Titre : Invictus

Résumé : Harry Potter a disparu alors qu'il n'avait que six ans. Que va-t-il se passer s'il revenait au bout de dix ans?

Auteur : opalish

Traductrice : Toujours moi, Falx Italica

Disclaimer : Et non, malheureusement je ne possède rien, Harry Potter et son monde magique appartiennent à J K Rowling et l'histoire à opalish, que je remercie encore pour m'avoir laissé traduire cette superbe fic!

Chapitre 2 : ...

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Un petit peu de rudesse et d'irrespect peut élever une interaction vide de sens à une bataille des volontés et à ajouter de l'action à une autre de ces ennuyeuse journées.

-Bill Watterson-

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Harry savait, bien sur, qui était Dumbledore. Il avait passé des années dans le monde magique, même s'il avait du changer de nom et sa cicatrice, et ce dans ce monde chaque personne connait Dumbledore. Personne en Grande Bretagne ne pouvait avoir entendu parler du célèbre directeur de Poudlard.

Albus Dumbledore, l'unique personne dont Voldemort n'ait jamais eu peur. Albus Dumbledore, qui a mis en déroute le mage noir Grindelwald. Albus Dumbledore, le génie de l'alchimie. Albus Dumbledore, le maître de Métamorphose. Albus Dumbledore, le champion de duels. Albus Dumbledore, l'ordre de Merlin, Première Classe. Albus Dumbledore, le grand gagnant du championnat de bowling, mais pour raison inconnue personne n'en parlait jamais.

Et bien, Harry supposait qu'un homme pouvait obtenir beaucoup de récompenses en un siècle et demi de vie.

Dumbledore était toujours dans les journaux, toujours respecté et ce spécialement depuis le retour de Voldemort. Sa photo était en première page de la Gazette des Sorciers presque tous les jours, et les librairies étaient remplies de biographies le concernant.

Il fut donc bien évident que Harry le reconnu marchant à grandes enjambées dans le quartier des Aurors, sa robe orange et violette tourbillonnant autour de lui.

L'homme était peut être un champion de bowling, mais il fallait avouer qu'il n'avait aucun goût pour s'habiller. Qui pouvait savoir ce qu'il se passait dans la tête d'un homme qui prenait de l'age?

Harry hésitait à parler de Dumbledore en tant que vieux, après tout ce héro avait trop de vie en lui, trop d'amour de vivre dans ses yeux, pour être vieux. Il n'y avait ni trace de faiblesse ou de sénélité en lui, peu de traces des effets négatifs de l'age (autre que cette intrigante robe, mais après tout, Dumbledore pouvait être excentrique). Mais son visage était lourd et ridé, ses cheveux et sa barbe blancs comme neige, et ses yeux brillants à demi cachés par des lunettes en demi lune.

Les Aurors s'écartèrent automatiquement pour laisser un chemin à Dumbledore qui le menait vers la chaise qu'Harry occupait actuellement. Le jeune homme combattit son envie de rouler des yeux à leur inconscience servitude. Il ne pouvait pas croire qu'il existait quelqu'un qui imposait automatiquement le respect. Une personne doit le gagner, peut importe l'importance qu'il a dans la société.

Pour quelqu'un d'autre, Harry ne se lèverait pas. Mais, même s'il ne l'avouera jamais, il ressentit une certaine admiration et un sentiment d'appréciation à l'égard du vieil homme. Quelqu'un qui avait le courage de porter de telles robes en public était forcément méritant.

Même si Dumbledore avait été celui qui l'avait envoyé chez les Dursleys.

Harry se leva donc et offrit à Dumbledore un léger salut qui était plus moqueur qu'autre chose. L'autre inclina la tête en retour, de l'amusement et quelque chose comme de la joie brillaient dans ses yeux.

Puis, les deux regards se croisèrent. Pendant un long moment, ils se fixèrent l'un et l'autre en une silencieuse bataille de volonté. Le regard de Dumbledore était inconfortablement perçant et Harry ressentit pendant un moment l'impression que le directeur était un être capable de lire voir ses pensées, de lire son esprit.

Harry fut le premier à ciller, ne voulant pas que la rencontre s'éternise. Ou tout du moins, c'était ce qu'il se dit.

