Remerciements pour les Reviews à : Shoyu, Solene, Lolaboop, Viescale, Demoiselle Altanien, Rebecca-Black et Lunabel Nox


- Ah le con, grogna Hermione.

De toute évidence, l'esprit de Snape avait déserté son corps et luttait en ce moment même avec celui de Dumbledore contre une force inconnue.

- Qu'est-ce qu'on peut faire ? demanda Lupin alarmé.

Hermione jeta un coup d'œil à la fiole, c'était dangereux, la force de sa volonté ne suffirait peut-être pas à la ramener. Harry aurait sans doute réussi, mais elle, se faisait-elle assez confiance pour se plonger volontairement dans la magie inconsciente ? Elle regarda une dernière fois le corps de l'homme et une pensée suffit à la décider : elle ne pourrait plus vivre s'il ne vivait pas et qu'il n'accablait pas ses journées de remarques acerbes. Elle ne le supporterait pas, sa vie n'avait de sens que tant qu'il en faisait partie. Et, même si lui l'ignorait, il lui suffisait d'exister à proximité. Le loup-garou ne comprendrait pas si elle tentait de lui expliquer, peut-être essaierait-il de la suivre ou de l'empêcher de faire cette folie, car elle en convenait, c'était une folie de sa part. Dans le cas où il saurait comment utiliser la poudre, elle ne devait conserver que la dose nécessaire à son départ.

- Mais, murmura-t-il en la voyant répandre sur le sol la moitié du contenu restant de la fiole sur le sol, que fais-tu ?

Sans lui prêter attention, elle jeta la poudre dans le feu qui devint aussitôt violet et s'assit à coté de Snape, face aux flammes.Elle sembla lutter un moment pour se concentrer, puis Lupin sentit son esprit rejoindre celui de Severus.

La magie n'était plus la même dans le monde des esprits, elle n'obéissait pas aux règles enseignées dans le monde physique et ne réagissait pas de la même manière. Seule la magie essentielle fonctionnait ici, et Severus était soulagé que Dumbledore l'ait choisi comme apprenti quelques années auparavant. A ses côtés, l'esprit du vieil homme regardait avec peur celui qui leur faisait face.

- Tu nous a trahi, fit la magie du château dans un murmure de dizaines de voix se répercutant à l'infini. Tu t'es servi de nous alors que tu aurais dû nous rejoindre. C'était le prix à payer…

- Il était forcé de faire croire à sa mort, répliqua Severus, mais nous avons encore besoin de lui en…

- Ton apprenti devrait apprendre à rester à sa place, dit le château à Dumbledore en ignorant le maître de potions. Il suit, dans ton sillage, le mépris des règles les plus élémentaires, nous pensons que ça mérite une leçon.

Un feu destructeur suivit cette constatation et, malgré leur union, ils ne parvinrent pas entièrement à arrêter les flammes avec leur bouclier. Heureusement pour eux, l'attention du château fut distraite par l'arrivée d'Hermione.

- Professeurs, appela-t-elle en les voyant, vous allez bien ?

- Que faites-vous ici, petite inconsciente ? demanda Snape, retournez de suite au monde physique !

- Silence, apprenti, firent les voix, l'esprit d'un enfant ne doit pas être brusqué. Parlez enfant, ajoutèrent-elles en s'adressant cette fois-ci à Hermione, dites-nous qui vous êtes et nous apprenez le but de votre visite dans le domaine des esprits.

- Je suis Hermione Granger, fit-elle avec un coup d'œil intrigué aux deux hommes, j'ai appris la situation du professeur Dumbledore et celle du professeur Snape et je suis venue ici pour… elle hésita… pour le ramener au monde physique.

- Nous ne sommes pas d'accord, firent les voix, il est venu défendre son maître et braver notre autorité. Il devra attendre que le problème de trahison soit résolu.

- Quelle trahison ? demanda Hermione en jetant un coup d'œil à son ancien directeur.

Dumbledore fit signe que ce n'était pas important, mais les voix reprirent.

- Oui Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore, tu as trahi en abandonnant ton corps mais refusé d'en payer le prix.

Elle jeta un coup d'œil à l'homme. Privé de son corps, son esprit était translucide et il semblait comme aspiré par la masse informe qui constituait l'esprit du château. Il avait triché, avait tout voulu sans rien sacrifier, mais il l'avait fait pour eux.

- Connaissez-vous la raison de cette tromperie ? demanda-t-elle soudain, une idée en tête. Il l'a fait pour l'école, ajouta-t-elle en les voyant répondre négativement, pour le monde sorcier…

Il s'avéra alors que, bien que connaissant Riddle, le château n'avait entendu que des bruits et des rumeurs concernant Voldemort. Lorsqu'il apprit tout ce que le sorcier avait fait et prévoyait de faire, il parut peiné et confus.

