7, et match.
- Alors, vous avez décidé ?
Allez savoir pourquoi Sirius est obnubilé par le prénom que pourra porter mon fils. Il serait peut-être temps qu'il se trouve une donzelle l'animal, il commence à perdre de son machisme et devient presque sensible.
- Elle a décidé…
- Et tu as cédé…
- Tu sais, ça doit faire six bons mois qu'elle se ballade en disant partout qu'il s'appellera Harry, je ne pense pas pouvoir la faire changer d'avis de si tôt. Au moins, elle a abandonné l'idée que ça pourrait être une fille.
Non mais franchement, imagine-t-il au moins quel calvaire s'est d'avoir une femme enceinte à la maison ? Butée… courbaturée… et la plus grande consommatrice de fraises de toute la Grande-Bretagne.
- C'est pas si mal Harry.
Je le regarde pour être certain que non, il ne plaisante pas. Pourtant, il faut bien se rendre à l'évidence, ce qu'il vient de dire n'est pas très crédible. Et à vrai dire, même s'il ne s'était pas trahi par ce sourire en coin, je ne l'aurais sans doute pas cru.
- Bon d'accord… j'essayais de te rassurer.
Nous continuons à avancer sur le chemin de Traverse, nos mains serrées dans nos poches, sur nos baguettes. Il ne faut pas oublier que nous sommes en mission. Ou plutôt, de garde.
J'ai toujours du mal à m'imaginer que dans une rue si pleine de vie, des mangemorts peuvent arriver d'un instant à l'autre et tout dévaster. Du mal à imaginer le risque que j'encours. A savoir, ne pas revenir d'une de ces missions… ne pas voir mon fils grandir.
Je secoue la tête machinalement, maintenant qu'il est en route, ce serait tellement dégueulasse de le laisser en plan. Au moins qu'il voit quel fou de père Merlin lui a envoyé. Pourtant, je dois me rendre à l'évidence. Il nous semble de plus en plus être la proie d'attaque. Comme si… comme si les noms des membres de l'ordre prônaient sur un papier disposé sur la table de nuit de tout-le-monde-sait-qui. Comme si… comme si un traître rôdait parmi nous et nous vendait un par un. Sinon, pourquoi y aurait-il autant de morts de notre côté. Sinon, pourquoi n'aurions-nous plus de QG digne de ce nom ?
Simultanément, nos têtes se lèvent vers ce maudit ciel qui nous envoie ces maudites gouttes de pluie. Pourquoi faut-il qu'il pleuve au mois de juin ? On n'en avait pas assez de la neige en décembre.
- On va boire un verre ?
Inutile de lui répliquer que nous sommes en mission de toute façon, nous avons fini dans dix minutes. Le temps me répondrait-il, de rejoindre le bar et nous serions officiellement en week-end. Alors je hoche la tête en priant de ne pas croiser le second binôme moralisateur : Peter et Remus.
Je n'ai jamais réellement apprécié ce pub servant de frontière entre le quartier moldu et celui sorcier. Jamais apprécié de voir les poivraux se lever sur les tables et lancer que de toute façon, il y a 50 de chance que l'un d'entre nous ne soit plus vivant dans une semaine. Une chance…
Je pousse la porte et salue le barmaid tout en jetant un coup d'œil autour de moi. Rien de suspect. Le bar est presque vide. A croire que les ivrognes ont trouvé un autre moyen de se vider la tête de toutes ces saloperies que les journaux veulent nous faire croire. Ou pas…
- Tu bois quoi ?
- Un jus de citrouille, je lui réponds et devant son regard me justifie par, si Lily sent l'alcool sur moi, je suis un homme mort. A croire que la grossesse a décuplé ses sens.
- Je vais faire semblant de croire ton excuse.
Et le voilà qui revient les mains chargées de son Whisky et de mon jus de fruit.
- Bon Cornedrue, tu me balances cette morve qui encombre ton cerveau ou faut que je te la sorte du nez ?
- De quoi tu parles ?
- Des babouins qui jouent de la cymbales dans ton cerveau… je parle de ce qui t'embrume l'esprit au point d'avoir le visage fermé.
- Nous sommes en temps de guerre… nous venons d'enterrer une famille complète… ma femme est enceinte et je ne vois aucun avenir pour mon fils… Puis il pleut.
- M'en parle pas… quel temps de chiotte.
Je sais qu'il m'a compris. Je le sais parce qu'il me comprend tout le temps, Patmol.
- Dis-moi Sirius, cette histoire de traître, t'en penses quoi ?
- J'en pense que c'est fort probable et qu'on a intérêt à surveiller nos fréquentations.
- Hallucinant qu'on ne puisse plus avoir confiance en personne. J'en viens à douter sur tout le monde… ou presque.
- Ca sert de connaître ses amis depuis la puberté… ou peut-être pas.
- Comment ça, peut-être pas ?
- Ca va, me répond-t-il en trempant ses lèvres dans sa boisson. Moi aussi j'ai bien le droit d'être parano. Tiens, c'est peut-être lui le traître…
D'un signe de tête, il me montre une personne d'une carrure impressionnante qui vient de s'accouder au bar. En une gorgée, il semble avoir vidé sa chope de bière. Je secoue machinalement la tête et réponds à Sirius qui déjà, a trouver une autre occupation : refaire la plastique d'une jeune sorcière passant par là.
- Non pas lui… Dumbledore a dit qu'il n'hésiterait pas à lui confier sa propre vie…
- Bien sûr, tu dois avoir confiance en ton traître, sinon il s'appelle juste ennemi. Enfin moi non plus, je ne pense pas que ce soit lui… Ca ne peut être que quelqu'un auquel on ne penserait pas. Ca va ?
Comme si j'avais oublié un instant où j'étais et avec qui. Je me contente de lui dire :
- Je… je crois que c'est à toi que je pourrais confier la vie de ma famille…
- Tu parles de ton idée de gardien du secret ?
- Pas que ça…
