : Avant d'ajouter ces dernières il faut neutraliser la solution en la faisant bouillir huit minutes à feu doux.
La Gryffindor se stoppa net.
- J'ai... j'ai oublié cela ? s'exclama-t-elle en écarquillant les yeux.
- J'ai bien peur que oui, répondit l'homme avec hésitation, cependant comme l'année dernière vous m'avez rendu pas moins de trois rouleaux de parchemin sur le sujet, j'ose espérer que ce n'est qu'un oubli de votre part.
Comment avait-elle pu oublier quelque chose d'aussi essentiel ? Sous le coup de cette révélation, elle s'appuya quelques instants sur le bureau en observant autour d'elle. C'est alors qu'elle remarqua que Snape avait quelque chose de différent, il semblait sur le point d'éclater de rire... bien que cela ne puisse être possible.
- Monsieur ? demanda-t-elle doucement, vous vous sentez bien ?
- Pour tout vous avouer, Miss Granger, je crois que je ne me suis pas autant amusé depuis que les jumeaux Weasley ont quitté le collège...
Non... il ne pouvait pas...
- Vous avez vu ? demanda-t-elle soudain.
- Et entendu, ajouta-t-il, tout. Depuis que vous êtes entrée dans le Hall jusqu'à ce que vous ayez franchi la porte de la petite salle. Puis j'ai suivi votre duel contre Horace... Je pense que je n'aurais pas fait mieux moi-même.
- Mais... Hermione commença à réfléchir... mais comment ?...
Snape sourit et elle se prit à penser que tout le monde l'aimerait mieux s'il se laissait aller à sourire de temps à autre. Enfin, rectifia-t-elle, s'il avait souri alors qu'il enseignait encore.
- L'avantage, Miss Granger, d'être maître en potions, commença-t-il, est de connaître autant de potions qu'un sorcier peut connaître de sorts et que, contrairement à ces derniers, elles ne sont pas détectées dans la plupart des cas.
Voyant qu'elle ne comprenait pas, il ajouta avec un sourire sur un ton de confidence :
- Je me suis déguisé en araignée...
