Dors Draco

Tout est à J.K.R. , tout sauf la petite Pouffsouffle « pi pa » qui est à moi, rien qu'à moi.

Phrase sublime : Le seul vrai langage au monde est un baiser. Alfred de Musset.

Chapitre 9

En arrivant dans le Hall totalement désert, Harry murmura à Draco qui marchait à ses côtés sous la cape d'invisibilité :

« Je viens de penser à quelque chose. Viens avec moi à l'infirmerie. »

Ils entrèrent et trouvèrent la salle de soins vide. Personne n'avait eu la mauvaise idée de passer le réveillon de Noël en compagnie de Pompom et la dévouée infirmière aurait été fâchée de rater la fête. Avec la guerre omniprésente, on ne perdait aucune occasion de s'amuser. Harry sourit à Draco et lui dit:

«Assieds-toi. Je vais détacher ton foulard et tu ôteras ton pull. Je veux te faire un cadeau de Noël. »

Draco sursauta et le regarda d'un air stupéfait. Le Griffondor avait-il perdu la tête ? Mais Madame Pomfresh arrivait et Harry lui demanda l'essence d'aigremoine.

- Il y en a très peu mais vous avez des mains guérisseuses. Cela devrait suffire, dit-elle en lui tendant un minuscule flacon en verre bleu.

Draco comprit et son cœur se gonfla de joie. Un cadeau de Noël … un cadeau merveilleux, oui … Il enleva sa cape, son pull et le léger tee-shirt qu'il portait en dessous, il s'assit sur un tabouret, son dos nu et blessé tourné vers Harry qui s'installa derrière lui sur un autre siège. Il n'y avait vraiment qu'une goutte de produit mais quand elle tomba dans la main de Harry, celle-ci se mit à briller légèrement et l'essence d'aigremoine remplit toute sa paume. Une odeur agréable se répandit dans la pièce. Madame Pomfresh ajouta :

- Il y a un effet secondaire mais vu la très faible quantité, c'est négligeable. Je vous laisse. J'ai un petit travail à faire.

Harry frotta ses mains l'une contre l'autre et commença doucement à masser le dos de Draco. Celui-ci se tendit immédiatement. Son cœur se mit à battre très fort, il entendait les pulsations sourdes dans ses oreilles. Son ventre se tordit, il sentit une douleur familière envahir son sexe. Il n'avait pas imaginé une seconde ce qui était en train de se passer. Les caresses de Harry lui faisaient perdre la tête. Il eut peur tout à coup de se mettre à gémir et mordit violemment ses lèvres. Il comprenait à peine ce que Harry lui disait.

- Ne t'affole pas. Il n'y en a pas pour longtemps. Elles commencent à disparaître. Si tu as mal, dis-le moi … Peut-être sens-tu une sorte de brûlure … C'est la première fois que j'utilise l'essence d'aigremoine …

Puis la voix de Harry devint rauque. Il murmura quelques mots indistincts et se tut. Lui aussi se sentait bizarre. Sous ses mains, la peau de Draco était incroyablement douce. Les marques rouges s'effaçaient une à une. Il voyait se profiler les muscles durs sur les côtes encore un peu saillantes. Il effleurait la taille fine, l'épaule ronde. En même temps, l'odeur enivrante de l'aigremoine lui montait à la tête. Draco n'était pas en meilleur état. Il planait quelque part entre ciel et terre. L'infirmerie n'existait plus. Il n'y avait autour de lui que le silence et une lumière dorée. Il était vraiment au paradis.

La dernière griffe était située juste en haut de l'épaule gauche. Harry l'effaça doucement, tendrement et il sentit monter en lui un désir irrésistible. Il se pencha et posa ses lèvres sur le haut du bras inerte de Draco. Celui-ci revint brutalement sur terre. Il poussa un cri de surprise, se retourna vivement vers Harry et posa sur lui un regard stupéfait. Le Griffondor se méprit sur la réaction du Serpentard. Il rougit violemment, recula, ouvrit la bouche mais aucun mot n'en sortit. Madame Pomfresh revint à ce moment-là et les trouva tous les deux face à face, immobiles et silencieux. Elle devina aussitôt qu'il y avait un problème et s'exclama :

- Allons bon ! Votre magie est trop puissante, Monsieur Potter. Vous avez déclenché l'effet secondaire ...

Et comme aucun des deux ne réagissait, elle ajouta :

… Le phénomène d'attraction … Vous savez, bien sûr, que l'aigremoine est une plante qui entre dans les sortilèges d'amour. Je ne pensais pas qu'elle agirait sur vous. Rassurez-vous, l'effet est passager. En tous cas, vous avez fait un travail remarquable, Monsieur Potter. Monsieur Malfoy, vous pouvez remercier votre camarade. Votre dos est parfait … Harry, n'êtes-vous pas trop fatigué ?

