Remerciements pour les reviews à : Etoile Filante, JazzyJo, Polgarra, Maïlis, Rebecca-Black et DrDanaScully
A JazzyJo : Tout d'abord merci pour ta review, merci beaucoup même car elle me prouve que je réussis mon pari de chapitre en chapitre de vous tenir en haleine. Quand au fait d'essayer désespérément de vous pousser à la folie, je crois qu'il s'agit juste d'un reflet de ma propre folie intérieure.
A Polgarra : Ben oui, dévoiler un secret pour en poser cinq autres c'est le principe de mes mystères à tiroirs...C'est beaucoup plus drôle de tisser une histoire de cette manière !
Une fois soigné, Snape se rendit à son bureau pour y corriger le travail du jour de son élève et l'y trouva endormie. Les bougies éclairaient faiblement le visage de la jeune fille posé sur son bras, sa main droite était à peine entrouverte à côté de sa plume. Malgré lui, il sentit son cœur humain faire fondre les couches de glace qui le recouvraient et qui s'étaient déjà un peu ramollies.
- Petite fille stupide, murmura-t-il, quel fardeau vous ai-je laissé vous mettre sur les épaules ?
A moitié étendue sur la table, Hermione Granger avait un air angélique d'enfant sage. Tous les soucis qui lui plissaient habituellement le front disparaissaient dans l'innocence du sommeil et ses yeux, maintenant fermés, faisaient oublier son air trop intelligent pour ne laisser voir qu'une frimousse enfantine et pure. L'homme hésita un instant, prit le trousseau de clefs à coté des parchemins annotés, détacha une des trois clefs dont la jeune fille n'avait pas encore trouvé l'usage et s'approcha de la bibliothèque. Avec précautions, pour ne pas réveiller l'endormie, il fit pivoter l'écusson des Prince et inséra la clef dans la serrure ainsi révélée. Puis il revint vers la jeune fille et, sans efforts, souleva le corps frêle avant d'aller le déposer sur un sofa dans la pièce cachée.
Il voulait préserver son sommeil, toutefois, il ne ferma pas la porte, préférant garder un œil sur elle tandis qu'il s'installait à son bureau pour corriger des notes dont l'écriture était de plus en plus illisible.
Lorsqu'Hermione se réveilla, il était déjà tard et elle remarqua immédiatement qu'on l'avait déplacée, pourtant cet endroit avait quelque chose de vaguement familier. En se soulevant sur un coude, elle aperçut Snape et se leva pour le rejoindre.
- Tiens, remarqua-t-il en levant le nez de son parchemin, vous êtes réveillée.
La jeune fille bâilla et hocha la tête.
- Quelle heure est-il, demanda-t-elle en se penchant pour voir les corrections qu'il avait apportées à ses travaux.
- Oh, je dirais pas loin de onze heure et demie…
Elle eut un mouvement d'agacement quand elle comprit qu'il ne l'avait pas réveillée. Mais aucun mot ne franchit ses lèvres car aussitôt le calme avait succédé à la colère. En réalité, il l'avait laissé dormir car il avait senti plus qu'elle-même qu'elle en avait besoin. De son côté, l'homme s'était attendu au courroux de son élève, mais quand il avait levé les yeux vers les siens, en attente d'une quelconque réaction, il y avait lu un mélange de compréhension et de remerciements. Il ébaucha un sourire, cet échange silencieux lui plaisait, il retrouvait avec la jeune fille les discussions sans paroles qu'il avait eues avec Albus. Peut-être le vieil homme avait-il tort en disant qu'elle n'était pas encore prête, peut-être son choix n'était-il pas si mauvais après tout. Elle était un pur esprit logique et n'avait pas la stupide manie de poser les questions dont elle connaissait déjà la réponse. En la regardant, il se rendit compte qu'elle était presque adulte, une adulte dans un corps d'enfant pensa-t-il à regrets et cette idée le ramenait bien des années en arrière. Il décida de briser ce silence qui, malgré tout ce qu'il pouvait en dire, commençait à le troubler.
- Il semble qu'il y ait du nouveau au château, fit-il, Minerva a fait revenir Potter.
Il vit la jeune fille froncer les sourcils comme pour demander pourquoi et il secoua la tête négativement car il ne savait pas.
