Dors Draco

Dans cette histoire, je m'autorise à exploiter un petit peu le monde merveilleux de Harry Potter qui appartient totalement à J.K.R. Croyez-moi, je n'en tire aucun bénéfice, seulement du plaisir.

Au royaume de l'espoir, il n'y a pas d'hiver. Proverbe russe.

Chapitre 7

Et Draco se mit à attendre Harry.

Vincent et Grégory vinrent le voir le soir après le dîner. Il leur demanda de l'aide pour les cours qu'il avait choisis. Vincent pouvait l'aider en Botanique. Il était devenu un expert en plantes guérisseuses, comme Neville Londubat. « Ah ! pensa Draco, Neville est à Gryffondor et c'est un ami de Harry. » Il demanda des précisions.

Le Serpentard se mit à parler avec animation de la nouvelle organisation de l'école. les Maisons n'étaient plus rivales comme autrefois, des groupes d'élèves s'étaient formés par affinités, Neville, lui et quatre Pouffsouffles se spécialisaient dans la pharmacopée. Ainsi, ils pourraient être utiles pour soigner les blessés pendant la guerre. La professeur Chourave leur donnait volontiers des leçons particulières. Ils étaient toujours les bienvenus dans les serres.

Grégory préférait le vol sur balai. Il était maintenant très bon au Quidditch. Mais il prenait aussi des cours de combats moldus. Un sorcier japonais installé en Angleterre venait à Poudlard une fois par semaine et enseignait à une équipe de vingt élèves, toutes Maisons confondues, des techniques très efficaces d'attaques et de défenses qui surprenaient les sorciers peu habitués à ce genre de sport et donnaient un avantage certain aux nouveaux combattants. C'était Hermione Granger qui avait suggéré cette méthode lors de son premier passage à l'école en septembre.

Draco allait de surprise en surprise. Des sports moldus ? A Poudlard ? Cela faisait peut-être partie du cours qu'il avait choisi : « Vie et mœurs des Moldus vues du côté sorcier. » Vincent lui signala que c'était la spécialité de Théodore Nott et de sa petite amie Parvati Patil. « Comment ? pensa Draco, Théo, un Sang Pur, avec une Gryffie ? Le monde tourne à l'envers ! » Il faudrait que MacGo l'autorise à venir le voir. Y avait-il d'autres surprises en vue ?

Oui. Blaise étudiait les runes anciennes pour retrouver dans les grimoires de la bibliothèque des sortilèges oubliés. C'était une idée de Harry et elle avait beaucoup de succès. Vincent ajouta en riant que Blaise en profitait pour draguer parmi les filles de toutes les Maisons. En ce moment, il était avec Mandy Brocklehurst, une mignonne brunette de Serdaigle.

Beaucoup de couples s'étaient formés depuis la rentrée. L'exemple avait été donné par Ron Weasley et Hermione Granger. Ils étaient officiellement fiancés. Ron avait dit devant tous les élèves réunis que l'amour était une Force et qu'il ferait barrage contre les Ténèbres. Ainsi, lui, Vincent, était le copain attitré de Hannah Abbot. Il ajouta d'un air un peu gêné que d'autres avaient choisi l'autre bord mais que c'était tout à fait admis. Draco regarda le Serpentard d'un air surpris. Grégory dit alors :

« Il veut parler de moi et de quelques camarades. Nous sommes homos et nous ne nous en cachons pas. J'aime Colin Crivey et il m'aime aussi.

- Félicitations, Grégory. Je suis heureux pour toi. J'ai moi-même flirté avec pas mal de filles et avec des garçons aussi.

Ils se mirent à rire. Du temps de sa sixième année, Draco avait une solide réputation de bourreau des cœurs.

- Et Pansy ? Que devient-elle ?

- Oh ! dit Vincent en détournant la tête, elle ne t'a pas attendu … Elle croit toujours que c'est toi le … enfin … la … Elle est avec Ernie MacMillan, le préfet de Pouffsouffle.

- Ne t'inquiète pas, Vincent. Il n'y a jamais rien eu de sérieux entre elle et moi. Notre mariage était un souhait de nos parents mais c'est tout. Et Millicent ?

- Elle n'a pas de petit ami. Elle s'est découvert une âme maternelle. Elle s'occupe avec beaucoup de gentillesse des deuxièmes et des troisièmes années qui sont un peu déboussolés par les événements. Qui aurait cru ça de notre redoutable camarade ?

Draco posait ces questions mais en fait, une seule brûlait ses lèvres. Il demanda le plus innocemment qu'il put :

- Et notre futur Sauveur, le Balafré, a-t-il une copine ?

