Dors Draco

J.K.R. est l'heureuse propriétaire du monde de Harry Potter. Mon histoire est juste une petite enjolivure …

Chapitre 6

Draco était bien, très bien même. C'était l'après-midi, il était à Poudlard, il voyait le ciel par la fenêtre et Merlin savait que le ciel lui avait manqué dans les souterrains de la Forteresse. Il était couché dans une chambre décorée de vert tendre et cette nuit, comme dans ses rêves les plus fous. Harry lui était apparu alors qu'il était en proie à un horrible cauchemar. Oui, cet après-midi, Draco se sentait bien, très bien même.

La veille au soir, Crabbe et Goyle ... ah non, il fallait dire Vincent et Grégory maintenant … enfin ses anciens acolytes de Serpentard l'avaient aidé à transplaner depuis la maison des Weasley jusqu'au portail du château. Ils l'avaient tenu à deux car ce n'était pas facile depuis qu'il avait perdu ses pouvoirs. Draco se demandait même comment le Professeur Lupin avait réussi à le faire la nuit d'avant. Il lui en était d'autant plus reconnaissant. Hé oui, il n'était plus l'orgueilleux et méprisant fils Malfoy, on change quand on passe plus de cinq mois dans un sombre cachot froid et humide.

Harry les attendait au portail. Il les avait précédés dans les couloirs déserts en consultant souvent une carte qui semblait indiquer s'ils risquaient de rencontrer quelqu'un. La présence de Draco devait demeurer secrète. Ils étaient arrivés devant le portrait d'une sorcière aux cheveux blancs. Cra … Vincent et Grégory l'avaient transporté dans la chambre puis ils étaient partis. Harry lui avait dit qu'il pouvait dormir tranquille. Lui allait à une réunion dans la salle commune des Serdaigles, il reviendrait très tard. Draco était exténué, il s'était endormi aussitôt.

Et puis le rêve avait commencé. Voldemort s'avançait vers lui, ses yeux rouges le fixaient, ses longs doigts se tendaient vers son visage et sa voix sifflante disait :

« J'ai besoin de tes cheveux … besoin de tes cheveux … tes cheveux … »

Draco reculait, levait la main pour se défendre en criant :

« Non … non … »

Mais le Lord Noir ricanait … Et tout à coup, les ténèbres se dissipaient. Harry apparaissait et le délivrait de son cauchemar. Draco avait regardé avec étonnement le jeune homme penché vers lui, ne sachant pas s'il rêvait encore ou si c'était la réalité. Harry était toujours habillé. Il revenait manifestement de sa réunion. Il lui avait dit :

« Réveille-toi, Draco, tu fais un cauchemar. Je t'ai entendu crier quand je suis arrivé dans le salon. Est-ce que ça va ?

- Oui … je crois … mais qu'est-ce que tu fais là ?

- Hé bien, je vais me coucher. Ma chambre est en face de la tienne … Ah ! Je vois qu'on ne t'a rien dit. On t'a installé dans l'appartement que j'occupe quand je suis à Poudlard. Ainsi, personne ne s'inquiétera des allées et venues. Tu vas sans doute recevoir quelques visites. Pourquoi criais-tu « Non ! Non ! »

- Voldemort voulait m'arracher des cheveux.

C'est alors qu'il s'était passé cette chose extraordinaire. Draco en avait encore chaud au cœur. Harry s'était assis sur le lit à côté de lui et lui avait souri en disant :

- Voldemort y est allé un peu fort pour préparer son Polynectar. Je t'aime mieux avec ton ancienne coiffure.

Il avait posé ses deux mains sur la tête de Draco. Celui-ci avait senti une douce chaleur le pénétrer et ses cheveux avaient de nouveau caressé son front et son cou. Harry avait ajouté d'un ton un peu moqueur :

- Ne mets surtout pas de gel demain pour te coiffer. Sinon, j'interromps le sortilège.

Draco s'était presque étouffé de joie. Il aimait ses cheveux d'un blond pâle, doux comme de la soie et Voldemort n'y était pas allé de main morte pour les arracher. Le jeune homme avait eu brusquement envie de passer ses deux mains derrière le cou de Harry, de l'attirer vers lui, de l'embrasser … Les lèvres souriantes, rouges comme des cerises, étaient une tentation irrésistible. Mais sa main gauche avait refusé d'obéir et Draco n'avait pas bougé, il n'avait même pas pensé à dire merci, il s'était contenté de fixer Harry qui se redressait et sortait en laissant une veilleuse près de son lit et en lui souhaitant bonne nuit. Merlin et Morgane ! Que c'était bon d'aimer une personne aussi craquante que Harry ! Le reste de la nuit avait été paisible. Au matin, on avait frappé à sa porte et une voix enjouée avait annoncé :

- Petit déjeuner !

