Auteur : ValouX-chan
Origine : Yu Yu Hakusho
Genre : Yaoi, Romance, UA
Couple : Kurama – Hiei
Dislaimer : Ne sont pas à moi
Note : C'est ma toute première fic donc soyez trèèèès indulgent s'il vous plaît !
Note ² : Pourquoi j'écris des mots en japonais ? Ben… Ca m'amuse Mais je ne crois pas que ça puisse gêner qui que ce soit (même ceux qui y pigent rien xD) vu que je mets un lexique à la fin, avec la signification des mots… Non ?
Hello ! Bon, faut que je vous explique un truc. Je suis…très paresseuse ! --' Donc, je répondrais pas à toute les reviews comme certains auteurs le font (déjà trois, c'est trop pour moi ! xD). Mais je répondrais quand même à une d'entre elle à chaque nouveau chapitre. Je répondrais à celle qui m'aura fait le plus fait plaisir ou celle dans laquelle mon pose une question, etc… Ok ? (De toute façon, z'avez pas le choix ! Na ! xD)
Donc…
Ayumi-X : Ooohh ! Oô Chouette ! Une Belge ! Moi je suis du côté de Liège, du Condroz Liégeois pour être plus précis ! xD En tout cas, contente que ça te plaise ! Quand j'ai commencé à écrire cette fic, j'était vraiment pas sûre de mon coup ! Ca me rassure de voir qu'elle plaît quand même à des gens :D Je vais essayer de faire de mon mieux pour la suite, promis ! Et merci encore pour tes encouragements !
Chapitre 3 :
- Toi… souffla Kurama, à présent totalement réveillé.
Kurama était littéralement pétrifié sur place. Chaque muscle de son corps était tendu à l'extrême, crispé comme une planche de bois prête a cassée. Ses yeux étaient agrandis d'horreur et sa respiration saccadée, presque haletante. Non… C'était impossible… C'était un cauchemar ! Un véritable cauchemar ! Comment avait-il eut son numéro de téléphone ? Comment…
Oh mon dieu ! S'il a mon numéro de téléphone, ça veut dire… Ca veut qu'il sait peut-être où j'habite ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Mais qu'est-ce que je vais faire ? Qu'est-ce que je vais faire ?! s'affola Kurama, la main crispée sur le cornet du téléphone.
- Et oui ! C'est moi ! ricana à nouveau la voix au bout du fil. Tu ne t'y attendais pas, n'est-ce pas ? Je m'en doutais ! Ce que tu peux être naïf mon petit Kurama, vraiment s'en est affligeant… Tu me connais pourtant, chéri. Tu sais bien que j'abandonne très difficilement… Tu croyais peut-être que j'allais te laisser filer comme ça ? Tutu tutu ! C'est me sous-estimer mon cœur !
- Comment… Comment as-tu… ? tenta de demander Kurama, sans beaucoup de succès.
Les questions dansaient dans sa tête à une vitesse folle. Elles se bousculaient dans son esprit et lui donnaient la migraine, pourtant il n'arrivait pas à chasser les mots hors de ses lèvres… Il voulait parler. Dire quelque chose, n'importe quoi ! Mais malgré tous ses efforts, il n'y parvenait pas. Et les mots qui restaient bloqués dans sa gorge avaient un goût terriblement amer…
- Comment j'ai eut ton numéro de téléphone ? Ca, ça te regard pas ma biche. Mais rassure-toi, j'ai pas ton adresse… Enfin, pas encore… répondit la voix avant de marquer une courte pause. En tout cas, j'le reconnais, t'as plutôt bien fait ça. T'as foutu ton numéro sur liste rouge… Résultat, il est privé de chez privé ce con ! Et pas moyen de savoir où tu crèches ! Ca m'a bien fait chier d'ailleurs, mais t'inquiètes pas trésor, j'le saurais. Tôt ou tard…
- Eiri… Je… tenta à nouveau Kurama.
- La ferme ! cria l'homme, coupant au court toutes tentatives de s'expliquer de la part du professeur. Tu la fermes et JE cause, ok ?!
