Notes de l'auteur : Whaou, à nouveau gâtée par une avalanche (bon, d'accord, 8) reviews ! Je vous avoue que je suis super contente !!!

2 : Allez, rien que pour me faire plaisir, je vais vous dire les quelques stats de ma fic' : 62 reviews, c'est à dire une moyenne de 5,166 par chapitre), classée dans 8 listes de favoris et dans 15 listes (15 !) d'alertes. Voilà, c'était juste le petit mot de contentement face aux gens qui me lisent.

3 : Alors, j'ai aujourd'hui découvert (ben oui, je suis un peu bête et ça faisait longtemps que je n'étais pas revenue sur le site donc voilà...) qu'il y avait une option spéciale pour répondre aux revieweurs... Alors je vous annonce d'ores et déjà que... je ne l'utiliserai pas. Je trouve beaucoup plus sympa de répondre en début de chapitre (et ça fait patienter les lecteurs impatients) et en plus ça permet aux gens d'avoir quelques infos sur la suite de l'Histoire (on sait jamais, je pourrais être gentille avec vous... si vous posez les bonnes questions...).

4: Vous pouvez tous remercier ma meilleure amie car c'est grâce à elle que vous pouvez avoir votre chapitre plus tôt : demain c'est son anni et j'ai voulu lui faire plaisir, j'espère que c'est réussi ! Et vu qu'elle n'aura pas le temps de le lire demain, je le poste aujourd'hui. Mais le prochain viendra le 10 avril seulement !


Remerciements pour les reviews à : Fafnir, SamZB, Asuka Snape, Etoile Filante, DrDanaScully, Demoiselle Altanien, Rebecca-Black et Polgarra

A Fafnir : Pour la mort de Dumbledore, je crois que c'est abordé dans les prochains chapitres (je sais plus, je tape deux chapitre différents à la fois et j'écris le 20 pour le moment...), je dirais le 15, mais en fait c'est peut-être dans le 16...

A SamZB : Pourquoi le portrait de Dumbledore est recouvert… Très bonne question, j'espère qu'elle intriguera encore beaucoup de monde... Pour le moment on va dire qu'ils préfèrent que les mystérieuses circonstances de sa mort soient le moins possible évoquées...

A Asuka Snape : Mici pour ta review... ça va, j'ai décuvé et je crois que ça va passer (on dit toujours ça quand le soleil revient, mais gare à l'orage qui se prépare... Non, je suis confiante, j'ai des amis sur qui m'appuyer, ça va aller). La réponse à ta question se trouve dans ce chapitre. Ah, au fait, il y a deux « n » à mon nom, pour me différencier des Roxanes normales...

A Demoiselle Altanien : C'est évidemment pour le fun que la famille Weasley est venue à Hogwarts. Non, non, le seigneur des ténèbres est toujours en activité, plus même que ce que l'on pouvait croire. C'est vrai que Minerva est plus humaine que Albus, mais c'est normal, tu verras ça par la suite.

A Polgarra : Ouais... Faut encore qu'il soit assez intelligent et dans le bon état d'esprit, et dans le genre, les mecs ne sont pas des lumières (même si Severus est différente des mecs qu'on croise toius les jours, je te l'accorde volontiers). Ca m'a fait très plaisir de voir ta review et de connaître ton avis sur la suite de ma fic'.

A tous: Petit coup de pub pour un petit coup de coeur, allez lire "La solitude d'Hermione" de Fafnir001


Hermione et Lupin passèrent l'après-midi à aider la famille Weasley à s'installer dans la salle commune des Gryffindor qui ne serait certainement pas utilisée à nouveau avant longtemps. « Ce serait se leurrer que de croire que l'école va rouvrir ses portes avant longtemps, avait dit la directrice d'un ton las, nous n'aurons jamais le temps de donner des cours tout en luttant contre Voldemort ». Le professeur Flitwick avait approuvé cette déclaration d'un vigoureux signe de tête, mais une grosse larme coulait sur sa joue. Tous les autres semblaient également d'accord et tristes de devoir accepter cela comme une réalité. En les regardant, Hermione eut la conviction que seule la réouverture prochaine de Hogwarts leur avait permis de passer outre et de relever la tête même dans les pires moments. La déprime générale commençait à la gagner elle aussi. D'un autre côté, durant l'après-midi, la certitude que Snape n'était pas un traître s'était affermie d'heure en heure au fur et à mesure qu'elle additionnait les bonnes raisons de lui faire confiance : Il n'avait pas tué Dumbledore, il l'aidait à préparer des potions et des sorts contre les death-eaters et il l'avait aidé à sauver la famille Weasley.

