LE CHOIX DE NOS PÈRES

CHAPITRE 03

Les Petites Filles Modèles

— QUOI??! hurla Alexander.

— Chut!!!! s'affola Beth en agitant sa main sous le nez de son amie pour l'inciter à baisser d'un ton.

Tous les compartiments du wagon avaient dû l'entendre.

Le cabinet de toilettes du wagon numéro quatre où les deux jeunes filles avaient élu domicile pour leur entretien privé était plus qu'étroit. Mais quand Alexander avait réussi à rejoindre son amie quelques minutes plus tôt, elle avait pensé que les toilettes étaient l'endroit le plus adapté à une conversation privée. Eh bien, elle avait tort. Al se rassit plus confortablement sur le lavabo et appuya son dos contre la glace. Beth, debout en face d'elle était coincée entre elle et les commodités. Sa nervosité atteignait des pics jamais élevés et ses ongles en pâtissaient.

— Arrête de te ronger les ongles! Et je ferai preuve d'un peu plus de calme. Mais je t'en supplie : répète-moi ça plus doucement pour que mon petit cerveau puisse tout assimiler.

— Mon père a décidé de me fiancer!

— Oh, ben merde! Non, j'arrive pas à le croire, même de la part de Malefoy!

— Figure-toi que moi non plus, mais il a bien fallu que je me rende à l'évidence.

— Avec qui? la coupa Al.

— David Robinson.

— Quoi? Le David Robinson de Serpentard? Le David Robinson qui ignore tout le monde sauf quelques rares personnes de sa maison?

— Lui-même!

— Et depuis quand?

— Tout à l'heure, à notre entrée en gare.

— Ah, je comprends mieux ta tenue…

Essayant de remonter le moral de son amie, elle ajouta :

— Au moins, il ne t'assommera pas sous des discours pompeux. Il n'a pas la réputation d'être un grand bavard.

C'était vrai que David n'était pas si mal pour un Serpentard. De taille moyenne et pas vraiment musclé, il avait un physique passe-partout. Ses cheveux bruns perpétuellement en bataille rappelaient son côté tête en l'air. Mais son visage avait perdu les rondeurs de l'enfance et une paire de lunettes sur son nez ajoutait un côté d'intellectuel romantique qui faisait craquer certaines filles. Mais de se le voir imposer comme fiancé... ce n'était pas le choix qu'aurait fait Beth pour son avenir.

— Je te le laisse, je n'en veux pas! s'énerva Bethsabée.

— Oh non, sans façon! Tu veux que mon père fasse une attaque? Si je lui ramène un Serpentard, je suis sûre que j'arriverais mieux à le tuer que si un détracteur l'attaquait. C'est peut-être le gendre idéal pour monsieur Malefoy, mais pour mon père ce n'est pas le cas!

Beth retrouva un instant le sourire en imaginant la tête de monsieur Harry Potter.

— Monsieur Potter ne supporte toujours pas les Serpentards?

— Toujours pas. Et monsieur Malefoy apprécie-t-il toujours autant les Griffondors?

— Toujours. Eux et les Potter, bien entendu. Ton père a tout particulièrement une place de choix dans son cœur, ironisa-t-elle. Avant de partir, j'ai encore eu droit à ma leçon de morale : "une Malefoy et une Potter, on n'a jamais vu ça!" singea-t-elle son père.

— Faut voir le bon côté des choses, c'est déjà mieux que l'année dernière.

— Tu as remarqué aussi. Je crois qu'il ne veut pas l'admettre mais il t'aime bien.

— Mon père, lui, commence à s'habituer. D'après lui, c'est une chance que tu tiennes beaucoup plus de ta mère.

— Il a de l'humour, au moins. Pour monsieur mon père, le fait que tu ne sois pas à Griffondor fait de toi quelqu'un d'à peu près fréquentable.

— S'il savait que le choixpeau m'a proposé Serpentard, crois-tu que monsieur Malefoy m'aimerait un peu plus?

— Non, surtout s'il savait que tu as refusé.

Alexander étouffa un rire et reprit :

— Et que crois-tu que monsieur ton père te ferait s'il apprenait que le choixpeau voulait envoyer sa petite Malefoy à Griffondor?

Bethsabée prit son petit air angélique pour répondre :

— Il me féliciterait de ne pas avoir accepté.

— T'as réponse à tout, toi! Imagine un peu, l'héritière Potter à Serpentard et l'héritière Malefoy à Griffondor! Nos pères auraient eu une crise cardiaque mais, au moins, Poudlard aurait été un lieu plus animé.

— Tu regrettes d'avoir choisi Poufsouffle?

— Non, c'est la maison la plus tranquille. C'est bien pour ça qu'on l'a choisie! s'amusa Alexander.