- …
- C'est bien… J'te préfère comme ça… Tu sais, tu m'as pas mal contrarié en te barrant comme ça… Non, en fait, tu m'as beaucoup contrarié… Qu'est-ce qui t'as pris ? Mais qu'est-ce qui t'as pris ? Franchement, filer à l'anglaise comme ça, sans dire au revoir… Est-ce que c'est des manières ? Hein, mon chou ? Tu m'as fait beaucoup de peine… J'ai été voir à ton ancien appart', t'y étais pas. Chez tes parents, non plus. J'ai fais tous tes amis, mais personne n'a été capable de me dire où t'étais passé ! Et ça, tu sais, ça m'a mis très en colère mon cœur… Donc, il a quand même fallut que je m'énerve. C'est le p'tit Ai qui en a fait les frais, le pauvre… Paraît qu'il a finit à l'hôpital…
- Salop ! s'écria alors le roux, pour l'empêcher d'en dire plus.
Kurama se mordit la lèvre inférieure, une grimace de souffrance déformant ses traits fins. Quel enfoiré ! Mais quel enfoiré ! Aller s'en prendre à Ai ! Ce n'était encore qu'un gosse, merde ! Son cousin n'avait que 16 ans ! Il était encore si jeune et tellement fragile…
Pourtant, malgré la différence d'âge, Kurama s'était toujours très bien entendu avec lui. Avant qu'il ne déménage pour venir habiter ici, dans ce petit appartement sans prétention, le « minus » comme il l'appelait, venait souvent chez lui. Chez lui et…Eiri.
Aussi loin que remontait les souvenirs gravés dans sa mémoire, Ai lui avait toujours voué une admiration sans borne et Kurama lui, l'aimait beaucoup. C'était un jeune garçon joyeux et enthousiaste. C'était un passionné et il était très généreux. Et ce salop… Ce salop avait osé s'en prendre à lui. Il avait osé poser ses sales pattes de macaque sur lui ! Un jour… Oui, un jour, il lui ferait payer !
- Tu sais, reprit Eiri sur un ton détaché, il a bien tenu le gosse… Voulait pas parler ce con ! Il voulait te couvrir. Quel imbécile ! Mais bon, au bout d'un moment, il a bien fallut qu'il crache le morceau ! Il m'a dit que t'avait quitter la ville et t'avais donné d'adresse à personne… Mais tu sais, je t'aime moi. Tu le sais, n'est-ce pas ? Tu m'as fait de la peine mon cœur, beaucoup peine…
Si Kurama n'avait pas été si tendu, il aurait éclaté de rire. Eiri Teko – le plus beau salop que la terre ait jamais porté - être attristé par son départ ? Quelle blague ! Il avait sûrement été fou de rage, ça oui, mais pas triste ! Tout ce qu'il avait vu dans cette histoire, c'était qu'on avait osé s'opposer à lui et que sa précieuse petite chose lui échappait des mains.
- Enfin bref… J'ai galéré pas mal, mais j'ai finit par trouver dans quelle ville t'avait mis les voiles et ton numéro de fixe, en prime ! Maintenant, reste plus qu'à mettre la main sur toi Kurama… C'est plus qu'une question de temps. Et une fois que se sera fait, on va pouvoir s'expliquer, hein ma biche ?
- Eiri… souffla le roux d'une voix étouffée.
- Quoi ? Tu veux causer peut-être ? Ben parles ! Profites-en ! Vu que ces longs mois sans moi t'ont redonné un peu de caractère…
- …
- Alors ?
- Laisse-moi.
- Quoi ?! Tu peux répéter, j'ai pas bien entendu là… demanda Eiri sur un ton menaçant.
- T'as très bien entendu ! cria soudain Kurama.
Sa voix tremblait un peu, mais la colère et la haine semblaient lui donner le courage nécessaire pour parler. Les mots coulaient à flot. Tous ces mots qu'il avait retenus, qu'il n'avait pas osé lui dire. Toute cette haine, cette colère et cette souffrance accumulée… Tout ça devait sortir ! Et aujourd'hui, il en avait enfin la force. Il avait changé… Beaucoup changé. Il n'était plus le Kurama soumis qu'Eiri avait connu. D'ailleurs, il n'était plus non plus celui qu'il était avant sa rencontre avec le brun, il était plus fort ! Il pouvait se défendre et c'est ce qu'il allait faire !