- Une araignée se loge partout, murmura-t-elle, sauf dans la tête des gens…
- Je connais pourtant certaines têtes qui en abritent de belles, s'entendit-il répondre avant de se reprendre : Comme vous le constatez, j'ai jeté un coup d'œil à vos notes et je ne vois presque rien à y redire, à part le fait qu'il vous manque une dimension, comme à la plupart des sorciers.
- Vous compris ? ironisa-t-elle, ou vous excluez-vous du tas de « cornichons » qui compose le monde sorcier ?
- Je m'en exclus en effet, remarqua-t-il, et bientôt vous pourrez vous en exclure à votre tour…
- Est-elle vraiment prête ? demanda une voix.
Severus vit Hermione se tendre, pâlir et regarder autour d'elle.
- Qui a parlé ? s'exclama-t-elle en sortant sa baguette, qui êtes-vous, montrez-vous ?
- Je ne peux malheureusement pas apparaître devant vous, dit la voix, ou du moins je n'en ai pas encore trouvé le moyen, Miss Granger, il faudra donc que vous me croyiez sur parole. Je me trouve actuellement dans ces murs, dans chaque pierre de ce château, mon ancien corps repose sur ces terres et, lorsque je l'habitais, on me connaissait sous le nom d'Albus Dumbledore.
Hermione s'évanouit sous le choc.
Au même instant, aux portes du château, un jeune et un vieil homme et un loup-garou apparaissaient.
Le survivant ne tourna même pas le regard vers l'enseignant, quand à Lupin, il semblait préoccupé, voire inquiet. Slughorn remarqua alors que ses cheveux avaient maintenant complètement viré au blanc bien qu'il eût moins de quarante ans.
- Tout est en ordre ? demanda-t-il.
Le loup-garou sembla s'éveiller tout à coup et il secoua la tête comme pour retrouver ses esprits.
- Excusez-moi, fit-il doucement, je pensais à…il fit un geste fataliste, tout ce qui s'est passé depuis …
A nouveau, il s'interrompit, les yeux remplis de larmes, mais le vieil homme ne lui en tint pas rigueur, toutes les épreuves que son ancien élève avait traversé justifiaient largement son silence. Il fit signe aux arrivants de le suivre et, sans un mot de plus, ils parvirent au château où ils étaient attendus par la directrice.
- Mr Potter, s'exclama-t-elle en le voyant, que soulagement que votre voyage se soit bien passé !
L'intéressé n'eut pas une réaction montrait qu'il l'avait vue ou même entendue et, à l'exception de son regard vide, on aurait dit qu'il s'ennuyait. Mc Gonagall en fut décontenancée un instant avant de se tourner vers son ancien collègue.
- Il n'y a eu aucun problème ? demanda-t-elle.
- Non, le Fidelitas est un atout non-négligeable pour la discrétion.
Au moment où il disait ces paroles, il leva la tête et regarda autour de lui. Quelque chose avait changé depuis la mort d'Albus. Peut-être le château faisait-il le deuil de son ancien directeur, peut-être était-ce le changement de poste de Minerva, mais il était certain que ce n'était pas simplement dû à une impression de malaise de sa part.
- La mort de Dumbledore a bouleversé tout le monde au château, lui avait confié Hagrid à sa dernière visite, le château n'est plus du tout le même sans lui, ce n'est pas come en 1992 ou en 1995 où on était sûr qu'il reviendrait… L'autre jour, oh vous allez vous moquer de moi si je vous dis…
- Mais non, pas du tout Hagrid, je n'ai aucune raison de me moquer de vous… l'avait rassuré l'homme.
- L'autre jour, avait continué le demi-géant et rougissant, j'ai même cru l'entendre me parler, je l'ai… entendu…
- Allons, Hagrid, lui avait répondu Remus alors que son interlocuteur reniflait bruyamment, ne vous mettez pas dans un état pareil.
- Vous… vous ne me croyez pas, avait hoqueté Hagrid, vous devez vous dire que j'étais ivre, avait-il ajouté avant de se moucher dans une nappe à carreaux.