Mais quand elle revint dans les cachots, il n'avait pas bougé de sa place. Soupirant, elle mit les poings sur les hanches.

- Il n'a rien fait depuis que vous êtes partie, lui confirma Dumbledore tandis qu'elle s'asseyait au bureau pour continuer ses calculs.

- S'il est décidé à me faire la tête, murmura-t-elle froidement, c'est son problème, mais j'espère qu'il finira par se rendre compte que je ne peux pas faire grand-chose sans son aide.

La clochette d'approche se mit soudain à sonner, la faisant sursauter. Tout en grognant, qu'elle ne pourrait jamais travailler dans ses conditions, elle plongea la main dans sa poche, où elle ne rencontra que le vide. Son cœur se serra au souvenir des évènements de la veille.

- Faites taire cette cloche ! soupira-t-elle en levant les yeux aux ciel.

- Mais, s'exclama Dumbledore, je n'ai rien dit.

Un maigre sourire apparut sur les lèvres crispées de la jeune fille, même dans les situations difficiles, l'homme ne pouvait s'empêcher de plaisanter. Et bien qu'en temps normal elle eut sans doute répliqué acidement, elle ne put s'empêcher de trouver un certain réconfort dans le ton léger de l'homme. Après tout, il avait raison, la vie continuait, les Weasley avaient été sauvés et c'est cela qui importait vraiment. Elle était parfaitement consciente que les menaces ne cesseraient jamais de pleuvoir sur leurs têtes, mais tant qu'il pouvaient encore rire ou même sourire, le combat n'était pas perdu.

- Je vais essayer de voir ce que je peux faire pour le bruit, promit Dumbledore, après tout, cette cloche doit être reliée au château par un sort...

L'instant d'après, la sonnerie cessa et la jeune fille le remercia distraitement avant de se replonger dans ses formules. Elle prenait des notes depuis un bon quart d'heure sans avoir échangé un regard ou une parole avec Snape quand soudain, un cri déchira le silence paisible de ce début de nuit. Le maître de potions leva aussitôt la tête, l'air alarmé.

- C'est Harry, fit Hermione en posant sa plume, interdite.

- Il a dû recevoir une vision de Voldemort, ajouta Dumbledore tandis qu'elle prenait sa cape pour sortir.

Du coin de l'œil, Hermione remarqua qu'à ces mots, Snape se pelotonna dans son fauteuil et se détourna d'elle. Mais sur le moment, elle n'y prêta par attention. Les rêves de Harry étaient de première importance, décida-t-elle en s'élançant vers le passage que Lupin lui avait montré le matin même. Grâce au loup-garou, elle fut la première sur les lieux et à franchir la porte de l'infirmerie.

Mais le Survivant n'était pas là, pourtant elle pouvait entendre ses cris comme s'il avait été à côté d'elle.

- Sur votre droite, Miss Granger, appela la voix de Dumbledore dans un murmure à peine perceptible, au pied du lit, sous sa cape.

Elle aperçut enfin dans l'ombre, par terre, un morceau de gâteau et, juste à coté, une choppe vide baignant dans un liquide dont la flaque s'arrêtait abruptement. Là était la limite de la cape d'invisibilité. Elle la saisit par un coin et la roula en une boule qu'elle jeta sur un des lits Harry, enfin, lui apparut. Recroquevillé sur le sol, les mains plaquées sur sa cicatrice, le visage déformé par la douleur, le Survivant hurlait à s'en déchirer la gorge.

- Harry ! cria-t-elle en le secouant pour lui faire reprendre ses esprits, réveille-toi, je t'en prie !

