Oh que j'aime ce chapitre . Bonne lecture!

5, doigts de la main.

- Ca te donne envie hein ?

Je remonte le sac sur mon épaule et observe Sirius d'un œil. Que veut-il bien dire ?

- Je t'ai vu regarder le fils Weasley.

- Bien sûr que je le regardais, admettais-je de bonne foi. Il braillait, on n'entendait que lui.

- Il ne braillait pas. Un bébé qui braille, ça fait plus de bruits que ça.

Cher Lupin, modère tes paroles ou je risquerais de te prendre pour un traître. En attendant, je hausse les épaules et quitte la pièce en transplanant. Direction : un coin paumé dans la campagne anglaise, une vieille cabane aux bois pourris.

- Tu crois qu'ils vont réussir à avoir une fille ?

Pas deux secondes de répit que Sirius vient d'apparaître derrière moi et continue ses hallucinations. Je jette mon fardeau dans un renfoncement de la pièce et grimace en voyant la substance verdâtre accrochée aux murs.

- Pourquoi tu me dis ça ?

- Peter dit que c'est le sixième fils du couple.

- Et alors ? C'est une chance sur deux… ils ont juste eu six fois de la chance.

Je ne peux m'empêcher de prier Merlin que ce soit également mon cas. Même si Lily me dit que j'aimerais autant notre enfant si c'était une fille, je ne peux m'empêcher de me dire que je l'aimerais différemment… ne peux m'empêcher de penser à toutes ces choses que je ne pourrais pas faire avec elle. Comme feuilleter les magazines de quidditch, les pieds sur la table basse, une bièreaubeurre à portée de la main.

- Et Remus dit que la famille Weasley n'a jamais comporté que des garçons depuis…

- Et Molly c'est quoi ?

A la vue du sourire qui vient d'apparaître sur le visage de Patmol, je regrette d'avoir posé cette question qui pourtant, aurait dû me permettre d'avoir la paix.

- Une Prewett.

Forcément, venant de lui, je n'aurais jamais pu m'attendre à ça.

- Bon, qu'est-ce qu'ils foutent !

- Pourquoi ça te gêne autant de parler de bébé ?

Et pourquoi est-ce que mon meilleur ami a choisi ce moment là pour essayer de faire de la psychologie ? Comme si j'évitais le sujet. Non je ne l'évite pas. Je n'ai juste pas envie d'en parler. Comme si tout tenait encore trop de l'imaginaire pour que je puisse y mettre un nom. Et le voilà qui reprend :

- Tu te rends compte qu'ils seront de la même année ces deux-là ! Peut-être que Donald sera aussi à Gryffondor. Avec ton fils.

- Donald ?

- Le fils Weasley. Mais tu suis rien toi!

- T'es sûr que c'est Donald. C'est idiot comme prénom.

- Pas plus que Neville. T'as remarqué toi que tous les marmots s'appellent Neville en ce moment.

- Tiens à propos. Lily s'est mis en tête d'appeler notre fils Harry…

- Véprévuengaredepréaulardàquinzeurseize ?

- Un peu près ce que je lui ai dit.

Nous pouffons de rire en même temps, comme deux ados que nous ne sommes plus censés être. Mais c'est comme ça, Remus dit que quand nous sommes ensemble, c'est comme si nous avions encore l'âge d'être à Poudlard. Et Merlin sait si Lunard a rarement tord. Mais à propos, que fait-il ?

- Ils ont prévu de s'arrêter boire un verre quelque part ? Fis-je remarquer à Sirius.

- On peut commencer sans eux…

A peine eut-il le temps de finir sa phrase que nous entendons un claquement dehors. En une fraction de secondes, nous avons sortis nos baguettes et rejoins le renfoncement où gît déjà mon sac.

Nous entendons les planches grincer et des voix s'élever. Des mangemorts… c'était bien l'une de leur planque. Nous nous préparons à transplaner en urgence. Seulement au dernier moment… nous devons ramener le plus d'indices possible.

- Alors, à la santé de quoi trinquons-nous ?

A peine avons-nous entendu cela qu'un parfum d'alcool enivre la pièce. Ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas de la bièreaubeurre.

- Vas faire le tour de la maison avant… on ne sait jamais.

Nous savons que c'est notre dernière chance pour nous enfuir. Mais nous aimons le danger, c'est un fait. Surtout que, mes yeux viennent de se poser sur une étoffe verte traînante au sol, que l'énervement m'avait fait ignorer. J'ai tellement lu de choses sur ça que je saurais en reconnaître les yeux fermés. Noël avant l'heure, j'ai devant moi le cadeau que j'aurais rêvé d'avoir à l'époque de Poudlard.

En un instant, je l'attrape et nous en couvre, Patmol et moi. Nous voilà transparents. Et la conversation des autres reprend :

- Malefoy, c'est toi qui offre c'est ça ? Aux sept mois de grossesse de ta femme !

- Au descendant de la lignée des Malefoy !

Je regarde Sirius qui fait mine de vomir sur ma cape toute neuve et bien serviable. Lui qui avait imaginé les futurs camarades d'école de mon fils, avait-il pensé à celui-là ?