- Laisse-moi ! cria-t-il à nouveau. Fiche moi la paix bordel ! T'es malade, complètement malade ! Je vais te le dire une bonne fois pour toute parce que t'as pas l'air de comprendre : oui, je t'ai aimé. Je t'ai même aimé comme un fou. Mais c'est finit ! C'est terminé entre nous Eiri. TER-MI-NER ! Je veux que tu disparaisses de ma vie à tout jamais et je veux que tu foutes la paix à mes proches, tu entends ?! T'as qu'à trouver un autre abrutit pour croire tes belles paroles et se laisser écraser comme je l'ai fait, moi en tout cas c'est terminé ! J'en ai assez, ASSEZ ! Je ne veux plus que tu me touches, plus jamais ! Je ne veux même plus que tu m'approches ! T'es taré et tu me dégoûtes, alors laisse-moi vivre ma vie ! Tu t'es assez servit de moi comme ça ! FOU MOI LA PAIX !
La dernière phrase avait été hurlée. Ca ressemblait à un cri de bête blessée, un cri de détresse… Kurama avait les larmes aux yeux et son corps était parcouru de tremblements incontrôlés, mais il était soulagé. Toutes ses années à se taire, à tout accepter sans pouvoir se défendre, toute cette souffrance, cette humiliation sortaient enfin. Il… Il avait enfin affronté Eiri. Il l'avait vraiment fait ! Kurama n'arrivait pas encore à y croire…
- Comment oses-tu ?! Après tout ce que j'ai fait pour toi, comment oses-tu ! cracha Eiri à l'autre bout du fil.
Kurama eut un petit rire amer.
- Ce que tu as faits pour moi ? Non mais laisse-moi rire ! Tu n'as fait que te servir de moi ! Et comme moi, je t'aimais vraiment, je t'ai laissé faire comme le dernier des abrutis ! Pendant tout ce temps, tu n'as fait que me détruire de l'intérieure. Tu m'avais rendu tellement dépendant de toi que je n'étais plus qu'une petite chose entre tes sales pattes ! J'étais presque incapable de penser par moi-même, tu te rends compte ?! Pour ça, je me dégoûte presque autant que tu me donnes envie de vomir ! Mais c'est finit et bien finit !
- Oh que non ! Ce n'est certainement pas finit comme tu dis, bien au contraire ! Je ne te laisserais pas faire Kurama ! cracha Eiri sur un ton plein de menaces. Tu vas revenir vivre avec moi, que tu le veuilles ou non !
- Mais tu t'entends ? Tu es complètement fou ! répliqua Kurama sur un ton acide.
Cependant, sa voix s'était faite plus faible et elle s'était remise à trembler comme la flamme d'une bougie sur laquelle on souffle. Maintenant que sa colère et sa haine avaient quitté son coeur, qu'il lui avait enfin dit ses quatre vérités, Kurama se sentait incroyablement vide… Il était fatigué de cette histoire… Dans son cœur, il n'y avait plus de colère, plus de haine, même plus de peur… Il ne ressentait plus rien à par peut-être une profonde lassitude. Kurama ne demanderait pourtant rien d'extravaguant, si ? Juste qu'on le laisse tranquille… Qu'IL le laisse tranquille. Il voulait juste recommencer sa vie et oublier les erreurs du passé…
Sa combativité avait fondue comme neige au soleil et son assurance s'effritait à vue d'œil…
- Oui, je suis peut-être bien fou ! poursuivit Eiri en criant à nouveau.
Crier, voilà tout ce qu'il sait faire… pensa Kurama.
- Il n'empêche que tu ne t'en tireras pas comme ça ! Tu m'appartiens Kurama, tu m'entends ? Tu es à moi ! Rien qu'à moi ! Je vais te retrouver et je…
Kurama n'entendit jamais la fin de la phrase d'Eiri, car il avait raccroché le téléphone avant qu'il puisse la finir. Il ne se sentait plus la force de le combattre, ni même de parler, alors il préférait fuir… Il le faisait un peu trop souvent quand il s'agissait d'Eiri, mais comment faire autrement ? Il savait parfaitement qu'il ne pouvait pas gagner la bataille, alors autant se retirer avant que la partie s'achève sur un « game over » cuisant…
Kurama décrocha ensuite le téléphone et posa le combiné à côté de l'appareil, l'empêchant ainsi de sonner à nouveau. C'était plus que nécessaire, il le savait. S'il ne le faisait pas, Eiri allait le harceler, c'était certain. Demain, il ferait changer son numéro de téléphone. Mais pour le reste, il ne pouvait pas faire grand-chose d'autre. Eiri savait qu'il habitait Tokyo, mais la capitale était grande, très grande. Jamais il ne le retrouverait dans cette masse, ou du moins, pas tout de suite.
