Voilà, un nouveau chapitre, il a mis du temps à venir, mais j'ai eu plein de problèmes, de trucs à faire... je vous remercie de votre patience et à tous mes revieweurs : Merci !
La nuit tombait lorsqu'ils franchirent les portes du château, à peine avaient-ils dépassé le hall que la directrice les appela.
- Alastor, s'exclama-t-elle en courant les rejoindre, mais par Merlin, que faites-vous ici ?
- Minerva, grogna-t-il en guise de salut.
Harry remarqua alors que la sorcière tenait dans ses mains une guirlande de Noël.
- Mais commença-t-il, qu'est-ce que ?
Il s'interrompit en voyant que le reste du Hall était décoré de guirlandes semblables et de lumières de glace.
- C'est le soir de Noël, Potter, fit-elle en comprenant son effarement, le temps a passé si vite que personne parmi nous ne s'en est aperçu. Si Horace n'avait pas été là nous aurions tous oublié.
Noël, déjà ? pensa le Survivant, son dernier Noël peut-être, se dit-il en se rappelant les paroles de Ron le matin même. Malgré lui, Harry comptait en années scolaires et il était presque persuadé que Voldemort frapperait à la fin de l'été. Après tout, les dernières attaques que le mage noir avait perpétrées contre lui s'étaient toujours passée en fin d'année, juste avant les vacances. Pendant que Moody faisait justement remarquer à la vieille femme que les décorations ne servaient à rien vu qu'il n'y avait plus aucun élève, le Survivant fut saisi d'une idée qui lui parut tout d'abord ridicule : Pour la trêve de noël, il irait voir Snape et lui dire qu'il croyait en son innocence, c'était sans doute inutile et stupide, mais c'était sans doute son dernier Noël à passer en vie et il voulait le placer sous le signe de la paix et du pardon.
- Potter, l'appela Minerva mais le garçon avait déjà disparu.
- Et si nous montions voir Dumbledore, demanda Moody à mi-voix alors que Slughorn entrait dans le hall.
- Je viens de croiser Harry, fit-il, est-ce que vous savez où…
- Non ! répondirent les deux autres au même moment.
L'homme sembla décontenancé à la vue de son ancienne collègue tenant une guirlande à la main.
- Je suis sûr que vous avez fait des merveilles, Minerva, fit-il d'un ton réjoui, Alastor, je peux te parler ? demanda-t-il en se tournant vers l'homme.
Ce dernier haussa les épaules et suivit le maître de potions, il allait enfin savoir pourquoi il avait été appelé ici. Horace l'invita à s'asseoire.
- Je ne te propose pas à boire, ajouta-t-il avec un sourire, connaissant tes habitudes…
- Assez de paroles, grogna Moody, tu parles assez chaque jour pour m'épargner tes idioties habituelles. Mon cher cousin a pris bien soin de ne pas me voir pendant toutes ces années parce qu'on me disait fou, mais dès que tu as besoin de moi tu m'appelles.
Aussitôt, le sourire stupide et flatteur de l'autre disparut pour laisser place à deux yeux noirs brillants d'intelligence.
- C'est vrai, reconnut-il, je t'ai appelé parce que j'ai besoin de toi. Je suis à peu près certain que Severus Snape est en ce moment même au château, qu'il s'y terre depuis des mois et que Hermione Granger garde un secret qui le concerne. D'autre part, je pense qu'Harry et Minerva me tienne sciemment à l'écart de la direction de l'ordre.
- Le cas de Severus ne me concerne pas, laissa tomber Moody, il échappe complètement à ma compréhension et à celle de la plupart des membres de l'ordre qui étaient ses camarades. Mais je m'en rappelle comme d'un garçon intelligent et il ne serait sans doute pas revenu sans que Minerva s'en apperçoive…
- Mais Severus avait l'exclusivité sur les cachots et cette protection n'a pas disparu, l'înterrompit son cousin.
- Alors, répondit lentement l'ex.Auror, demande-toi pourquoi la confiance de Dumbledore persiste même après sa mort. Je continue, reprit-il, pour ce qui touche à l'ordre, je sais que Minerva nous dirige comme elle peut, la nouvelle que Potter est é ses côtés n'était connue d'aucun de l'ordre mais elle réjouira tout le monde. Nous attendions tous qu'il reprenne le flambeau, mais j'avoue que ça m'étonne que tu t'y intéresses autant. Toi qui t'es toujours tenu loin de l'ordre et de Dumbledore te soucies de la tête de l'ordre ?