- C'était un étudiant si appliqué, murmura-t-il, il est regrettable qu'il se soit ainsi détourné du chemin de la vérité…

- Oui, l'interrompit Hermione, mais n'oubliez pas que c'est lui qui a ouvert la chambre des secrets, il augmente son pouvoir chaque jour. Le seul sorcier qu'il ait jamais craint est le professeur Dumbledore, le conviction de sa mort lui donne l'illusion de pouvoir contrôler le monde. Dumbledore disparu, l'organisation dont je vous ai parlé et dont il est le chef perd tous ses repères et une bonne partie de sa raison d'être. Nous ne pouvons le vaincre qu'avec son secours et c'est pour cela qu'il a fait croire à sa mort. Vous devez lui permettre de nous aider à débarrasser le monde de Voldemort. Sinon l'école sera détruite.

- Vous raisonnez comme un esprit formé, enfant, fit le château, Un être de votre âge ne devrait pas s'occuper de la guerre. Laissez cela à vos aînés, ajouta-t-il après un instant de réflexion, et attendez que le temps de l'insouciance soit révolu avant de les rej…

Les voix s'interrompirent, comme hésitantes, puis, lentement, la lumière s'approcha de la jeune fille et sembla comme danser devant elle. Cette dernière était à la fois fascinée et effrayée par la puissance qui semblait émaner de la masse informe lumineuse. Elle pouvait sentir ses ondes magiques faire vibrer son âmes à intervalles lents et réguliers avec une puissance et une précision qu'elle n'avait encore jamais ressenti auparavant, puis, alors que son esprit s'affinait, elle commença à sentir, plus faiblement bien sûr, les ondes de Dumbledore et, soudain elle se sentit agrippée et poussée en arrière.

Snape était devant elle et se tenait face à la lumière.

- Nous ne lui ferons aucune mal, fit le château, l'esprit d'un enfant est sacré de par nos lois. Nous voulions juste savoir quelle puissance était la sienne et vérifier un petit doute que nous avions…

La lumière se détourna d'eux pour se diriger vers Dumbledore, ce dernier hocha gravement la tête.

- Dans l'état actuel des choses, commença le château, il semble que nous n'ayons pas le choix si nous voulons nous-mêmes survivre à cette menace. Eh bien soit, laissa-t-il tomber, nous vous laissons votre indépendance jusqu'à e que ce sorcier soit défait. Mais alors que vos alliés célébreront la victoire, vous devrez faire votre choix entre la mort et la fusion…

Dumbledore s'inclina et posa un genou à terre en symbole de soumission à l'autorité du château puis, tournant la tête, il fit signe à Snape et Hermione de partir. Mais, si la jeune fille avait su monter dans le monde des esprits, elle ne connaissait pas le moyen de redescendre, elle jeta donc un regard désespéré au maître de potions.

- Typiquement Gryffindor, murmura-t-il froidement en la prenant par le bras.

Querlques instants plus tard, elle se sentit réintégrer son corps physique. Elle fut surprise de se réveiller couchée et tordue de crampes. Au-dessus d'elle, Lupin lui tendait la main avec un sourire inquiet.

- Il semble que vous ayez réussi, fit-il en l'aidant à se relever.

- Il n'y a pas de quoi être fière, claqua la voix de Snape qui, déjà debout, remettait un peu d'ordre dans ses potions. Vous avez sciemment gaspillé un produit hautement dangereux alors que vous n'aviez aucune idée de la manière d'en annuler les effets…

- Mais… s'insurgea Hermione.

- DE PLUS, la coupa-t-il, vous vous êtes aventurée seule dans un monde dont vous ne connaissiez ni les règles ni les lois, vous auriez très bien pu mourir, ou vous faire aspirer par l'esprit du château !

L'homme était fou de rage qu'elle ait osé se mêler de ses affaires. C'était son monde et celui de Dumbledore, et cette gamine se permettait d'y pénétrer impunément et d'en violer les règles avec l'insouciance propre à son immaturité. Mais ce dont il était le plus furieux était qu'elle ait mis sa propre vie en danger sans même s'en rendre compte. Il se reprochait de ne pas l'avoir instruite plus tôt sur le monde des esprits et les manières de s'y rendre et d'en revenir. Néanmoins, il devait reconnaître que sans cette insouciance qu'il maudissait tout haut, il aurait encore été en train de parlementer pour l'indépendance de Dumbledore. Les arguments qu'elle avait utilisé à propos du péril du château si Voldemort n'était pas arrêté ne lui étaient pas venu en tête.

- Toutefois, reprit-il, comme je suis bien obligé d'admettre que votre entêtement semble avoir eu un effet positif, j'accepte de continuer à travailler avec vous.