Il fallait quand même qu'il reste vigilant… Surtout quand il se promènerait en ville. Le roux de ses cheveux était facilement reconnaissable dans la foule… Enfin, il verrait bien. Peut-être bien que l'autre fou allait finir par se lasser, qui sait ?
Mais tout au fond de lui, Kurama savait qu'il se faisait des illusions. Eiri n'abandonnerait pas avant d'avoir obtenu ce qu'il voulait, même si cela devait lui prendre des mois. Il était trop borné et surtout trop stupide pour ça…
Un profond soupire s'échappa des lèvres fines de Kurama quand celui-ci se laissa tomber dans le divan pour la deuxième fois de la journée. Il s'allongea doucement et ferma les yeux, comme pour fuir la réalité de sa vie ne serait-ce qu'un instant. Et dire qu'il s'était cru en sécurité à Tokyo… Cette fois, il avait vraiment pensé que le cauchemar était définitivement terminé. Sa vie recommençait doucement, les erreurs du passé s'effaçaient une à une et ses blessures cicatrisaient enfin… C'était une deuxième chance, un nouveau départ. Et il y avait cru… Il y avait cru de toutes ses forces, de toute son âme.
Qu'il avait été naïf… Eiri avait bien raison, s'était affligeant et il était pitoyable… Finalement, est-ce que tout cela allait prendre fin un jour ? Parfois, il en doutait… Peut-être qu'il ferait mieux de se laisser faire à nouveau… Au moins, il ne devrait plus fuir…
Aussitôt que cette pensée eut traversé son esprit, Kurama se gifla mentalement de toutes ses forces. Qu'est-ce qui lui prenait de penser une chose pareille ?! Pas question de se laisser faire ! Il n'appartenait à personne et il ne devait rien à personne ! Il était lui, et avait aussi le droit de vivre !
Kurama soupira à nouveau. La fatigue le faisait complètement dérailler…
Mieux vaut aller se coucher tout de suite, plutôt que d'avoir des pensées aussi stupides ! pensa Kurama en montant l'escalier qui menait à sa chambre.
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Kurama marchait droit devant lui, sans vraiment se soucier de l'endroit où l'emmenait ses pas. Il était emmitouflé dans un long manteau d'un marron chaud et gai, qui saillait parfaitement la finesse de sa taille. Une épaisse écharpe de laine entourait son cou et il avait enfilé une paire de gants. Le mois de mars était plutôt frais cette année et puis Kurama avait toujours été frileux.
Ce matin, il était directement allé faire changé son numéro de téléphone et depuis, il flânait en ville, sans autre but que de tuer le temps…
Kurama avait toujours aimé la littérature. D'ailleurs, dans sa chambre, les étagères étaient remplies de livres tous plus épais les uns que les autres. Elles croulaient littéralement sous le poids des différents ouvrages, si bien qu'il y a quelques semaines, l'une d'entre elles avait rendu l'âme. La moyenne, c'était une tout les trois mois… --' Mais bon, étant donnée le poids, on pouvait aisément les comprendre… xD
Toujours est-il, que quand Kurama se promenait en ville, il était irrémédiablement attiré par tout ce qui touchait de près ou de loin à un livre. Tout était bon, mais généralement, il préférait les librairies et le calme des bibliothèques. C'est donc machinalement, que le jeune professeur entra dans la librairie du centre.
Il s'y était toujours bien sentit… C'était idiot, mais il avait parfois l'impression que tous ces livres veillaient sur lui, du haut de leur étagère. Et ce sentiment était apaisant…
Kurama se mit donc à flâner dans les rayons. Il s'arrêtait de temps en temps pour feuilleter un livre, pour lire un quelconque résumé ou encore, pour discuter avec Sakuno, une petite employée qu'il trouvait sympathique. Il ne cherchait rien de particulier, aussi il laissait courir son regard sur les nombreux volumes, sans vraiment prêter attention à ce qu'il voyait.