- Je n'ai jamais douté de vous, avait répondu doucement l'homme, et je suis persuadé que vous étiez aussi sobre ce jour-là que vous l'êtes en cet instant précis. Je vous confierais qu'après la mort de Sirius, avait-il ajouté en murmurant,… j'avais… tellement l'habitude de le voir que je m'attendais chaque jour à le voir surgir dans la cuisine...
Le garde-chasse avait trop peu confiance en lui et en son jugement, pensa Remus. Lui-même devait avouer qu'en ce moment, il s'attendait presque à voir le vieil homme descendre les escaliers avec son sourire rassurant. Oui, il avait besoin de croire que Dumbledore n'était pas mort, il avait besoin de croire qu'il pourrait encore lui parler et recevoir un conseil de lui. Mais là il était forcé de se rendre compte que ce n'était pas un besoin fictif rempli par son imagination : le château tout entier avait comme gardé en mémoire les résonnances magiques et les vibrations de son ancien directeur comme pour contester sa mort. Cependant, il y avait d'autres vibrations qui le troublaient tout autant que celle du vieil homme.
Tout en naviguant entre ses souvenirs et ses pensées présentes, Remus avait machinalement suivi la nouvelle directrice à son bureau.
- Où est Fawkes ? demanda-t-il en remarquant la disparition de l'oiseau.
Minerva eut l'air ennuyé.
- A vrai dire, avoua-t-elle, je ne sais pas ce qui lui a pris : Tout d'abord il est allé se percher sur la tombe d'Albus, puis, il y a quelques jours, il a commencé à aller et venir dans tout le château.
- Il cherche son maître, murmura pensivement le loup-garou, mais il n'est plus trouvable dans ce monde.
Minerva ne répondit pas, se contentant de regarder par la fenêtre, sans doute était-elle également perdue dans ses pensées. Remus la laissa rompre le silence :
- J'ai reçu votre message, fit-elle soudain en se tournant vers lui, vous sembliez alarmé par le comportement de Potter…
- Oui ! fit-il, je… je m'inquiète pour lui, rien ne semble l'atteindre, ni la souffrance, ni la joie. Il a l'air d'avoir abandonné son projet de détruire les... les horcruxes, ce qui lui tenait tant à cœur jusqu'à présent.
- Vous rappelez-vous les derniers mots qu'il ait prononcés ? demanda vivement Minerva.
- Rien, répondit l'homme, il n'a rien dit depuis qu'on me l'a attaché. Il ne répond pas, se contente de détourner le regard quand on le questionne. La meilleure réponse que nous ayons réussi à obtenir de lui, et encore c'est Ginny qui la lui a arrachée, c'est un haussement d'épaules. Mais… Ron m'a confié qu'il avait dit quelque chose lors de sa dernière visite…
- Oui, fit Minerva en l'entraînant à l'écart es autres, il a prononcé quelques… mots, et c'est en fait pour cela que je vous ai demandé de venir quelques temps au château.
Décidément, pensa-t-il en regardant autour de lui, tout nous pousse tôt ou tard à revenir ici.
- Dépêchez-vous, Miss Granger, cria Snape à son élève, nous n'avons que cinq heures avant le souper et vous devrez y paraître puisque Potter est de retour.
- Mais… où allons-nous ? demanda-t-elle en rassemblant les potions notées sur la liste qu'il lui avait confiée.
Snape s'arrêta net.
- Nous avions utilisé la salle sur demande que nous avions insonorisée, rappela Dumbledore, mais je crains que Minerva ne s'en aperçoive…
- … Et c'est bien trop risqué de faire les premiers essais ici, compléta l'homme en soupirant.
- J'ai bien une proposition, se risqua Hermione, mais je crains qu'elle ne vous convienne pas…
- Toute stupide qu'elle puisse être, répliqua Snape d'un ton cassant, il semble qu'elle soit la dernière que nous soyons en mesure d'utiliser.
- J'ai peur d'avoir ma petite idée sur votre proposition, intervint la voix de Dumbledore.
- Rendons-nous dans la cabane hurlante, proposa-t-elle, c'est la cachette idéale et le professeur McGonagall ne s'apercevra de …
- C'est absolument hors de question, explosa Snape, je refuse de vous faire courir un tel risque !
Il fulminait de colère devant tant de stupidité de la part d'une personne qu'il avait cru pouvoir tenir en haute estime, ne comprenait-elle donc rien à rien ?