Il espérait avoir dosé justement sa méchanceté, mais pour une raison qu'il ne comprit pas, la jeune fille le regarda lui, puis Lupin et s'enfuit. Le loup-garou lui jeta alors un regard mauvais où se mêlaient le dégoût, l'incrédulité et la haine.

- Ça t'aurait écorché la langue de simplement la remercier ? demanda-t-il avant de se lancer à la poursuite d'Hermione.

- Sans doute, murmura l'homme à présent seul avant d'essuyer une larme au coin de son œil.

A l'infirmerie, quelques étages plus haut, Harry était pensif face à la pensieve. A plusieurs reprises il avait passé et repassé autour de lui les souvenirs de Voldemort en essayant à chaque fois de revenir un peu plus tôt. Deux points le dérangeaient encore et, en soupirant, il leva à nouveau sa baguette et fouilla la pensine à la recherche du bon souvenir. Mais cette fois-ci, alors qu'il apparaissait à la surface argentée, le jeune homme eut l'impression que quelque chose était sur le point de se produire. Avec précautions, il plongea sa baguette dans le liquide et se retrouva dans sa mémoire.

A peine eut-il atteri sur le béton qu'il sut ce qui avait changé par rapport aux fois précédentes. Il n'était plus dans le même souvenir, celui-ci était un rêve, un rêve qu'il avait fait avant de se lever et d'aller aux cuisines. Ce rêve qui lui avait paru si ennuyeux lorsqu'il s'était réveillé. Il était dans une rue, la même que dans sa vision : celle où vivaient les parents d'Hermione, mais dans son rêve il ne le savait pas encore. Le jour allait bientôt se lever et une brise glaciale soufflait, faisant trembler les dernières feuilles des arbres. Courant dans son rêve, Harry tenta de retrouver la bonne maison. Il s'en voulait maintenant de n'avoir pas fait autre chose que s'asseoir et attendre. Il s'arrêta devant le numéro 37, il était sûr que c'était là, oui, c'est sur cet arbuste que tomberait Snape un peu plus tard, frappé par l'Auror.

C'est sur cette réflexion qu'il vit simultanément apparaître l'homme et le soleil. Le Gryffindor regretta en cet instant de n'avoir aucun effet dans les souvenirs car il l'aurait volontiers étranglé, mais il attendit de voir ce qui allait se passer. Le traître ne portait que son habituelle robe noire, il n'avait pas mis son masque et sa capuche pendait dans son dos Il passa devant Harry sans le voir, il paraissait soucieux et après une longue hésitation, il ouvrit la porte d'entrée avec le plus de discrétion possible. Harry le suivit, il allait enfin savoir ce qui s'était réellement passé et pourquoi Voldemort avait puni son fidèle caniche.

L'homme monta directement à l'étage où Crookshanks dormait sur un coussin. A l'approche du maître de potions, il sauta souplement sur le sol et se dirigea vers lui en ronronnant. Ce dernier eut tout d'abord un mouvement de recul mais, rassuré par l'attitude du chat, il s'approcha de lui et l'enleva dans ses bras. Il ouvrit alors un placard et le cacha à l'intérieur avant d'en dissimuler l'entrée avec une chaise sur laquelle il jeta un sort de repoussiérage. Enfin, l'homme avança jusqu'au bout du couloir et entra dans la dernière pièce.

Au moment où il passait la porte, Harry sur ses pas, Snape s'arrêta et regarda derrière lui.

- Etrange, murmura-t-il, j'aurais pourtant juré que…

Mais il ne pouvait pas le voir, Harry en était certain, il ne pouvait même pas avoir l'impression d'une présence, vu qu'il n'était pas là au moment des évènements. Mais son attention fut détournée par un bruit dans le dos de l'homme. Jetant un coup d'oeil, il aperçut un grand lit dans lequel dormaient les parents de son amie, Mr Granger venait juste de se retourner dans son sommeil.

A trois reprises, il vit Snape lever sa baguette et à deux reprises, l'homme l'abaissa. Ses mains tremblaient et il était d'une pâleur mortelle, jamais encore le survivant ne l'avait vu autant affecté par quoi que ce soit. A la troisième reprise cependant, une lumière verte jaillit de la baguette de l'homme et la respiration régulière des Granger s'arrêta lentement. Snape resta là quelques instants, la baguette toujours levée, à regarder ses victimes, et quand il se retourna pour partir, Harry vit deux traînées de larmes sur ses joues.

Soudain, un claquement sec retentit dans la rue. L'homme parut effrayé, et c'est la dernière vision qu'eut Harry avant que son visage ne disparaisse derrière le masque d'argent et que ce dernier ne s'estompe, le jeune homme changeait de souvenir.