"Directeur Dumbledore", dit-il aussi neutre que possible.

"Monsieur Potter", répondit son interlocuteur un petit sourire aux coins des lèvres. "Venez marcher avec moi".

Hésitant mais désirant plus que tout quitter le quartier des Aurors, Harry acquiesça. Mais avant de suivre Dumbledore et de franchir la porte il se retourna et offrit à Mrs Bones un salut désinvolte. Elle le vit et secoua la tête d'amusement et Harry comprit alors qu'il avait gagné une autre personne à inscrire au Fan Club de Harry Potter.

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Les consentants : la Destiné les guide ; les rétifs : la Destiné les traine.

- La petite Seneca-

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Harry marcha à côté de Dumbledore, refusant d'être mené. Après tout, le directeur avait dit : "venez marcher avec moi" pas "suivez moi comme un petit lèche cul".

Aucun des deux ne parlaient ; Harry voulait que Dumbledore parle le premier, et celui-ci voulait trouver un endroit plus privé avant qu'ils ne commencent leur conversation.

Ils entrèrent finalement dans un petit bureau. Les murs étaient blancs et la lumière entrait par une fausse fenêtre. Il n'y avait pas de décoration, rien qui ne puisse personnaliser la pièce. Harry se demandait si c'était pour cela que Dumbledore avait choisit cet endroit - la pièce ne le distrairai pas de ce que le vieil homme voulait lui dire.

Le directeur ferma la porte et ensorcela la pièce, leur assurant ainsi de l'intimité. Harry s'adossa contre le mur opposé bien décidé à ne rien rendre facile à l'homme qui l'avait envoyé à Privet Drive.

Quand il en eut fini avec son sort, Dumbledore se tourna vers lui, le visage grave et les yeux baissés. "Mr Potter", dit-il rapidement, "nous devons discuter de nos différentes options".

Harry du se faire violence pour conserver son expression neutre alors qu'à l'intérieur de lui, il brûlait de curiosité, d'inquiétude et de ressentiment. "Oh?"

"En effet. Vous avez seulement 16 ans, Mr Potter, et n'êtes toujours pas majeur. Vous avez besoin d'un tuteur."

Harry ressentit soudainement une rage de nature indéterminée. Quand il parla, sa voix était calme mais froide.

"Vous semblez tellement sûr que je souhaites rester dans le monde magique"

Dumbledore ne sembla pas surpris mais son expression se fit sombre et ses yeux noircirent de désappointement. Harry fut extrêmement surpris que le directeur croit à son bluff - il savait qu'il était bon, mais aussi bon?

Bien sur, Dumbledore n'abandonnait pas. Il murmura quelques mots et agita sa baguette. Harry reconnu le sort et le mouvement d'un puissant sort d'alerte et de silence.

Comme cela, les deux sorts combinés donneront du mal, même à Harry s'il voulait les briser.

"Il y a une Prophétie Mr Potter", déclara Dumbledore sans préambule, dès que le sort prit effet. "Elle a été faite il y a des années, et converse Lord Voldemort et vous-même".

Harry pâlit, seul signe de sa surprise. "Une Prophétie?" fit-il septique, ne voulant montrer son incrédulité.

"De nous tous vous êtes le seul à pouvoir vaincre Voldemort, Harry. L'un de vous deux devra survivre à l'autre", déclara solennellement Dumbledore.

"Bien", grogna Harry, son cynisme naturel revenant au galop, "et je suppose que c'est encore une de ces situations de tuer ou être tué?" Son ton n'était que sarcasme. Il ne s'attendait pas à ce que Dumbledore utilise une telle tactique. C'était ...d'une sournoiserie!

"Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche...il naîtra de ceux qui ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois...et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore...et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit...Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois", récita rapidement mais avec une pointe de tristesse le directeur.

Harry s'immobilisa, devenant de plus en plus pale au fur et à mesure que les mots faisaient leur impact. Il passa quelques secondes à essayer de se convaincre que la Prophétie ne signifiait pas ce qu'il pensait qu'elle disait, mais il ne se faisait pas d'espoir. "Vous ne plaisantez pas, n'est ce pas." C'était une observation et non une question.

"Non j'en ai peur", répondit Dumbledore avec fatigue.

