Mercredi le 7 février 20XX
Les choses ne s'étaient toujours pas arrangées entre Kaoru et Hikaru. Le pauvre Kaoru était toujours aussi sombre ; par contre, il n'avait même plus la force de faire pousser des champignons et il se contentait d'habiter les coins ténébreux. Dommage, je ne pourrai pas renouveler le contrat avec le marché alimentaire…
Avant que Kaoru commence à lui-même moisir et à se décomposer, Haruhi s'est décidée à aller lui parler. Mais malgré ses paroles vraies et encourageantes et intelligentes et pleines de sensibilité dignes d'une bonne héroïne de manga shojo, il ne s'est pas remis de sa crise identitaire de liliputien.
La situation devenait désespérée. Hikaru commençait aussi à devenir sombre, dans un coin opposé à celui de son frère. Les émotions de l'un finissent généralement par rejoindre celles de l'autre…
Je me contentais d'observer la situation. Tamaki avait beau réquisitionner mon aide, je n'avais aucune idée. Je sais que Kaoru a tendance à avoir besoin de s'identifier au groupe et qu'il nous perçoit comme une famille, mais le problème était autre. Toutes mes notes et tous mes documents ne servaient à rien, il faut croire que je dois encore améliorer mon sens de l'observation…
Mori, à la surprise de tous, a décidé de tirer Kaoru hors de son coin et l'a posé à côté de Hikaru. Il les a jugés silencieusement pendant quelques minutes, les fixant intensément jusqu'à ce qu'ils commencent à fondre et que leurs yeux soient à moitié exorbités, puis il a lâché : « Vous avez tous les deux pas mal de chemin à faire » et il est parti, les laissant plantés là.
C'est vrai qu'à part Honey et Haruhi (mais ces deux-là ne comptent pas), ils sont les deux plus petits du host Club… mais cette réplique les a transformée en statues de sel. Un courant d'air a suffi pour qu'ils partent en poussière.
Je ne sais pas si ça règle vraiment le problème, mais Kaoru est resté scotché à Hikaru pendant tout le reste de la journée. Il ne leur reste plus qu'à se remettre en perspective, maintenant…
Une fois chez moi, j'ai pu finir ma tonne de travaux et de lectures. Ma sœur n'était pas là pour jouer avec les tiroirs, je crois qu'elle sortait avec un prétendant. Je me demande bien de quoi il peut avoir l'air… c'est peut-être un marchand de mobilier ? il faudra que je demande à mon père… hm… non.