Mais à peine l'eut-elle touché qu'elle sentit la froide et menaçante présence de Voldemort. Elle sursauta et manqua lâcher prise, mais elle se força à tenir bon, ne pouvant se résoudre à laisser son ami mener ce combat seul. Elle l'enserra plus fort, tant et si bien que ses bras lui faisaient mal mais elle se répétait mentalement : « Va-t-en, Sors de lui ! Tu ne pourras pas nous vaincre, c'est fini, tu es fini ! » Il lui sembla alors que les spasmes de Harry s'espaçaient et s'atténuaient, mais dans le même temps, elle se sentait prête à défaillir, gagnée par le froid et le désespoir. C'était elle qui était finie, elle et Harry, jamais plus elle ne reverrait Snape, jamais plus elle ne l'entendrait l'appeler d'un ton glacial pour lui signifier une erreur dans ses notes. Jamais plus elle ne verrait son sourire fugitif qu'il lui accordait de plus en plus souvent. Soudain, elle vit sans comprendre deux bras les entourer, Harry et elle et une douce chaleur se répandit dans tous ses membres, combattant la froide emprise de Voldemort.

Elle se rendit alors compte que le Survivant avait cessé de hurler puis, tout redevint clair et la lumière de l'infirmerie réapparut en même temps que sa confiance et sa conscience de ce qui l'entourait. C'est ainsi que McGonagall, arrivant enfin, trouva les trois amis : enlacés, baignés de larmes de douleur et à genoux dans une flaque de Butterbier. La suivant à quelques pas de distance, Lupin, Slughorn, la famille Weasley et Flitwick en bonnet de nuit arrivèrent peu après devant le même tableau. Harry bougea un peu et Mrs Weasley se précipita vers lui en bousculant tout le monde. Ron l'arrêta d'un geste, et elle se figea, interloquée.

- Il va bien, assura-t-il en l'aidant à se relever et en tendant une main à Hermione, il est juste un peu secoué et il a besoin de manger...

- Dobby ! appela Hermione et presque instantanément, l'elfe apparut.

- Dobby est là, Miss, dit-il de sa petite voix flûtée, que faut-il à... Harry Potter, s'écria-t-il, qu'avez-vous fait à Harr...

- Rien, mais il a besoin de manger et de boire, l'interrompit-elle presque gentiment, attirant sur elle plusieurs regards interloqués par ce retour à la normale. Si tu peux aller chercher...

L'elfe la regarda comme si elle était devenue folle mais obéit et disparut aussitôt. Ron profita de ce répit pour faire asseoir son ami sur le lit le plus proche et, voyant la cape, il l'interrogea du regard.

- Il revenait des cuisines quand il a eu une vision, fit Hermione en montrant les débris du repas par terre. Je l'ai entendu crier et je me suis précipitée, ajouta-t-elle en se tournant vers le rouquin, et toi ?

- Je revenais du bureau du professeur McGonagall quand j'ai entendu ses cris... commença-t-il, puis, quelques minutes plus tard, les tiens, fit-il en frissonnant. Quand je suis arrivé, je vous ai vu sur le sol, secoués de spasmes violents et quand je vous ai rejoint, j'ai senti... cette présence terrifiante...

Le Survivant, lui, ne disait rien mais, assis, sans un mot, il tremblait.Ses yeux trahissaient un profond étonnement et passaient d'un Weasley à l'autre avec une expression totale d'effarement. Que voyait-il donc, se demandait Hermione avant de se rendre compte que sa frayeur venait certainement de ce qu'il avait vu avant, ce que Voldemort lui avait montré avait vraiment dû le traumatiser. Du coude, elle poussa Ron et ce dernier se tourna vers Harry, semblant enfin remarquer le malaise de son ami

- Hé, Harry, lui dit Ron en posant sa main sur son épaule, ça va ?

- Vous... vous êtes, murmura Harry, morts... le Burrow a explosé, il... il me l'a montré... bredouilla-t-il encore.

- Hermione a eu une vision, le coupa Ron en lui donnant l'excuse que lui avait fournie McGonagall, elle est arrivée juste avant l'attaque et on a pu sauver tout le monde.

Le garçon se tourna alors vers la jeune fille, le regard plein de larmes. Elle fut prise d'un frisson, qu'avait-il vu, que s'était-il passé pour qu'il la regarde comme ça ?

- Oh, Mione, dit-il dans un souffle, tes parents... les Aurors... ils sont arrivés trop tard.