Grégory répondit d'un ton vif :

- Ne parle pas comme ça de Harry, Draco. C'est vraiment quelqu'un de bien. Il nous donne de l'espoir et Merlin sait que nous en avons besoin. Le Lord Noir est très puissant. S'il s'attaque à l'école comme il en a l'intention, nous devrons combattre. Ses Mangemorts, ce sont nos parents, tu te rends compte ? Ton père et ta mère sont parmi ses fidèles. Tu sais ce que ça t'a coûté de refuser de te joindre à eux. Alors, pense à ce qui se passera s'ils sont vainqueurs !

- Tu dis qu'ils vont attaquer l'école ? Comment le savez-vous ?

- Nous avons un espion parmi eux. Personne ne sait qui c'est. Il envoie des messages par un corbeau noir. C'est peut-être un ancien Pouffsouffle. Mais l'attaque n'est pas pour maintenant. V …Vol … Voldemort regroupe ses forces.

- Tu oses prononcer son nom ?

- C'est difficile mais j'y arrive. Harry dit qu'un simple mot ne doit pas nous faire peur … Mais il est très tard, nous allons te laisser dormir. Je demanderai demain à MacGo si je peux mettre nos amis dans la confidence.

Grégory et Vincent se levèrent pour partir. Draco soupira puis se résigna à poser une deuxième fois la question :

- Harry a-t-il une petite amie ?

Vincent eut un air compatissant. Il répondit :

- Tu penses à la mort de Ginny ? Tu n'y es pour rien. Mais Harry ne l'a pas remplacée. Il est seul. Dors , Draco.

On lui répétait toujours la même chose : « Dors, Draco. » Draco n'avait pas du tout envie de dormir. Il souriait en se glissant dans ses draps verts. Ainsi Harry était seul, donc il avait une petite chance. Mais Harry était-il homo ou hétéro ? Jusqu'à maintenant, il était sorti avec Cho Chang et avec Ginny Weasley. Cela ne prouvait rien. Lui avait découvert récemment qu'il était bi.

Et puis il y avait le célèbre charme Malfoy. Et puis Harry lui avait parlé gentiment. Il avait pris la peine de faire repousser ses cheveux et il avait même plaisanté sur son habitude d'utiliser du gel … Harry … Harry … Quel nom agréable à dire et à redire dans sa tête … Draco eut un sursaut. Il était en train de virer Pouffsouffle. Ses ancêtres Serpentards devaient se retourner dans leurs tombes. Enfin … C'était si bon …

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Le lendemain Draco eut une longue conversation avec Dobby Après le petit déjeuner, il fit venir l'elfe de maison et lui donna d'abord sa liste de livres puis il lui demanda s'il pouvait commander d'autres choses. L'elfe lui répondit que cela ne posait aucun problème.

- Dobby a beaucoup voyagé quand il a quitté le château Malfoy, Monsieur. Dobby connaît le monde. Dobby a des amis partout. Que désire Maître Draco ?

Le jeune homme sortit alors une série de petits parchemins. Il souhaitait renouveler sa garde-robe, il avait besoin de divers produits de toilette … en fait, il voulait plaire à Harry. Il avait retrouvé dans sa malle une bourse contenant cinq cents gallions. A Poudlard, il avait toujours avec lui cette réserve d'argent pour ses fantaisies, il était le Prince des Serpentards et devait tenir son rang. Cette somme allait bien lui servir. Il commanda trois robes de sorcier dont une en velours vert brodée d'argent, une cape d'hiver, des gants de cuir fin. Puis comme Dobby lui disait que Maître Harry portait souvent des vêtements moldus, il ajouta des « jinns », des « pullovers », des « tisheurts »et des « baskettes ». Enfin il choisit des pyjamas de soie noire et des sous-vêtements élégants et confortables.

Il passa un moment très amusant quand Dobby entreprit de prendre ses mesures en montant sur un tabouret puis sur le bureau pour être à la bonne hauteur. Winky notait tout sur un parchemin. Les elfes lui faisaient des compliments sur sa stature.

- Tout à fait comme celle de Maître Harry, en un peu plus mince. Maître Draco devrait manger plus. Maître Draco voulait-il de la brioche ? Maître Harry adore la brioche et aussi la tarte à la mélasse.

C'était Maître Harry par ci, Maître Harry par là, les elfes vouaient au Griffondor une véritable adoration. Draco apprenait ainsi sur lui des détails surprenants. Dobby parla de la maison des Dursley où il était allé un été. Il décrivit l'oncle Vernon, la tante Pétunia et le gros Dudley en roulant de grands yeux. Il avait vu Harry trimer dur pour obéir à leurs ordres et ne recevoir en échange qu'un morceau de pain et du fromage.