Pour tout dire, il était plutôt serré point de vue budget… Il devait vraiment faire attention, surtout s'il ne voulait pas se retrouver complètement fauché à la fin du mois ! Il avait donc jusque-là, soigneusement évité les librairies. Histoire d'éviter toutes tentations inutiles. Mais bon, ce coup-ci, il avait quand même des circonstances atténuantes… Apprendre que l'autre fou est encore sur ces traces et plutôt près du but, ça méritait un bien un petit quelque chose, non ? En tout cas, Kurama lui, estimait que oui et il avait bien l'intention de s'acheter un bon bouquin pour se réconforter ! Il était d'ailleurs en train de départager deux gros livres, quand un cri surpuissant retentit dans la librairie.
- Minamino-senseeiiii ! Quelle surprise ! hurla la voix, sans se soucier des regards assassins que lui lançaient les gérants.
Kurama écarquilla les yeux en reconnaissant le timbre grave de la voix. Quelle veine il avait, vraiment ! --' Tokyo était pourtant assez grand ! Pourquoi fallait-il qu'il tomber précisément sur lui ?!
Décidément, pensa Kurama, la chance a décidé de me fuir ces temps-ci ! Je ferais mieux de rester chez moi, ça m'éviterait ce genre de rencontre plutôt collante… --'
Avec un soupir à fendre l'âme, Kurama se retourna pour faire face à son interlocuteur. Aussitôt, son agacement fondit comme du chocolat. Comment faire la tête, alors que Kuwabara se tenait devant lui, les yeux brillants et un immense sourire aux lèvres ?
Ce n'était pas qu'il était mignon, mignon était un adjectif qui ne correspondait pas vraiment au grand roux, mais il était attendrissant… Il faisait vraiment penser à un petit écolier amoureux de sa maîtresse d'école ! Enfin, sauf que dans le cas présent, la maîtresse avait quelque chose de plus…masculin.
- Sensei, je suis content de vous voir ! Comment allez-vous ? Vous cherchez quelque chose en particulier ? Vous aimez lire ? Vous venez souvent ici ? Vous… demanda le grand dadais avant que Kurama n'est pu dire quoi que ce soit.
Kuwabara enchaînait les questions à toute vitesse, sans laisser à Kurama le temps de répondre. Le professeur lui, resta interdit quelques minutes, les yeux ronds. C'était…impressionnant ! Kuwabara déversait sur lui un flot de paroles ininterrompus et ce, en un temps record !
Le roux, stoppa finalement son interrogatoire en rougissant, se rendant compte qu'il mitraillait son cher professeur de français de questions à peine articulées.
Kurama ne pu s'empêcher de rire : Kuwabara - l'incontournable cancre, le voyou en tête de liste avec Yusuke – était à présent rouge comme une tomate trop mûre ! Et puis, il y avait cet air embarrassé, presque penaud… C'était tout simplement à mourir de rire !
Au début, ne sachant pas vraiment comment interpréter le rire de Kurama, Kuwabara s'était sentit encore plus gêné et embarrassé qu'avant. Il ne savait plus où se mettre et était prêt à donner n'importe quoi pour pouvoir disparaître sous terre. Finalement après quelques minutes de gène, il prit le parti de rire avec son professeur ; même s'il n'avait pas vraiment pourquoi il riait… (Kuwabara, toujours aussi réactif au niveau neuronal… xD)
Kurama lui, n'en pouvant plus. Il avait mal aux côtes et les larmes aux yeux à force de rire, sans compter le fait qu'il se serait certainement écroulé si une étagère particulièrement charitable ne lui avait pas servit d'appuis.
Quand son fou rire fut enfin passé (ce qui prit dix bonnes minutes --'), il s'essuya les yeux et se redressa péniblement. En face de lui, Kuwabara n'était pas en meilleur état. Il se tenait les côtes et essayait désespérément de reprendre sa respiration sans faire de bruits trop dégoûtants.
- Fiouu… Et ben dis donc… Sinon sensei, que faites-vous ici ? demanda Kuwabara quand il eut enfin récupéré un peu de son souffle.
- Hum… ? Oh, je regarde… En fait, je cherche un livre… répondit Kurama, évasivement.
- Un livre ? Quel livre ? interrogea le roux en fronçant les sourcils.
- Un livre… En fait, je n'en cherche pas un en particulier. Je comptais juste en acheter un qui me plairait, pour me remon… Euh… Pour me distraire.
- Et vous avez trouvé ?