- Vous êtes la gardienne de Potter, continua-t-il après s'être calmé et en insistant bien sur chaque mot, imaginez-vous un seul instant ce qui pourrait se produire s'il vous arrivait quelque chose ? Hogsmead n'est absolument pas hors de portée des ...
- Vous semblez oublier que je suis moi-même sous Fidelitas, remarqua froidement Hermione, je ne crains rien à l'extérieur de ce château, je pourrais aussi bien me balader sous le nez de Voldemort en dansant le french-cancan qu'il ne me verrait même pas !
L'homme soupira tandis qu'elle réprimait un sourire à l'idée de danser le french-cancan, puis son cœur se serra à la pensée que bien des gens ne bénéficiaient pas de la même protection qu'elle-même.
- Je ne peux pas vous aider à faire ce choix, Severus, dit la voix de Dumbledore, tout ce que j'ai à dire c'est qu'elle a raison.
- Je suppose que je n'ai pas le choix, murmura l'homme dépité, eh bien allons-y !
- Attendez ! Fit soudainement le château, il y a un changement dans nos projets !
Hermione ronchonna, ç'avait été trop beau pour être vrai. Elle aurait dû s'attendre à ce que Dumbledore, même dispersé dans les murs de Hogwarts, fasse quelques difficultés à son apprentissage. Il lui semblait bien que le vieil homme avait donné son accord bien rapidement pour une affaire qui paraissait aussi importante aux yeux de Snape. Mais à voir le visage de ce dernier, cette dernière remarque n'avait pas été préparée... Dumbledore était-il revenu sur sa décision ?
- Je sens votre doute, Miss Granger, et votre perte de confiance, dit ce dernier, mais ce n'est pas une question de choix. Remus et Harry viennent de pénétrer dans les limites du château et les sens hors-du-commun de notre ami ont déjà dû remarquer un certain changement.
- Il peut sentir ce genre de choses ? s'étonna Snape .
- De la même manière que les animaux peuvent sentir les sensations de peur, de tristesse ou de joie, les loups-garous ressentent les changements d'influence magique. Ils sont plus sensibles que nous aux énergies, récita Hermione les yeux mi-clos. Comme les chiens et les loups reconnaissent une odeur, la plupart des créatures magiques sont capables de nous identifier à une énergie qui émane de chacun de nous...
- Et comme les odeurs, il arrive que des traces d'énergie restent dans des lieux longtemps habités ou sur des vêtements...termina Snape. Miss Granger, il faut que vous quittiez immédiatement ces cachots et n'y reveniez plus avant le départ de Lupin. Ce foutu lion, murmura-t-il pour lui-même, il a le don pour se dresser en travers de mes plans...
- Laissez votre rancœur d'autrefois là où elle est, Severus, fit Dumbledore alors qu'Hermione, outrée qu'il ait osé la mettre dehors comme une malpropre, se dirigeait déjà vers la porte. Et vous devez également prendre des précautions, au-delà de mon enchantement je ne garantis plus votre cachette. Il faudra donc que vous y restiez, tant que Remus est dans le château vous courez le risque d'être découvert.
- Je pourrais masquer... commença l'homme.
- Ça ne marchera pas, le coupa la jeune fille en revenant en arrière, c'est comme tenter de cacher sa peur à un chien, de plus la magie que vous déploierez pour y parvenir ne ferait que vous signaler davantage à son attention.
Snape eut un long silence pendant lequel elle espéra qu'il s'était résigné.
- Je sais à quel point l'inactivité vous insupporte, dit doucement Dumbledore, mais je suis obligé de vous le demander, pour votre propre sûreté et pour la continuation du secret...
L'homme, qui avait déjà ouvert la bouche, changea d'avis à cette dernière remarque et s'inclina devant la volonté de son mentor, mais ce ne fut que pour se plonger dès lors dans un mutisme boudeur dont même le départ d'Hermione ne put le faire sortir.