Le jeune homme ne répondit pas. Il y eut deux soupirs et ils n'avaient pas du tout la même signification. Harry était soulagé : son brusque désir de poser ses lèvres sur la peau de Draco était seulement dû à l'essence d'aigremoine. Ce n'était pas une chose consciente, ce n'était donc pas grave. Il allait lui faire des excuses. Draco, lui, était en proie à une grosse déception. Il avait ressenti le baiser de Harry et cela lui avait causé en même temps une grande joie et une profonde surprise : une secousse électrique avait parcouru son bras et il avait senti ses doigts bouger faiblement. Harry avait embrassé son épaule, peut-être commençait-il à l'aimer? En même temps, quelque chose s'était passé. Il n'osait espérer … quoi … un mieux ? une guérison ? Ils se regardaient toujours en silence quand tout à coup, Harry pâlit et porta la main à son front en gémissant sourdement. Madame Pomfresh se précipita vers lui en disant :

- Vous avez fait un trop gros effort après toutes ces journées de voyage. Allongez-vous un moment, Harry. Monsieur Malfoy, pouvez-vous regagner seul votre chambre ?

- Laisse-moi, Draco, lui dit le jeune homme. Je te rejoindrai tout à l'heure.

Draco n'osa insister pour rester. Harry désirait probablement être seul. Il se rhabilla, se dissimula sous la cape, ce qui ne sembla pas troubler l'infirmière, et sortit. Il ne rencontra heureusement personne et arrivé dans le salon, il s'écroula sur le canapé. Mais la tension dans son corps était trop forte. Il se releva soudain et passa dans la salle de bain. Il avait besoin d'une douche, brûlante ou glacée, il ne savait pas. Il voulait chasser de son souvenir l'odeur de l'aigremoine, la douceur des mains de Harry sur son dos, la brûlure de son baiser … mais il n'y arrivait pas. Il se caressait en répétant doucement : « Harry … Harry … » Il devenait fou.

L'heure du dîner arriva et Harry ne revint pas. Dobby et Winky apportèrent un plateau copieusement garni de «… foie gras … goûtez, Maître Draco, c'est français, c'est divin … », de dinde rôtie aux marrons et aux oranges confites, de petites pâtes en forme de papillons nappées d'une sauce crémeuse, de pudding et de sorbet à la framboise … « Le préféré de Maître Harry … Et à ce propos, il m'a chargé de vous dire qu'il rentrera très tard et que vous devriez vous coucher sans l'attendre. Il est invité à une cadeaux-partie dans la salle commune des Gryffondors … Mais vos amis Serpentards passeront vous voir … Quel dommage que Maître Draco ne puisse descendre dans la Grande Salle … Les sapins sont superbes, il y a des petites fées avec des clochettes partout … Les Pouffsouffles ont préparé un spectacle … Une élève de Serdaigle chantera des chants de Noël … »

Dobby et Winky parlaient, parlaient et Draco les entendait à peine. La douche n'avait pas calmé son tourment intérieur. Il avait cependant contemplé avec ravissement son dos immaculé. Maintenant, il grignotait les délicatesses du réveillon en souhaitant de toutes ses forces être avec les autres dans la Grande Salle sous le plafond étoilé, rire et chanter avec ses camarades et non pas être une sorte de pestiféré qui devait rester caché, un assassin dont tout le monde avait peur, un Prince déchu que personne n'aimait …

Draco broyait du noir mais la venue en deux groupes de ses amis de Serpentard l'avait déridé. Ils lui avaient offert de menus cadeaux, c'était la mode cette année, on échangeait des petits objets à moins d'une mornille, achetés pour la plupart chez Honeyduke ou dans la nouvelle boutique des jumeaux Weasley à Pré-au Lard. Draco n'avait pas été prévenu, du coup, il n'avait rien prévu mais il pensa aux échantillons de produits de beauté joints à la commande que Dobby avait faite pour lui chez « Cendrillon sorcière ». Il distribua donc du shampoing au jus de citrouille « Garanti sans colorant », du parfum « Larmes de Crocodile », des savonnettes pour bébé dragon ….