Ravi de son effet, Moody s'enfonça plus confortablement dans son fauteuil. Mais en réalité, il n'était pas aussi à l'aise qu'il le montait. Cette discussion lui en rappelait malaisément une autre qui avait, elle, eut lieu dans l'ancien quartier de l'ordre. L'homme secoua la tête, les circonstances n'étaient les mêmes, Albus n'était pas réellement mort.
- Tu as raison, finit par avouer son cousin, ce n'est pas pour l'ordre que je fais cela, bien que j'admire profondément votre travail. Non, Alastor, je ne suis pas un homme d'action, et cela tout le monde le sait depuis longtemps.
L'ex-Auror, laissa éclater un rire goguenard et le maître de potions se tut, vexé-
- Ce genre d'engagement ne vaut pas grand-chose, fit remarquer, ni pour l'ordre, ni pour Minerva, crois moi.
- Mais… mais… murmura Horace, je l'aime.
- Tu es pathétique, ricana son cousin. Regarde-toi, tu n'es qu'un vieil homme, gros, inutile et flatteur. Tu n'as pas la moindre chance avec elle, tu n'as jamais eu la moindre chance et tu n'as jamais su le voir.
En levant les yeux, il vit que l'homme pleurait et que ses larmes se perdaient dans sa moustache de morse. Il fut pris de regrets et de pitié, il n'avait pas voulu être méchant, juste se moquer un peu, croyant que ses railleries rebondiraient sur la carapace d'insouciance du Slytherin, mais il s'était trompé, il était bien plus sensible qu'il n'y paraissait.
Ron était à bout de nerfs en se dirigeant d'un pas vif vers la chambre de Lupin. C'était le soir de Noël mais personne ne semblait s'en être aperçu en-dehors de lui et de Slughorn.
- Remus, appela-t-il à travers la porte, c'est Ron Weasley.
Comme il ne recevait pas de réponse, le garçon poussa la porte et ce qu'il vit le plongea dans l'inconscience.
Quand il reprit ses esprits quelques instants plus tard, il sentit qu'on lui passait de l'eau fraiche sur le visage.
- Il revient à lui, Remus, fit la voix du professeur Dumbledore alors que le rouquin ouvrait les yeux.
Le loup-garou parut soulagé et lui demanda s'il était capable de se lever et il hocha la tête en guise de réponse. C'était impossible, pensa-t-il chancelant, Dumbledore ne pouvait pas être en vie, et il ne pouvait pas non plus être un fantôme, il aurait continué le chemin.
- Mais balbutia-t-il, comment… pourquoi…
Dumbledore les regarda alternativement puis poussa ce qui ressemblait de très près à un soupir.
- C'est assez compliqué, fit Remus, vois-tu, Albus n'est pas vraiment mort, Severus ne l'a pas tué comme nous le croyions.
- C'était une mise en scène, expliqua le fantôme, destiné à faire baisser sa garde à Voldemort et à placer Severus assez proche de lui pour qu'il nous soit utile.
- Mais… je veux dire, reprit Ron après réflexion, comment avez-vous pu ?… Harry a vu Snape… et on vous a enterré… Personne n'est capable de…
- Je crois, fit-il, que je vais vous confier un secret que je vous demanderai de ne partager avec personne d'autre. Pas même avec Harry, Minerva ou Miss Granger. Le peu que vous savez, Remus, n'est que la fin, la toute fin des événements et j'ai bien peur de devoir remonter plus loin que je ne l'ai jamais fait dans mes souvenirs. Je pense que vous devriez vos asseoir, les invita-t-il, car même le résumé que je vais vous faire des événements risque de vous paraître bien long.
Oui, pensa-t-il en les observant, ces deux-là seraient les seuls à connaître la vérité. Malgré leurs différences manifestes, ils se ressemblaient dans leur rôle de meilleurs amis, de suiveur, de soutient et dans leurs aptitudes particulières à convaincre les autres et à garder leurs secrets jusqu'à la mort. L'un comme l'autre n'avait pas beaucoup d'amis, mais ils avaient comptés sur la qualité plutôt que la quantité et ces relations étaient basées sur l'équité et la confiance.