— Je suis contente qu'on ait mis fin à leur pseudo guéguerre.

— Oui, mais c'est sans compter sur ton frère. Tel père, tel fils. Mais revenons-en à ton problème.

— Tu vas m'aider? s'enquit Beth.

— Bien sûr. Ton père et le mien veulent faire de nous des petites filles modèles. A sa façon mon père essaie de tracer ma voie comme le tien en te fiançant. Leurs méthodes sont différentes, c'est tout. Il faut qu'on se serre les coudes, décida Alexander.

Après une courte pose, ses yeux clair brillèrent de malice.

— Et si nous leur montrions que nous ne sommes pas aussi sages qu'ils le présument?

— Tu penses à quoi?

— Je ne sais pas tout à fait. Attirer leur attention.

Un sourire espiègle aux lèvres, elle poursuivit :

— De ce côté-là, mes oncles Fred et George étaient très doués. Je leur enverrai un hibou.

— Ce n'est pas une mauvaise idée. Et tu comptes toujours participer aux sélections de quidditch?

— Oh que oui. Ca va faire enrager mon père.

— Ton père ne veut pas que tu fasses de quidditch?

— Non. Une vraie tête de mule sur ce point. Pourtant maman et lui faisaient du quidditch quand ils étaient scolarisés à Poudlard. Ils vont voir si je ne suis pas capable de jouer!

On tambourina sur le battant de la porte.

— C'est pas bientôt fini? J'attends depuis dix minutes! s'énerva une voix féminine.

— Encore cinq minutes, j'ai presque fini! cria la voix d'Alexander à travers le battant de la porte.

— C'est ce que tu m'as dix il y a cinq minutes!

— Ouais, ouais... C'est bon, je me dépêche.

Alexander baissa d'un ton pour continuer sa conversation avec Beth.

— Bon, on organisera mieux notre plan après avoir reçu des nouvelles de mes oncles. Ils vont adorer! Tu vas voir, Beth, on va leur montrer à ces deux têtes de mules qu'on n'est plus des petites princesses. Nous aussi on peut mordre!

— Je te suis, ça marche pour moi Al.

Réfléchissant, elle ajouta :

— Euh, tu crois que j'en parle à mon frère? Il pourrait nous aider.

— Ah non! C'est un garçon et c'est ton frère, il se sentira obligé d'en parler à ton père. Et ….

Alexander hésita : devait-elle lui dire?

— Et quoi?

— Il me fait peur et il me déteste, alors moins je le vois, mieux je me porte!

Un autre coup fit trembler le battant de la porte, les faisant sursauter toutes les deux. Alexander s'écria :

— C'est bon, j'ai fini. Pas la peine de démolir la porte à coups de pied!

Beth déverrouilla la porte et sortit, suivie d'Alexander. Devant la porte, Marie Jeanne Wess, une Serpentard de leur année les toisa avec surprise.

— Vous étiez deux? Mais qu'est- ce que vous fichiez? s'étonna Wess.

Une idée lumineuse éclaira le regard d'Alexander. C'était rarement bon signe.

— Tatatata! Tu ne veux pas savoir ce que l'on faisait Wess, lança Alexander, charmeuse.

Elle attrapa la fine taille de Beth pour la rapprocher d'elle. Bethsabée, bien qu'écarlate, joua le jeu et encercla le cou d'Alexander. Elle rapprocha ses lèvres du lobe de l'oreille d'Alexander pour lui murmurer :

— On n'en fait pas trop?

Alexander se tourna vers elle et attrapa une fine mèche blonde pour la porter à ses lèvres.

— Jamais, mon ange!

— Eeeark! émit une Wess dégoûtée avant de s'engouffrer dans les toilettes.

Les deux jeunes filles éclatèrent de rire.

— C'est ton frère qui va être comtent en apprenant que tu sors avec moi, Beth!

La jeune fille pâlit.

— Oh non.

— Fais pas cette tête, on va l'éviter pendant une semaine et après... Mais qu'est-ce que tu as? s'inquiéta Al.

— Oh non, Ulrik est là! ... Il va nous tuer...

Alexander pâlit à son tour en se retournant lentement. Effectivement, Ulrik Malefoy se tenait silencieusement derrière elle. Depuis quand était-il là? .... Elles étaient vraiment dans la panade. Alexander décida de se la jouer innocente.

— Salut, Malefoy, il fait beau aujourd'hui. Félicitation pour ton titre de préfet en chef.

— La ferme, Potter! Qu'est-ce qu'il vous prend de raconter des bobards pareils! Vous faites ça souvent?

Beth hésita avant de répondre :

— Non, de temps en temps pour qu'on nous laisse tranquilles.

Ulrik Malefoy, d'habitude si calme et inexpressif, afficha un air totalement surpris.