S'il donnait foi à ce que disait le vieil homme, il risquait de sincèrement le regretter. Mais si...

Merde, cela changeait la mise.

"Vous êtes sûr que c'est moi?" demanda Harry, mais sachant très bien qu'il était le garçon de la Prophétie. Cela avait du sens après tout, et c'était inévitable ce qui eut pour conséquence de mettre Harry sur les nerfs.

Dumbledore acquiesça, avant de tendre le bras vers Harry, qui se recula brusquement avant que le directeur ait pu le toucher. Le vieil homme hésita, la douleur se lisait dans son regard, et répondit "Il t'a marqué comme son égal. Tu es le jeune homme de la Prophétie, Harry".

L'esprit de ce dernier se vida, et il se sentit fiévreux. Quelles étaient ses options? Que pouvait-il faire pour se sortit de ce pétrin?

Il pouvait dire à Dumbledore d'aller se faire voir et de se trouver un autre sauveur. Il pouvait se plaindre que ce n'était pas juste. Il pouvait laisser sa colère sortir, faire un caprice, maudire, rager et crier. Il pouvait protester, dire à Dumbledore que tout cela n'était qu'une erreur.

Il pouvait faire face à son destin, se venger ainsi que ses parents.

Mais Dumbledore n'avait pas d'autre sauveur et Harry savait depuis longtemps que la vie n'était pas juste. La colère ne résoudrait rien, même s'il en ressortirait plus que satisfait. Et il n'y avait aucun moyen que Dumbledore ce soit trompé à propos de quelque chose d'aussi important.

Cela ne laissait donc qu'un seul champ d'action. Seulement Harry n'était pas près de perdre la vie pour quelque chose d'aussi stupide que de tuer le Seigneur des Ténèbres. Il n'était pas un poltron mais la prudence et l'instinct de survie avaient toujours été très présents en lui depuis son plus jeune age.

A côté de cela, il ne croyait pas en la Destiné. Les gens prenaient leurs propres décisions et traçaient eux même leur propre chemin dans la vie. La Destiné était une connerie.

"Il y en avait un autre", ajouta doucement le directeur le regard pensif et triste. "Un autre qui aurait pu l'être. Mais toi...Voldemort t'a marqué comme son égal, tu es le seul possédant le pouvoir de le détruire.

"Très bien", déclara calmement mais dangereusement Harry, sa mâchoire était crispée et sa tête fièrement relevée. "Je suppose que j'ai juste à gagner."

Harry ne s'intéressait pas à la vengeance, au destin et les choses comme cela. Mais il prenait soin de la vie, et il savait qu'il ferait mieux de se battre contre Voldemort, que s'enfuir devant lui. Au mieux, il aurait des alliés, s'il se battait, qui étaient conséquents en nombre. Et si les choses devenaient trop mauvaises, et bien il pourrait toujours se casser...

Mais pour l'instant, il ferait de son mieux pour gagner.

Parce que, après tout, Harry était le Survivant.

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L'objectif de la guerre n'est pas de mourir pour sa Patrie, mais de faire en sorte que l'autre bâtard meure pour la sienne.

-Georges Paton-

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"Très bien, je suppose que j'ai juste à gagner."

Albus cligna les yeux de surprise, puis émit un petit rire, heureux que le garçon n'est ni lancé de sort, ni essayé de protester à propos de sa destiné. "Je crois Mr Potter que vous avez une grande chance."

Harry eut un grand sourire mais qui n'atteignit pas ses yeux. "Je l'espère. Je n'ai pas l'intention de perdre Mr le Directeur, et j'ai encore moins envie de mourir."

Donc nous devons nous organiser", déclara Albus le soulagement au coeur. Soulagement que Harry veuille se battre...et soulagement que ce dernier soit assez fort pour porter son fardeau et persévérer. Oui, le jeune homme était définitivement fort. Albus pouvait voir une volonté de fer dans ses yeux. "Et la première chose à faire est de te trouver un tuteur."

Le visage du brun se referma brutalement. Albus, au fond de lui même, était troublé. Il était doué pour lire au plus profond des gens, trop bien d'ailleurs, mais à ce moment Harry était pour lui aussi impénétrable qu'un livre clôt.