Ainsi la vie du Survivant n'avait pas été facile dans sa prime jeunesse. Draco comprenait soudain pourquoi Harry était si maigre et si mal habillé et pourquoi il passait toutes ses vacances à l'école. Il eut une pensée reconnaissante pour la famille Weasley, pour Ron et Hermione qui lui avaient donné leur amitié. Lui aussi avait voulu l'attirer dans son clan mais c'était seulement parce que Harry était un personnage célèbre dans le monde sorcier. Maintenant, c'était pour une tout autre raison qu'il souhaitait retenir son attention.

Dobby promit à Draco qu'il aurait tout ce qu'il avait commandé en moins d'une semaine. Il bombait le torse et se redressait autant que sa petite taille le permettait. Il avait gardé l'habitude de porter des chaussettes dépareillées et plusieurs bonnets de laine tricotés par Hermione. Winky, par contre, était habillée de noir comme les anciennes soubrettes, avec tablier blanc brodé et bonnet orné de dentelle. C'était l'uniforme des elfes femelles libres de Poudlard mais elles étaient peu nombreuses malgré les efforts d'Hermione Granger et de son Association de Défense des Elfes de Maison.

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Le temps passa. Draco reprenait des forces. La Directrice avait autorisé ses amis d'avant à venir le voir. Cela n'avait posé aucun problème. Tous avaient accepté la version de leur camarade . Ils avaient été horrifiés par la vengeance de Voldemort. Ils avaient ainsi été confortés dans leur choix. On ne pouvait suivre un tel Maître. Leurs parents étaient aveugles ou alors étaient-ils trop vieux pour réagir ? En leur for intérieur, les jeunes Serpentards étaient rassurés par l'histoire de Draco. Ils s'étaient toujours demandés comment leur Prince, leur chef, avait pu, seul de toute l'école, choisir de servir le Maître des Ténèbres. Ils étaient maintenant soulagés et heureux.

Draco travaillait beaucoup. Ses blessures guérissaient mais comme l'avait dit Pompom, les cicatrices restaient apparentes. Personne ne les avaient vues sauf Vincent et Grégory mais ils gardaient le secret. Ils n'avaient pas non plus révélé ce qu'ils savaient à propos des huit enfants disparus. Il était inutile de causer aux parents une peine supplémentaire. Le professeur Lupin était allé les voir et leur avait donné malgré tout de l'espoir. Leurs fils et leurs filles étaient vivants et en bonne santé. Tout serait fait pour les délivrer. Ils ne couraient aucun danger dans l'immédiat. C'étaient de bonnes paroles mais elles étaient peu efficaces.

Draco portait son bras gauche en écharpe. Il avait commandé plusieurs carrés de soie, noir, vert, argent et même rose très pâle. Winky l'aidait à les plier en triangle et à les attacher derrière son cou. C'était une chose très dure à supporter, ça et le fait de devoir rester enfermé dans l'appartement de Harry. L'école n'était pas au courant de sa présence et tous, sauf ses amis Serpentards, le considéraient encore comme le plus abominable des assassins. Le jeune homme en souffrait mais ne le montrait pas.

Il était entré par curiosité dans la chambre de Harry. Il n'y avait pas trouvé grand chose à part quelques vêtements. Sur le bureau était posé un livre que Draco ne connaissait pas, un roman moldu : « Le Seigneur des Anneaux ». Il l'avait feuilleté et avait remarqué d'étranges écritures. Les Moldus s'intéressaient-ils aussi aux runes anciennes ? C'était fascinant. Il demanderait à Harry la permission de le lire. Il s'apercevait que le Griffondor envahissait ses pensées et que maintenant, tout pour lui tournait autour de Harry.

Pourtant, il avait remarqué quelque chose : le fait d'évoquer Harry provoquait en lui une bouffée de chaleur irradiante dans tout son être et pas seulement au niveau de son sexe comme c'était le cas autrefois quand il désirait une fille ou plus récemment un garçon. Son esprit, son cœur, son corps tout entier s'enflammaient ensemble à la simple évocation du sourire de Harry, de la voix de Harry, des mains de Harry sur ses cheveux, de la magie qui sortait de Harry, de la seule présence de Harry. Est-ce que c'était ça, l'amour ? Draco n'avait jamais rien connu de semblable et il attendait le retour du jeune Griffondor plus que tout autre chose dans sa vie.

Ce fut alors qu'une histoire délirante, assez confuse et racontée de diverses façons se répandit dans Poudlard et dans tout le monde sorcier : La fabrique de bonbons de Bertie Crochue avait été visitée par des cambrioleurs. Une coupe d'une grande valeur avait été dérobée et remplacée par une vulgaire copie. La Gazette du Sorcier en faisait ses choux gras.