- Hum… Moui plus ou moins… En fait, j'étais en train de départager ces deux là…
Kurama désigna ensuite à Kuwabara, les deux gros livres qu'il avait choisit. Ce dernier en prit un, l'examina sous toutes les coutures d'un œil critique, le feuilleta, puis le retourna pour lire le résumé. Il lu en affichant un air connaisseur, mais en fait, il ne comprenait pas tout… Apparemment, c'était de la grande littérature ou un machin du genre… Et un truc à l'eau de rose aussi ! Enfin, ça l'était d'après le peu qu'il avait comprit du résumé… Il jeta ensuite un coup d'œil rapide au deuxième bouquin en se demandant comment il était possible d'être désespéré au point d'avaler des briques pareil. Pour lui qui était fâché depuis très longtemps avec les mots (et avec tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un livre), c'était totalement incompréhensible.
- Et finalement, vous prenez lequel ? demanda-t-il une fois qu'il eut rendu le livre à Kurama.
- Et bien, c'est ça le problème… répondit le professeur avec un air consterné. Je n'arrive pas à me décider… Pourtant, il va bien falloir que je choisisse. Je ne peux en acheter qu'un, donc…
- Ah ? Et pourquoi ça ? Oô
Kurama rougit violement et baissa la tête pour regarder ses pieds. Il répondit en marmonnant, les yeux toujours fixés sur ses chaussures, mais bien évidement, Kuwabara ne comprit rien. Il leva donc la tête vers lui et répéta sa réponse en rougissant de plus bel.
- Parce que… Euh… Je suis…un peu serré… Financièrement, je veux dire…
- Oh, ce n'est que ça ? Moi ça m'arrive tout le temps, donc… Et bien… Vous savez quoi ? Je vais vous le payer moi, ce deuxième bouquin !
- Oh… Je… Non… Je…
- Mais non, ne vous inquiété pas, ça me fait plaisir ! répondit Kuwabara avec un large sourire.
- Non, pas question. C'est bien gentil à toi, mais c'est non, répondit Kurama sur un ton catégorique et autoritaire.
Finalement, un quart d'heure plus tard, Kurama sortait de la librairie avec deux gros volumes serrés contre son cœur. Il avait pourtant refusé obstinément le cadeau de Kuwabara… Et dieu sait si il était buté quand il voulait ! Même quand, pour la centième fois exactement, le roux lui avait proposé de lui offrir le livre, il avait tenu bon. Ses nerfs étaient sur le point de lâcher, mais lui n'avait pas cédé.
Alors Kuwabara s'y était pris autrement. Il s'était emparer du livre jusqu'alors emprisonner entre les main du professeur et s'était dirigé vers la caisse avec un petit sourire. Il avait payé, puis était sorti de la librairie sans un regard. Kurama avait fait de même en soupirant : ce garçon était incroyablement buté !
Une fois son achat réglé, il était sorti du magasin à son tour. Il avait mis quelques secondes pour repérer son élève, la lumière du soleil l'éblouissant, mais Kuwabara était bien là. Il l'attendait, adossé au mur, avec un petit sourire triomphal plaqué aux lèvres. Il s'approcha et lui tendit le sachet contenant le livre d'un geste désinvolte.
- Prenez-le, sinon il va finir à la poubelle ! déclara-t-il avec un sourire.
- Tu es têtu, n'est-ce pas ? répondit Kurama en prenant le paquet.
- Très !
Kurama sourit. Il voulait vraiment le remercier… Kuwabara n'était pas obligé de faire ça, pourtant, il l'avait fait… Et c'était très gentil de sa part !
Il voulait le remercier et il savait exactement ce qui ferait plaisir à l'élève amoureux, aussi il s'approcha doucement de lui. Il se mit sur la pointe des pieds et murmura à l'oreille du roux un « merci » plein de reconnaissance. Il posa ensuite ses lèvres sur sa joue. C'était un baiser tout ce qu'il y a de plus banal, léger comme la caresse d'une plume, mais Kuwabara sembla apprécier le geste. Il rougit, mais ne dit rien. Il savait que ce n'était qu'un merci, qu'il n'y avait là aucun sous-entendu, aucune invitation à quoi que ce soit, mais ça lui faisait quand même plaisir…
Kurama lui fit un clin d'œil accompagné d'un sourire avant de se détourner et de partir. Kuwabara resta quelques minutes à le regarder s'éloigner, puis il se détourna également et partit dans l'autre sens, la main posée sur sa joue.