Hermione eut un haut-le-cœur, Snape ne lui avait pas dit. Il avait sauvé les Weasley mais pas sa famille. Son attitude fermée, son refus de la voir, sa crispation quand il entendait sa voix, tout prenait sens à présent. Peut-être les avait-il lui-même tués, recueilli leur dernier souffle alors qu'elle n'avait même pas pu leur dire au revoir. Des larmes lui brûlèrent les yeux mais elle les retint, sa rage et son envie de vengeance ne connaissaient plus de limites et surpassaient de loin sa tristesse. Il l'avait dupée, trompée, manipulée. A quoi bon être gentil avec elle si c'était pour mieux la trahir ? Et tous ces gens qui l'observaient avec ces répugnants regards de commisération. A son grand soulagement, Dobby réapparut, portant un plateau et, profitant de la confusion générale, elle sortit d'un pas vif, mais assuré.

Lupin retint Ron qui faisait un pas pour la rattraper.

- Non, fit-il d'une voix rauque, elle a besoin d'être seule.

Il entendit ses pas claquer dans le couloir, puis disparaître. Mais, si ses souvenirs étaient bons, le seul escalier à proximité se trouvait à l'exact opposé de la direction dans laquelle elle était partie. Elle ne retournait pas dans sa chambre, se rendit-il compte, mais utilisait son passage pour redescendre dans les cachots. Ne se sentant pas capable d'affronter la nouvelle, pensa-t-il encore, elle allait chercher à noyer son chagrin dans ses recherches jusqu'à ce qu'elle soit en état de l'assimiler.

- Professeur, demanda Harry à Slughorn, allez chercher la Pensieve dans le bureau du professeur McGonagall je vous prie. Je dois, ajouta-t-il, vous montrer quelque chose. Mais je ne peux le montrer qu'à toi et aux professeurs, ajouta-t-il en regardant Ron et en se tournant vers sa famille d'adoption. Je suis désolé, mais je vais devoir vous demander de sortir, leur dit-il, ces informations doivent rester confidentielles.

Les jumeaux retinrent une grimace de dépit avant de suivre leur mère plutôt calmement s'étonna Ron, mais Ginny s'insurgea.

- Tu ne peux pas m'exclure, cria-t-elle, tu n'as pas le droit de nous mettre de côté ! On veut aussi savoir et se battre contre Voldemort.

- Dehors, fit Harry d'une voix glaciale en se levant.

Il ne semblait plus ni fatigué ni faible, se dit Remus, il dégageait une aura de grandeur et de puissance qui lui rappelait celle de Dumbledore dans les rares moments où il l'avait vu en colère. Non, il n'avait plus rien du petit adolescent maigrichon qu'il avait connu quand il avait treize ans. Harry était à présent un sorcier confirmé, plus que confirmé en vérité, se dit-il, il avait l'étoffe d'un mage en pleine puissance.

Ginny couina et sortit, l'air paniquée, quand aux professeurs Flitwick et McGonagall, ils regardaient le Survivant avec un étonnement tel que Remus comprit qu'ils avaient senti la même chose que lui Si Minerva était l'héritière de Dumbledore autant pour l'école que pour l'ordre, Harry était l'héritier de sa responsabilité et de son combat contre le seigneur des ténèbres. Dumbledore disparu, il ne restait qu'eux en qui le monde sorcier pouvait croire. A en croire les rumeurs, même les membres de l'ordre auraient voulu qu'il prenne leur commandement. Oui avec un chef tel que lui, c'est heureux ou presque qu'ils se dresseraient contre le mage noir.

Slughorn arriva bientôt, de ses yeux avait disparu toute la naïveté habituelle dont il faisait preuve. Il était sobre, net, précis, il posa la Pensieve sur une table sans un mot. Harry s'en approcha, détacha un long fil argenté de sa tempe et le déposa dans la bassine. Remus vit alors à la surface ce qui ressemblait à une explosion et se demanda un instant comment le garçon avait appris à utiliser un tel objet avec autant de facilité mais ce dernier l'interrompit dans ses réflexions.

- Prenez-vous tous les mains, ordonna-t-il, je vais vous plonger au cœur de mon souvenir, il y a quelque chose de très particulier que je voudrais vous montrer.