- L'Histoire commence en 1921, peu après la première guerre mondiale qui avait fait au moins autant de morts de notre côté que du côté muggle. A cette époque, il y avait un sorcier, héros de guerre, qui repoussait quiconque voulait s'approcher de lui. J'avais 80 ans et, admiratif de l'influence qu'il exerçait et de toute les rumeurs qui couraient sur sa puissance, j'ai tout fait pour le rencontrer. Dès le premier jour où nous nous sommes vus, il a exercé une étrange fascination sur moi, et moi sur lui. Et, après une semaine environ, il me confia l'existence d'un secret vieux de plusieurs millénaires. Il existait un niveau de magie supérieur, un monde non plus physique mais purement spirituel. Ce secret ne devait se transmettre qu'une seule fois et, après plus de cinquante ans de recherches, il pensait avoir trouvé l'apprenti idéal. Il me transmit donc tout ce qu'il savait, absolument tout, dans des leçons qui durèrent plus de dix ans.
Mais, un samedi où je me rendais chez lui comme à mon habitude, je trouvais la maison vide de toute vie. Il avait juste laissé un livre et une lettre à mon intention. De ce jour, jusqu'au jour où j'ai à nouveau entendu parler de lui, je l'ai lue chaque jour, si bien que j'en garde un souvenir très net.
- Mais que vous disait-il ? demanda Remus, pourquoi a-t-il disparu ?
- Ce livre, comment était-il ? demanda Ron. Etait-il recouvert de cuir avec une pierre noire sur le dessus ?
- Oui, murmura l'esprit décontenancé, mais comment...
- Et les pages étaient blanches lorsque vous l'avez ouvert la première fois, continua le garçon.
Le vieil homme leva alors un regard interrogatif vers lui.
- En effet, admit-il, mais je m'étonne, comment pouvez-vous avoir connaissance d'un ...
- Vous l'avez envoyé à Harry avant de ... commença le jeune Weasley, mais le livre doit s'être perdu, il n'est arrivé que pendant les vacances...
Juste avant de pénétrer dans les cachots, Harry sentit la présence d'un sortilège juste derrière la porte. Plongeant ses yeux dans le monde des esprits, il admira quelques instants le complexe enchevêtrement de fils magiques dont était tissé le sort et y reconnut la marque d'Hermione. Puis, revenant au monde physique, il le neutralisa d'un coup de baguette en regrettant toutefois de devoir défaire une si belle création. Mais il n'avait pas le choix, Snape ne devait pas être averti de sa présence avant que lui-même ne soit derrière la porte. Il s'avança donc, avec toute la discrétion dont il était capable, jusqui'à la porte du laboratoire où il devinait que l'homme devait se trouver.
Plus il s'approchait, plus il percevait distinctement les ondes magiques de Snape parmi lesquelles, celles très reconnaissables de la marque des ténèbres que l'espion portait sur son bras gauche. Avec beaucoup de précautions, il sortit sa baguette et posa sa main sur la poignée, une fraction de seconde plus tard, il entrait dans la pièce. Snape, surpris, sursauta en le voyant pénétrer dans le laboratoire, sa baguette pointée sur lui.
- Potter, murmura-t-il pâle comme la mort.
- Bonsoir professeur, répondit ce dernier décontenancé par la maigreur et la pâleur de l'homme.
- Je suppose que je dois vous dire adieu, fit Snape dans un souffle les yeux fixés sur la baguette, vu que vous allez me tuer.
Harry, suivant son regard, rangea son arme et présenta ses mains, paumes ouvertes, en signe de paix. Puis, lentement, il s'avança vers lui.
- Je ne suis aps ici pour vous dénoncer ou vous faire le moindre mal, dit-il calmement, tout ce que je veux c'est parler avec vous.
Snape le regarda plein d'incrédulité, après avoir reçu un cadeau de Noël, voilà que Potter venait à lui sans animosité ni haine. Etait-il en train de devenir fou ? Soudain, il sentit les vibrations que le gamin avait dissimulé jusque-là, elles avaient changé a cours de ces derniers mois, trop changé pour qu'il ne puisse y voir que le reflet de la mort de sa famille. Sa puissance mentale s'était aussi étoffée depuis leur dernière rencontre, mais, se rappela-t-il avec un pincement au coeur, à cette époque il venait de le voir tuer Dumbledore sous ses yeux.