Oh non, Harry n'était pas comme il l'avait espéré. Mais peut être...peut être que ce n'était pas ne mauvaise chose, après tout. Cet adolescent, tout nuisant, accablé et effrayé qu'il était se révélait assez dur et vif pour pouvoir être un formidable opposant à Voldemort.

"Je refuse de retourner chez les Dursleys", dit Harry d'une voix glaciale. Albus fronça les sourcils, et pensa ironiquement que le Survivant pouvait être un formidable opposant à bien plus qu'à Voldemort. Le vieil homme n'était pas facilement intimidé mais il commença à se demander si Harry n'avait pas plus de pouvoir qu'il ne semblait vouloir lui montrer et s'il n'hésiterait pas à s'en servir en cas de besoin. Se décidant à faire de son mieux pour ne pas se mettre le garçon à dos, il décida d'essayer de trouver un compromis avec Harry plutôt que de lui donner des ordres.

"Tu as été placé chez les Dursleys à cause de tes liens de sang entre ta mère et ta tante. Tant que tu étais avec eux, Voldemort et ses partisans ne pouvaient pas te toucher. Tu es en sécurité là bas." Il utilisa son ton le plus doux et persuasif, celui qui faisait que normalement les gens était d'accord avec lui avant même d'avoir entendus ses arguments. Il ne fut pas surpris que cela n'ait pas le même effet sur Harry.

"Je serais peut être protégé de Voldemort", cracha le jeune homme, la colère luisant dans es yeux, "mais pas des Dursleys eux-mêmes." Albus se demanda, le coeur serré, ce que la famille de Harry avait bien put lui faire pour lui inspirer autant de haine.

"Harry-", commença-t-il avant d'être coupé.

"Ils m'ont affamé, enfermé dans un placard, blessé, injurié. Je ne retournerai jamais là-bas. Vous m'y avez déjà laissé une foi -oui je sais que c'était vous, je ne suis pas idiot. Vous ne me laisserez pas avec eux une fois de plus". Les propos de Harry étaient provocants et son regard défiant.

Le coeur d'Albus manqua un battement u fur et à mesure des paroles de Harry. Arabella lui avait dit que les Dursleys n'étaient pas très gentils avec le garçon, et qu'il devait venir jeter un coup d'oeil, mais il n'avait jamais imaginé que la situation était aussi mauvaise. "Tu avais seulement 6 ans quand tu es parti ; sûrement qu'ils n'avaient pas-"

"L'age ne semblait pas être un problème." La voix de Harry était aussi dure et aiguisée qu'un couteau.

Ecoeuré, Albus ferma brièvement les yeux. "Je jure Harry que je ne savais pas."

"Vous ne vouliez pas savoir". Harry parlait sauvagement, les lèves plissées en un sourire méprisant. "Vous ne m'avez jamais surveillé, ou envoyé quelqu'un pour être sûr que j'étais bien traité, pas vrai? Vous ne vouliez pas savoir."

"Je suis désolé", déclara sincèrement Albus, sachant parfaitement que "désolé" ne serait jamais assez.

Albus espérait presque Harry lui sourisse à nouveau avec mépris, ou qu'il fasse une autre remarque blessante. Mais étrangement, ses déplorables et inappropriées excuses semblaient avoir calmé le courroux du jeune homme.

"Je pense que vous l'êtes réellement", déclara le garçon. "Mais je ne suis pas votre pion, Dumbledore. Refaites moi une autre chose comme cela et je vous quitte et vous laisse vous débrouiller avec vos problèmes, et que la Prophétie aille au Diable."

Albus étudia Harry et ne vit que de l'honnêteté et une pointe de colère luirent dans ses yeux verts Avada Kedavra. Il voulait être clair sur son sort, de cela Albus n'avait aucun doute.

Pendant un moment, tout ce que Albus put ressentir fut une admiration sans limite pour ce garçon qui, de lui même, était devenu si fort, si confiant, et si puissant. Ses parents devaient brûler de fierté.

Alors plutôt que d'argumenter ou de faire ses habituelles promesses, Albus inclina la tête une fraction de seconde et déclara "Je comprends".