— Vous avez donc déjà joué cette petite mascarade! A beaucoup de monde?

— Euh... Plus ou moins.

— Ca veut dire quoi ça?

— Ben, prends Wess par exemple : avec elle, on est sûr que tous les quatrième années seront au courant ce soir avant le repas. Mais rassure-toi, le coup des lesbiennes c'était une première.

Ulrik reprit son calme et annonça la sanction :

— Flagrant délit de fabulation : 10 points en moins pour Poufsouffle.

— Mais tu ne peux pas, on n'est pas encore à Poudlard! protesta la jeune Malefoy.

— Oh que si je peux. 10 points en moins pour chacune d'entre vous! Déguerpissez maintenant!

Il eut un temps de réflexion et ajouta :

— Ah, Beth.

— Oui? se retourna l'intéressée.

— On aura une autre conversation tous les deux. Je ne suis pas sûr que papa apprécie ce genre d'humour.

Bethsabée se contenta d'acquiescer et se faufila à la suite d'Alexander.

Ulrik Malefoy regarda sa sœur s'éloigner. Une fois qu'il fut sûr que les deux jeunes filles étaient assez loin, il toqua à la porte des toilettes.

— Tu peux sortir, Wess.

La porte s'entrouvrit, puis Marie Jane Wess l'ouvrit complètement pour sortir.

— Alors? Que mijote ma sœur et cette petite peste de Potter?

— Je n'ai pas tout entendu Ulrik, mais l'essentiel....

A Suivre...

Le Petit Mot de l'Auteur : Voilà enfin le chapitre 3. Je sais j'ai du retard et pas vraiment d'excuse, mais l'organisation et moi ça fait deux, j'y peux rien. Faudra attendre octobre pour la suite. Et oui votre aimable Mahel n'a pas internet... Avant de vous quitter j'ai une petite question indiscrète, que signifie votre pseudo et pourquoi avoir choisi celui-ci plutôt qu'un autre? Je suis une petite curieuse, je sais. Lundi 09 Août 2004, Mahel

Le coin des reviewers :

Eternamm : La suite est publiée un lundi sur deux. J'alterne avec mon autre fic. Ne t'inquiète pas, j'essaie d'être régulière dans mes parutions. Je suis contente que tu trouves mon histoire mignonne, parce que s'était un peu le but recherché quand je l'ai écrite. Je voulais qu'elle soit attendrissante et touchante (c'est vrai que je leur ai pas donné une vie facile. Mais la vie est rarement toute en rose).

Elsar : J'aime tout ce que j'écris, sinon, je ne le publierai pas. Mais j'avais envie d'autre chose. J'aime écrire Chassé-Croisé mais l'intrigue en est plus tordu dans la mesure ou j'écris au fur et à mesure. Le Choix de nos Pères, elle c'est différent j'ai voulu essayer une nouvelle façon de faire. J'ai écris les grandes ligne de l'histoire en totalité. En fait, c'est juste une petite histoire pour passer le temps je dois admettre que je m'y suis attachée à ces petites!
C'est vrai que j'aurai pu marier Drago avec un perso connu mais mon choix était limité :
Ginie : déjà prise puisque c'est la femme de Harry
Hermione : marier aussi avec Victor Krump. Ils ont deux grands garçons qui étudient à Dumstrang, l'établissement ou Hermione enseigne. Victor lui s'est reconverti en entréneur de l'équipe national. (je vous dit tous ça parce que j'en parle pas dans mon histoire)
une autre griffondor : il leur parler pas alors en épouser une.
une serpentard : je vois que Pansi Parkinson, mais je l'aime pas trop.
un perso d'une autre maison : je voyais pas qui.
En plus c'est pas vraiment eux les protagonistes de l'histoire.

Kloona : Pour le tempérament des filles, j'ai voulu illustrer ce proverbe qui dit "Tel père telle fille". Et puis le cocon familial qui les entoure leur permet et les encourage à s'extérioriser.
J'espère que la suite te plaira. Mais t'inquiète pas, j'ai les grande ligne de mes chapitres, il me suffit de mettre en forme. Et le tour est joué. C'est vrai, qu'elle a pas l'air d'avoir beaucoup de succès, mais je l'aime bien moi cette fic donc je continuerai.

Alpo : Ben merci voilà la suite.

Angelyka : Merci et voici le troisième épisode.

WendyMalfoy : Merci. J'espère que la suite aura su te plaire autant que les deux premiers chapitres.

Luna Metchilla : Merci Mahel rougissante J'ai continué t'inquiète pas. J'ai même presque fini de tout rédiger. Il ne me manque plus que le chapitre 9 et j'aurais enfin terminé cette petite histoire.

Merci à tout le monde Mahel