- Le passé a été très difficile pour chacun de nous, mais pour des raisons bien différentes, commença le Gryffindor. Npous avons été abusés par un mensonge, mais ce masque était nécessaire, comme il est nécessaire que le reste du monde continue à croire à la mort d'Albus.
Albus, l'avait-il vu ? Le vieux fou avait-il échappé à la colère des fondateurs ? S'il en était ainsi, pourquoi n'était-il pas revenu ? On se rappelle que n'ayant plus de contact avec personne au château, Snape ignorait tout des derniers évènements.
- Je ne me souvenais pas que vous aviez tant de mal à cacher vos émotions, professeur, commenta Potter d'un ton amusé.
Ce ton, ces yeux pétillants, il n'y avait plus aucun doute possible, le gamin était en contact avec Albus. Tellement en contact, en vérité, que l'attitude de l'ancien directeur déteignait sur lui.
- Je crois que nous avons à parler, Potter, fit-il après un intense moment de réflexion que le gamin supporta patiemment en regardant autour de lui, suivez-moi, ajouta-t-il en le menant vers la cheminée.
Le Gryffindor le remercia pour son hospitalité et s'installa dans un des fauteuils.
- Albus ne me l'a pas dit, fit-il une fois que l'homme se fut assis, mais je crois avoir deviné que vous êtes son premier apprenti. Oui, l'interrompit-il alors que le maître de potions commençait à penser à toute vitesse, il a brisé les règles une fois de plus, il a pris un deuxième apprenti. Sérieusement je crois qu'il espérait que vous me choisissiez. Mais l'un comme l'autre nous préférons cette solution, n'est-ce pas ?
L'homme approuva silencieusement. Non, à l'époque, bien qu'il y ait songé plus d'une fois, il n'aurait voulu pour rien au monde confier le secret au fils de son ennemi. Mais il était inévitable que Potter soit formé à cette magie, pensa-t-il, il en aurait besoin pour vaincre le seigneur des ténèbres. Toutefois, il fut forcé de reconnaître, au cours de l'entretien, que le gamin avait indéniablement mûri.
- Professeur, reprit Potter, depuis deux mois que je connais la vérité, je n'ai pas osé venir vous voir. Mais une idée s'est imposée à mon esprit depuis quelques temps. Je ne sais pas si vous le savez, mais Minerva m'a demandé de partager avec elle la tête de l'Ordre.
- L'Ordre... il existe encore ? demanda Snape.
- Bien sûr, ils ont continué leur lutte tandis que je me rendais en Irlande pour détruire le quatrième horcrux.
Une ombre passa sur le visage de Snape, il savait donc le secret de l'immortalité, pensa Harry, mais était-ce l'effet de la vantardise de Voldemort ou de la confiance de leur maître commun ?
- Le seigneur des ténèbres l'ignore, il ne sent apparemment pas quand ces objets sont détruits, murmura l'homme. Ah, au fait, Nagini en est un... ajouta-t-il soudain.
- Je sais, répondit le Survivant, mais j'ignore quel est le dernier. J'aimerais que vous le découvriez pour moi, si vous vous en sentez la force bien sûr.
L'homme hésita, bien sûr le gamin siégeait à la tête de l'Ordre du Phénix, comme il aurait dû siéger à la droite d'Albus si l vieil homme n'avait pas été si protecteur envers lui. Le vieux sorcier ne l'avait pas formé comme il l'aurait dû, il ne l'avait pas préparé à lui succéder. Il secoua la tête, jamais le directeur n'aurait pensé que...
- J'accepte fit-il lentement. Je vous ramènerai le nom du sixième horcrux.
En levant les yeux, il vit que le jeune home lui tendait la main et, après avoir longuement pesé le pour et le contre, il la serra. L'Elu sourit et Snape reprit son air détaché et hautain.
- Attention Potter, ne croyez pas que je vous hais moins qu'avant, fit-il froidement. Je ne participe pas à votre triomphe, mais à sa chute.
- Je sais, fit à nouveau le Survivant avant d'ajouter, moi aussi professeur, moi aussi...
Voilà, enfin ce 17e chapitre, je vais taper la suite, cette histoire aura une fin, elle est dans ma tête, n'abandonnez pas votre lecture, mais ayez la gentillesse d'être patient.
Si ça vous a plu, laissez des reviews, c'est toujours encourageant pour les montagnes que j'ai à taper...