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La vérité, la justice, l'honneur..., aucunes de ces choses ne sont des conneries? Peu importe les problèmes des gens et que ceux-ci soient honnêtes, justes ou honorables. Ils sont insignifiants, ils sont colériques et ils sont apeurés, et tout ce que chacun veut, au plus profond de lui même, c'est être désiré. Et où se trouve la vérité là dedans?

-M. Adducci-

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"Je ne peux pas rester seul?" demanda Harry quand le silence qui avait suivit devenait inconfortable. Enfin plus inconfortable qu'avant. "Je me suis débrouillé sans personne pendant 10 ans, savez".

"Le Premier Ministre ne permettra pas cela", refusa Dumbledore en secouant la tête. "En fait, il veut que tu possèdes une baguette du Ministère. Il pourra comme cela te contrôler".

"Aucune chance", ricana Harry. Il se dégagea du mur sur lequel il était appuyé et put ainsi se tenir droit. "Le Premier Ministre est une crétin. Il est même incapable de contrôler un simple gamin qui apprend juste à marcher."

Les lèvres de Dumbledore se retroussèrent en un sourire et ses yeux scintillèrent. Il regarda le plafond feignant la nonchalance. "Je ne sais pas si je peux te demander cela, mais comment en es-tu venu à connaitre le monde magique?"

"Vous pouvez me le demander", répondit Harry avec un haussement d'épaules, se demandant intérieurement quand Dumbledore en aurait finalement assez de sa distance, "mais je ne vous répondrai pas". Il avait peut être apprécié jusque là le Directeur, mais Dumbledore était celui qui l'avait laissé chez les Dursleys. Il était clair que cet homme n'était pas entièrement digne de confiance. Et Harry n'avait donné de renseignements sans une bonne raison, et spécialement à ceux en qui il n'avait pas confiance.

"Non, je ne pensait pas que vous y répondriez". Le Directeur semblait désappointé, malgré ses dires. "Très bien. Une histoire pour un jour de pluie, peut être?

Harry haussa à nouveau les épaules, sans bouger d'un pouce le reste du corps. Il n'allait pas aider si facilement le vieux directeur. "Ouais, peut être. Maintenant, quelles sont mes options?"

"Il y en a deux. Tu peux soit être adopté par moi, soit aller chez ton parrain."

Abasourdit, Harry fixa Dumbledore pendant ce qui lui sembla être une éternité. Il y avaient tellement de choses qui entraient en compte dans cette offre que Harry ne savait pas où commencer. Il retrouva donc sa manière habituelle de parler -un fouillis incohérent- Vous? M'adopter? Et j'ai un parrain?"

"Ton parrain est Sirius Black."

Les yeux de Harry s'élargirent. Sirius Black, la seule personne à s'être échappée de Azcaban. L'homme avait ensuite réussit à récolter les preuves de son innocence après son évasion, et fut déclaré innocent quand Harry avait 14 ans. L'histoire était parue dans tous les journaux sorciers. Harry se rappela vaguement des photos d'un homme maigri, sale et avec une barbe envahissante.

Mais il n'avait jamais entendu dire que Sirius Black fut son parrain. "Aucuns des articles-"

"-Seulement très peu de personnes savent que Sirius est ton parrain", l'interrompit Dumbledore pour expliquer rapidement la situation. "Tes parents pensaient qu'il était mieux que seul les gens en qui ils avaient confiance le sachent. Ils connaissaient la Prophétie et avaient peur que cela soit dangereux pour ton parrain."

Harry avala un peu de salive, la bouche soudainement sèche. Il n'avait jamais pensé qu'il pouvait avoir un parrain. Le découvrir était...un grand choc, et c'était peu dire. "Je...je ne le connait pas", dit-il faiblement.

"Tu ne me connais moi même qu'à peine", nota Dumbledore.

Harry pouvait seulement remuer la tête. C'était trop à accumuler en une seule fois, la Prophétie et ...le reste. Maintenant ce ...UN parrain. Un parrain qu'il ne connaissait pas.

Au moins, Harry savait où il en était avec Dumbledore. Et le Directeur n'essayera de créer un lien de parenté. Probablement pas. Et heureusement.

Mais un parrain (N/T : que de répétitions!)...c'était pratiquement une famille.