Le jeune homme brun, déjà prêt à descendre dans la grande salle, avait ouvert et il avait ajouté :

- Je vais te présenter mes deux elfes de maison, Dobby et Winky. Tu connais déjà Dobby, Il a épousé Winky le jour d'Halloween. Il y a eu plusieurs mariages d'elfes ce jour-là. Tout le monde essaye d'être heureux quand on est menacé par une guerre. Ils s'occuperont de toi en mon absence. Ron, Hermione et moi, nous partons en mission cet après midi. Attention ! Ce sont des elfes libres. Tu devras les payer, cinq noises par semaine, chacun. Je leur avais offert cinq mornilles mais ils ont refusé en disant que c'était trop.

Harry riait franchement et Draco se joignit à lui. Par Salazar, cela faisait des mois qu'il n'avait pas ri. Le brun avait ajouté :

- Ce sont eux qui ont préparé et décoré ta chambre. Ils ont retrouvé la malle où étaient rangées les affaires que tu avais laissées ici … heu … après ton départ. Tout est rangé dans le placard. Tes parchemins et tes plumes sont sur le bureau. Tu devras commander les livres de septième année, les tiens sont périmés. Dobby peut s'en occuper …

- Mais puisque j'ai perdu mes pouvoirs, il est impossible que j'étudie les sortilèges, la métamorphose ou la Défense contre les Forces du Mal…

Il y avait eu à ce moment deux « plop » et les elfes étaient apparus, portant un grand plateau garni de toutes sortes de bonnes choses. Dobby n'avait pas pu s'empêcher de trembler à la vue de Draco. Après tout, la veille encore, tout le monde le prenait pour le pire des assassins. La théière, la tasse et la carafe de jus de citrouille s'étaient entrechoquées. Il avait bégayé :

- Bonjour, maître Draco … Monsieur …

C'était après le départ de Harry, alors qu'il savourait un petit pain au chocolat, que Draco s'était soudain rappelé une phrase : « Ron, Hermione et moi, nous partons cet après-midi. » Et tout à coup, il avait eu l'appétit coupé. Harry partait en mission, une de ces missions dangereuses dont parlaient les Mangemorts dans les couloirs des souterrains. Le cœur de Draco s'était serré. Il venait juste de rejoindre celui qu'il aimait et il risquait de le perdre.

Puis il s'était apaisé. Harry était calme et souriant. Il ne ressemblait plus au gamin timide des premières années. C'était un homme maintenant, quelqu'un en qui des sorciers de tous âges avaient confiance, un chef de guerre qui était redouté par l'autre camp et qui avait l'autorité et le charisme indispensables à la réussite de son combat. Harry était une belle personne tant sur le plan physique qu'au niveau moral. Draco s'était senti heureux. L'Elu ne l'avait pas dédaigné, il lui avait parlé et souri, il avait même utilisé sa magie pour lui. Le jeune homme blond décida d'avoir foi en Harry comme les autres et peut-être … peut-être de faire sa conquête.

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Après son petit déjeuner, Draco avait réussi à faire sa toilette et à s'habiller. Il flottait un peu dans ses anciens vêtements. Il n'avait pas mis de gel sur ses cheveux de nouveau doux et abondants. Il avait fait une grimace en voyant dans le miroir son dos marqué de longues griffures rouges. Epuisé par ce simple effort, il s'était installé sur le canapé devant la cheminée où brûlait le feu allumé par les elfes … Cinq noises la semaine ! Chacun ! … Même pas le prix d'un paquet de bonbons ! …

Il somnolait quand la Directrice, Minerva MacGonagall était entrée, accompagnée du Professeur Slughorn, le responsable de la Maison Serpentard depuis la fuite du Professeur Snape. Ils l'avaient interrogé sur la Forteresse et ses habitants. Slug avait paru très intéressé par la potion que le Lord Noir donnait aux huit enfants. A son avis, la proportion de Felix Felicis devait être très faible dans sa préparation. Il y avait certainement autre chose. Il allait faire des recherches.