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Kurama rentrait chez lui d'un pas lent. Il faut dire qu'après s'être séparé de Kuwabara devant la librairie du centre, il avait s'était encore promené longtemps en ville… Il avait la plante des pieds en compote et il se sentait vidé de toute énergie, aussi il avait décidé de prendre un raccourci.
C'était une petite ruelle sombre et étroite, où traînaient souvent plusieurs bandes de voyous. Kurama n'aimait pas beaucoup l'emprunter, mais aujourd'hui il était vraiment trop fatigué… Il n'avait plus qu'une envie : rentrer chez lui. Et le plus tôt serait le mieux !
Il s'engouffra donc dans la petite rue. Jusque là, il était plutôt détendu, mais quand il aperçu le petit groupe de jeunes qui fumaient un peu plus loin, son cœur fit un bond dans sa poitrine… Il s'arrêta. L'angoisse s'insinuait en lui comme un poison mortel.
Kurama serra plus fort ses livres contre lui pour se rassurer et se donner du courage. Il se résonna mentalement :
Tu deviens parano mon vieux, tous les jeunes de Tokyo ne sont pas des malades mentaux qui t'agresse et te raquettent dés que tu croises leur route ! Allez, avance. T'as vraiment des préjugés de p'tits vieux, ça devient vraiment grave ! Allez, j'te dis d'avancer merde !
Prenant son courage à deux mains, Kurama s'avança donc dans leur direction. De toute façon, il était obligé de passer devant eux pour atteindre le bout de la rue, alors autant en finir toute suite… Il essayait de toutes ses forces d'avoir l'air décontracté, mais il sentait son corps se raidir de plus en plus et ses muscles se crisper. Il ne pu pas non plus s'empêcher d'accélérer l'allure quand il passa devant eux…
Ouf ! Je suis passé ! C'était bien la peine de me monter la tête pour si peu ! pensa-t-il avec soulagement.
Il sentait déjà son corps se détendre, quand une main de fer lui saisit le bras avec force. Ce simple contacte le fit tressaillir violemment.
Il n'eut pas le temps d'esquisser le moindre mouvement que déjà, un des quatre jeunes hommes l'avait retourné et plaqué au mur. Tout c'était passé si vite… En une seconde à peine, il avait été immobilisé avec une facilité déconcertante et avant même de réaliser ce qui lui arrivait et se retrouvait piégé !
Le mur contre lequel on l'avait plaqué était sombre et légèrement humide. Ses briques étaient froides et horriblement sales… L'odeur qui y était incrustée était écoeurante, un mélange d'urine et de pourriture qui donnait la nausée à Kurama.
Alors qu'il reprenait ses esprits, l'homme qui l'avait plaqué au mur lui arracha son sachet des mains. Il le retourna sur le sol d'un geste impatient. Les deux livres qu'il contenait s'écrasèrent lamentablement au sol dans un bruit mat, soulevant au passage un nuage de poussière.
- P'tin ! C'est naze ! Y a rien que des bouquins à la con ! râla l'homme avant de s'emparer du portefeuille de Kurama.
Il trifouilla un moment de dans, mais n'y trouva presque rien… Quelques malheureux yens et même pas de carte de crédit ! Normale… Kurama l'avait oubliée ce matin sur la table du salon et il s'en félicitait. Le brun grogna de mécontentement et d'un geste rageur, envoya valser quelques mètres plus loin le pauvre portefeuille. Apparemment, il n'était pas vraiment satisfait de ce qu'il y avait trouvé…
Grognant à nouveau, il se tourna vers Kurama. Kaidôh, car c'était son nom, l'observa un moment en silence, puis, un sourire mauvais vint étirer ses lèvres.
- T'sais, on est un peu à sec mes potes et moi, commença-t-il d'un ton plein de mépris, et tu vois, tes petites économies ne nous on pas beaucoup aidées… Mais c'est pas grave, t'es mignon et vachement bien foutu, tu vas nous payer tout ça en nature… N'est-ce pas, les mecs ?
- Ouai ! répondirent les trois autres à l'unisson.