Une famille. Harry avait toujours souhaité avoir une vraie famille...mais les Dursleys n'étaient-ils pas sa famille? Et ils l'avaient traité comme de la merde.

Salope de famille.

"L'adoption", déclara fermement Harry, ignorant la petite voix dans le fond de son esprit qui lui criait qu'il faisait une erreur et qu'il devait une chance à Black.

Dumbledore, à la grande surprise de Harry, sembla coupablement enchanté de sa décision. "Très bien. Maintenant vient la question de ton éducation. Je présume que tu sais pratiquer quelque peu la magie?"

"Assez pour être à l'aise avec", acquiesça Harry réduisant volontairement de beaucoup ses capacités. Mais cela ne faisait jamais de mal d'être sous-estimé.

Dumbledore, sans surprise, vit à travers cette nonchalance. "En sais-tu assez pour entrer en 6ème année à Poudlard?"

Harry considéra brièvement d'informer le Directeur qu'il était un peu au-dessus du niveau des 6èmes années, mais décida une fois de plus que cette information était mieux cachée, en réserve.

"Ouais je suppose", répondit-il immédiatement.

"Excellent", déclara son interlocuteur avec un hochement de tête. "Tu devras être testé pour être sûr, mais je pense que tout se passera bien".

Harry secoua la tête pour seule réponse.

"Nous devons rencontrer le Ministre aussi vite que possible pour obtenir les papiers d'adoption, et les signer. En fait, le mieux à faire serait d'y aller maintenant tout de suite."

Harry hésita, un froncement inquiet creusant son front. "Que se passera-t-il s'il refuse? Ou qu'il essaye de me faire pupille du Ministère? Et ne vont-ils pas vous accuser de favoritisme?". Pas qu'il s'inquiète pour lui, mais Dumbledore ne pouvait pas voir sa réputation ruinée, pas en plein milieu de la guerre, pas quand tout le monde avait besoin d'un guide.

"Aussi longtemps que tu travailleras dur et feras de ton mieux durant des cours Harry, il n'y aura pas de fondements pour des accusations de favoritisme", répondit le Directeur avec un sourire espiègle et malicieux, " de plus, ce serait du suicide pour Fudge de me refuser quelque chose."

Harry souleva un sourcil, puis sourit doucement avec machiavélisme. Si cela allait pour Dumbledore...

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Pratiquer la politique consiste à ignorer les faits.

-Henry Brooks Adams-

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Albus observa le jeune homme quand celui-ci annonça ses exigences. Cornelius semblait complètement abasourdi, et Albus, bien qu'il le cachait mieux, n'était pas mieux.

Il ne s'était certainement pas attendu à ce que le jeune Mr Potter, arrivé dans le bureau du Ministre, commence à débiter une liste de demandes. C'était tellement...audacieux, tellement arrogant que même James Potter ne l'aurait pas fait. Mais Harry n'était pas James.

Le garçon voulait pouvoir utiliser la magie sans tenir compte de la limite d'age, et l'autorisation de passer son permis de transplanage. Il voulait la clé de son coffre à Gringotts et Albus comme tuteur. Et puis enfin, il ajouta à contrecoeur, "Je suppose que je dois me faire enregistrer comme Animagus."

Les sourcils d'Albus se levèrent. Harry était un Animagus? Très...inattendu. Mais peut être devait-il s'habituer à l'inhabituel quand cela venait du Survivant.

Fudge articula avec difficulté, son chapeau melon écrasé contre sa poitrine, "Je...Harry-"

"- Mr Potter", le corrigea simplement Harry. Dumbledore ravala un sourire, et il savait qu'il rirait fortement dès qu'il serait dans un endroit plus intime.

"Oh voyons Harry-"

"- Mr Potter". La voix de Harry était glaciale. Fudge en trembla. Les joues d'Albus lui faisaient mal à force de retenir son hilarité. C'était tellement magnifique, fantastique de voir un adolescent de 16 ans remettre le Ministre à sa place.

"Très bien, Mr Potter, je ne pouvais vraiment pas-"

"-Bien sur", continua impitoyablement Harry avec une lueur calculatrice dans le regard pleine d'intelligence (N/T : comment embellir les personnages!). "Je suis persuadé que la presse adorerait entendre que vous me mette en danger."

