Merci d'avoir suivi ce début! Je vous livre le second chapitre de ce pas! Let's go!
1, tiens vaut mieux que deux tu l'auras.
J'aime le mois de décembre. J'aime l'air qu'il apporte dans les foyers. J'aime son froid qui nous oblige à enfiler de gros pulls et à occuper le fauteuil le plus proche de la cheminée. J'aime son ambiance chaude de noël contrastant avec celle plus glaciale qui emprisonne les rues. J'aime oublier un instant que nous sommes en temps de guerre en respirant le merveilleux parfum des biscuits cuisant dans le four.
Merveilleuse odeur… ça sent le brûlé non ?
Je sursaute et me lève bien trop tard. Déjà la voix de Lily s'élève de l'escalier et je m'enfonce en espérant qu'elle ne me voit pas.
- James ! Je ne t'avais pas demandé d'éteindre le four ?
C'est idiot, elle connaît parfaitement la réponse à cette question et Merlin merci, elle n'en attend pas de moi.
Je me fais peur parfois. Elle a tellement pris l'habitude de ma tête en l'air qu'elle ne me sermonne plus vraiment. Où disons que… j'y fais peut-être moins attention. Résultat : je me sens de moins en moins coupable.
Que disais-je… ah oui, j'aime noël. J'aime noël parce que c'est le seul jour où l'on peut manger tout un tas de choses sans se sentir coupable. J'aime noël parce que ce jour là, on reçoit des cadeaux sans réellement les avoir mérité. J'aime noël parce que tout y beau. J'aime noël parce que son vin rend Lunard moins raisonnable et Queudver moins timide. J'aime noël parce que ça ne change pas Pattemol. Et puis… Et puis j'aime noël parce qu'il rend ma Lily plus joyeuse que jamais.
- James ! Tu penses au sapin.
Je précise, qu'aujourd'hui, ce n'est pas encore noël et qu'il est donc normal que Lily râle encore un peu.
- James ?!
Je hais noël.
Dans ce cas, il suffit de ne pas bouger et tout devient une question de 50/50. Dans le premier cas, soit elle abandonne et se dit qu'elle aura bien le temps de réitérer sa question un peu plus tard. Dans le second cas, elle espère que j'ai tout entendu et mettrai sa demande à exécution.
- James ! Je précise que j'aimerais cet arbre avant le printemps.
Bon d'accord, je n'ai jamais été fort en calcul. Il y avait apparemment un troisième cas.
- Tu as besoin d'autre chose ?
Et bien oui, tant qu'à faire, mieux vaut jouer l'homme intentionné.
Elle me regarde de ses yeux émeraudes et d'un geste impulsif, vient m'enlacer en nichant son visage contre mon cou. Qu'est-ce qu'elle sent bon ma Lily.
Je dégage lentement ses cheveux pour découvrir un bout de sa peau où je pourrais y déposer un baiser.
- A part d'un câlin du plus bel homme de la planète, tu désires quelque chose ?
- N'oublies pas, d'en prendre un assez robuste pour qu'il tienne la période des fêtes et… avec des épines s'il te plaît. Et inutile d'appeler Sirius pour qu'il t'apporte toutes sortes d'animaux vivants pour le décorer, nous avons ce qu'il faut dans le grenier. Et puis…
J'aime ce genre de moment… les instants où son visage se barre d'un magnifique sourire. Je les aime même si je sais que celui-là à pris une forme assez spécial que l'on appelle narquois.
- Si tu croises le plus bel homme de la planète, dis lui que ça fait six bons mois que tu me promets un de ses câlins, il sera content.
J'aime ma Lily mais je me fais la promesse de désormais interdire à Pattemol de s'en approcher à moins de dix mètres. Son influence n'est pas des meilleurs.
J'enfile ma cape et une écharpe et glisse un baiser sur le front de ma belle. Je n'ai jamais été très rancunier.
- James… fais attention à toi s'il te plaît.
Je hoche la tête et disparais dans un « flop » avant de l'entendre rouspéter contre ce transplanage fait hors norme. Mais voilà, autant le vent de novembre était supportable, autant celui de décembre ne me permet pas de prendre le risque de mettre le nez dehors pour transplaner.
J'avoue, c'est idiot lorsque l'on sait que l'endroit qui m'accueille n'est autre que le chemin de Traverse. Seulement, j'aurais réussi à gagner quelques secondes.
Jamais cette rue marchande ne m'était parue aussi vide pour un jour précédant noël de très peu. Pourtant, je continue à avancer en fixant mes yeux au loin : là où devrait se trouver l'homme qui a la bonté de transporter ses sapins pour que des bonhommes comme moi, persécutés par leur femme, n'aient pas à aller les tailler eux-mêmes dans la forêt.
Je continue à avancer, plissant mon nez sous cette étrange odeur qui subitement, vient envahir mes narines. Je n'ai besoin que de quelques secondes de réflexions pour poser mon écharpe contre mon nez et courir le plus vite possible. Au loin, une fumée envahie la rue et des flammes se font de plus en plus grandes. En quelques secondes, je sors un miroir de ma poche et le déplie d'un geste vif. De l'autre côté, ne tarde à apparaître la silhouette de Pattemol, Merlin merci, son visage si enjoué redevient sérieux en me voyant emmitouflé dans une écharpe et incapable de parler.
Ce qu'il y a de bien à avoir un vieil ami, c'est que souvent, il est inutile de parler pour se faire comprendre. Cette fois encore, ce fait vient de me sauver la vie. En quelques secondes, il me répond :
- Garde ton écharpe et essaye d'épargner le plus de monde. Je préviens les autres.
Seulement voilà, il n'y a plus personne à épargner. Les corps tombent un par un. Population incapable de reconnaître un tel gaz mortel. Je me rends compte que l'on a beau faire de la propagande pour les gestes qui sauvent, personne n'est réellement apte à croire que de telles choses circulent chez les mangemorts.
Je me force à avancer en respirant le moins possible. Puis, face à l'incendie, je dégaine ma baguette et l'éteins.
Lily voulait un arbre à épines. Je ne pourrais lui en rapporter que l'écorce.