Kurama serra les dents. Pourquoi c'était toujours à lui qu'arrivait ce genre de trucs ? Comme s'il n'avait pas déjà assez de problèmes avec Eiri ! En plus, cela faisait à peine un an et demi qu'il était installé à Tokyo, et pourtant, il s'était déjà fait agresser deux fois ! Bon, c'était pas comme s'il était une jeune fille sans défense - il avait deux poings comme tout le monde et il savait plutôt bien s'en servir - mais ça devenait lourd à la fin ! En tout cas, il n'était pas question de se laisser faire ! Mais à quatre contre un, la lutte était un peu déséquilibrée…
Le professeur analysait déjà la situation à toute vitesse, cherchant désespérément une issue, une faille quelconque à exploitée, quand il sentit une main froide se glisser sous son pull pour venir caresser son ventre. La deuxième, aussi baladeuse que la première, ne tarda pas. Elle se posa sur sa cuisse et remonta doucement le long de celle-ci.
Kurama serra le poing et l'instant d'après, le coup parti. Puissant, net, précis… Il fit parfaitement son office, car Kaidôh tomba à la renverse. Il porta ensuite sa main à sa joue en grimaçant de douleur.
- Chef ! Chef ! Ca va ? s'écrièrent immédiatement ses amis en se précipitant sur lui.
- Ne me touche pas ! cria Kurama, en faisant mine de s'enfuir.
Malheureusement, il n'en eut pas le temps, car deux jeunes hommes baraqués comme des troncs d'arbres se jetèrent sur lui. Le premier lui attrapa le bras droit et le tordit dans son dos pour l'immobiliser, alors que le deuxième lui administrait une gifle magistrale.
Pendant ce temps, le « chef » s'était relevé. Il s'approcha doucement de Kurama, tel un prédateur s'avançant vers sa proie, un sourire mauvais plaqué aux lèvres. Toujours aussi lentement, il pris son menton entre ses doigts et se pencha à l'oreille du professeur. Il la mordilla un instant, avant de lui chuchoter :
- Tu as du caractère, j'aime ça ! Mais tu vas me payer ce coup, je peux te le garantir !
Il lui assena ensuite un violent coup de poing dans le ventre. Sous la douleur, Kurama tomba à genoux et se plia en deux, le souffle coupé. Malgré ses efforts, il ne pu empêcher un gémissement de douleur de s'échapper de ses lèvres…
Kaidôh eut un sourire satisfait.
Il l'attrapa ensuite par les cheveux et l'obligea à rejeter la tête en arrière, offrant ainsi son beau visage à sa bouche froide et avide.
Quand le professeur sentit les lèvres de Kaidôh se pressées contre les siennes, son cœur rata un battement. Mon dieu, ce qu'il avait envie de vomir ! Ces lèvres froides et autoritaires qui parcouraient son visage, son cou, qui forçaient l'accès de sa bouche… C'était…immonde !
Les baisers étaient déjà durs à supporter, mais quand il sentit la langue de Kaidôh contre la sienne, s'en fut trop pour lui ! Réprimant avec peine un haut-le-cœur, Kurama mordit violement l'intruse. L'homme glapit de douleur, et de rage, il envoya valser la tête de Kurama contre le mur de briques.
De son côté, Kurama lui, se sentit projeté vers la droite puis, plus rien… Juste cette horrible douleur dans sa tête et le sang chaud qui inondait son visage.
Il vacilla. La douleur était trop forte, bien trop forte. Déjà, il se sentait glisser vers les ténèbres… Soudain, une voix grave résonna dans la rue.
- Lâches-le ! ordonna celle-ci sur un ton glaciale.
Ce fut la dernière chose qu'il entendit avant de sombrer dans l'inconscience…
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A suivre…
Voilà, le troisième chapitre est terminé ! J'espère que ça vous a plu ! J'espère que c'était pas trop nul et pas trop long… Parce que j'ai l'impression que mes chapitres sont un peu longs, non ? Dites-moi si ça gêne, hein ! Je raccourcirais ! (J'ai tellement de chose à dire, qu'une fois que je commence j'arrive plus à m'arrêter d'écrire !!!!) J'espère vraiment que vous avez aimé ! Enfin…
Ah et oui ! Un petit clin d'oeil à Sharo-Chan qui avait visé juste pour le Myster X du téléphone ! Bravo à toi et encore merci pour ta review !
Bon ben… Merci d'avoir lu ! Bisous à tous ! Ciao !