"Mettre en danger!" toussa Cornelius indigné et le visage rouge.

"Par le fait de ne pas me permettre de me défendre seul", déclara Harry d'un air détaché, comme si sa conclusion était évidente pour tous.

"Me menacez-vous, Mr Potter?" Cornelius se dresse de toute sa hauteur dans une image de majesté outragée. Cela aurait put paraitre plus impressionnant s'il n'avait été la plus petite personne de la pièce.

"Vous pigez vite." Le ton de Harry était noyé dans le sarcasme.

Albus toussa pour couvrir son ricanement. Ce sera sûrment un des souvenirs qu'il visitera de temps en temps dans sa pensine.

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Oderint, dum metuant - Qu'ils me haïssent, pourvu qu'ils me craignent.

-Accius-

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"Ce fut magistral Harry", murmura Albus alors qu'ils faisaient demi tout dans le Département des Régulation des Lois Magiques. Tous ceux qu'ils croisaient dévisageaient Harry, sa cicatrice nettement visible sur son front. Harry ne semblait pas faire attention à cela, mais Albus suspectait qu'il n'en était rien et que le garçon les ignoraient tout simplement.

"Ce fut ridiculeusement facile, vous savez", répliqua Harry avec un froncement dégoûté des sourcils. "Vous pensiez peut être que les gens avaient élu quelqu'un avec une cervelle, pour une fois. Voici la preuve du contraire."

"Cornelius Fudge est, d'une certaine manière, assez ingénieux", répondit Albus, un avertissement dans la voix. Ce n'était pas bon pour Harry de sous-estimer ses opposants, même si c'était Cornelius Fudge. Et Fudge, après cette petite scène, était définitivement un opposant.

Harry secoua la tête, ignorant l'avertissement. "Un chien ou un rat peut être ingénieux. Vous devez être plus qu'ingénieux pour devenir utile ou puissant. La seule raison pour laquelle Fudge est dangereux, est parce qu'il est totalement incompétent. Non, ce que pour lui vous appelez ingéniosité, est en fait de la faiblesse."

"Et vous, qu'avez-vous de plus que de l'ingéniosité, Mr Potter?"Répliqua rapidement Albus, se demandant ce que le garçon allait répondre. Sera-t-il offensé? De ce qu'il avait vu, le jeune héritier Potter n'était pas très susceptible, mais peut être...

Les yeux de Harry s'obscurcirent et ses lèvres formèrent rapidement un petit sourire hautain. "J'aime à penser que je vaux plus qu'un rat", dit-il d'une voix traînante, une note étrange dans la voix. Ils étaient arrivés dans le quartier des Aurors. Albus pouvait voir tout le mode les regarder curieusement.

"J'ose croire que vous valez plus, beaucoup plus qu'un rat, Mr Potter", déclara sèchement Dumbledore. "Et peut être même plus que je ne peux l'imaginer".

Pendant un moment, Harry le regarda simplement, ses yeux émeraude brillant de...quelque chose. Albus n'arrivait pas à lire ses émotions et cela le troublait. Il était un maître à cela, mais cet enfant avait comme une barrière de protection en lui.

Enfant. Non, il n'était plus un enfant. Pas un homme adulte...mais il était trop dur, trop prudent, trop brisé pour être un enfant.

Puis Harry haussa les épaules, dissipant la lueur étrange et les sortant de leur état dans lequel ils étaient tombés. "J'espère ne pas être le seul à être seul qu'il ne paraît", dit-il presque tendrement. Il ouvrit la porte et salua avec moquerie pour la deuxième fois de la matiné, tout en plaçant sa main vers l'avant. "Après vous".

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Coucou! Et voilà, c'est fini! Qu'en avez vous pensé? J'accepte toutes les critiques!

D'ailleurs j'ai deux petites questions : combien mettez-vous en moyenne de temps pour taper un chapitre d'environ 10 pages world? Et écrivez-vous d'abord à l'écrit puis vous le taper, ou écrivez-vous directement à l'ordinateur ? Perso moi j'écris et je tape, et il me faut 5h30 pour taper 10 pages (je sais je suis longue!).

Gros bisous, portez-vous bien!