La directrice demanda à Draco quels cours il comptait suivre. Messieurs Crabbe et Goyle seraient contents de l'aider à rattraper son retard. Elle fut très surprise quand il mentionna l'Etude des Moldus dans son choix. Il avait pensé à la pauvre fille presque morte dans ses bras. Elle s'était montrée courageuse face aux Mangemorts. Ils l'avaient enlevée lors de l'attaque d'un village. Elle leur avait résisté longtemps avant de succomber sous les coups. Les Moldus n'étaient pas si méprisables qu'il le croyait. D'ailleurs, il en était presque un maintenant, un genre de Cracmol …

Slughorn l'avait encouragé à continuer l'étude des potions. Cet art n'était pas réservé aux sorciers. Après tout, les Borgia italiens étaient de célèbres empoisonneurs moldus et la plupart des femmes-sages, brûlées comme sorcières au seizième siècle en Europe, étaient seulement d'excellentes guérisseuses Draco aimait les potions. S'il n'avait pas été un Malfoy, il aurait souhaité être apothicaire. Il voulait aussi étudier les plantes et les herbes médicinales en Botanique et continuer les cours d'Astronomie pour connaître l'influence des astres sur les cycles de la vie. Les deux professeurs et l'élève avaient discuté pendant un moment puis tout à coup, la Directrice avait sursauté. Elle avait dit à Draco qu'elle avait oublié quelque chose d'important.

- Monsieur Malfoy, avait-elle ajouté, je dois vous signaler que les comptes de votre famille à Gringott sont bloqués et que votre château est mis sous séquestre par le Ministère. Mais ne vous inquiétez pas. L'école offre une bourse aux étudiants démunis. Voici dix gallions pour vos frais de rentrée. Cela devrait suffire.

Draco avait failli éclater de rire. Dix gallions ! C'était autrefois son argent de poche pour une semaine ! Mais il n'avait aucun regret, aucune amertume. Il valait mieux être pauvre et libre que riche et esclave. Il avait surtout pensé : « Pauvre, libre et près de Harry plutôt qu'esclave de Voldemort. »

Un peu après les professeurs, Madame Pomfresh était arrivée dans le salon. Elle avait examiné les multiples blessures, ecchymoses et griffures qui marquaient de rouge et de bleu le corps de Draco. Elle avait palpé les côtes saillantes et le bras inerte. Elle avait hoché la tête. Certaines marques s'effaceraient vite mais son dos garderait sans doute de vilaines cicatrices.. Seule, l'essence d'aigremoine pouvait les faire disparaître et c'était un produit presque introuvable. Elle en avait juste une goutte au fond d'une fiole. Pour son bras, elle ne pouvait rien faire, c'était un trop puissant sortilège. Par contre, elle allait lui préparer une potion qui lui donnerait des forces et le remplumerait un peu. Draco, qui connaissait les remèdes efficaces mais peu agréables de l'infirmière, avait grimacé. Puis Madame Pomfresh l'avait laissé, elle devait lui envoyer les différentes potions par Dobby ou Winky.

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C'était l'après-midi et Draco repensait à tout ce qu'il avait appris. Les nouvelles s'étaient succédées, des bonnes et des mauvaises. Cela l'ennuyait vraiment de garder des cicatrices sur son dos. Il aimait son corps, il se savait beau et toutes ses petites amies lui faisaient des compliments sur la blancheur et la douceur de sa peau. Dire qu'il s'était tant moqué de la cicatrice de Harry ! Il l'appelait autrefois le Balafré … Quelle bêtise !

Celui à qui Draco pensait entra à ce moment dans le salon, accompagné de Ron et d'Hermione. Ils s'apprêtaient visiblement à quitter Poudlard. Harry se dirigea vers sa chambre, ses deux compagnons de route l'attendaient. Ron était silencieux, il avait l'air déterminé, il paraissait plus mûr, plus adulte. Il tenait Hermione par la taille et tous les deux se regardaient avec amour. Quand Harry revint, revêtu d'une cape de voyage, ils échangèrent quelques mots, dirent au revoir au blessé et sortirent. Au moment de les suivre, Harry dit à Draco :

- Tu peux changer le mot de passe de l'entrée si tu veux. Tu es ici chez toi. Soigne-toi bien. A bientôt.

- Sois prudent, souffla Draco soudain très triste.

Ce fut plus tard le soir, alors qu'il revoyait le beau couple formé par Ron et Hermione, que Draco se rappela une phrase de Harry : « Tout le monde essaye d'être heureux quand on est menacé par une guerre. » Lui aussi voulait être heureux et son bonheur, il l'avait choisi : c'était Harry. Alors il se redressa. Il était un Malfoy, que diable ! C'était fini de se résigner, fini de dormir ! Lui, Draco, dernier des Malfoy, il voulait Harry Potter et par Salazar Serpentard lui-même, il l'aurait !