Ils s'observèrent un instant, sans savoir s'ils devaient réellement faire ce qu'il leur demandait, puis Slughorn amorça le mouvement et tous le suivirent. Harry le remercia du regard et plongea sa main dans la Pensieve. Remus eut alors l'impression qu'il tombait dans un vide sans fond, mais après quelques secondes, il sentit de nouveau un sol sous ses pieds. Face à eux se tenaient, non pas le Burrow comme il avait cru que le Survivrant allait leur montrer, mais une allée de petites maisons bien rangées. Au bout de la rue se profilait une troupe de death-eaters et à leur tête Voldemort suivi de près d'une petite silhouette encapuchonnée. Il aperçut aussi une autre capuche, plus grande celle-ci, sortir d'une des maisons et se diriger vers le groupe à présent en attente devant la maison. Sur un signe du mage noir, l'un des death-eaters se précipita à l'intérieur, bousculant le nouvel arrivant au passage et revint quelques instants plus tard.

- Ils sont morts, maître, fit-il en s'agenouillant, il ne ...

Voldemort leva alors une main pour imposer le silence et se tourna vers celui qui les avait accueillis.

- Tu as gâché mon plaisir, siffla-t-il, Crucio !

L'homme tomba et se tordit sur le sol, mais sans un cri ni une protestation, les autres le regardaient sans bouger. De crainte de recevoir le même traitement, se demanda Remus, ou de soulagement de ne pas être à sa place? Mais déjà, l'homme se releva, la punition n'avait pas été bien longue, juste le temps de faire un exemple, ce n'était donc qu'un châtiment de pure forme. Il était à peien debout quand soudain un éclair vert le manqua de peu et un jet violet l'atteignit dans le dos.

- Severus ! s'écria le Lord noir en s'agenouillant à côté de son serviteur à nouveau à terre, mais dans une flaque de sang cette fois-ci. Retraite ! hurla-t-il à l'adresse des autres avant de transplaner avec l'enfant qui soutenait son aîné blessé.

Le décor changea, mais pas comme lors d'une transition de souvenirs, ils avaient simplement suivi les fuyards dans leur retraite. Ils étaient à présent dans une cave noire éclairée de bougies au fond de laquelle se tenait une estrade surmontée d'un gigantesque trône d'os d'or.

- Draco, fit Voldemort, va chercher dans sa réserve personnelle...

- Mais, maître, objecta le garçon qui avait relevé sa capuche,...

- Silence! hurla Voldemort, puis lorsqu'il fut sorti il se tourna vers Snape. Je ne te blâme pas, fit-il doucement, tu as voulu bien faire, mais, la prochaine fois, attends-nous, ne pars pas en avant.

- Il est temps de partir, annonça Harry alors que Draco amenait les potions.

Lorsqu'ils revinrent à la réalité, personne n'osait se regarder dans les yeux, tout le monde avait le regard baissé, sans savoir que dire sur ce qu'ils avaient découvert ce soir-là. Pourquoi Voldemort lui avait-il permis de voir cela ? Ce souvenir avait-il échappé à son contrôle, n'avait-il voulu montrer que l'explosion du Burrow et, profitant qu'un passage était ouvert, l'esprit de Harry avait-il lui même trouvé celui-ci ? Ils voyaient bien le côté particulier du souvenir, mais nul n'osait se lancer dans une interprétation qui aurait justifié les actes de leur ancien collègue et allié.

- C'est ainsi que ça s'est passé, fit Harry en coupant court aux réflexions qui s'intensifiaient dans la tête des membres de l'ordre, Snape a tué lui-même les parents d'Hermione, il y a fort à parier qu'il a voulu leur épargner les souffrances de la torture...

- Ça n'a pas de sens, le contredit aussitôt Ron, Snape est un tueur, il n'est pas capable de... compassion, acheva-t-il.

Laissant les autres à des discussions qui n'avaient pas de sens ni d'intérêt pour lui, Remus se dirigea vers la porte et, aux regards interrogatifs, il répondit :

- Elle a le droit de savoir la vérité !