Harry est revenu, il est ici, ne cessait de se répéter la jeune fille tout au long des couloirs. Elle devait se retenir de courir, ce qui n'aurait certes pas du tout cadré avec sa nouvelle attitude. Contrairement à sa première visite, la venue d'Harry l'intéressait, l'intriguait même. Si elle n'avait vu aucune raison à une visite amicale, elle voyait dans l'arrivée du survivant un sens particulier : Le Fidelitas n'était-il pas assez puissant pour le protéger ? Avait-il besoin d'ouvrages de la bibliothèque pour des recherches ? Sa maison avait-elle été détruite ? Le nombre de possibilités lui parut soudain énorme et, devant le manque d'informations, elle se contraignit à ne choisir aucune d'elles pour ne pas influencer son comportement.
Néanmoins, la véritable raison était celle que la jeune fille n'aurait jamais imaginé. Elle avait simplement pour but de le placer dans son voisinage afin de provoquer une réaction chez le Survivant. Minerva avait d'ailleurs touché juste en comptant sur la nouvelle personnalité de son élève pour débloquer la situation. Peut-être même, espérait-elle, que cela pourrait donner un résultat positif dans les deux sens. Ce qui était imprévu, cependant, et qui risquait bien de contrecarrer ses plans, était la présence de Remus, mais cela, la directrice l'ignorait.
- Professeur, commença clairement Hermione en entrant le plus naturellement dans le bureau, les tests de mon expérience sont terminés mais j'aurais besoin d'une semaine de plus pour corriger les quelques erreurs...
Remus eut l'air surpris et perdu un instant, comme s'il se demandait ce qui se passait. McGonagall lui montra la petite carte rédigée par Ginny et il reconnut, ou plutôt ne reconnut pas, son ancienne élève. Harry n'avait pas dit un mot, mais, lentement, il s'était comme crispé à la vue de son amie. Suivant le regard de la directrice, elle sembla enfin s'apercevoir de sa présence.
- Tiens, fit-elle du même ton qu'on remarque qu'il va pleuvoir ou faire beau, tu es revenu... ?
Elle avait mis toute sa concentration à maîtriser sa voix et ses émotions, mais un coup d'ôeil de Remus l'avertit que si la vieille femme se laissait abuser par un pareil stratagème, lui n'était pas dupe. Elle le supplia du regard de ne rien dire pendant une fraction de seconde avant de reprendre contenance.
- Professeur, le salua-t-elle, vous venez reprendre des forces je suppose ?
Comprit-il ou ne comprit-il pas sa question muette ? Elle n'aurait su le dire, toujours est-il qu'il se tut et hocha la tête. Ce hochement de tête à sens multiples surtout accompagné d'un sourire calme eut l'effet contraire à celui escompté, il glaça le sang de la jeune fille et elle resta interdite. Minerva s'en aperçut, mais elle attribua la froideur de l'accueil au changement survenu pendant les dernières semaines.
- Dis-le franchement si notre présence est une plaie pour toi, lança soudain Harry dont les yeux flamboyaient d'une rage qui effraya toutes les personnes présentes.
- Bravo, Harry, fit Hermione ironique sur un ton doucereux en se reprenant aussitôt, tu t'es rappelé que pour communiquer il fallait utiliser des mots, dommage que tu les choisisses si mal et que tu aies tant de peine à les assembler...
Chaque mot lui coûtait très cher, mais elle se martela mentalement les mots de Ron lors de leur visite, au moins elle le faisait parler, c'était déjà pas si mal.
- C'est toujours mieux que de cracher du venin, répliqua le jeune homme, sale serpent, ajouta-t-il à mi-voix.
- Harry ! s'écria Lupin alarmé par cette attaque.
- Laissez-le dire, professeur, l'interrompit-elle avec un geste sec.
Le survivant jeta un regard noir à Hermione à cette intervention visant à la placer au-dessus de ses sarcasmes, puis il tourna un visage défait et implorant vers les deux enseignants.
- N'ai-je pas raison, geignit-il d'une voix que personne ne lui connaissait mais qu'Hermione se souvenait avoir été évoquée par Ron quand il lui parlait des cauchemars d'Harry plusieurs années auparavant.
- Elle n'a plus rien d'une Gryffindor, reprit-il, elle est comme ces visages blancs qui me hantent, qui me poursuivent, qui se rient de moi. Ils crient... et me déchirent, hurla-t-il en tombant à genoux, les mains plaquées sur sa cicatrice.