Il reçut un pois sauteur du Mexique, un carnet renifleur pour y écrire ses peines de cœur « Il pleure à ta place ! » un sachet de Chocogrenouilles … des babioles qu'il aurait autrefois méprisées et qui maintenant lui faisaient plaisir. Mais quand ses amis furent partis et qu'il se retrouva seul, il perdit le sourire. Il se déshabilla, se coucha et comme il n'avait pas sommeil, il se mit à lire. Un léger coup à sa porte fit bondir son cœur. Harry … Il était revenu …

- J'ai vu la lumière sous ta porte. Tu ne dors pas ? Je viens m'excuser pour tout à l'heure. On n'embrasse pas quelqu'un sans sa permission. C'est à cause de l'aigremoine …

Harry se tut soudain. Draco le regardait avec un sourire aux lèvres et des yeux brillants.

- Harry, surtout ne t'excuse pas. Sais-tu ce qui s'est passé quand tu m'as embrassé ? J'ai senti quelque chose dans mon bras et je suis sûr que mes doigts ont remué … Peux-tu … Acceptes-tu … de le refaire … juste pour voir … si c'est vrai … si je n'ai pas rêvé …

Pour la première fois de sa vie, Draco bégayait un peu Le visage de Harry s'éclaira. Il se sentait mal à l'aise depuis la scène de l'infirmerie. Jusqu'à ce moment, il avait considéré Draco comme un camarade, un ancien ennemi avec qui il pouvait maintenant discuter en ami. Mais depuis qu'il l'avait vu dans ses habits moldus qui moulaient ses formes de façon si sexy, il était troublé. Déjà quand il l'avait tenu dans ses bras après leur rencontre avec la fille et l'araignée, il avait senti en lui un changement. Et le baiser sur l'épaule de l'infirmerie n'avait rien arrangé.

Harry ne pouvait analyser ce qui lui arrivait. A part ses deux flirts avec Cho et Ginny, il était plutôt ignorant des choses de l'amour. Il ne savait pas comment réagir face aux avances dont il était parfois l'objet. Il était timide et réservé, assez innocent pour ne pas voir les allusions sexuelles dans ses rapports avec les autres. Il ne pensa pas du tout à ce qui pouvait se passer s'il touchait de nouveau le corps de Draco. Pour lui, l'effet de l'essence d'aigremoine était dissipé et il était simplement content d'aider le jeune homme dans sa recherche. Il accepta aussitôt. Draco s'assit au bord du lit et ôta sa veste de pyjama. Sa peau paraissait laiteuse dans la lumière tamisée. Harry s'installa à sa gauche, il le regarda dans les yeux pour y chercher une approbation puis il se pencha et posa ses lèvres en haut du bras inerte.

Ils sentirent la secousse tous les deux en même temps. Draco poussa un cri de joie . C'était vrai, il n'avait pas rêvé. Harry pouvait faire quelque chose pour lui. Le jeune Griffondor réfléchissait. Il connaissait la force de sa nouvelle magie mais c'était la première fois qu'il avait à faire ce genre de contre-sort. Il se tourna vers Draco et lui dit :

- Je crois comprendre. Voldemort t'a jeté un sortilège de haine, il faut le détruire par de l'amour, peut-être par des baisers. Je peux essayer si tu veux.

S'il voulait ! … C'était peu dire !

Harry souleva le bras nu et Draco ferma les yeux en mordant ses lèvres. Son doux supplice commença. La magie du jeune sorcier se manifesta dès le premier baiser sur l'épaule. La chaleur suivait le chemin de ses lèvres le long du bras, jusqu'au coude, jusqu'au poignet, sur le dessus de sa main … Quand Harry embrassa chacun de ses doigts, le jeune Serpentard trembla et sentit son cœur s'emballer, son cerveau se vider, son sexe durcir. Il ne put retenir un gémissement de plaisir. Harry s'arrêta et regarda son visage. Ses joues étaient rouges et sa bouche gonflé comme un fruit. Il s'en dégageait une sorte d'aura de volupté que Harry n'avait jamais vue . Brusquement, lui aussi s'embrasa. Le même feu les brûla.

Il reprit le bras de Draco et commença à le remonter, la paume, l'avant bras si tendre noirci par la Marque qu'il évita, le creux du coude, le haut jusqu'à l'aisselle chaude … Lui aussi tremblait, son sang battait à coups redoublés contre ses tempes, son ventre se contractait, il n'était que désir et sa magie devenait lumineuse. Quand enfin il s'arrêta et se redressa, Draco ouvrit les yeux et le regarda comme s'il voyait un dieu et par Merlin, à cet instant, c'en était un. Il baissa les yeux sur son bras et le vit bouger et se soulever. Il remua ses doigts comme s'il les voyait pour la première fois.

Il y eut un instant de silence puis il poussa un véritable rugissement de joie. Il noua ses bras au cou de Harry, l'attira vers lui et posa ses lèvres sur la bouche rouge qui le tentait depuis déjà si longtemps.