Hermione avait commencé à courir depuis la sortie du passage secret aux cachots. Elle ne savait plus quoi penser, Dumbledore avait-il été trompé, tout comme elle ? Savait-il tout ce que Snape avait fait, ce qu'il continuait à faire, malgré la confiance que le vieux sorcier lui accordait : qu'il était un meurtrier, un fidèle de Voldemort ? Oui, il le savait forcément, mais dans ce cas, comment pouvait-il continuer à lui faire confiance ? Ses propres paroles lui revinrent en mémoire, lorsqu'elle tentait de faire adhérer ses amis à ses convictions. Oui, en ce temps-là elle l'admirait, elle admirait son retour à la lumière après sa plongée dans les ténèbres, son calme à toute épreuve, son savoir sans limite réelles et sa puissance cachée. Tout ce qui l'avait poussée à l'aimer ne lui semblait maintenant que digne de mépris. Cependant, elle ne parvenait pas à éprouver de mépris pour l'homme. Elle était certes emplie de rage, de violence, de révolte face à cette injustice, mais elle savait bien qu'elle ne pourrait jamais éprouver de mépris envers lui. Cette pensée d'impuissance ne faisait qu'augmenter sa détresse et sa rage, pourquoi ne pouvait-elle le häir comme elle l'aurait voulu ? Enfin, violemment, elle entra dans le bureau de Snape, ouvrit la cheminée et le trouva, lui, le traître ! Elle voulut le frapper, le mordre, le déchirer de ses mains, elle sentait ses larmes inonder son visage et cela ne faisait qu'ajouter à sa haine. Au bruit qu'elle fit en entrant, l'homme leva vers elle ses yeux noirs emplis d'une tristesse incomensurable avant de se lever lui-même.

- Vous... commença la jeune fille d'une voix enrouée en le regardant, vous... les avez tués... vous avez tué ... mes parents, gémit-elle, Pourquoi ?

Devant le silence de l'homme, elle se jeta sur lui les poings serrés. Mais elle ne parvint pas même à l'atteindre, d'un geste, il lui saisit les poignets et malgré tous ses efforts, elle ne put se dégager de son emprise.

- Je vous déteste, hurla-t-elle, je vais vous tuer ! Vous tuer ! Vous tu... sa phrase se noya dans un sanglot.

Ses mains crispées se relâchèrent et elle s'appuya contre lui, la tête enfouie contre son cou. Décontenancé par un tel changement d'attitude, l'homme eut un sursaut puis, compatissant, il laissa ses larmes se mêler à celles de la jeune fille.

- Shhhhh... murmura-t-il.

Que pouvait-il dire à une orpheline dont il venait de tuer les parents ? Aucun mot, aucun geste ne lui vint à l'esprit. Il passa en revue toutes les formules d'usage mais aucune ne lui parut appropriée. Alors, après une seconde d'hésitation, il la serra contre lui et lui caressa doucement les cheveux. Peu à peu, les spasmes d'Hermione cessèrent, sa respiration se fit plus régulière et elle leva les yeux vers lui, ses yeux bruns perdus dans un océan de noirceur.

- Je vous déteste, chuchota-t-elle encore.

- Je sais, répondit-il sur le même ton, moi aussi.

Elle se repelotonna contre lui et se laissa bercer par les battements de son coeur et envoûter par son odeur. L'homme sentit alors un courant d'air glacé et une sensation de malaise le saisit à la gorge. Il jeta un coup d'œil par-dessus l'épaule de son élève et ce qu'il vit lui glaça le sang dans les veines.

- Bonsoir, Severus, fit un Lupin au regard froid en pointant sa baguette sur le meurtrier.


NdA : A nouveau, ce n'est pas du chantage aux reviews (d'ailleurs la dernière fois j'ai été gâtée et ça m'a fait très plaisir), mais c'est vrai que les reviews ne sont jamais un mal, particulièrement les critiques constructives(Quoique je trouve que dans ce chapitre vous êtes plutôt bien lottis question suspens, action et révélations) et les félicitations et encouragements pour la suite.

Je re-fais une petite question (oui d'accord, c'est un mauvais truc d'auteurs verreux pour avoir plus de reviews... et alors ?) : Est-ce que vous voulez savoir ce qui s'est réellement passé chez les parents d'Hermione ? (Moi j'ai déjà tout dans ma tête, et même quelques petits détails intéressants pour la suite...Mais si vous la voulez pas... je m'incline ...)