Une fois de plus, il retrouva la petite rue, l'arrivée des death-eaters, la sortie de Snape. Mais lorsqu'arriva l'instant de la colère de Voldemort, Harry sentit son cœur se serrer. Le maître de potions était puni pour n'avoir pas fait souffrir les parents d'Hermione, pour n'avoir pas fait preuve de haine, à présent il comprenait mieux la raison et l'injustice de la punition.

Il suivit le lord noir jusque dans son repère et regarda une fois de plus Drago aller chercher les potions de guérison. Mais alors qu'il avait interrompu là la vision qu'il avait donné aux autres, il écouta une fois de plus la suite du dialogue.

- Severus, fit le mage noir quand l'enfant fut sorti, certains doutent de ta fidelité et surtout de ta force. Il y a des bruits qui courent sur une prétendue protection que tu accorderais à cette mudblood qui a refusé de nous rejoindre. Il y a même des rumeurs pour dire qu'il commence à s'instaurer une certaine ressemblance entre vous, si ce n'est autre chose…

Le sorcier au visage de serpent de leva et fit quelques pas.

- Je sais que tu ne vis que pour me servir, continua-t-il, tu l'as prouvé à de maintes reprises et aujourd'hui encore, malgré ma colère, je suis content de toi. Je sais que tu ne faisais qu'anticiper mes ordres, je t'ai parlé de ce projet avant la réunion de ce matin, à laquelle tu n'étais pas présent. Si je t'ai puni c'était pour l'exemple, uniquement pour l'exemple, tu le sais Severus ?

L'homme hocha la tête faiblement.

- Je vieillis, Seigneur, murmura-t-il, toutes ces années de mort ne m'ont pas épargné…

- Je sais, Severus, je sais que les années de mes serviteurs comptent triple, voire plus, surtout chez les fidèles comme toi. Je sais aussi que tu préfères la beauté pure de la mort, oui je te comprends, mais ce n'est qu'un passage tu verras, reprit-il, bientôt tu reviendras à la joie euphorique de la violence et du pouvoir…

Harry serrait les poings en entendant Voldemort deviser ainsi calmement sur la mort. Soudain, il remarqua que les yeux noirs de Snape ne brillaient presque plus, il bloquait ses pensées, il était en train de mentir.

- Tu es fatigué et blessé, reprit l'homme-serpent, va te reposer dans ton antre secrète quelques semaines. Après ce temps, tu seras heureux de retrouver nos petites réjouissances et tu reprendras alors la place qui était la tienne avant…

Harry réalisa alors que le seigneur des ténèbres avait peur de la mort, peur de sa mort. Il n'osait même pas en parler et se laissait dominer par elle, même devant son plus fidèle serviteur. Harry sortit de la Pensieve sans même écouter la fin de leur conversation qui ne l'intéressait pas.

Snape mentait à Voldemort, il le trahissait, sans doute poursuivait-il une dernière mission. Des bruits chez les death-eaters faisaient de lui un allié de la lumière, évoquaient la protection d'Hermione. Hermione qui se renfermait, en qui McGonagall n'avait plus confiance, Hermione qui peut-être était la plus éclairée d'eux tous. Avait-elle un moyen de contacter le maître de potions ?

Mais le doute surgit à nouveau dans son esprit, une idéee, un souvenir vint brouiller ses réflexions de pardon : il avait vu l'homme tuer Dumbledore, sous ses yeux horrifiés.

- Mon pauvre ami, se dit-il à voix haute en rangeant la pensine, tu deviens complétement fou. La preuve en est que tu te parles à toi-même…

- Non, Harry, fit soudain la voix de Dumbledore, tu n'es pas fou…


Nda/ Haha, vous me haïssez maintenant n'est-ce pas ?

Bon, il est temps de passer aux Réponses

A Shoyu : ça va devenir un peu irrégulier j'en ai peur : J'approche de mes examens et je vais devoir beaucoup me concentrer, mais logiquement, jusqu'à fin juin, je devrais poster un chapitre tous les 15 jours (là j'ai un peu d'avance, le prochain sera pour le 30 mai)

A Lolaboop: Parce que, parce que ça me fait plaisir et que j'aime voir souffrir mes lecteurs.

A Viescale : Ta review me touche beaucoup, j'apprécie que tu continues à lire ma fic même si tu n'es pas une fan, peut-être auras-tu en fin de compte une bonne surprise après tout...

A Lunabel Nox : Quel stress pour moi de lire ta review (Nooon, encore une lectrice qui va me trucider virtuellement au lance-flammes... au secours !). Tu as le chapitre suivant, ça te plaît ? C'est trop court je pense, et surtout très méchant comme fin... Mais comme ce n'est pas la fin, ça laisse encore beaucoup de place pour plein de chouettes aventures palpitantes et cruelles. :-)

A tous mes lecteurs, quels qu'ils soient : R&R, ça me motivera pour les tonnes de pages que j'ai encore à taper.